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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 08:44

A nous de construire l’avenir

Rien n’est simple et peut être sommes-nous en train, aujourd’hui, de ravager nos systèmes internes de pensée plutôt qu’essayer de comprendre la complexité de l’esprit humain pour atteindre le bonheur. Les humains sont plus prompts à manipuler le monde en leur faveur qu’à essayer d’appréhender sa complexité. Avec cet objectif obsessionnel de plier la nature à nos désirs, nous avons en fait détruit l’écosystème qui nous fait vivre, avant même de comprendre ce que nous faisions.

Si Yves Cochet et Yuval Noah Harari ont une vision différente du futur, ils convergent dans leur analyse de départ. A défaut de les mettre tout à fait en phase, le président de l’Agence spatiale européenne, Jean-Yves Le Gall se montre confiant pour l’avenir. Les progrès de la technologie nous ont permis récemment de découvrir un monde inconnu, comme Curiosity à la surface de Mars ou Rosetta partie analyser la comète Tchouri. La mission récente de Thomas Pesquet a elle aussi, ouvert de nouveaux horizons. Le Gall est convaincu que la planète Mars est assurément LA prochaine grande mission et on envisage déjà d’y réaliser des cultures pour nourrir les astronautes et cela pour 2030. Une solution d’avenir ? C’est comme si c’était fait !

Devant les énormes défis du monde actuel et les exercices de prospective des uns et des autres, il est normal que nous soyons… un peu destabilisés. Il est donc logique que l’on constate un retour à la nostalgie du fait que les changements sont très rapides et les politiques incapables de fournir une vision du futur. Du coup le retour sur le passé est sécurisant, mais les réactionnaires ne fournissent aucune réponse aux questions du 21ème siècle… C’est pourquoi le clivage politique droite-gauche apparaît de plus en plus dépassé. Désormais le débat est entre mondialistes et localistes, entre progressistes et conservateurs.

Alors, quel futur ? Il n’est pas simple de répondre. Ce qui est sûr, c’est que si l’on ne peut pas stopper le progrès, on peut infléchir sa direction. C’est d’abord à chacun de nous de savoir quel futur nous souhaitons et d’apporter notre modeste pierre, à notre échelle, pour construire l’avenir. Nous disposons pour cela de moyens de communication inouïs qui doivent nous aider à limiter les dégâts qui nous attendent et reconstruire un monde plus humain, plus fraternel et respectueux de la nature qui nous fait vivre.

Je suis un rêveur ? Oui peut-être, mais je veux continuer à rêver !

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 08:08

Vers un homme dieu

     De son côté, l’historien israélien Yuval Noah Harari, après avoir connu un succès mondial avec « Sapiens » (5 millions d’exemplaires), publie « Homo deus » (Albin Michel, 2017, 460 p.), l’homme dieu. Dans « Sapiens » Harari raconte comment, en 70 000 ans, une espèce banale de primate est devenue maître du monde. Dans « Homo deus », il envisage une prospective hardie, partant du principe, à l’inverse de Cochet, que les hommes ont quasiment réglé les trois problèmes de la famine, des épidémies et de la guerre et qu’ils vont pouvoir accéder à une sorte de divinité. En effet, grâce à des manipulations génétiques, des bras ioniques et l’intelligence artificielle, les hommes vont être dotés de pouvoirs incommensurables. Quel optimisme ! (Interview Le Point 31 août 2017). L’homme dieu sera capable de créer la vie, caractéristique des dieux des différentes mythologies, dont la Bible. Dès aujourd’hui, l’homme est en mesure de remodeler la vie, avec le génie biologique et l’intelligence artificielle. C’est ce qui amène Harari à considérer que les humains vont devenir « comme des dieux ».

     Allons au bout du raisonnement et alors, pourquoi donc conserver notre cerveau comme commande centrale ? Harari pense en effet que l’on pourrait s’affranchir des lois de la biochimie en fabriquant des êtres non organiques et en remplaçant les neurones par l’intelligence artificielle. Cela fait froid dans le dos, mais n’y sommes-nous pas déjà un peu ? Les ordinateurs sont en train de remplacer les humains pour conduire leur voiture, diagnostiquer une maladie ou choisir un conjoint. Avec le big data, nous pouvons maintenant subir une propagande personnalisée et acheter de notre plein gré, pensons-nous, tel ou tel produit… Nos choix de consommateurs, de citoyens sont, à notre insu, de plus en plus dépendants d’algorithmes. Cela pourrait même nous amener, pense Harari, à imaginer une techno-religion, le « dataïsme », qui comme toute religion n’est pas vraiment une question de dieu, mais plutôt d’autorité et de pouvoir. Peut-être Dieu va-t-il s’appeler dorénavant Google, le dieu des humains connectés aux grands flux de données et parfois… déconnectés du réel.

     A l’inverse de Cochet encore, Harari est convaincu que les grands défis qui nous attendent comme les modifications climatiques vont faire des dégâts certes, mais ne vont pas stopper le progrès. Au contraire, ces catastrophes vont inciter à encore plus de génie biologique. Cette évolution va sans doute créer de grandes divergences entre les humains, avec une petite élite dotée de nombreux pouvoirs, les dieux, et les autres restés au stade antérieur. Nous voilà dans « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley (roman de 1932) ! Vraiment optimiste Harari ?

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 09:17

La fin d’un monde

 

Devant de tels enjeux, on peut se demander si notre planète va pouvoir supporter de tels à-coups, et si notre civilisation pourra survivre. C’est la question que posait cet été, entre autres, l’ancien ministre de l’environnement Yves Cochet dans Libération (http://www.liberation.fr/auteur/3674-yves-cochet). Au vu des rapports successifs sur le climat ou la biodiversité, Yves Cochet pense que l’effondrement est imminent. Il établit un calendrier approximatif pour les années 2020-2050 qui seront, selon lui, les plus bouleversantes que l’humanité aura jamais connue en si peu de temps. A savoir : la fin du monde que nous connaissons (2020-2030), l’intervalle de survie (2030-2040) et le début d’une renaissance (2040-2050). Ce n’est donc pas désespéré !

Dans un premier temps, Yves Cochet est certain de l’effondrement mondial en raison d’un triple clash énergétique, climatique et alimentaire. Il pense que nous sommes alors contraints à la décroissance.

La seconde période serait la plus pénible avec un abaissement brusque de la population mondiale (épidémies, famines et guerres) et la diminution drastique des ressources énergétiques et alimentaires. Que des réjouissances, avec une survie précaire de l’humanité.

Puis l’espoir revient vers 2050 avec une étape de renaissance pendant laquelle les humains les plus résilients réinventent des formes nouvelles de gouvernance pour garantir la stabilité de la civilisation.

Yves Cochet tient à préciser en conclusion qu’il n’est pas psychopathe, mais qu’il examine les choses froidement avec l’espoir que l’on puisse limiter les dégâts en proposant dès aujourd’hui un projet de décroissance rapide « pour la moitié survivante de l’humanité dans les années 40 ».

Pessimiste ou réaliste Yves Cochet ? A chacun d’y réfléchir… et bon courage.

 

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 08:06

       Comme à toutes les époques, le futur nous interpelle, mais cette fois-ci chacun pressent que les enjeux sont colossaux. Comment imaginer notre avenir en 2017 ?

 

L’évolution du monde

       Nous avons abordé ce thème à de nombreuses reprises, dans des ouvrages ou en conférences et en particulier dans « Le développement soutenable » écrit avec Georges Lanmafankpotin (L’Harmattan, 2007, 187 p.). Si l’on revoit l'histoire humaine avec un regard d'écologue, on redécouvre l'histoire des relations de l'homme avec la nature et son environnement au sens large du terme, sur une planète "finie" dans le temps et dans l'espace.

        On peut diviser cette histoire humaine, de l'origine à nos jours, en quatre grandes périodes, quant à nos relations avec la nature, de moins en moins longues en fonction des progrès de la civilisation et de l'accélération de l'histoire, au moins pour les pays du Nord.

        La première période va de l'apparition de l'homme à -1800, c'est la préhistoire, l'ère de la cueillette. La seconde période dure 3 600 ans, de -1800 à 1789, c'est l'ère de l'agriculture. Puis, vient pendant deux siècles, de 1789 à 1969, l'ère industrielle. Enfin, la quatrième période est la nôtre, pour une durée d'environ 80 ans, soit jusque vers 2050, nous l’avons appelée l'ère de la communication.

        Cette fois encore, c'est la conquête de l'espace, donc de notre environnement, qui nous guide. En effet, l'horizon 2050 est celui où l'homme devrait se poser sur Mars. Ce voyage de longue durée, va marquer le début d'une présence permanente de l'homme dans son environnement sidéral. La population terrestre va encore augmenter d'ici la fin de cette nouvelle ère, pour atteindre, peut-être, de l'ordre de 9 milliards. Cette croissance démographique considérable va poser des problèmes cruciaux quant à l'aggravation des pressions sur les ressources et les écosystèmes. Les conséquences sur l'environnement sont facilement prévisibles dans la mesure où actuellement 25 à 50 % de la population des villes du tiers monde n'ont accès ni à l'eau potable, ni à l'assainissement par exemple. Du point de vue technologique, le début de cette ère de la communication s'appuie sur le développement très rapide de l'informatique, de la génétique et, sous diverses formes de la communication matérielle (autoroutes, TGV) et immatérielle (internet). On le sent bien, cette ère de la communication risque fort d'être décisive tant les enjeux sont colossaux et les réponses à apporter urgentes.

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 08:49

      La France est en état d ‘urgence en raison des risques d’attentats depuis novembre 2015, comme chacun sait. Si cette situation est bien désagréable, tous ou presque s’accordent à penser que c’est tout de même indispensable et d’une certaine efficacité pour se protéger d’un risque difficile à maîtriser. L'état d'urgence est une situation spéciale, une exception permettant aux autorités administratives de prendre des mesures restreignant les libertés.

     Cet état d’urgence est donc décidé lorsque la sécurité publique ou la vie des citoyens apparaissent menacées. Si c’est bien le cas en période de menaces d’attentats terroristes, ce peut être aussi le cas lorsque les modifications climatiques menacent la stabilité des habitations et des infrastructures, la vie des citoyens les plus exposés et souvent les plus précaires, la pérennité des cultures et donc l’alimentation ou favorisent la dispersion de plantes ou insectes préjudiciables aux équilibres naturels en place. Fantasmes ? N’oublions pas déjà une actualité récente : cyclones des Antilles et USA, inondations en Inde, recul des côtes françaises, perturbations climatiques et rendements en fruits et légumes aléatoires, progression vers le nord de la chenille processionnaire du pin, maladies diverses de nos arbres communs, etc.

     Fantasmes ? Depuis ces dernières années la température de l’eau des océans atteint des records avec souvent une eau à 29°, ce qui constitue un facteur déterminant de renforcement des cyclones. Les scientifiques sont quasi unanimes à considérer que ce qui vient de se passer aux Antilles préfigure ce qui se passera plus largement sur la planète avec un climat plus chaud, soit des ouragans plus intenses et plus destructeurs, qui toucheront d’autant plus les plus démunis. On l’a vu récemment à Saint-Martin où 30 % de l’habitat était précaire avec des habitations en tôles et en bois… complètement volatilisées.

     Fantasmes que de vouloir prévenir ces catastrophes ? Nous pressentons ces modifications depuis la fin du 20ème siècle et les constatons maintenant avec de plus en plus d’ampleur. Ne serait-il pas temps de regarder la réalité en face et AGIR. Bien sûr que ce sera difficile, contraignant, coûteux et privatif de libertés… Maintenant il faut choisir, la discipline, la rigueur et les privations  ou le cahot… Vous ne pouvez pas, ou ne voulez pas choisir ? OK l’Etat va décider pour vous : diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre, donc fermeture des centrales thermiques, réduction de la circulation automobile et en particulier des camions, restriction des vols aériens au juste indispensable, transformation radicale de l’agriculture, etc. Vous n’êtes pas contents ? Il est interdit de manifester ! C’est l’état d’urgence climatique.

     Imaginons : la France, un « grand pays », se lance, l’Europe suit et toute la planète sous l’égide de l’ONU. On est sauvé !

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 17:38

     Parmi les sujets récurrents de ce blog nous avons souvent évoqué les diverses pollutions de l’eau, de l’air ou des sols et leurs conséquences sur la santé des écosystèmes, mais aussi sur la santé humaine. Sans faire dans le détail, on peut simplement se référer à quelques sujets évoqués par les médias spécialisés depuis le début de cette année. Il semble qu’il y ait encore quelques marges de progrès…

     Concernant l’eau il est tout de même assez stupéfiant de constater que 2,8 millions de Français consomment de l’eau du robinet polluée par des pesticides, des nitrates et même des bactéries, selon l’UFC-Que  Choisir. Qui plus est, les consommateurs des petites communes rurales sont souvent les plus exposés ! Parmi les pesticides, la première pollution, l’atrazine interdit depuis de nombreuses années est tellement rémanent qu’il est quasiment le plus préoccupant avec le glyphosate qui fait polémique actuellement à propos de son interdiction ou pas. Une étude de début 2017 a porté sur 30 volontaires de 8 à 60 ans qui ont subi une analyse d’urine à la recherche du glyphosate. Bingo, il était présent dans 100 % des échantillons ! Le risque lié à ces produits, c’est seulement le cancer et des atteintes au système nerveux. En ville, on rencontre aussi des difficultés liées au mauvais état des canalisations d’eau dans 1 200 communes qui comportent des réseaux en plomb défectueux. Au final, il semble bien que… seulement 92 % des cours d’eau comportent des pesticides et que la teneur en nitrates des nappes souterraines est croissante.

     A propos de la pollution de l’air, une étude américaine de ce début d’année attire l’attention sur la relation entre la pollution de l’air et la maladie d’Alzheimer dans 21 % des cas. L’étude du Lancet portant sur 6 millions de personnes est purement statistique mais tout de même, elle semble confirmer le rôle néfaste des particules fines (PM2,5). Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), 48 millions de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer dans le monde, avec une augmentation de 7 millions chaque années… A cette pollution de l’air extérieur s’ajoute la pollution de l’air des habitations et le tabagisme passif.

     Les enfants sont souvent les plus touchés par ces pollutions diverses et l’OMS estime à 1,7 million le nombre d’enfants qui décèdent chaque année en raison d’un environnement dégradé. Malgré tout la situation semble s’améliorer un peu, notamment en Afrique subsaharienne. Mais on peut encore faire mieux !

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 08:31

     Un sujet récurrent en France est l’organisation des territoires et en particulier la réduction du « mille feuilles administratif ». Toujours d’actualité, ce thème a bien du mal à se mettre en place… Il en est ainsi, entre autres, pour les parcs naturels régionaux, les PNR. Créés par décret du 1er mars 1967, voilà 50 ans que ces « territoires d’expérimentation » exercent leurs talents en matière de « laboratoires du développement durable ». L’objectif ne consiste pas à toujours créer des structures nouvelles pour innover, mais plutôt à adapter les structures en place pour qu’elles répondent davantage aux attentes de l’époque avec plus d’efficacité. Nous l’avons beaucoup répété depuis 10 ans comme dans Sauver les Parcs ou les Pays ? Les PNR sont des structures du 20ème siècle, qui ont fait leur preuve et dont la politique et les pratiques doivent maintenant être banalisées sur l’ensemble des territoires. Il existe pour cela des structures performantes déjà en place que sont les Pays (PETR) et les Comcom.

     Cette question préoccupe plusieurs territoires ruraux français et en particulier le Pays de Bray, en Seine-Maritime, où le sujet fait débat, y compris dans la presse régionale. Soyons réalistes et plus exigeants sur le fonctionnement des institutions existantes plutôt que recréer de nouvelles structures pour combler les manques. On y gagnera du temps, de l’argent et de l’énergie ! Certes on peut comprendre que les acteurs locaux souhaitent une reconnaissance de la richesse de leur territoire et d'une certaine identité. Mais alors pourquoi ne pas imaginer un label pour les territoires qui souhaitent être reconnus pour leurs actions environnementales. Celles-ci sont le plus souvent obligatoires, que ce soit pour l’urbanisme, l’agriculture, l’assainissement ou le tourisme par exemple. Il ne s’agit donc plus aujourd’hui d’afficher une intention, mais de faire reconnaître que les obligations ont été bien remplies.

     On peut alors imaginer que le Ministère de l’environnement prépare les PNR actuels à une reconversion progressive, n’en crée pas de nouveaux et accorde un label aux territoires qui le méritent, selon des critères pré-établis, rigoureux et exigeants. La gouvernance étant un des critères importants, on imagine qu’un Pays ou une communauté de communes conséquente puisse prétendre au label. Celui-ci pourrait être un label « PNR » pour un territoire qui est exemplaire en matière de « parc naturel » et bien sûr doté d’une structure déjà existante. Ce label pourrait être intitulé de différentes façons, pourquoi pas un label « TDS », territoire de développement soutenable, ou « THQE», territoire de haute qualité environnementale.

     On ira alors en vacances plutôt dans un territoire labellisé ! Imaginons, pour le Pays de Bray, un regroupement des ComCom, une fusion avec le Pays et un label « qualité environnementale ». Une innovation au plan national remarquée, médiatisée et profitable. Comme on dit, ça aurait de la gueule !

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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 07:29

     Le terrible ouragan Irma a été suivi des tempêtes tropicales José et Katia. Ce cocktail explosif a été d’une ampleur et d’une gravité sans comparaison pour les Antilles. Les médias nous en ont relaté tous les détails quant aux conséquences catastrophiques pour les habitants, sur l’habitat, l’emploi et les services. Quelques politiques, en désarroi et s’interrogeant sur leur utilité, ont aboyé sur le dos de l’Etat et du gouvernement inefficace… Sur place, outre les jours dramatiques vécus par la population, terrorisée et anéantie, certains ont trouvé là une belle opportunité pour des pillages, et même des braquages avec quelques coups de feu ici ou là. L’humanité quoi !

     Par contre il a été peu dit et commenté que, bien que l’on sache de longue date que les zones cycloniques sont très exposées, on a laissé construire en bord de mer, quasiment sur les plages, des constructions qui respectent les normes anticycloniques parfois d’un peu loin… Ne parlons même pas des bidonvilles que l’on a laissé se développer en zones très vulnérables. Il s’agit maintenant de reconstruire et, en premier lieu semble-t-il tout ce qui peut favoriser le tourisme, donc l’économie locale. Le fric d’abord, on verra ensuite…

     Qu’en sera-t-il à l’avenir puisqu’on le sait maintenant, « le pire est devant nous » a affirmé Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique. Sous l’effet des modifications climatiques, les extrêmes climatiques et les catastrophes naturelles plus généralement, se multiplient et s’intensifient. Corinne Lepage, ancienne ministre est elle aussi convaincue en déclarant que « nous vivons la bande-annonce de la catastrophe qui nous attend ».

     On a beaucoup médiatisé les récentes catastrophes aux USA et aux Antilles, en France donc pour une part, mais on a un peu oublié de parler de l’Afrique ou de l’Inde où la récente mousson a provoqué des inondations catastrophiques. Qu’en sera-t-il en termes de dégâts humains sachant que le nombre de catastrophes naturelles sur la planète a quadruplé depuis 1970 et accessoirement, leur coût a été multiplié par cinq depuis 2001. En 2016 on a compté environ 1 000 désastres de ce type sur la planète pour un coût de l’ordre de 180 milliards de dollars ! On s’interroge sur qui va payer et certaines organisations préconisent que les entreprises les plus responsables des changements climatiques soient mises à contribution. Pourquoi pas, mais il faudrait peut-être mieux prévenir ces catastrophes en mettant en pratique les recommandations faites depuis des décennies pour limiter le réchauffement. Il y a URGENCE à agir, à proclamer un état d’urgence climatique en France, puis en Europe et à l’échelle planétaire ! Que fait l’ONU ?

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 17:48

     C’est en 1997 que je fus chargé, en tant que consultant indépendant, d’une « étude de définition des conditions de mise en œuvre du nettoyage de la Seine », pour le Conseil Régional de Haute-Normandie, le Parc Naturel Régional de Brotonne et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie. Il s’agissait de faire le bilan de la situation en matière de déchets déposés par la Seine sur ses 292 km de berges entre le barrage de Poses et le Pont de Tancarville.

     Mis bout à bout, ces dépôts couvraient 58 km de rives. Sur les 69 points noirs répertoriés (environ 29 000 m3, soit de l’ordre de 9 000 tonnes) deux sites tests ont été retenus afin de valider les résultats et préciser les méthodes d’intervention, sachant que le flux de déchets flottants était estimé entre 700 et 800 tonnes par an. Ces déchets étaient des emballages, des aérosols, seringues, bidons divers, pots de peinture, extincteurs, vélos ou jouets, etc. L’étude a préconisé le recrutement d’une dizaine d’emplois d’insertion pour procéder au nettoyage en cinq ans.

     Une quinzaine de médias régionaux et nationaux, écrits et télévisuels, ont relaté cette étude pour laquelle était décidée une concrétisation sur le terrain. Cette formidable prestation m’a permis de parcourir, en voiture et à pied, les berges concernées de la Seine. Découverte de paysages bien plus sauvages qu’on l’imagine, enlaidis de déchets innombrables ! Cette étude a fait l’objet de 3 rapports (Volume 1: rapport, 80 p.- Volume 2: annexes, 167 p.- Volume 3 : synthèse, 25 p.- Notre-Dame-de-Bliquetuit : Parc Naturel Régional de Brotonne, 1997) qui peuvent être consultés en salle de lecture du pôle des archives historiques : 42 Rue Henri II Plantagenêt, Pôle culturel Grammont, 76100 Rouen - Tél. : 02 35 03 54 95 / Mail : archives@cg76.fr – Archives personnelles 341 J – Publications 302, 303 et 304.

     Le tonnage de 9 000 tonnes s’est avéré un peu sous-estimé lors du nettoyage qui a effectivement suivi pendant plusieurs années. Nous voilà 20 ans plus tard… et les déchets reviennent sur le devant de la Seine ! Une enquête menée par Thibaut Schepman pour le site d’information Les Jours révèle que malgré les ramassages, c’est le « tonneau des Danaïdes » avec des arrivages en provenance de l’amont incessants, y compris des produits dangereux, et… sans solution. De son côté, Aurelia Morvan apporte sa contribution, dans 76actu en insistant sur le fait que le manque de financement est un obstacle à l’enlèvement des déchets, mais aussi l’absence de coopération entre les collectivités impliquées. Une fois de plus, cette opération ne pourrait pas avoir lieu sans l’Europe. On espère une solution pour la fin 2017, sans toutefois pouvoir tarir les sources en amont…

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 07:41

     Une étude publiée pendant l’été 2017 (Revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences) tire le signal d’alarme à propos de l’extinction de la faune sauvage qui s’accélère… et cela même alors que certaines espèces, pas encore connues, sont déjà disparues, comme nous l’évoquions il y a un an. Les chercheurs qui font ce constat alarmiste déclarent que « la réelle ampleur de l’extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique ». Nous vivons actuellement un phénomène exceptionnel avec cette sixième extinction des espèces, qui se déroule en « direct live » après la cinquième qui a eu lieu il y a 65 millions d’années, c’était alors la disparition des dinosaures. Le phénomène est de même ampleur, mais concerne des espèces communes, soit environ 27 000 telles que l’alouette des champs, le chardonneret ou le triton ponctué. La nouveauté, par rapport aux extinctions précédentes, c’est que le phénomène s’accélère sur quelques décennies, touche la quasi-totalité des espèces de la planète et sur tous les continents et océans… Pour prendre un exemple emblématique, le lion, il occupait autrefois toute l’Afrique et une partie du Moyen-Orient. Il a décliné de 40 % en 25 ans pour ne subsister que sur des territoires africains ponctuels et une seule région de l’Inde.

     Les cinq crises précédentes étaient dues à des cataclysmes, alors que cette fois-ci, c’est l’espèce humaine qui en est la cause, du fait de la dégradation des milieux naturels, la surexploitation comme la surpêche, les pollutions et les modifications climatiques. Nous l’avons assez répété, nous sommes dans la nature et le processus engagé nous concerne aussi, ne serait-ce que par rapport à notre nourriture, d’autant plus que la population humaine ne cesse d’augmenter.

     Il y a donc urgence à mettre en place des actions pour sauver les espèces menacées, notamment en préservant les espaces naturels, en créant des réserves naturelles ou en appliquant à l’ensemble du territoire planétaire les objectifs des parcs naturels. Certains grands projets d’aménagement doivent être revus et l’agriculture intensive bouleversée pour revenir à des modes de gestion qui tiennent compte davantage des réalités biologiques de la planète. Il nous faut aussi, nous citoyens du monde, consommer autrement en nous souciant des impacts de nos activités sur la nature.

     Voilà maintenant des décennies que l’on rabâche tout cela. Il n’est plus temps de tergiverser, il y a urgence ! Agissons pour la survie de notre espèce et de nos descendants.

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