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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 07:39

     La récolte de blé 2016 en France a été annoncée comme étant la plus mauvaise depuis 40 ans. La raison essentielle est liée aux mauvaises conditions climatiques du début d’année avec des pluies excessives et le manque de soleil. De ce fait les épis sont peu chargés, de médiocre qualité et les parasites se développent. Cette situation a un impact économique et les agriculteurs vont demander la reconnaissance de calamité agricole pour compenser les pertes. Ce constat peut être un tout petit peu nuancé si l’on retient que depuis de nombreuses années les rendements ont augmenté, culminant en 2015, sans trop se soucier ni des modifications climatiques, ni de l’appauvrissement des sols à force d’intensification des cultures, ni de la sélection des graines qui offrent peut être moins d’adaptabilité aux conditions du milieu…

     Comment faut-il le dire et redire pour être entendu : le climat est perturbé du fait des activités humaines, ces perturbations concernent la planète entière de façon aléatoire et très diversifiée et nous devons en tenir compte d’urgence faute de quoi nous le payerons très cher ! Chacun le sait, l’année 2015 a battu tous les records d’émissions de gaz à effet de serre et donc de températures, de montée des eaux, de sécheresses, de recul des glaciers et d’inondations… Les six premiers mois de 2016 ont été encore plus chauds !

     Certes les céréaliers savent se faire entendre, mais ils ne sont pas les seuls concernés, les apiculteurs aussi et les pêcheurs de même ! Du fait de la météo, les abeilles sont moins sorties et ont peu butiné : la récolte de miel sera le tiers de ce qu’elle est habituellement, sans compter le déficit de fécondation des fleurs de toutes sortes, y compris de nos cultures. Dans un autre registre, les eaux marines plus chaudes ont aggravé la propagation des algues aux dépens des poissons, en particulier en Méditerranée où près de 60 % des stocks ont été péchés à des niveaux biologiquement non viables. Bref, les récoltes en tous genres annoncent cette année une baisse, alors que la population terrestre augmente. Dans un communiqué, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a alerté l’opinion : la planète vit à crédit et de plus en plus chaque année. C’est le 23 décembre 1970 que l’on a estimé pour la première fois ce déficit entre la production de la planète et la consommation humaine. Cet Earth Overshoot Day est intervenu le 13 octobre en 1990 et le 8 août cette année.

     D’ores et déjà il est prévu que si les émissions mondiales de C02 ne diminuent pas, en 2030 le « budget écologique » sera englouti pour le 28 juin. En clair cela signifie qu’en six mois nous aurons consommé toute la production annuelle, ce qui ne peut se poursuivre au-delà. Que faire alors pour « équilibrer le budget » : soit on diminue la population de moitié, soit on consomme moitié moins. A vous de choisir ! Pas facile…

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 07:53

La « petite réserve de biodiversité »

     Ni vaches, ni cochons, ni moutons, mais un âne et des chats au Point du Jour, à partir de 1980. Le site marque la limite entre le fond de la vallée de l'Andelle, semi-bocager et les plaines cultivées de la première terrasse brayonne, c’est un milieu très appauvri sur le plan biologique (arasement de haies, abattage de vergers, retournement de prairies). L'ancienne plateforme ferroviaire est en déblai tout le long, ses talus sont fortement colonisés par le brachypode et en évolution dynamique lente vers le pré-bois. Le site ne présente pas d'intérêt remarquable en lui-même, mais le contexte très appauvri lui confère une certaine importance au regard de ses potentialités en particulier pour l'avifaune.

     La gestion différente de l'espace a augmenté la biodiversité. Le milan royal, c'est anecdotique, mais c'est le plus grand rapace qu'on ait jamais vu ici, un symbole. La parmélie et les autres lichens, les orchidées ou autres faisans et écureuils démontrent la diversité du lieu.

     La flore : 39 plantes indigènes ont pu être identifiées, toutes banales. Les plantes les plus remarquables présentes sur le site sont les orchidées : Orchis militaire, Orchis pyramidal, Ophrys abeille et Platanthère verdâtre. Depuis 2008, se développent quatre tiges d’Elléborine (Epipactis helleborine) en sous-bois. C’est une plante peu commune pour la région Normandie. Cette plante demande ombre et fraîcheur, ce qui explique sa présence au nord-est de la prairie, en sous-bois. L’année la plus riche en orchidées fut 2014 : de l’ordre de 230 pieds, essentiellement Orchis pyramidal et Ophrys abeille. Par ailleurs, 21 espèces de lichens ont été identifiées dont les Parmelia caperata et revoluta

   La faune : La faune n'est pas toujours inféodée au site de trop petite taille, mais le voisinage immédiat et le site lui-même ont permis d’identifier de nombreux insectes (une vingtaine d’espèces) dont la Lucane cerf-volant. Pendant l’été 1992 a été observée l’Argiope, une araignée peu courante. De même il a été vu cinq reptiles, quelques rares fois, dont la Couleuvre à collier. Soixante trois espèces d’oiseaux ont été vues sur le site, dont 3 espèces de chouettes, 5 de mésanges et 4 de pics. Les mammifères aussi sont assez nombreux : 16 espèces observées.

     Ainsi, en 34 ans, nous avons pu observer de l’ordre de 170 espèces sur ce modeste hectare de bocage. Une vraie récompense !

 

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 07:47

La « tradiporaine » et le jardin

  

     A partir de 1980, l’histoire et l’évolution de la maison sont sous notre contrôle. En 1994, de grands travaux sont entrepris qui consistent à reprendre entièrement tout le gros œuvre. Après quelques hésitations, le choix est arrêté pour la rénovation : le but est de reprendre le gros œuvre pour améliorer l’isolation quasi inexistante et d’augmenter un peu la surface. Nous avions pensé, dans un premier temps, « restaurer » la maison, c'est-à-dire la ramener à son état initial, ce qui à la réflexion nous est apparu hors d’époque. Sans que le mot soit utilisé à ce moment-là, nous avons opté pour une « tradiporaine », une maison contemporaine, mais qui respecte la tradition, en termes de volumétrie notamment (http://www.michel-lerond.com/article-28850309.html). Ce fut une riche aventure qui dura quasiment une année.

     Pendant toute cette période se poursuit l’aménagement du jardin qui en fait, deviendra plutôt un parc. A notre arrivée, il n’y a que 7 arbres sur le terrain et les haies sont mortes ou très dégradées, en raison de la présence importante des ormes, malades de la graphiose. Les principes directeurs de l’élaboration sont :

     Composer une ambiance brayonne, en reconstituant à petite échelle un bocage : le verger, agrémenté d’espaces plus ouverts, la prairie et le jardin de fleurs devant la maison. L’ensemble doit permettre, à terme, de bénéficier de contrastes entre ombre et lumière et d’échappées visuelles qui permettent d’apercevoir les limites du terrain et au-delà les « Monts ».

     « Casser » la rigidité de l’ancienne voie ferrée, avec des terrassements et des petites allées, pour en faire un espace sinueux de mi-ombre. L’ensemble est assez paysagé et aménagé en boisement de cavée.

     Faire un « jardin de fainéant » en essayant des techniques de gestion et d’entretien les plus économes en main d’œuvre. Encore faut-il ne pas garder toujours les mains dans ses poches…

     Ces principes amènent, en gros, aux résultats escomptés :

     L’ambiance brayonne est réussie, même au-delà des espérances et plus vite que prévu. Dès les années 2000, il faut procéder à quelques abattages et élagages afin de redonner de la lumière et de l’espace. La transformation de la voie ferrée fonctionne bien. Le « bois » peut commencer à être exploité en bois de chauffage à partir de 2012. Le jardin de fainéant… c’est très relatif. De nombreuses astuces ont permis de limiter les interventions, mais il faut rester vigilant et intervenir en permanence pour ne pas être débordé. La nature reprend toujours le dessus même s’il s’agit là d’une « nature sous surveillance ».

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 07:15
  1. Les habitants et la vie courante

  

     Des bribes d’histoires, collectées par des témoignages ou des écrits, nous ont permis d’ébaucher une chronologie de notre maison. En 1827, la maison figure déjà au cadastre, au hameau du Point du Jour comprenant cinq maisons.

     Vers 1900, la maison est occupée par un charpentier. Elle est en colombages et torchis, la couverture en chaume et ne comprend que deux pièces : cuisine et chambre. A l’extérieur se tient un petit atelier de charpentier, scieur de long, couvreur. Cette maison correspond bien à ce qui est décrit dans la littérature, quant à l’habitation caractéristique du Pays de Bray : un rez-de-chaussée et combles simples, tout en longueur.

     Puis vint une famille d’ouvriers agricoles dans les années 1930 jusque 1942. Les enfants, battus et de pères différents, étaient chargés d’aller chercher du « manger à lapin ». Il y avait une pompe à eau près de la maison. La couverture était en tôles. Dans le volume d’origine, outre un cellier et un « bâtiment à lapins », il y avait deux chambres et une cuisine. L’éclairage se faisait à la lampe à pétrole. Environ 2 000 m2 du terrain étaient cultivés en jardin, betteraves et pommes de terre. Il n’y avait aucun arbre. Une poutre posée au-dessus du cours d’eau, l’Andelle, permettait de traverser celui-ci pour gagner une ferme où aller chercher du lait.

     La maison est occupée de 1942 à 1964 par une famille nombreuse. Parents et enfants dormaient dans la même chambre jusqu'à ce que le propriétaire aménage une autre chambre dans un cellier pour les parents et les nourrissons. Il n’y avait aucun confort dans cette maison. Une chronique du blog  www.michel-lerond.com (2 février 2010) a résumé cette vie : On l’appelait Modérane…

     A cette époque, le village d’environ 350 habitants comptait un café-épicerie, cinq cafés, une charcuterie, une boulangerie, un maréchal ferrant, une laiterie, un atelier de transformation de matières plastiques, un atelier de fabrication de poteaux en ciment et une gare sur l'ancienne ligne de chemin de fer.

     En 1964 la maison est toujours à colombages, mais la couverture est en tôles de fibro-ciment. Elle est habitée par des retraités jusqu’en 1980, date à laquelle nous occupons cette maison en résidence secondaire, puis en résidence principale.

     En 1985 la toiture est entièrement refaite en tuiles plates. Un appentis est construit à l’extrémité ouest.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 08:19

 

  1. Une maison à l’histoire simple

 

    Le Point du Jour est un hameau du Pays de Bray, en Normandie, au confluent de l'Andelle avec la "fosse" brayonne. Ce hameau a compté 5 maisons (19 habitants à la fin du XIXe siècle) dont il ne reste plus que celle que nous avons habitée de 1980 à 2014.

     Cette maison a priori n'avait pas d'histoire, elle était des plus banales, ne présentant aucune originalité si ce n'est les restaurations malheureuses si caractéristiques des années 1960.

     Pourtant, des fragments de vaisselle, des douilles de mitrailleuse, une ancienne voie ferrée, des témoignages de voisins nous ont vite convaincus que cette modeste maison, qui a sans doute connu la Révolution ou peu s'en faut, avait une histoire, tout comme l'hectare de pré et verger qui l'accompagne. Oh bien sûr il ne s'agit pas de la grande histoire avec ses princes et ses batailles, mais d'une micro-histoire d'un micro-territoire. Pourtant cette petite histoire peut éclairer la grande ou en tous cas être en inter-relation avec elle et nous apporter de quoi relativiser des situations actuelles que nous pouvons parfois déplorer.

     Cette maison du Point du Jour, toute petite masure de journalier agricole il y a deux siècles, a connu des locataires successifs qui témoignent de l'évolution de la vie rurale : charpentier, ouvriers, retraités, puis profession libérale travaillant à domicile.

     A chaque période, avec chaque habitant, la maison a évolué pour sacrifier à la mode ou aux nécessités : c'est ainsi que la toiture de chaume a été remplacée par des tôles, puis des tuiles mécaniques et enfin des tuiles plates. La conception même de la maison a évolué, de l'architecture vernaculaire à la restauration "tout ciment" des années 1960, pour finir en construction brique et bois résolument contemporaine de la fin du XXème siècle. Cette maison a toujours épousé son époque, pour le meilleur ou pour le pire, en restituant les préoccupations du moment et témoignant des modalités de la vie rurale.

     Ainsi l'évolution de cette maison rurale au rythme de la civilisation, son histoire connue assez précisément de 1906 à nos jours, nous ont convaincu de raconter brièvement ce fragment de la vie rurale brayonne dans un hameau de quelques maisons, là où nous avons vécu 34 ans.

     Nous souhaitons donc décrire la maison et son environnement : le projet architectural qui transforme une masure ancienne en demeure contemporaine et le terrain devenu espace d'agrément, de loisir, voire de contemplation et surtout « petite réserve de biodiversité » au lieu de l'espace utilitaire qu'il était.

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 10:29

     Il existe tout de même quelques politiques, de tous bords, qui sont à même de nous réconcilier avec… la politique. Après Edgar Pisani, voilà Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, qui à l’occasion de la sortie de son livre « Le monde au défi » (Editions Fayard) se répand dans les médias pour quelques déclarations réconfortantes, quant à leur lucidité. Ainsi déclare-t-il : Il est aujourd’hui impossible de nier que la vie sur terre puisse un jour devenir impossible. Le seul lien entre tous les êtres humains, c’est… leur survie collective. Il faut faire émerger une conscience écologique universelle… Passons de la géopolitique à la géoécologie. Et plus loin : Il faut dépolitiser l’écologie, la débarrasser de son jargon décourageant, de ses slogans, de son sectarisme, et la moderniser. Et encore plus fort : J’espère un nouvel ordre du monde où les Etats seront sous pression lorsqu’ils ne respecteront pas, par exemple, la réduction de leurs émissions de CO2, où sera réécrite la Charte des Nations unies avec comme objectif de maintenir la planète habitable. La vraie écologisation englobera tous les domaines et sera le moteur de l’économie de demain.

     Pour que la politique puisse se donner les moyens de penser le long terme, Hubert Védrine reprend une idée portée par Jacques Attali et Nicolas Hulot qui consisterait à créer une « chambre des générations futures » composée de scientifiques de différentes disciplines, en capacité de penser le long terme. Cette instance aurait vocation à publier un rapport annuel du type de celui de la Cour des comptes afin d’évaluer les impacts d’une loi ou d’une mesure dans le futur. Cela devrait permettre l’instauration d’un débat public équitable et objectif que l’opinion attend.

     Merci donc à Edgar Pisani et Hubert Védrine, entre autres, de nous apporter ce réconfort. Le dire c’est bien, mais le faire, c’est encore mieux. Espérons et dorénavant, j’aurai un peu moins l’impression de radoter sur ce blog. Ah vraiment, c’est pas foutu ! Bonnes vacances. Profitez-en pour lire, ou relire :

 

LEROND, Michel.- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009).- Paris : l’Harmattan, 2010.- 149 p.

Les cent premières chroniques de notre blog rassemblées de façon construite, selon les piliers du développement soutenable.

LEROND, Michel.- C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- Paris : l’Harmattan, 2013.- 156 p.

100 chroniques écrites en 2010-2012 : une réflexion sur nos modes de développement, avec un œil critique, mais aussi pour esquisser des propositions d’action.

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 07:52

     Souvent sur ce  blog, nous avons vilipendé les politiques pour leur manque de clairvoyance, de prospective et de conscience de l’importance de notre environnement. Pourtant… quelle agréable surprise lorsque l’on entend des propos d’une lucidité implacable qui font chaud au cœur.

     Ainsi, Edgar Pisani, ancien ministre de De Gaulle et de Mitterand, fut l’un des pères de la Politique agricole commune européenne (PAC). Décédé le 20 juin 2016, à l’âge de 97 ans, Edgard Pisani a eu la lucidité, à la fin de sa vie, de mettre en cause sa propre action qui a conduit… à la toute puissance de l’agrobusiness. C’est par cette révolution des pratiques agricoles que va se faire progressivement la mise sous tutelle de la paysannerie par l’agrobusiness, l’invasion de la chimie, la destruction des sols et des haies. Edgar Pisani confiait qu’il n’aurait pas imaginé que cette politique irait aussi loin et se le reprochait.

     La PAC a en effet conduit à l’émergence d’une dualité agricole, avec les grandes cultures et l’agriculture familiale, dont l’équilibre s’avéra vite illusoire. Ceci  allant jusqu’à l’asphyxie de l’agriculture familiale, asservie à la grande distribution et l’agrobusiness. Une cinquantaine d’années plus tard, la France a perdu 4/5 de ses exploitations agricoles et environ 25 % de ses emplois à la terre.

     C’est au vu de ce constat qu’Edgar Pisani se demandait comment faire marche arrière. Dans ce but, il proposa de corriger les excès de la PAC avec, par exemple : Remettre en chantier l’ensemble des mesures qui ont pris place dans la Politique agricole commune, pour que celle-ci assume, conformément au Traité de Rome, non plus seulement sa fonction productive mais tout en même temps sa fonction sociale, territoriale, culturelle. Il alla même jusqu’à proposer une évolution drastique de la PAC : Un nouveau système d’intervention doit être adopté, qui tienne compte de la nature des produits, de la région de production, qui soit inversement proportionnel à la dimension des exploitations et intègre les fonctions non productives de l’exploitation. Il ajoutait encore qu’une PAC refondée doit être au service exclusif de l’agriculture et des agriculteurs. L’agrobusiness et ses usines agricoles relèvent de l’industrie et doivent de ce fait être non seulement exclus des aides agricoles, sans exception aucune, mais en plus, soumis aux règles communes de la politique de concurrence en vigueur dans l’industrie. 

     En quelque sorte, Edgar Pisani invitait à liquider l’héritage du ministre de l’agriculture du général de Gaulle, c’est à dire lui-même. Imaginons que quelqu’un assure son héritage intellectuel… C’est pas foutu, je vous dis !    

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 08:08

     Que ne l’a-t-on répété : les gens ne pensent qu’à eux, sont de plus en plus égoïstes. Oui sans doute.  Est-ce vraiment nouveau ? Et ne peut-on aisément prouver le contraire comme l’attestent les élans de solidarité lors des récentes inondations.

     Ainsi on constate de plus en plus d’exemples d’échanges désintéressés, sans argent en jeu et qui peuvent laisser perplexe dans le contexte de notre société-fric. Gratos !

     En Normandie, on trouve à Rouen des boîtes à livres où chacun peut déposer librement des livres, en emprunter, les rendre ou pas. Ce système est repris également à Saint-Saëns ou les cabines téléphoniques désaffectées ont été reconverties en « bibliothèques de plein air », dans un esprit d’incitation à la lecture et de partage. A Gournay-en-Bray, c’est une voiture qui est mise en partage par une association, librement et gratuitement, pour aider les personnes en difficulté à aller chez le médecin ou tout simplement au travail. Un chauffeur bénévole est mis à disposition. L’association fonctionne sans subvention, mais avec des sponsors.

     C’est l’été 2015 qu’a ouvert à Paris, avenue Daumesnil, la « boutique sans argent ». On apporte ou on prend, sans justificatif, gratuitement, ce que l’on veut. Déroutant ! En Normandie, à Buchy, la « Maison de l’espoir » fonctionne sur le même principe en revendant des vêtements à 1 euro.

     Depuis peu ce sont multipliés les initiatives de « café suspendu » dans des bars : vous prenez un café, en payez deux, le second étant offert au client suivant qui n’a pas les moyens de payer. Cette initiative des cafetiers a été reprise par des boulangers, des restaurateurs ou des coiffeurs. Le plus compliqué, figurez-vous, c’est de faire accepter la gratuité par les clients nécessiteux ! Ils n’y croient pas et n’osent pas…

     Ce principe de gratuité se répand aussi avec des grainothèques et même des jardins potagers  en ville dans des parcs.

     Mais qui donc a dit que l’humanité était désespérante ? Ces expériences ne vont pas remettre en cause le système économique dans lequel nous vivons, mais développent une culture du don, un rejet du gaspillage et un élan de solidarité qui font chaud au cœur par les temps qui courent.

     Si ces petites initiatives peuvent contribuer à notre bonheur, en donnant ou recevant selon les cas, elles peuvent peut être nous aider à changer le monde. Le changement c’est maintenant !

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 07:44

2. Et après, encore plus clair ?

     En France est envisagée la fermeture de Fessenheim. Mais si la mise en place des installations n’est pas simple, les arrêter ne l’est guère plus.

     - Le démantèlement de la centrale française la plus ancienne, celle de Brennilis en Bretagne pose quelques problèmes qui suscitent des interrogations pour la suite des démantèlements à prévoir. Cette centrale de seulement 70 mégawats, commencée en 1962 est entrée en service en 1967 et arrêtée définitivement  en 1985. En 2005, le coût du démantèlement est estimé à 482 millions d’euros, soit… 20 fois plus que l’estimation initiale. Accessoirement, la centrale a subi une inondation en 2000, des départs de feu en 2001 et 2015. Le démantèlement, maintenant suspendu, génère des déchets radioactifs à très grande durée de vie. Du plutonium est détecté dans le chenal de rejet des eaux, en 2007. Voilà quelques enseignements à tirer pour la suite !
     - Le futur site d'enfouissement nucléaire de la Meuse est prévu pour 49 000 m3 de déchets radioactifs en 2030. Les opposants au projet s'inquiètent de la sous-évaluation des risques géologiques : séismes, infiltrations d’eau et mouvements de terrain… Accessoirement le coût final, estimé à 16 milliards d’euros, a été réévalué à 36 milliards d’euros ! Le patron de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), Jacques Repussard, regrettait en 2013 que l’atome tienne trop de place en France. Faut-il ajouter encore que Greenpeace a réussi une intrusion à Fessenheim et que plusieurs drones ont survolé des centrales. Et s’il s’agit d’initiatives de terroristes ?

     - Quant à l’EPR de Flamanville, il a connu… quelques déboires, quelques malfaçons qui sont à la hauteur de notre savoir-faire… Après enquête, il semble bien qu’environ 400 pièces auraient été falsifiées « pour faire des économies »…

     - La remise en état des 34 centrales les plus anciennes (entrées en service entre 1977 et 1987), commencée en 2012, est évaluée à 110 milliards d’euros. L’accident survenu à Paluel fin mars 2016 dans le cadre du grand carénage a donné lieu à une inspection de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) qui s’interroge sur la réalité du confinement des substances hautement radioactives encore présentes dans la cuve du réacteur. Le réacteur incriminé pourrait bien être mis au rebut définitivement…

     Alors, est-ce bien clair ? Objectivement beaucoup d’interrogations demeurent sur la sécurité. Si un jour… hélas un vrai drame survenait, ceux qui pourraient être accusés de crime contre l’humanité ne seront sans doute plus là…

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 08:19
  1. Clair ou clair-obscur ?

     Dans le monde et en France en particulier, nous consommons de plus en plus d'énergie et dans le "bouquet énergétique" l'électricité est en bonne place. Dans ce contexte, l'électricité d'origine nucléaire représente 76 % de la production totale en France. Certes, si le nucléaire présente des risques, ceux-ci existent aussi ailleurs et le nombre de morts reste faible. De même le bilan CO2 est très bon. Voilà des points positifs en faveur de cette énergie. Mais... ne peut-on parfois douter de certaines affirmations ?

   Ainsi en Belgique, la centrale de Tihange a révélé dès 2012 des "potentielles fissures" mais qui étaient là depuis l'origine et qui ne présentaient aucun risque. Toutefois l'AFCN (Agence fédérale de contrôle nucléaire) a demandé que le site de Tihange, inondable, soit protégé par un mur pour prévenir une crue de la Meuse... Le patron de l'AFCN, Willy de Roovere s'est interrogé publiquement sur l'acceptabilité du risque nucléaire.

    Aux USA, le site nucléaire de Hamford, dans l'Etat de Washington, est l'une des plus vieilles centrales, qui fuit dans l'indifférence. Cette centrale, fermée en 1987, stocke 2/3 des déchets nucléaires du pays et a déjà laissé échapper 378 millions de litres de déchets radioactifs, mais "il n'y a aucun risque pour la santé publique dans l'immédiat".

       Au Japon, après l'accident de Fukushima en 2011, près de 2 000 travailleurs ont subi des radiations supérieures à 100 millisieverts, le niveau d'alerte, mais
les risques de cancer de la thyroïde "seraient faibles pour les populations plus éloignées"...

    Et en France, ce pays cartésien où la sécurité des populations prime sur tout dans le fonctionnement de nos 58 réacteurs, une énergie "propre et peu onéreuse" ?

    - C'est en 2008 qu'a été demandée par l'Association trinationale de protection nucléaire regroupant les communes françaises, allemandes et suisses concernées, la fermeture de Fessenheim. L'argumentaire étant la sous évaluation du risque sismique, la non-prise en compte du risque d'inondation, ainsi que les normes de rejets d'effluents liquides et gazeux anciennes et... illégales. La fermeture annoncée pour fin 2016, semble reportée à 2025, peut-être ?

     Qu’en sera-t-il un peu plus tard ?

Published by Michel Lerond
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