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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 08:19

     Le film de Cyril Dion et Mélanie Laurent, « Demain », est un documentaire sorti en 2015. Le succès de ce film est inespéré et très encourageant avec plus d’un million d’entrées en France. A l’opposé des médias et de certains scientifiques, le film « Demain » montre des solutions plutôt que le catastrophisme. Se voulant délibérément optimiste, il recense des initiatives prises dans dix pays différents, qui mises bout à bout, évoquent un monde de demain plus respectueux de l’environnement.

     Pour autant, sur chacun des thèmes, qu’il s’agisse d’agriculture, énergie, économie, éducation ou gouvernance, les constats de départs ne sont pas tendres. D’ailleurs, parfaitement consciente de la situation, Mélanie Laurent déclarait sur Allocine.fr en 2015 : « Nous savons que nous allons nous prendre un mur et c’est le moment de nous mobiliser ». Les solutions concrètes du film sont un encouragement à les poursuivre et les amplifier pour, précisément, ne pas se prendre le mur qui est face à nous. C’est aussi ce que nous essayons de faire passer sur ce blog : alerter par rapport aux grandes questions du moment et donner, chaque fois que possible, des exemples de réalisations positives.

     Soyons donc positifs, mais avec réalisme. Autant il faut encourager les jeunes générations à se mobiliser en leur montrant la voie, autant il faut éviter de se voiler la face et de faire preuve de naïveté. Ne soyons pas de nouveaux Bobos écolos… Il y a urgence à agir, il faut le faire savoir, alerter et mobiliser !

     Pour ne retenir que quelques faits d’actualité qui suscitent réflexion :

  • Six ans après la catastrophe de Fukushima, 123 000 personnes sont encore évacuées des zones sinistrées, ce qui nous laisse songeur par rapport à l’entêtement à pérenniser le nucléaire en France.
  • En Antarctique, un iceberg géant est en train de se briser. La hausse moyenne des températures a été de 3° depuis les années 1960. En mai 2017, un iceberg de 5 000 km2 s’est détaché (équivalent d’un département français) et ne reste plus lié à la banquise que sur 17 km. On attend les conséquences sur la hausse du niveau de la mer…
  • Le réchauffement climatique, plus intense que prévu, en Sibérie a fait fondre le pergélisol (permafrost) et libère ainsi de grandes quantités de méthane. 7 000 bulles ont ainsi été repérées qui exhalent du méthane en grandes quantités, environ 25 fois plus « efficace » que le gaz carbonique pour l’effet de serre ! On s’interroge sur les conséquences climatiques dans les régions voisines.

     Restons positifs et optimistes, certes, mais il y a maintenant urgence à décider et à agir, à l’échelle des défis qui sont devant nous.

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 16:16

     Les collectionneurs de toutes sortes d’objets ne sont pas rares. Etienne Audenet, à Boissay, près de Buchy en Normandie est de ceux-là. C’est ainsi que dans sa propriété, la ferme où il est né et qu’il a exploitée toute sa vie, avec son père puis seul, il présente nombre d’objets tels une collection de tour Eiffel, de cannettes de bière, de bouteilles de crus de vins ou de livres qui évoquent les fables de La Fontaine… Mais au-delà de ces collections, certes déjà importantes, Etienne présente un rassemblement invraisemblable d’objets liés à la pratique agricole, aux activités rurales et aux métiers du bâtiment. Ces milliers d’outils ont un intérêt certain dans la mesure où ils proviennent en quasi-totalité de la région proche, environ 50 km autour de Buchy, et constituent ainsi un témoignage de l’activité locale depuis près d’un siècle. La découverte de ces outils, assortie de la verve intarissable d’Etienne, nous retrace l’histoire locale, et notamment l’évolution des pratiques agricoles. De la fauche des céréales à la main et du battage au fléau… à la moissonneuse batteuse, il y a une vraie histoire !

     Ce collectionneur amateur fait ainsi œuvre de pédagogie auprès des amis qu’il reçoit à son domicile, mais son rôle de conservateur d’un patrimoine collectif est sans doute plus important encore : il assure de fait la gestion d’une mémoire rurale. Au moment où les vieux bâtiments agricoles, inadaptés et parfois devenus inutilisables, partent en lambeaux, que nombre d’objets anciens passent par des foires à tout pour finir en déchèterie, Etienne participe à une action de sauvegarde très méritoire et sans doute trop peu reconnue.

     Tous ces objets sont triés, rassemblés et se comptent par milliers. Peut-être serait-il souhaitable qu’ils soient répertoriés, catalogués pour en assurer la « survie ». Il y a là un énorme travail à accomplir qui devrait mobiliser les services de conservation du patrimoine. C’est d’un trésor dont il s’agit !

     Ces collections sont présentées dans les anciens bâtiments de la ferme, dont la cour a été transformée en jardin. Il ne serait pas exagéré de dire qu’il s’agit d’un véritable jardin botanique du fait de sa richesse, ce qui ne gâte rien. Du haut de ses 78 ans, Etienne peut contempler son œuvre avec fierté, il a sauvé une part de notre histoire commune ! Cela s’arrose… avec un bon coup de cidre. A la tienne Etienne !

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 18:21

     C’était au siècle dernier… en 2000, la dernière année du 20ème siècle. Après appel d’offre j’avais été retenu pour effectuer « l’évaluation environnementale ex-ante du Docup objectif 2 » en tant que consultant. En langage courant, cela signifiait l’estimation, a priori, avant la réalisation du projet donc, des impacts environnementaux de ce document européen de programmation, concernant essentiellement l’estuaire de la Seine et la réalisation de Port 2000, l’extension du Port du Havre pour recevoir les porte-conteneurs. L’objectif de cette évaluation était bien entendu de viser l’amélioration du projet lui-même pour un plus grand respect de l’environnement (Document public consultable aux Archives départementales de Seine-Maritime). Mon interlocuteur était un sous-préfet que je rencontrais régulièrement. Un soir j’attirais son attention sur le fait que le projet Port 2000 ne faisait guère allusion aux modes d’évacuation des conteneurs vers l’hinterland. Certes le port du Havre, malgré son ouverture sur l’estuaire de la Seine, était relativement enclavé et de ce fait la desserte par la voie fluviale et le rail n’était pas aisée. C’était une raison supplémentaire de s’en préoccuper au plus tôt. Mon interlocuteur me rabroua vertement, en me faisant valoir que j’avais été retenu pour m’occuper d’environnement et pas du reste !

     Nous sommes 17 ans plus tard… Fin mai 2017, le Port du Havre a accueilli le plus gros porte-conteneurs du monde, le Mol Triumph qui dépasse la barre symbolique des 20 000 « boîtes ». Le Port du Havre se confirme ainsi comme le 1er port français du genre, avec un trafic annuel de 2,5 millions de conteneurs en affirmant sa volonté de favoriser la multimodalité afin d’atténuer la prédominance de la route. Mais malgré la volonté affichée, la desserte du port est assurée à 77 % par la route, moins de 15 % par la voie fluviale et 8 % seulement par le rail… la route continuant d’augmenter en pourcentage, ce qui reste préoccupant ! Plusieurs projets visent à améliorer cette situation, dont la modernisation de la ligne ferroviaire Serqueux-Gisors qui doit rejoindre Paris en contournant la vallée de la Seine déjà saturée. Mais bien sûr lorsque l’on prévoit de fermer pour raisons de sécurité, des passages à niveau, sans passage supérieur ou inférieur de remplacement, les habitants des petites villes traversées acceptent mal des allongements de parcours quotidiens insensés…

     Voilà bien le comble, ce Port 2000 ultramoderne n’a pas été véritablement relié, ou pas encore, aux réseaux ferroviaire et fluvial ce qui engendre 4 à 5 000 camions par jour sur le pont de Tancarville, dont une bonne part traversent ensuite l’agglomération de Rouen !

     Ben oui, s’il faut tout prévoir et toujours être en cohérence entre les politiques annoncées et les décisions prises, ou non prises, alors c’est bien difficile. N’est-ce pas monsieur le sous-préfet ?

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 07:30

     La comédie humaine, c’est la vie des hommes, avec son cortège de faux-semblants, d’hypocrisies ou de boniments racontés à partir de fantasmes ou pures inventions. Mais quand la comédie humaine devient un spectacle théâtral, une comédie musicale, c’est tout autre chose. Et quand, de plus, ce spectacle est joué par des séniors, résidents d’un Ehpad (Etablissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes, c’est-à-dire maison de retraite) le regard change. Et si encore, ce spectacle est co-joué par des séniors et des gamins de 10-11 ans, alors cela devient frappant de réalisme, pour tout dire poignant, et vous laisse sans voix !

     C’est pourtant ce qui s’est produit fin mai 2017 à Forges-les-Eaux où la fondation Beaufils a prouvé que les maisons de retraite peuvent intégrer le théâtre comme thérapie dans un contexte intergénérationnel. Le fil conducteur de cette comédie musicale, « Des hommes pareils », est tout simplement le déroulement de la vie, avec anecdotes des anciens à propos de leurs activités passées, leurs petits bobos, les visites de leurs proches et anecdotes des gamins qui se caricaturent à propos de leurs tiques et TOC avec le smartphone, les relations garçon-fille, etc.

     Tout cela est tout simplement la vie de tous les jours, mais raconté avec humour et une certaine gravité, y compris pour parler de la mort… Une soixantaine d’acteurs, résidents dont certains en fauteuil, personnel soignant, cadres de santé, bénévoles et élèves de CM2, se sont préparés pendant de nombreux mois, sous la conduite de Frédéric Lemarié, metteur en scène, vivant des moments rares, les yeux pétillants de ces rencontres inattendues et si riches d’empathie.

     Ces moments de partage constituent une vraie thérapie qui est donnée en exemple et a attiré près d’un millier de spectateurs en deux représentations. Un vrai succès pour les animateurs, les acteurs et… l’humanité.

 

    Sur ce même sujet, on pourra relire : http://www.michel-lerond.com/article-26042168.html

 

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 08:09

     Bien que les villes n’occupent qu’environ 2 % de la surface de la planète, elles comptaient, en 2016, 54 % de la population mondiale, émettaient 70 % des gaz à effet de serre et produisaient 70 % des déchets. De plus 80 % des méga-cités se trouvent dans les pays en développement. Ces quelques chiffres posent bien le diagnostic de l’urbain et les enjeux environnementaux que cela représente. C’est en particulier dans les domaines de la pollution de l’eau, des sols et de l’air que doivent être consentis des efforts importants, aussi bien au Nord qu’au Sud. Le continent africain constitue peut-être le plus grand défi, dans la mesure où sa population va doubler d’ici 2050 pour atteindre 2 milliards dont 60 % d’urbains !

     Face à ces défis, la ville est de plus en plus souvent considérée comme un moteur du développement soutenable. Les innovations prises en milieu urbain sont d’autant plus visibles et efficaces que la surface concernée est faible et la population nombreuse. On voit tout de suite les résultats obtenus et on peut faire le tri entre actions positives et simple communication sans résultats tangibles… Cette évolution est d’autant plus difficile lorsque l’urbanisation est galopante, comme en Afrique, où parfois il faut résorber les bidonvilles, apporter l’eau potable et l’énergie et gérer les déchets. Les méthodes varient selon les situations, mais il faut toujours une base indispensable qui allie l’implication de la population et l’engagement politique des responsables pour repenser l’urbanisation et ses objectifs, ce qui n’est pas le plus facile… Ainsi des villes comme Grand Bassam en Côte d’Ivoire se sont lancées dans cette aventure depuis 1995. Même si les choses avancent lentement, l’élan est donné.

     Dans des villes comme Paris, le secteur des transports est au cœur des problématiques, pour viser la réduction des pollutions et émissions de gaz à effet de serre. L’évolution des politiques vise alors à innover en matière d’énergie et déplacements, à remédier à des lacunes des aménagements anciens et passe souvent par le verdissement de la ville. C’est le cas actuellement avec l’ouverture du parc urbain « Rives de Seine », dédié désormais à la promenade, les loisirs et la respiration, plutôt qu’à « la bagnole ». Ailleurs, comme à Nantes, c’est l’objectif santé de la population qui a prévalu en repensant la gestion de l’environnement dans ce but. A Rouen, après un divorce entre la ville et le fleuve, la réconciliation est en cours, avec des bords de Seine, maintenant plantés, constituant une promenade de choix avec restaurants et salles de sport.

     Les choses avancent souvent moins vite que l’on souhaiterait, mais elles avancent !   

Vous avez écouté #2050LePodcast ? : https://soundcloud.com/latelierarmstrong/2050lepodcast-ep17-2050-vers-une-solidarite-climatique-planetaire

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 07:40

     Les récentes présidentielles en France ont montré à quel point la société française et la « classe politique » sont déconnectées. Aveuglés par la société-fric, nombre de politiques prétendent gérer la vie quotidienne de leurs administrés alors qu’eux-mêmes n’ont pas de métier, n’en ont parfois jamais eu, confondant toujours leur fonction électorale avec un métier, protégés qu’ils sont par un statut très particulier. C’est ainsi que les questions prioritaires liées à l’environnement, entre autres, ont souvent été relayées au rang de questions subalternes. Par réaction, cette situation a favorisé des courants de pensée extrémistes et souvent démagogiques.

     Mais face à ce désarroi, certains réagissent et tentent de s’affranchir de ce fonctionnement sociétal assez brouillon, en se prenant en charge, en essayant de réinventer une société plus participative. Nous avons évoqué il y a peu de temps par exemple la Fabrique écologique qui se donne pour objectif de proposer des actions concrètes et pragmatiques afin de mettre en œuvre la transition écologique et la responsabilité environnementale de tous.

     De même, les Colibris cherchent « à explorer de nouvelles façons de communiquer, de décider ensemble, de concilier l’épanouissement des personnes et des organisations ». Le but de ce mouvement citoyen est de faire des entreprises, associations ou collectivités territoriales des leviers de transformation pour proposer des solutions aux grands défis du 21ème siècle, en soutenant chaque individu dans son envie d’agir. Il s’agit de remettre l'écologie et l'humain au cœur des préoccupations politiques.

     Dans un autre registre, Ulule est un site de financement participatif européen qui a déjà aidé plus de 17 000 projets dans les domaines de la musique, des BD, films, aventures entrepreneuriales ou encore projets solidaires. Le site de Ulule ne compte que… un peu plus d’un million d’inscrits !

     Il y a plus d’un an déjà, nous évoquions sur ce blog toutes ces initiatives qui tendent à plus de solidarité par la gratuité, comme les boîtes à livres qui maintenant se multiplient partout.

     Sans doute certains humains sont-ils désespérants…, mais qui donc a dit que tout était désespéré. Le changement c’est maintenant et nous voilà peut-être en route vers un nouveau monde !

 

C'EST BIENTÔT LA RENAISSANCE ? Pour sortir de la crise écologique :

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=result

 

Dès que possible, n’hésitez pas à écouter #2050LePodcast : https://soundcloud.com/latelierarmstrong/2050lepodcast-ep17-2050-vers-une-solidarite-climatique-planetaire

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 17:23

     On se répète, on se répète encore, on se répète toujours et de plus en plus fort. Pourtant, il semble que l’indifférence soit la réponse la plus fréquente ! Alors, faut-il vous le dire plus fort ? Ou bien vous le dire encore plus chaud ?

     L’année 2015 avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée, mais en 2016, tous les records ont été battus, selon l’OMM, l’Organisation météorologique mondiale, qui a publié son dernier bilan climatique le 21 mars. Le réchauffement a été constaté par la hausse du mercure bien sûr, mais aussi par l’élévation des océans et la régression des surfaces de banquises. La température moyenne de la planète a été supérieure de 1,1° à la moyenne de l’époque préindustrielle. Sur une partie de l’Arctique, la température moyenne 2016 a été supérieure de 3° à la moyenne 1961-1990. Au nord, au Spitzberg, cette même hausse a été de 6,5° !

     Si cette situation peut avoir des effets plutôt sympathiques (pour le moment) pour nous en zones tempérées, il n’en est pas de même partout : l’Afrique et l’Asie ont connu des canicules extrêmes, avec un record absolu de 54° au Koweit en juillet, la température la plus élevée jamais enregistrée en Asie. L’Afrique de l’Est a connu simultanément des températures élevées et des précipitations faibles, générant ainsi l’insécurité alimentaire pour 20 millions de personnes, situation encore aggravée début 2017.

     Les températures des océans ont également été les plus élevées jamais relevées, contribuant ainsi à la remontée du niveau de la mer, soit 1,5 cm entre novembre 2014 et février 2016, soit en seize mois l’équivalent des quatre à cinq ans précédents. Les températures élevées des océans ont aussi contribué à blanchir les coraux des eaux tropicales, avec des impacts lourds sur la chaîne alimentaire marine et les écosystèmes. Fin 2016, la banquise, au niveau mondial, avait perdu 4 millions de kilomètres carrés, anomalie sans précédent.

     Ces conditions climatiques extrêmes se poursuivent en 2017. Des études récentes invitent à penser que le réchauffement des océans pourrait être plus prononcé que prévu et montrent, incidemment, que nous touchons aux limites de notre connaissance sur le climat. De l’aveu même de certains scientifiques, nous « avançons maintenant en territoire inconnu », alors que les concentrations de C02 dans l’atmosphère ne cessent de monter…

     Au-delà de ces perturbations du climat qui vont engendrer aussi chez nous sécheresses, inondations et canicules, il faudra s’attendre à quelques famines et amplification des migrations. Cela ne va pas se faire à très court terme, quoique. Je n’aurai pas trop à en souffrir personnellement, mes enfants sans doute et mes petits enfants à coup sûr. Merci aux politiques et responsables économiques pour leurs belles promesses et décisions rapides et efficaces ! Pfff…

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 21:23

     L’agriculture a considérablement évolué ces dernières décennies, mais pas toujours comme l’auraient souhaité les consommateurs, et a fait l’objet de critiques répétées. Mais de nombreux indices annoncent d’autres évolutions vers un plus grand respect de l’environnement (http://www.michel-lerond.com/2017/01/agriculture-la-revolution-en-marche-1/4.html). Parmi ces évolutions le concept de permaculture, la culture permanente, fait son chemin. Il s’agit en effet de replacer l’homme au cœur de son environnement, de protéger les ressources naturelles et la biodiversité en pratiquant une agriculture paysanne qui parvienne à nourrir les populations locales. Ces grands principes valent aussi bien pour les pays développés ou les pays en développement, les grandes surfaces agricoles ou notre jardin potager !

     L’agriculture doit permettre à toutes les populations de se nourrir par elles-mêmes, d’autant plus que 80% des personnes souffrant de la faim sont des ruraux souvent spoliés de leurs productions compte-tenu des exportations vers les pays les plus développés. La permaculture doit donc prendre en compte les territoires pour mieux répartir les richesses.

     Inventé en Australie dans les années 1970, ce concept s’inspire tout simplement de la  nature. Plutôt que de faire appel à des intrants, la permaculture « copie » la nature, et exploite les capacités des plantes et des micro-organismes à créer de l’humus, elle utilise au mieux les ressources : l’énergie du soleil, l’azote, l’eau, etc. Elle ne rejette pas les « mauvaises herbes » mais cherche à composer avec elles, elle favorise les interactions, prends soin du sol, associe des cultures et gère leur succession. Elle repose sur un principe essentiel : positionner au mieux chaque élément de façon qu’il puisse interagir positivement avec les autres. La permaculture, une technique mais aussi une philosophie qui veut prendre soin de la Terre et des Hommes, en partageant équitablement les ressources. De ce fait elle est bien adaptée pour les petites surfaces pourvu que l’on ait une bonne connaissance du fonctionnement du vivant. Bien adaptée, la permaculture rejoint l’agriculture biologique pour une pratique durable, économe et productive.

     Bien que pratiquée, sans le savoir, depuis la nuit des temps, la permaculture, science, philosophie et art de vivre tout à la fois, est une révolution , une réconciliation de l’Homme et de la Terre.

     Pour vous initier, nous recommandons l’ouvrage de Joseph Chauffrey : Mon petit jardin en permaculture. Durable, esthétique et productif ! Editions Terre vivante, 2016. 120p.

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 07:47

      On ne cesse de le répéter, je sais, mais on sera bientôt dans l’urgence par rapport aux modifications climatiques, si l’on continue… à ne pas faire grand-chose pour en limiter les impacts. Le réchauffement est maintenant deux fois plus rapide que ce que prédisaient les climatologues il y a quelques années. En novembre 2016 en Arctique, la température est montée de 20° au-dessus de la normale, ce qui est sans précédent ! Ceci sans prendre en compte la déforestation en milieu tropical ou la montée en puissance de certains pays comme l’Inde, ou encore l’incertitude relative à un gros émetteur de CO2 comme les Etats-Unis du fait que le nouveau président a promis un nouvel âge d’or aux énergies fossiles. En 2015, le niveau de CO2 atmosphérique était 44% au-dessus des niveaux préindustriels, soit le niveau le plus élevé depuis… 800 000 ans. Ceci sans oublier que les bilans actuels ne prennent pas en compte tous les gaz à effet de serre, le plus « efficace » étant le méthane dont les émissions continuent d’augmenter.

     Pour rester sur l’objectif des 2° maximum de réchauffement global, il est nécessaire de réduire drastiquement les émissions. C’est là que la technologie vient à notre secours, à moins que ce ne soit le business… L’énergie nucléaire présente le gros avantage, c’est vrai, de ne pas émettre de CO2 et pourrait passer ainsi pour une énergie « écolo », s’il n’y avait pas, entre autres, les grosses difficultés liées au stockage des déchets radioactifs. Mais que diable, il n’y a qu’à « enterrer » les déchets. Le site de stockage retrouve un niveau de radioactivité normal au bout d’un million d’années, pour un coût, comme le stockage de Bure (Meuse) estimé à 35 milliards d’euros (la construction d’une centrale nucléaire coûte de l’ordre de 2 milliards d’euros). Il y a des affaires à faire !

     Pour limiter l’impact du réchauffement, on peut aussi séquestrer le dioxyde de carbone (CO2), en stockage géologique, dans les fonds océaniques, par des micro-organismes, ou autres méthodes. Là encore, il y a des affaires juteuses en perspective, plus que si l’on développe le piégeage par la végétation, comme les parcs urbains, les forêts péri-urbaines, l’agroforesterie ou les forêts tropicales…

     Enfin, on peut aussi recongeler l’Arctique ! C’est la dernière trouvaille d’un physicien américain qui propose d’installer 10 millions de pompes fonctionnant au vent sur la banquise, pour ramener l’eau en surface et la laisser geler naturellement pour épaissir la calotte glaciaire et ainsi l’empêcher de disparaître. Pourquoi pas, si ce n’est que le projet est estimé à 470 milliards d’euros, rien que ça et que la somme a été estimée faramineuse.

     Notre culture très réduite du risque nous conduit presque toujours à chercher à réduire ou compenser les inconvénients plutôt qu’à les prévenir. Il est encore temps de prévenir, après…

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 07:54

     Pierre Teilhard de Chardin continue ses explications et insiste sur une phase décisive : A un certain moment la matière atteint un certain indice de « complexité » et elle devient vivante :

  •  « Du point de vue évolutif où nous nous plaçons, un des caractères les plus curieux des molécules est la façon dont elles se montrent capables d’apparaître, de « germer », absolument partout sur le monde des atomes. »

      La complexification des molécules génère des protéines. Cette fois la vie est apparue et se répand partout sur la terre et forme autour de la sphère matérielle une sphère biologique, la biosphère. Cette matière vivante évolue et conquiert l’eau, la terre et l’air. Dès lors naissent les poissons, les oiseaux, puis d’autres animaux.

  • … « Où nous tourner pour apercevoir la mutation fondamentale qu’il faut bien imaginer s’être produite, quelque jour et quelque part, dans la masse des molécules carbonées terrestres pour avoir donné à certaines protéines, plutôt qu’à d’autres, l’extraordinaire chance de déclencher la prise de la biosphère ? »

     Du poisson au mammifère le cerveau grossit et s’enfle :

  • « Rameau terminal, dernier né de la branche des vertébrés, le vaste faisceau des mammifères est en même temps, de beaucoup, le plus cérébralisé. »

     Les primates ont évolué et se sont diversifiés. Les anthropoïdes sont les plus évolués des mammifères et voilà qu’à un moment une espèce particulière a passé le pas de la réflexion. L’homme était né. La matière vivante est devenue matière pensante. Alors à la biosphère s’est ajoutée une sphère pensante, la noosphère :

  • « Le remarquable pouvoir d’expansion caractéristique du groupe zoologique humain est évidemment lié chez lui aux progrès de la socialisation. C’est pour être devenue capable, par accès à la réflexion, d’assembler et d’arcbouter indéfiniment entre eux les éléments qui la composent, que l’humanité, dernière-née de l’évolution, a pu si rapidement faire sa place à travers, et finalement par-dessus, tout le reste de la biosphère.

     Et maintenant ?

  • Bien loin donc de plafonner (ou même de rétrograder) comme on l’entend trop souvent dire, l’homme est présentement en plein essor. Et, sous condition que les réserves planétaires de tous ordres ne viennent pas à lui manquer, le mouvement d’ultra-hominisation en cours… semble échapper aux menaces habituelles de la sénescence. »       

     Mais… :

  • Si, avant que l’humanité n’arrive à maturation, la planète devenait inhabitable… alors, évidemment, ce serait le raté de la vie sur terre. »

     Pour ce qui est de la place de l’homme dans la nature, c’est à peu près clair. Quant à l’origine du monde…

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