Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
  • Contact

Profil

  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

Recherche

Catégories

27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 08:42

     Le brexit a permis aux Britanniques de dire non à l’Europe. Le peuple a parlé. Pourquoi pas, c’est son droit. Bien sûr l’abstention fait que seule une minorité s’exprime et emporte la décision, les absents ayant toujours tort. Au fait, les Britanniques ont répondu à la question posée par le gouvernement, faut-il quitter l’Europe, mais en pensant surtout à la question qu’ils se posent eux, faut-il encore accepter des immigrés …

          C’est bien le problème du référendum qui apparaît comme la formule la plus démocratique qui soit. C’est vrai en termes numériques, mais attention aux apparences. Comme disait Giscard d’Estaing, le référendum est une bonne idée à condition de voter oui…

          La démagogie permet de convaincre nombre d’électeurs de voter dans telle ou telle direction, sans grand discernement. Un référendum peut être un boulevard pour les partis extrémistes. Certains reprochent à l’Union européenne toutes sortes d’abus de pouvoir en termes de directives et normes. Mais la loi européenne est votée par des parlementaires européens dont bon nombre de représentants des partis extrémistes brillent… par leur absentéisme. Dès lors on peut proposer un frexit (exit la France, de l’Europe) pour tenter d’exploiter la naïveté des citoyens trop peu réfléchis.

          Il faudra peut-être un jour proposer un populexit (exit le populisme, de l’Europe), un référendum pour ou contre le populisme… Mais ce n’est pas gagné d’avance.

          L’Europe est pourtant une étape indispensable pour une meilleure vie collective avec une démocratie rénovée et la construction d’un avenir commun pacifié, pour mieux gérer les immenses défis écologiques, sociaux et économiques dans un monde interdépendant : http://www.michel-lerond.com/article-nous-citoyens-europeens-nous-123977952.html

 

          A paraître prochainement :

LEROND, Michel.- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016.- Paris : les Impliqués (l’Harmattan), 2016.- 149 p.

Cent mini éco-nouvelles rassemblées de façon construite, selon les piliers du développement soutenable.

Published by Michel Lerond
commenter cet article
19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:32

     Cela a été assez répété, la malbouffe favorise l’obésité et le diabète, entre autres. C’est ainsi qu’entre 1980 et 2014, le nombre de diabétiques est passé de 180 à 422 millions dans le monde, selon la revue The Lancet. On considère aujourd’hui que 13 % de la population mondiale est obèse. La nourriture que nous consommons est bourrée de produits chimiques tels que colorants, additifs divers et résidus de pesticides. C’est pourquoi nombre de médecins considèrent que la malbouffe est à l’origine de troubles digestifs, allergies, maladies cardio-vasculaires, diabète et, pour une part au moins, de cancers. Bonjour les dégâts !

     Face à ce constat, les pouvoirs publics sont d’une réactivité… un peu assoupie, d’autant plus que des lobbies puissants sont aux aguets, que certains industriels trichent un peu et que les contrôles sont… pas trop regardants. Le but de l’agroalimentaire étant d’abord… la croissance du chiffre d’affaires, l’urgence est de faire surconsommer et de nous rendre accros au sucre, au sel ou au gras. Il faut vendre ! Toute cette démarche est bien formatée pour que dès le plus jeune âge, le consommateur apprenne ce qui sera bon… pour le business.

     La comparaison est tentante entre le dérèglement alimentaire et le dérèglement climatique, si l’on considère que le secteur de l’alimentation est à l’origine du tiers des émissions de gaz à effet de serre. De belles marges de progrès en perspective ! Une forme de résistance, ou au moins de réactivité, s’organise : les magasins bio se multiplient, comme les Amap, alors que la consommation de viande et de jus de fruits industriels est en baisse, dans les pays industrialisés. Le consommateur responsable sait qu’il détient le pouvoir puisque c’est lui qui choisit d’acheter ou de ne pas acheter.

     Le choix du consommateur serait néanmoins plus facile, s’il disposait d’une information fiable et si possible honnête. C’est pourquoi, en 2013, des chercheurs de l’Inserm ont proposé un système d’étiquetage simple et compréhensible avec des pastilles de couleur qui permettent immédiatement de connaître les facultés nutritionnelles de chaque aliment, en fonction de son apport calorique, de sa teneur en graisses, sucre et sel. Ce système existe déjà dans certains pays dont la Grande-Bretagne.

     Mais les industriels de l’agroalimentaire craignent que l’on stigmatise ainsi certains produits et que ceux affectés d’une pastille rouge ne se vendent plus. Ils proposent donc un autre étiquetage qui mèle critères nutritionnels et fréquence de consommation, beaucoup moins compréhensible… Pour résoudre ce dilemme, la ministre de la santé a créé un comité scientifique chargé d’arbitrer entre ces systèmes d’étiquetage. Plusieurs journaux ont révélé que ce comité de 14 membres comporte une majorité de personnes liées à l’agroalimentaire… De quoi ressentir quelques troubles digestifs !

Published by Michel Lerond
commenter cet article
13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 08:42

     Toujours dans son ouvrage Inquiétudes d’un biologiste (Editions Stock, 1967), Jean Rostand évoque ses  craintes, et son combat, à l’égard de l’arme nucléaire. Cet extrait est très significatif :

  • La bombe atomique : ce monstrueux produit de la copulation de la haute physique et de l’art militaire…

Les explosions nucléaires font pis que tuer ; elles préparent de la mauvaise vie ; elles mettent en circulation des gènes défectueux, qui vont proliférer indéfiniment.

Non seulement crime dans l’avenir, mais crime vivant, continué, qui s’entretient de lui-même.

     Qu’aurait pensé Jean Rostand de nos centrales nucléaires et des stockages souterrains de déchets garantis sans risque pour plus d’un million d’années ?...

     Voilà sans doute un des facteurs d’inquiétude pour Jean Rostand qui évoque l’avenir avec un certain scepticisme :

  • La seule « prospective » qui m’intéresserait serait celle de l’affectivité. Peu importe quels seront, demain, l’aspect des cités, la forme des maisons, la vitesse des véhicules… Mais quel goût aura la vie ? Quelles seront, pour l’homme, les nouvelles raisons de vouloir et d’agir ? Où puisera-t-il le courage d’être ?
  • Jamais on n’a tant parlé de l’avenir que depuis qu’on ne sait même plus s’il y aura un avenir.
  • Avenir humain. La pièce sera de plus en plus belle, mais encore faut-il que les acteurs aient envie de la jouer

     A chacun de méditer ces pensées profondes et de relire, éventuellement, les deux ouvrages cités en référence. Jean Rostand, un biologiste, un écrivain, un Homme à ne pas oublier !

 

     Il peut être utile aussi de relire :

 

LEROND, Michel.- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009).- Paris : l’Harmattan, 2010.- 149 p.

Les cent premières chroniques de notre blog rassemblées de façon construite, selon les piliers du développement soutenable.

LEROND, Michel.- C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- Paris : l’Harmattan, 2013.- 156 p.

100 chroniques écrites en 2010-2012 : une réflexion sur nos modes de développement, avec un œil critique, mais aussi pour esquisser des propositions d’action.

Published by Michel Lerond
commenter cet article
6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 07:43

     Dans son ouvrage Inquiétudes d’un biologiste (Editions Stock, 1967), Jean Rostand se fait encore plus précis et précède (ou initie ?) le grand mouvement qui va suivre, relatif au devenir de notre environnement, notamment. Cet extrait me semble très significatif :

Depuis quelques années, les amis de la nature se sont donné pour tâche de dénoncer les incessantes agressions dont elle est l’objet. Agressions contre le sol, contre l’atmosphère, contre les eaux, contre les flores, contre les faunes… Agressions par la pollution radioactive, par les insecticides et les herbicides, par les hydrocarbures… Agressions qui, soit en réduisant le potentiel nourricier de la planète, soit en empoisonnant les aliments ou l’air respirable, soit en rompant les fragiles équilibres naturels, finiront par se retourner contre l’homme.

Et peut-être sied-il de marquer le singulier renversement d’attitude qui, désormais, se trouve imposé à notre espèce.

L’homme avait, jusqu’ici, le sentiment qu’il logeait dans une nature immense, inépuisable, hors de mesure avec lui-même. L’idée ne pouvait lui venir qu’il aurait, un jour, à ménager, à épargner cette géante, qu’il lui faudrait apprendre à n’en pas gaspiller les ressources, à ne la pas souiller en y déposant les excréments de ses techniques. Or, voilà que, maintenant, lui, si chérif, et qui se croyait si anodin, il s’avise qu’on ne peut tout se permettre envers la nature ; voilà qu’il doit s’inquiéter pour elle des suites lointaines de son action ; voilà qu’il comprend que, même dans une mer « toujours recommencée », on ne peut impunément déverser n’importe quoi…

D’où vient ce revirement ?

D’une part, de l’accroissement de la population, qui fait de l’homme un animal toujours plus « gros » et plus envahissant ; d’autre part, des progrès de la civilisation technique qui étendent démesurément ses pouvoirs.

     Ne voilà-t-il pas un discours très précurseur ? Certes, depuis cet écrit de… 1967, il y a tout juste 5O ans, la prise de conscience a considérablement évolué, mais chacun mesure ce qu’il reste à faire !

Published by Michel Lerond
commenter cet article
30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 07:49

     Même si de nombreux collèges et lycées portent son nom, Jean Rostand semble bien oublié aujourd’hui… Pourtant, né en 1894 et décédé en 1977, fils du dramaturge Edmond Rostand, Jean Rostand fut un biologiste et écrivain très prolifique. Très autonome, sa fortune personnelle lui permettant cette liberté, il fonde en 1936, à Ville-d’Avray son propre laboratoire indépendant dans lequel il étudie notamment la biologie des batraciens. Il est l’auteur d’une production scientifique et littéraire abondante qui lui vaut d’entrer à l’Académie française en 1959. Doté d’une grande ouverture d’esprit et de beaucoup d’honnêteté intellectuelle, il milite pour différentes causes et en particulier contre l’armement atomique. Par ses réflexions philosophiques, il fut certainement en avance sur son temps.

     Dans le monde très chahuté que nous vivons, il m’a semblé qu’un homme comme Jean Rostand pouvait être un repère utile, nos intellectuels du moment étant parfois un peu déficients… Ainsi, dans son ouvrage Ce que je crois (Editions Bernard Grasset, 1953), certains extraits me semblent à même de nourrir notre réflexion sur les problématiques actuelles :

  • Ma conviction est que l’homme se trouve tout au début de son aventure intellectuelle, que son « âge mental » est extrêmement bas au regard de celui qu’il est appelé à prendre. Cette notion de l’immaturité, de l’infantilisme de notre espèce suffirait à me convaincre que, d’un très long temps, nous n’avons à espérer que des réponses naïves et grossières aux grandes questions qui nous préoccupent.

     N’est-ce pas là, le constat et l’espoir, que notre espèce est perfectible et que les marges de progrès sont grandes…

  • On ne s’étonnera pas que le principal de mes croyances s’organise autour des réflexions que me suggère l’étude de la biologie. Or, l’une des choses que je crois avec le plus de force, - l’une des rares dont je sois à peu près sûr -, c’est qu’il n’existe, de nous à l’animal, qu’une différence du plus au moins, une différence de quantité et non point de qualité ; c’est que nous sommes de même étoffe, de même substance que la bête.

     Ne l’avons-nous assez répété que nous faisons partie de la nature et sommes interdépendants avec la nature. Jean Rostand, voilà bien un biologiste qui « recale » les choses.

Published by Michel Lerond
commenter cet article
22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 07:39

     La récolte de blé 2016 en France a été annoncée comme étant la plus mauvaise depuis 40 ans. La raison essentielle est liée aux mauvaises conditions climatiques du début d’année avec des pluies excessives et le manque de soleil. De ce fait les épis sont peu chargés, de médiocre qualité et les parasites se développent. Cette situation a un impact économique et les agriculteurs vont demander la reconnaissance de calamité agricole pour compenser les pertes. Ce constat peut être un tout petit peu nuancé si l’on retient que depuis de nombreuses années les rendements ont augmenté, culminant en 2015, sans trop se soucier ni des modifications climatiques, ni de l’appauvrissement des sols à force d’intensification des cultures, ni de la sélection des graines qui offrent peut être moins d’adaptabilité aux conditions du milieu…

     Comment faut-il le dire et redire pour être entendu : le climat est perturbé du fait des activités humaines, ces perturbations concernent la planète entière de façon aléatoire et très diversifiée et nous devons en tenir compte d’urgence faute de quoi nous le payerons très cher ! Chacun le sait, l’année 2015 a battu tous les records d’émissions de gaz à effet de serre et donc de températures, de montée des eaux, de sécheresses, de recul des glaciers et d’inondations… Les six premiers mois de 2016 ont été encore plus chauds !

     Certes les céréaliers savent se faire entendre, mais ils ne sont pas les seuls concernés, les apiculteurs aussi et les pêcheurs de même ! Du fait de la météo, les abeilles sont moins sorties et ont peu butiné : la récolte de miel sera le tiers de ce qu’elle est habituellement, sans compter le déficit de fécondation des fleurs de toutes sortes, y compris de nos cultures. Dans un autre registre, les eaux marines plus chaudes ont aggravé la propagation des algues aux dépens des poissons, en particulier en Méditerranée où près de 60 % des stocks ont été péchés à des niveaux biologiquement non viables. Bref, les récoltes en tous genres annoncent cette année une baisse, alors que la population terrestre augmente. Dans un communiqué, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a alerté l’opinion : la planète vit à crédit et de plus en plus chaque année. C’est le 23 décembre 1970 que l’on a estimé pour la première fois ce déficit entre la production de la planète et la consommation humaine. Cet Earth Overshoot Day est intervenu le 13 octobre en 1990 et le 8 août cette année.

     D’ores et déjà il est prévu que si les émissions mondiales de C02 ne diminuent pas, en 2030 le « budget écologique » sera englouti pour le 28 juin. En clair cela signifie qu’en six mois nous aurons consommé toute la production annuelle, ce qui ne peut se poursuivre au-delà. Que faire alors pour « équilibrer le budget » : soit on diminue la population de moitié, soit on consomme moitié moins. A vous de choisir ! Pas facile…

Published by Michel Lerond
commenter cet article
16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 07:53

La « petite réserve de biodiversité »

     Ni vaches, ni cochons, ni moutons, mais un âne et des chats au Point du Jour, à partir de 1980. Le site marque la limite entre le fond de la vallée de l'Andelle, semi-bocager et les plaines cultivées de la première terrasse brayonne, c’est un milieu très appauvri sur le plan biologique (arasement de haies, abattage de vergers, retournement de prairies). L'ancienne plateforme ferroviaire est en déblai tout le long, ses talus sont fortement colonisés par le brachypode et en évolution dynamique lente vers le pré-bois. Le site ne présente pas d'intérêt remarquable en lui-même, mais le contexte très appauvri lui confère une certaine importance au regard de ses potentialités en particulier pour l'avifaune.

     La gestion différente de l'espace a augmenté la biodiversité. Le milan royal, c'est anecdotique, mais c'est le plus grand rapace qu'on ait jamais vu ici, un symbole. La parmélie et les autres lichens, les orchidées ou autres faisans et écureuils démontrent la diversité du lieu.

     La flore : 39 plantes indigènes ont pu être identifiées, toutes banales. Les plantes les plus remarquables présentes sur le site sont les orchidées : Orchis militaire, Orchis pyramidal, Ophrys abeille et Platanthère verdâtre. Depuis 2008, se développent quatre tiges d’Elléborine (Epipactis helleborine) en sous-bois. C’est une plante peu commune pour la région Normandie. Cette plante demande ombre et fraîcheur, ce qui explique sa présence au nord-est de la prairie, en sous-bois. L’année la plus riche en orchidées fut 2014 : de l’ordre de 230 pieds, essentiellement Orchis pyramidal et Ophrys abeille. Par ailleurs, 21 espèces de lichens ont été identifiées dont les Parmelia caperata et revoluta

   La faune : La faune n'est pas toujours inféodée au site de trop petite taille, mais le voisinage immédiat et le site lui-même ont permis d’identifier de nombreux insectes (une vingtaine d’espèces) dont la Lucane cerf-volant. Pendant l’été 1992 a été observée l’Argiope, une araignée peu courante. De même il a été vu cinq reptiles, quelques rares fois, dont la Couleuvre à collier. Soixante trois espèces d’oiseaux ont été vues sur le site, dont 3 espèces de chouettes, 5 de mésanges et 4 de pics. Les mammifères aussi sont assez nombreux : 16 espèces observées.

     Ainsi, en 34 ans, nous avons pu observer de l’ordre de 170 espèces sur ce modeste hectare de bocage. Une vraie récompense !

 

Published by Michel Lerond
commenter cet article
9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 07:47

La « tradiporaine » et le jardin

  

     A partir de 1980, l’histoire et l’évolution de la maison sont sous notre contrôle. En 1994, de grands travaux sont entrepris qui consistent à reprendre entièrement tout le gros œuvre. Après quelques hésitations, le choix est arrêté pour la rénovation : le but est de reprendre le gros œuvre pour améliorer l’isolation quasi inexistante et d’augmenter un peu la surface. Nous avions pensé, dans un premier temps, « restaurer » la maison, c'est-à-dire la ramener à son état initial, ce qui à la réflexion nous est apparu hors d’époque. Sans que le mot soit utilisé à ce moment-là, nous avons opté pour une « tradiporaine », une maison contemporaine, mais qui respecte la tradition, en termes de volumétrie notamment (http://www.michel-lerond.com/article-28850309.html). Ce fut une riche aventure qui dura quasiment une année.

     Pendant toute cette période se poursuit l’aménagement du jardin qui en fait, deviendra plutôt un parc. A notre arrivée, il n’y a que 7 arbres sur le terrain et les haies sont mortes ou très dégradées, en raison de la présence importante des ormes, malades de la graphiose. Les principes directeurs de l’élaboration sont :

     Composer une ambiance brayonne, en reconstituant à petite échelle un bocage : le verger, agrémenté d’espaces plus ouverts, la prairie et le jardin de fleurs devant la maison. L’ensemble doit permettre, à terme, de bénéficier de contrastes entre ombre et lumière et d’échappées visuelles qui permettent d’apercevoir les limites du terrain et au-delà les « Monts ».

     « Casser » la rigidité de l’ancienne voie ferrée, avec des terrassements et des petites allées, pour en faire un espace sinueux de mi-ombre. L’ensemble est assez paysagé et aménagé en boisement de cavée.

     Faire un « jardin de fainéant » en essayant des techniques de gestion et d’entretien les plus économes en main d’œuvre. Encore faut-il ne pas garder toujours les mains dans ses poches…

     Ces principes amènent, en gros, aux résultats escomptés :

     L’ambiance brayonne est réussie, même au-delà des espérances et plus vite que prévu. Dès les années 2000, il faut procéder à quelques abattages et élagages afin de redonner de la lumière et de l’espace. La transformation de la voie ferrée fonctionne bien. Le « bois » peut commencer à être exploité en bois de chauffage à partir de 2012. Le jardin de fainéant… c’est très relatif. De nombreuses astuces ont permis de limiter les interventions, mais il faut rester vigilant et intervenir en permanence pour ne pas être débordé. La nature reprend toujours le dessus même s’il s’agit là d’une « nature sous surveillance ».

Published by Michel Lerond
commenter cet article
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 07:15
  1. Les habitants et la vie courante

  

     Des bribes d’histoires, collectées par des témoignages ou des écrits, nous ont permis d’ébaucher une chronologie de notre maison. En 1827, la maison figure déjà au cadastre, au hameau du Point du Jour comprenant cinq maisons.

     Vers 1900, la maison est occupée par un charpentier. Elle est en colombages et torchis, la couverture en chaume et ne comprend que deux pièces : cuisine et chambre. A l’extérieur se tient un petit atelier de charpentier, scieur de long, couvreur. Cette maison correspond bien à ce qui est décrit dans la littérature, quant à l’habitation caractéristique du Pays de Bray : un rez-de-chaussée et combles simples, tout en longueur.

     Puis vint une famille d’ouvriers agricoles dans les années 1930 jusque 1942. Les enfants, battus et de pères différents, étaient chargés d’aller chercher du « manger à lapin ». Il y avait une pompe à eau près de la maison. La couverture était en tôles. Dans le volume d’origine, outre un cellier et un « bâtiment à lapins », il y avait deux chambres et une cuisine. L’éclairage se faisait à la lampe à pétrole. Environ 2 000 m2 du terrain étaient cultivés en jardin, betteraves et pommes de terre. Il n’y avait aucun arbre. Une poutre posée au-dessus du cours d’eau, l’Andelle, permettait de traverser celui-ci pour gagner une ferme où aller chercher du lait.

     La maison est occupée de 1942 à 1964 par une famille nombreuse. Parents et enfants dormaient dans la même chambre jusqu'à ce que le propriétaire aménage une autre chambre dans un cellier pour les parents et les nourrissons. Il n’y avait aucun confort dans cette maison. Une chronique du blog  www.michel-lerond.com (2 février 2010) a résumé cette vie : On l’appelait Modérane…

     A cette époque, le village d’environ 350 habitants comptait un café-épicerie, cinq cafés, une charcuterie, une boulangerie, un maréchal ferrant, une laiterie, un atelier de transformation de matières plastiques, un atelier de fabrication de poteaux en ciment et une gare sur l'ancienne ligne de chemin de fer.

     En 1964 la maison est toujours à colombages, mais la couverture est en tôles de fibro-ciment. Elle est habitée par des retraités jusqu’en 1980, date à laquelle nous occupons cette maison en résidence secondaire, puis en résidence principale.

     En 1985 la toiture est entièrement refaite en tuiles plates. Un appentis est construit à l’extrémité ouest.

Published by Michel Lerond
commenter cet article
26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 08:19

 

  1. Une maison à l’histoire simple

 

    Le Point du Jour est un hameau du Pays de Bray, en Normandie, au confluent de l'Andelle avec la "fosse" brayonne. Ce hameau a compté 5 maisons (19 habitants à la fin du XIXe siècle) dont il ne reste plus que celle que nous avons habitée de 1980 à 2014.

     Cette maison a priori n'avait pas d'histoire, elle était des plus banales, ne présentant aucune originalité si ce n'est les restaurations malheureuses si caractéristiques des années 1960.

     Pourtant, des fragments de vaisselle, des douilles de mitrailleuse, une ancienne voie ferrée, des témoignages de voisins nous ont vite convaincus que cette modeste maison, qui a sans doute connu la Révolution ou peu s'en faut, avait une histoire, tout comme l'hectare de pré et verger qui l'accompagne. Oh bien sûr il ne s'agit pas de la grande histoire avec ses princes et ses batailles, mais d'une micro-histoire d'un micro-territoire. Pourtant cette petite histoire peut éclairer la grande ou en tous cas être en inter-relation avec elle et nous apporter de quoi relativiser des situations actuelles que nous pouvons parfois déplorer.

     Cette maison du Point du Jour, toute petite masure de journalier agricole il y a deux siècles, a connu des locataires successifs qui témoignent de l'évolution de la vie rurale : charpentier, ouvriers, retraités, puis profession libérale travaillant à domicile.

     A chaque période, avec chaque habitant, la maison a évolué pour sacrifier à la mode ou aux nécessités : c'est ainsi que la toiture de chaume a été remplacée par des tôles, puis des tuiles mécaniques et enfin des tuiles plates. La conception même de la maison a évolué, de l'architecture vernaculaire à la restauration "tout ciment" des années 1960, pour finir en construction brique et bois résolument contemporaine de la fin du XXème siècle. Cette maison a toujours épousé son époque, pour le meilleur ou pour le pire, en restituant les préoccupations du moment et témoignant des modalités de la vie rurale.

     Ainsi l'évolution de cette maison rurale au rythme de la civilisation, son histoire connue assez précisément de 1906 à nos jours, nous ont convaincu de raconter brièvement ce fragment de la vie rurale brayonne dans un hameau de quelques maisons, là où nous avons vécu 34 ans.

     Nous souhaitons donc décrire la maison et son environnement : le projet architectural qui transforme une masure ancienne en demeure contemporaine et le terrain devenu espace d'agrément, de loisir, voire de contemplation et surtout « petite réserve de biodiversité » au lieu de l'espace utilitaire qu'il était.

Published by Michel Lerond
commenter cet article