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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 08:49

      La France est en état d ‘urgence en raison des risques d’attentats depuis novembre 2015, comme chacun sait. Si cette situation est bien désagréable, tous ou presque s’accordent à penser que c’est tout de même indispensable et d’une certaine efficacité pour se protéger d’un risque difficile à maîtriser. L'état d'urgence est une situation spéciale, une exception permettant aux autorités administratives de prendre des mesures restreignant les libertés.

     Cet état d’urgence est donc décidé lorsque la sécurité publique ou la vie des citoyens apparaissent menacées. Si c’est bien le cas en période de menaces d’attentats terroristes, ce peut être aussi le cas lorsque les modifications climatiques menacent la stabilité des habitations et des infrastructures, la vie des citoyens les plus exposés et souvent les plus précaires, la pérennité des cultures et donc l’alimentation ou favorisent la dispersion de plantes ou insectes préjudiciables aux équilibres naturels en place. Fantasmes ? N’oublions pas déjà une actualité récente : cyclones des Antilles et USA, inondations en Inde, recul des côtes françaises, perturbations climatiques et rendements en fruits et légumes aléatoires, progression vers le nord de la chenille processionnaire du pin, maladies diverses de nos arbres communs, etc.

     Fantasmes ? Depuis ces dernières années la température de l’eau des océans atteint des records avec souvent une eau à 29°, ce qui constitue un facteur déterminant de renforcement des cyclones. Les scientifiques sont quasi unanimes à considérer que ce qui vient de se passer aux Antilles préfigure ce qui se passera plus largement sur la planète avec un climat plus chaud, soit des ouragans plus intenses et plus destructeurs, qui toucheront d’autant plus les plus démunis. On l’a vu récemment à Saint-Martin où 30 % de l’habitat était précaire avec des habitations en tôles et en bois… complètement volatilisées.

     Fantasmes que de vouloir prévenir ces catastrophes ? Nous pressentons ces modifications depuis la fin du 20ème siècle et les constatons maintenant avec de plus en plus d’ampleur. Ne serait-il pas temps de regarder la réalité en face et AGIR. Bien sûr que ce sera difficile, contraignant, coûteux et privatif de libertés… Maintenant il faut choisir, la discipline, la rigueur et les privations  ou le cahot… Vous ne pouvez pas, ou ne voulez pas choisir ? OK l’Etat va décider pour vous : diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre, donc fermeture des centrales thermiques, réduction de la circulation automobile et en particulier des camions, restriction des vols aériens au juste indispensable, transformation radicale de l’agriculture, etc. Vous n’êtes pas contents ? Il est interdit de manifester ! C’est l’état d’urgence climatique.

     Imaginons : la France, un « grand pays », se lance, l’Europe suit et toute la planète sous l’égide de l’ONU. On est sauvé !

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 17:38

     Parmi les sujets récurrents de ce blog nous avons souvent évoqué les diverses pollutions de l’eau, de l’air ou des sols et leurs conséquences sur la santé des écosystèmes, mais aussi sur la santé humaine. Sans faire dans le détail, on peut simplement se référer à quelques sujets évoqués par les médias spécialisés depuis le début de cette année. Il semble qu’il y ait encore quelques marges de progrès…

     Concernant l’eau il est tout de même assez stupéfiant de constater que 2,8 millions de Français consomment de l’eau du robinet polluée par des pesticides, des nitrates et même des bactéries, selon l’UFC-Que  Choisir. Qui plus est, les consommateurs des petites communes rurales sont souvent les plus exposés ! Parmi les pesticides, la première pollution, l’atrazine interdit depuis de nombreuses années est tellement rémanent qu’il est quasiment le plus préoccupant avec le glyphosate qui fait polémique actuellement à propos de son interdiction ou pas. Une étude de début 2017 a porté sur 30 volontaires de 8 à 60 ans qui ont subi une analyse d’urine à la recherche du glyphosate. Bingo, il était présent dans 100 % des échantillons ! Le risque lié à ces produits, c’est seulement le cancer et des atteintes au système nerveux. En ville, on rencontre aussi des difficultés liées au mauvais état des canalisations d’eau dans 1 200 communes qui comportent des réseaux en plomb défectueux. Au final, il semble bien que… seulement 92 % des cours d’eau comportent des pesticides et que la teneur en nitrates des nappes souterraines est croissante.

     A propos de la pollution de l’air, une étude américaine de ce début d’année attire l’attention sur la relation entre la pollution de l’air et la maladie d’Alzheimer dans 21 % des cas. L’étude du Lancet portant sur 6 millions de personnes est purement statistique mais tout de même, elle semble confirmer le rôle néfaste des particules fines (PM2,5). Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), 48 millions de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer dans le monde, avec une augmentation de 7 millions chaque années… A cette pollution de l’air extérieur s’ajoute la pollution de l’air des habitations et le tabagisme passif.

     Les enfants sont souvent les plus touchés par ces pollutions diverses et l’OMS estime à 1,7 million le nombre d’enfants qui décèdent chaque année en raison d’un environnement dégradé. Malgré tout la situation semble s’améliorer un peu, notamment en Afrique subsaharienne. Mais on peut encore faire mieux !

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 08:31

     Un sujet récurrent en France est l’organisation des territoires et en particulier la réduction du « mille feuilles administratif ». Toujours d’actualité, ce thème a bien du mal à se mettre en place… Il en est ainsi, entre autres, pour les parcs naturels régionaux, les PNR. Créés par décret du 1er mars 1967, voilà 50 ans que ces « territoires d’expérimentation » exercent leurs talents en matière de « laboratoires du développement durable ». L’objectif ne consiste pas à toujours créer des structures nouvelles pour innover, mais plutôt à adapter les structures en place pour qu’elles répondent davantage aux attentes de l’époque avec plus d’efficacité. Nous l’avons beaucoup répété depuis 10 ans comme dans Sauver les Parcs ou les Pays ? Les PNR sont des structures du 20ème siècle, qui ont fait leur preuve et dont la politique et les pratiques doivent maintenant être banalisées sur l’ensemble des territoires. Il existe pour cela des structures performantes déjà en place que sont les Pays (PETR) et les Comcom.

     Cette question préoccupe plusieurs territoires ruraux français et en particulier le Pays de Bray, en Seine-Maritime, où le sujet fait débat, y compris dans la presse régionale. Soyons réalistes et plus exigeants sur le fonctionnement des institutions existantes plutôt que recréer de nouvelles structures pour combler les manques. On y gagnera du temps, de l’argent et de l’énergie ! Certes on peut comprendre que les acteurs locaux souhaitent une reconnaissance de la richesse de leur territoire et d'une certaine identité. Mais alors pourquoi ne pas imaginer un label pour les territoires qui souhaitent être reconnus pour leurs actions environnementales. Celles-ci sont le plus souvent obligatoires, que ce soit pour l’urbanisme, l’agriculture, l’assainissement ou le tourisme par exemple. Il ne s’agit donc plus aujourd’hui d’afficher une intention, mais de faire reconnaître que les obligations ont été bien remplies.

     On peut alors imaginer que le Ministère de l’environnement prépare les PNR actuels à une reconversion progressive, n’en crée pas de nouveaux et accorde un label aux territoires qui le méritent, selon des critères pré-établis, rigoureux et exigeants. La gouvernance étant un des critères importants, on imagine qu’un Pays ou une communauté de communes conséquente puisse prétendre au label. Celui-ci pourrait être un label « PNR » pour un territoire qui est exemplaire en matière de « parc naturel » et bien sûr doté d’une structure déjà existante. Ce label pourrait être intitulé de différentes façons, pourquoi pas un label « TDS », territoire de développement soutenable, ou « THQE», territoire de haute qualité environnementale.

     On ira alors en vacances plutôt dans un territoire labellisé ! Imaginons, pour le Pays de Bray, un regroupement des ComCom, une fusion avec le Pays et un label « qualité environnementale ». Une innovation au plan national remarquée, médiatisée et profitable. Comme on dit, ça aurait de la gueule !

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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 07:29

     Le terrible ouragan Irma a été suivi des tempêtes tropicales José et Katia. Ce cocktail explosif a été d’une ampleur et d’une gravité sans comparaison pour les Antilles. Les médias nous en ont relaté tous les détails quant aux conséquences catastrophiques pour les habitants, sur l’habitat, l’emploi et les services. Quelques politiques, en désarroi et s’interrogeant sur leur utilité, ont aboyé sur le dos de l’Etat et du gouvernement inefficace… Sur place, outre les jours dramatiques vécus par la population, terrorisée et anéantie, certains ont trouvé là une belle opportunité pour des pillages, et même des braquages avec quelques coups de feu ici ou là. L’humanité quoi !

     Par contre il a été peu dit et commenté que, bien que l’on sache de longue date que les zones cycloniques sont très exposées, on a laissé construire en bord de mer, quasiment sur les plages, des constructions qui respectent les normes anticycloniques parfois d’un peu loin… Ne parlons même pas des bidonvilles que l’on a laissé se développer en zones très vulnérables. Il s’agit maintenant de reconstruire et, en premier lieu semble-t-il tout ce qui peut favoriser le tourisme, donc l’économie locale. Le fric d’abord, on verra ensuite…

     Qu’en sera-t-il à l’avenir puisqu’on le sait maintenant, « le pire est devant nous » a affirmé Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique. Sous l’effet des modifications climatiques, les extrêmes climatiques et les catastrophes naturelles plus généralement, se multiplient et s’intensifient. Corinne Lepage, ancienne ministre est elle aussi convaincue en déclarant que « nous vivons la bande-annonce de la catastrophe qui nous attend ».

     On a beaucoup médiatisé les récentes catastrophes aux USA et aux Antilles, en France donc pour une part, mais on a un peu oublié de parler de l’Afrique ou de l’Inde où la récente mousson a provoqué des inondations catastrophiques. Qu’en sera-t-il en termes de dégâts humains sachant que le nombre de catastrophes naturelles sur la planète a quadruplé depuis 1970 et accessoirement, leur coût a été multiplié par cinq depuis 2001. En 2016 on a compté environ 1 000 désastres de ce type sur la planète pour un coût de l’ordre de 180 milliards de dollars ! On s’interroge sur qui va payer et certaines organisations préconisent que les entreprises les plus responsables des changements climatiques soient mises à contribution. Pourquoi pas, mais il faudrait peut-être mieux prévenir ces catastrophes en mettant en pratique les recommandations faites depuis des décennies pour limiter le réchauffement. Il y a URGENCE à agir, à proclamer un état d’urgence climatique en France, puis en Europe et à l’échelle planétaire ! Que fait l’ONU ?

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 17:48

     C’est en 1997 que je fus chargé, en tant que consultant indépendant, d’une « étude de définition des conditions de mise en œuvre du nettoyage de la Seine », pour le Conseil Régional de Haute-Normandie, le Parc Naturel Régional de Brotonne et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie. Il s’agissait de faire le bilan de la situation en matière de déchets déposés par la Seine sur ses 292 km de berges entre le barrage de Poses et le Pont de Tancarville.

     Mis bout à bout, ces dépôts couvraient 58 km de rives. Sur les 69 points noirs répertoriés (environ 29 000 m3, soit de l’ordre de 9 000 tonnes) deux sites tests ont été retenus afin de valider les résultats et préciser les méthodes d’intervention, sachant que le flux de déchets flottants était estimé entre 700 et 800 tonnes par an. Ces déchets étaient des emballages, des aérosols, seringues, bidons divers, pots de peinture, extincteurs, vélos ou jouets, etc. L’étude a préconisé le recrutement d’une dizaine d’emplois d’insertion pour procéder au nettoyage en cinq ans.

     Une quinzaine de médias régionaux et nationaux, écrits et télévisuels, ont relaté cette étude pour laquelle était décidée une concrétisation sur le terrain. Cette formidable prestation m’a permis de parcourir, en voiture et à pied, les berges concernées de la Seine. Découverte de paysages bien plus sauvages qu’on l’imagine, enlaidis de déchets innombrables ! Cette étude a fait l’objet de 3 rapports (Volume 1: rapport, 80 p.- Volume 2: annexes, 167 p.- Volume 3 : synthèse, 25 p.- Notre-Dame-de-Bliquetuit : Parc Naturel Régional de Brotonne, 1997) qui peuvent être consultés en salle de lecture du pôle des archives historiques : 42 Rue Henri II Plantagenêt, Pôle culturel Grammont, 76100 Rouen - Tél. : 02 35 03 54 95 / Mail : archives@cg76.fr – Archives personnelles 341 J – Publications 302, 303 et 304.

     Le tonnage de 9 000 tonnes s’est avéré un peu sous-estimé lors du nettoyage qui a effectivement suivi pendant plusieurs années. Nous voilà 20 ans plus tard… et les déchets reviennent sur le devant de la Seine ! Une enquête menée par Thibaut Schepman pour le site d’information Les Jours révèle que malgré les ramassages, c’est le « tonneau des Danaïdes » avec des arrivages en provenance de l’amont incessants, y compris des produits dangereux, et… sans solution. De son côté, Aurelia Morvan apporte sa contribution, dans 76actu en insistant sur le fait que le manque de financement est un obstacle à l’enlèvement des déchets, mais aussi l’absence de coopération entre les collectivités impliquées. Une fois de plus, cette opération ne pourrait pas avoir lieu sans l’Europe. On espère une solution pour la fin 2017, sans toutefois pouvoir tarir les sources en amont…

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 07:41

     Une étude publiée pendant l’été 2017 (Revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences) tire le signal d’alarme à propos de l’extinction de la faune sauvage qui s’accélère… et cela même alors que certaines espèces, pas encore connues, sont déjà disparues, comme nous l’évoquions il y a un an. Les chercheurs qui font ce constat alarmiste déclarent que « la réelle ampleur de l’extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique ». Nous vivons actuellement un phénomène exceptionnel avec cette sixième extinction des espèces, qui se déroule en « direct live » après la cinquième qui a eu lieu il y a 65 millions d’années, c’était alors la disparition des dinosaures. Le phénomène est de même ampleur, mais concerne des espèces communes, soit environ 27 000 telles que l’alouette des champs, le chardonneret ou le triton ponctué. La nouveauté, par rapport aux extinctions précédentes, c’est que le phénomène s’accélère sur quelques décennies, touche la quasi-totalité des espèces de la planète et sur tous les continents et océans… Pour prendre un exemple emblématique, le lion, il occupait autrefois toute l’Afrique et une partie du Moyen-Orient. Il a décliné de 40 % en 25 ans pour ne subsister que sur des territoires africains ponctuels et une seule région de l’Inde.

     Les cinq crises précédentes étaient dues à des cataclysmes, alors que cette fois-ci, c’est l’espèce humaine qui en est la cause, du fait de la dégradation des milieux naturels, la surexploitation comme la surpêche, les pollutions et les modifications climatiques. Nous l’avons assez répété, nous sommes dans la nature et le processus engagé nous concerne aussi, ne serait-ce que par rapport à notre nourriture, d’autant plus que la population humaine ne cesse d’augmenter.

     Il y a donc urgence à mettre en place des actions pour sauver les espèces menacées, notamment en préservant les espaces naturels, en créant des réserves naturelles ou en appliquant à l’ensemble du territoire planétaire les objectifs des parcs naturels. Certains grands projets d’aménagement doivent être revus et l’agriculture intensive bouleversée pour revenir à des modes de gestion qui tiennent compte davantage des réalités biologiques de la planète. Il nous faut aussi, nous citoyens du monde, consommer autrement en nous souciant des impacts de nos activités sur la nature.

     Voilà maintenant des décennies que l’on rabâche tout cela. Il n’est plus temps de tergiverser, il y a urgence ! Agissons pour la survie de notre espèce et de nos descendants.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 17:44

     Vous l’avez sans doute remarqué, la vie en commun des humains n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Cette vie collective est trop souvent faite d’invectives, de compétitions, de conflits parfois sauvages. Alors que de nombreuses espèces animales réussissent à organiser leur vie « en société », l’espèce humaine a souvent du mal à dépasser ses querelles de villages, quasi tribales, à admettre qu’il faille des politiques élaborées pour des territoires pertinents  ou encore que la dimension européenne soit indispensable pour gérer de nombreuses questions telles que les régulations économiques ou l’immigration. Quant à imaginer que certaines préoccupations trouvent leur vraie pertinence au niveau planétaire… Oui dans les intentions, mais dans les faits, c’est à revoir ! La gestion de l’humanité est une vraie usine à gaz. La gestion au niveau mondial de certaines questions devrait être une évidence lorsque l’humanité entière est menacée par les conséquences des dérèglements climatiques. Il ne s’agit plus alors de se balancer des « pessimistes », « déclinologues » ou encore « écolos attardés » à la figure. Non dé-trumpez-vous, il s’agit d’optimisme tant que l’on pense qu’il y a encore des solutions au problème. Mais à force de reporter les échéances, le temps presse et nous sommes maintenant, déjà, dans l’urgence !

     L’humanité est aussi une usine à gaz parce qu’elle produit des GES, gaz à effet de serre, en quantités de plus en plus importantes, malgré l’accord de Paris de 2015 sur le climat. C’est pourquoi 15 climatologues viennent de lancer un nouveau cri d’alarme : le réchauffement climatique n’est pas en train de se stabiliser, au contraire il se poursuit à grande vitesse. Depuis les années 1970, l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère a doublé (2 parties par million par an au lieu d’1). Le phénomène s’amplifie avec les rejets de méthane dans l’air (second GES après le CO2) dus en particulier à l’agriculture (élevages de type industriel) et la fonte du permafrost en Sibérie par exemple.

     Cette légère insouciance nous amène à revoir les scénarios du futur : dès 2040, la température moyenne globale aura progressé de 1,5° par rapport à l’ère préindustrielle, et donc plus beaucoup de marge pour ne pas dépasser les 2° prévus comme seuil à ne surtout pas dépasser. Le niveau de la mer monte déjà de 3 mm/an et cela s’amplifie : des îles du Pacifique et des Antilles sont au bord de la submersion, le Bangladesh et les Pays-Bas sont menacés pour bientôt.

     Alors, optimistes ? Oui si l’on parvient, tout de suite, à réduire les émissions anthropiques de GES de 5 à 6 % par an : pour cela réduire de façon drastique la consommation d’énergies fossiles, moins fertiliser les cultures, replanter des forêts de façon massive. C’est comme si c’était fait ! Les climatologues pensent que nous devons « inverser la courbe » d’ici 2020 (demain matin), faute de quoi on pourrait avoir quelques soucis… Une usine à gaz, je vous dis.

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 09:05

          Et pour la rentrée, rien de tel que de vérifier que le ministre de l’éducation a bien fait ses devoirs de vacances. Nous écrivions « Devoir de vacances pour un ministre de l’éducation » le 9 juillet 2013. Relisons :

          … Peut-être pourrions-nous avoir en tête quatre questions essentielles auxquelles nous tentons d’apporter quelques éléments de réponse :

Première question : Les systèmes éducatifs actuels correspondent-ils encore aux attentes de notre société ?

          La montée en puissance des risques environnementaux génère une demande sociale forte et un besoin considérable d’information… L’adaptation à la société contemporaine suppose aussi de préparer les enfants à travailler en équipe et sortir de la logique de la sélection par les connaissances pour apprendre à modifier les comportements.

Seconde question : L’accumulation de connaissances est-elle encore de mise par rapport à un véritable apprentissage de la vie ?

           … L’éducation à l’environnement est une éducation civique concrète tournée vers la vie en société. Les sciences de l'environnement, tout comme l'école, se veulent ouverture sur le monde et sur l'avenir. Comme l'école, elles se basent sur la pluridisciplinarité et visent à amener l'homme à s'intégrer aussi bien que possible dans le monde où il évolue et à l'aider à agir rationnellement.

Troisième question : Le caractère national de notre système éducatif est-il encore d’actualité avec la planétarisation des problématiques ?

           L’éducation à l’environnement aide à la compréhension des débats de société... Il est nécessaire d’évoquer la destruction des milieux et la disparition des espèces en interférence avec l’histoire, la géographie et l’économie de tel pays ou de telle région.

Quatrième question : Le cadre de l’école est-il encore adapté à une évolution constante des connaissances ?

          L’éducation devra s’étendre sur toute l’existence, dans une société où les connaissances sont en constant renouvellement.  L’éducation à l'environnement nécessite la découverte des milieux et paysages régionaux et la rencontre avec les praticiens…

          Il faut sortir l’éducation à l’environnement de son relatif isolement culturel et la recadrer dans un contexte plus large pour constituer un axe essentiel d’une réforme en profondeur de l’enseignement. Refondons l’école !

Alors monsieur le ministre, prêt pour la rentrée ?

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 18:55

          Nous continuons nos « rediffusions » pendant l’été et nous souvenons de nombreux propos relatifs à l’agriculture. Par exemple « Repenser l’agriculture pour le futur » du 1er mai 2012. Relisez :

        … Ces constats ramènent à des considérations basiques : l’agriculture doit assurer d’abord l’alimentation des populations locales. Ainsi la planète semble redécouvrir brutalement l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Il faut maintenant assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, d’un territoire, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, notamment dans les pays du Sud. Il est urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques afin d’assurer le besoin primaire de nourriture, en soutenant notamment la petite agriculture familiale. Il faut aussi que les consommateurs fassent leur propre révolution en privilégiant les produits locaux de saison et en ne faisant plus de l’expression « paysan » une injure, mais un compliment.

        Et puis, un peu plus tard, le 20 novembre 2012 : « Une agriculture pour la nature ! » Relisez :

        … Pourtant, si l’agriculture peut être source de menaces sur les habitats et les espèces, elle peut aussi contribuer à leur maintien, comme les prairies naturelles humides, les landes et garrigues, les prés salés, etc. Certains systèmes agricoles sont considérés comme étant de haute valeur environnementale (HVE) parce qu’ils sont à l’origine de ces avantages… Cette démarche va de pair avec une révision des systèmes de production qui visent un faible niveau d’intrants (engrais et pesticides), la diversification des espèces cultivées et le maintien d’une biodiversité sauvage… Il s’agit, en fait, de réinscrire les processus culturaux dans le fonctionnement des écosystèmes, comme cela se pratiquait assez spontanément autrefois. Le principe est toujours le même : composer avec la nature, plutôt que s’y opposer, même si ce n’est pas toujours simple. Cela suppose également de revoir le relationnel sociologique et économique entre les acteurs des territoires : agriculteurs entre eux, agriculteurs et industriels et aussi agriculteurs et semenciers. Là encore, revenons aux fondamentaux, quel est l’objectif ? Faire du fric pour certains groupes ou nourrir la population de façon équitable et équilibrée ?

        Il faut croire en l’avenir, c’est-à-dire que les industriels de l’agriculture vont redevenir des paysans ! J’aime les paysans.

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 15:38

        En 2012 déjà, il y avait une présidentielle, cela rappelle des souvenirs. Côté écolo, c’était « Le Hulot ou la Hulotte ? » le 8 mars 2011. Relisez :

     Ainsi donc, dans le parti de l’écologie politique, il y aura le choix entre monsieur Hulot qui pourrait bien être aussi à l’aise en politique que le héros de Jacques Tati en vacances, et madame Joly, avec qui ce serait sans doute plus chouette (Hulotte, il va sans dire)… Certes Nicolas Hulot a une excellente analyse de l’urgence écologique,… des compétences indéniables de communicant et sans doute l’opiniâtreté nécessaire. Eva Joly a une réputation d’incorruptible, une ténacité à toute épreuve... Les sondages se suivent et… se contredisent. Mais selon les plus récents, Nicolas Hulot ferait autour de 6 % des voix et Eva Joly entre 8 et 10 %. Cet état de fait ne résulte-t-il pas de la confusion sémantique de départ ? A l’origine, les Verts s’appuient sur un courant en faveur de la protection de l’environnement et inventent le concept d’écologie politique, sans le nommer écologisme… Un parti de l’écologisme n’a pas plus de sens que n’aurait un parti de la culture ou un parti du sport. Pour prétendre gouverner, les écologistes devront choisir un jour entre cette stratégie d’un parti spécifique et autonome, ou bien une inclusion dans les grands partis afin de reconquérir le champ politique de l’intérieur. Faute de quoi, je crains que bien longtemps encore l’écologisme ne fasse des petits scores…

        En 2017, M. Hulot est donc au pouvoir ! Il doit lire mon blog ! Il est maintenant confronté à de nombreux défis, notamment en matière énergétique.        Alors voilà quelques conseils du 28 juin 2011 : « Sortir du nucléaire ? 4/4 ». Ne sait-on jamais, cela pourra servir à M. Hulot :

      … il nous faut préparer une transition pour produire de l’énergie électrique nucléaire sécurisée dans l’attente de nouvelles sources fiables. On peut imaginer plusieurs étapes :

     - D’abord un moratoire qui consiste à arrêter au plus vite les centrales nucléaires trop vieilles ou mal sécurisées…

     - Renforcer la sécurité des installations nucléaires dans le cadre d’une gouvernance mondiale…

       - Préparer l’après nucléaire… Certes, les énergies renouvelables ne sont pas toutes fiables, mais a-t-on fait les efforts de recherche nécessaires ? A-t-on procédé aux évaluations complètes des dispositifs existants pour en améliorer l’efficacité ?

       - S’interroger sur les monopoles énergétiques nationaux… Sans doute faut-il décentraliser et permettre davantage d’autonomie…

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