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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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1 octobre 2022 6 01 /10 /octobre /2022 11:51

     Face à la problématique du dérèglement climatique, la transition énergétique est en cours, nous assure-t-on. Mais sais-t-on vraiment où l’on va ? La continuité du nucléaire semble assurée puisque le projet d’EPR2 à Penly en Seine-Maritime est quasiment lancé… alors que l’EPR1 de Flamanville (Manche) n’est toujours pas opérationnel et avec des coûts explosés par rapport aux prévisions. Certes il est prévu un débat public de quatre mois pour préciser les conditions de mise en œuvre. Mais cela résoudra-t-il les questions de fond qui demeurent quant à la soi-disant « indépendance énergétique » quand la France importe tout l’uranium… Et la sécurité et le devenir des déchets, et le fait que la moitié de nos réacteurs soit à l’arrêt ?… Quant à la rentabilité de l’opération, mieux vaut peut-être oublier la question ! De leur côté les énergies renouvelables se développent, peut-être pas au rythme attendu, mais on progresse. Avec toutefois de nombreuses questions qui demeurent quant au recyclage des pales d’éoliennes ou des panneaux solaires. Quid de l’énergie hydroélectrique avec les sécheresses aigües que nous connaissons maintenant ? Pourquoi si peu d’investigations sur les centrales marémotrices ou la géothermie ?

     Mais voilà la solution qui va nous sauver, la filière hydrogène ! Le coup est parti avec des milliards d’euros à la clé. Comme pour le nucléaire, on repart à fond avec bien des avantages puisque cette technologie ne produit ni polluant, ni gaz à effet de serre. On suppose donc que sont résolues les questions difficiles de la consommation d’énergie fossile pour produire l’hydrogène et les risques liés au stockage… Pas si sûr. Souvenons-nous des agro-carburants pour lesquels on a un peu « oublié » qu’ils nécessitent beaucoup d’énergie fossile pour leur production et qu’ils encouragent l’agriculture industrielle avec arasement des haies et retournement des prairies et donc avec quelques conséquences pour la biodiversité et le climat !

     Certes rien n’est simple en ce domaine et il faut viser la diversité des solutions pour parvenir au fameux « bouquet énergétique ». Mais ce qui désole c’est le constat de décisions qui manquent de recul et d’évaluations larges et pluridisciplinaires. Cette prétendue transition énergétique donne l’impression de brouillon, comme si les décisions étaient prises en fonction des milliards disponibles auprès d’investisseurs obnubilés par la croissance et la rentabilité à court terme. Et malgré tout cela, on nous promet pour l’hiver prochain des restrictions d’électricité aux conséquences non encore évaluées, mais sans doute redoutables. Comprenne qui pourra ! N’y a-t-il pas urgence à se poser et réfléchir pour repartir du bon pied, en considérant comme objectif le bien être général et non pas le business de quelques-uns. Dans ce contexte, il faut s’interroger sur la façon dont sont prises les décisions. Il s’agit de construire une science citoyenne qui associe davantage les citoyens aux orientations de la recherche scientifique et aux décisions qui pourront en découler. C’est précisément l’objectif du programme PROMETEE de l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) et du Laboratoire de Dynamique Sociale (DySoLab) de l’Université de Rouen. Les chercheurs lancent un appel aux volontaires pour co-construire des choix de recherche et des processus éclairés de décision, selon un plan de travail 2022-2024 avec des résultats attendus en 2025. Voilà la voie ouverte à une transition énergétique citoyenne. Bravo pour cette première mondiale !

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24 septembre 2022 6 24 /09 /septembre /2022 08:25

        Les éoliennes font beaucoup parler d’elles, notamment à propos de la multiplication des projets particulièrement en mer. Il est vrai que ces éoliennes modernes ont pris des dimensions énormes qui posent question quant aux paysages, la biodiversité ou leurs radiations. Ce débat contemporain fait oublier que les éoliennes sont des machines en fait très anciennes, en quelque sorte des vieilles bécanes !

     Une éolienne est une machine qui transforme l’énergie du vent en énergie mécanique pour faire tourner des générateurs électriques ou des pompes à eau. L’ancêtre de l’éolienne est le moulin à vent apparu au 7ème siècle en Perse (l’Iran actuel). C’est seulement en 1885 que le mot éolienne apparaît à l’initiative de Ernest-Sylvain Bollée, inventeur français de ce dispositif pour pomper l’eau potable. Au début du 20ème siècle, il existait environ 350 éoliennes Bollée en France, dont une bonne cinquantaine existent encore, souvent en mauvais état, avec une restaurée en 2006 dans le Parc du moulin à Tan de Sens (Yonne) avec le soutien du Lions Club et de nombreuses entreprises. Cette « vieille bécane » de Sens mesure 20 mètres de haut et pèse 10 tonnes. C’est en 1890 que le Danois Poul La Cour met au point la première éolienne industrielle génératrice d’électricité. Cette innovation, un peu délaissée, retrouve tout son intérêt au Danemark dans les années 1970, avec le premier choc pétrolier. La transition énergétique, déjà !

        Depuis le début de ce siècle, les éoliennes ont pris un sacré essor et ont un peu « grandi ». Les plus courantes produisent de l’électricité, elles sont à axe horizontal, avec une hélice montée sur un mât. La hauteur est, pour la plus grande installée à Rotterdam en 2019… de 260 mètres ! Mais il existe aussi des éoliennes à axe vertical qui sont moins encombrantes, moins bruyantes et peuvent fonctionner avec des vents supérieurs à 220 km/h, mais moins productives. Les pays qui comptent le plus d’éoliennes sont la Chine (45 % des installations mondiales), les Etats-Unis, l’Inde et en Europe l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume Uni et le Danemark. En France l’éolien représente 6,3 % de la production totale d’électricité.

     Fort heureusement les accidents liés aux éoliennes restent rares, pour le moment, que ce soit concernant les humains ou l’avifaune. Par contre le démantèlement, qui intervient après 20 à 30 ans de service, pose problème pour les pales composées d’un mélange de fibre de verre et de fibre de carbone. De même, les fondations ne sont pas toujours enlevées compte-tenu de la difficulté et des coûts. Le démantèlement total peut coûter de l’ordre de 500 000 euros.

         De sacrées bécanes ces éoliennes !

 

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17 septembre 2022 6 17 /09 /septembre /2022 10:04

        Toutes les époques ont connu leurs difficultés, leurs drames et leurs interrogations. Certaines civilisations ont même disparu au cours de l’histoire, mais à une échelle locale et non planétaire comme il semble actuellement.

    Ainsi les Mayas, une des civilisations les plus connues en Amérique centrale a été très dominante pendant des siècles, de l’ordre d’un millénaire. Les raisons de l’effondrement de cette civilisation ne sont pas clairement définies, mais résultent d’un ensemble de causes dont la surpopulation, la surexploitation des terres, les guerres et une sécheresse prolongée. Ceci n’est pas sans nous rappeler quelque chose dans la mesure où, selon les études les plus récentes, la surpopulation a entraîné une surconsommation de la forêt tropicale, ce qui a accéléré le changement du climat avec une baisse des précipitations et donc fait péricliter la culture du maïs, base de l’alimentation des Mayas… Ce serait donc la raréfaction des productions agricoles qui auraient anéanti le peuple Maya, aboutissement d’un cycle infernal : surpopulation, surconsommation, dérèglement climatique, sécheresse et… famine.

      L’île de Pâques, découverte au 18ème siècle au large du Chili, elle aussi nous fascine par son évolution culturelle depuis environ un millénaire, avec notamment ses statues géantes. Là encore, après la disparition de ses habitants fin du 17ème siècle, on s’est beaucoup interrogé sur les causes de cet effondrement. Sans doute la surpopulation et la déforestation sont parmi les causes de cette disparition, mais ce ne sont pas les seules. Les contraintes environnementales ont dû largement jouer un rôle dans ces petites îles où il existe des écosystèmes complexes, des variations climatiques aux incidences fortes sur la production agricole et donc l’alimentation. Plus qu’un effondrement dû à des dérèglements, il s’agit là sans doute davantage d’une méconnaissance, ou négligence ?, des vraies ressources des îles et donc d’un décalage entre ressources et consommation.

     Quoi qu’il en soit, on voit à travers ces deux exemples combien les civilisations, aussi évoluées soient-elles, sont dépendantes de leur environnement. A fortiori, notre époque de mondialisation importante est d’autant plus dépendante de son environnement… planétaire. C’est pourquoi ce début de XXIème siècle nous angoisse plus encore avec tant d’interrogations sur notre futur. Dans nombre de conversations et sur les réseaux sociaux, on perçoit une certaine appréhension de l’avenir, avec des questions fondamentales qui ne connaissent que des réponses évasives, insuffisantes, voire contradictoires. De nombreuses personnes s’interrogent sur la possibilité d’un avenir pour leurs enfants ou petits enfants, pressentant l’effondrement de notre civilisation...

     Faut-il redire encore combien sont préoccupantes les questions liées à l’érosion de la biodiversité et le dérèglement climatique. Les faits sont là, identifiables depuis des décennies, générant une prise de conscience de Terriens de plus en plus nombreux, mais avec des réponses insuffisantes des dirigeants, politiques notamment, et aussi peu d’engouement à se remettre en cause pour chacun d’entre nous, voire un total déni.

 

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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 08:31

          Adolescent, j’ai été fasciné et effrayé, par « Le Meilleur des mondes », le roman d’Aldous Huxley, publié en 1932. Ce roman d’anticipation évoque une société très hiérarchisée dont les individus de chaque caste sont conditionnés de façon biologique et psychologique dans le but d’assurer la stabilité et la continuité de la  société. Dans cette société de fiction, les enfants sont conçus dans des éprouvettes, en régulant l’apport d’oxygène aux fœtus en fonction de leur caste de destination. Puis ils sont conditionnés pendant leurs premières années selon les critères des 5 catégories de population, de la plus intelligente (les Alpha, l'élite) à la plus stupide (les Epsilons destinés aux travaux pénibles). Cette dictature parfaite, grâce à la consommation et le divertissement, permet aux esclaves d’aimer leur servitude ! Dans cette société, ne pas se sentir heureux est une incongruité. Le but est de produire et consommer sans opinions personnelles ou états d’âmes. Si d’aventure le moral est en baisse, on leur ingurgite une dose de « soma » un tranquillisant hallucinogène qui permet de se retrouver heureux dans ce meilleur des mondes. Les humains qui restent hors de cet « État mondial » sont parqués dans des « réserves à sauvages » closes de barrières électrifiées, ils perpétuent la reproduction vivipare et ont un mode de vie « primitif ».

Au moment où monte une angoisse devant le futur qui nous attend, voilà une bonne occasion de réfléchir à notre avenir à partir de ce roman qui envisage une société nouvelle stabilisée, mais pour quelle finalité ? Le meilleur des mondes est sans doute possible et d’ailleurs ne serait-il pas déjà là lorsque l’on regarde notre propre société de consommation avec un peu de recul, ou plus encore lorsque l’on contemple la stabilité du régime chinois où tout est ultra organisé en conditionnant même certains achats ou comportement à la reconnaissance faciale.

          Le monde imaginé par Aldous Huxley prévoit une vie sociale obligatoire parce que s’isoler conduit à réfléchir, au lieu de s’amuser et consommer comme il convient. Réfléchir peut conduire à douter du système dans lequel on vit, et donc le remettre en cause, voire essayer de le changer ! Dans « le Meilleur des mondes » la solitude est donc subversive et doit être combattue. Concernant le désir de maintenir une partie de la population en état de sous-développement intellectuel, cela nous rappelle quelques périodes de notre histoire, pas si lointaines où il était de bon ton de réduire l’éducation des pauvres et des femmes en particulier, afin de ne pas prendre le risque de générer des aspirations constituant une menace à la stabilité de l’ordre social.

          Ce meilleur des mondes présente l’avantage de supprimer les drames humains que sont les guerres et conflits de toutes sortes, puisque tout le monde est content ! Il n’y a plus d’inégalités, au moins au sein de chaque caste. Chacun est à sa place dans la société, chaque individu est en harmonie avec le système dans son ensemble. Le bonheur quoi ! Bonheur toutefois un peu pondéré par la monotonie d’une vie plate, sans imprévu et sans piment. Est-ce le prix à payer pour avoir une vie tranquille ? Dans le meilleur des mondes, sommes-nous encore des hommes ou clairement des robots, et alors pour quel but ? On peut s’interroger aujourd’hui, une drôle d’époque où, bien souvent, notre ordinateur nous demande de lui prouver que nous ne sommes pas un robot !

 

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 08:53

     Sitôt les élections législatives de juin passées, 154 députés ont été « formés » à la transition écologique en une vingtaine de minutes. C’est une démarche inédite en France qui a constitué une première étape vers une formation soutenue des parlementaires. 154 députés sur 577, ce n’est qu’un bon quart de l’hémicycle, mais c’est un bon début pour cette démarche nouvelle. Quelques minutes, c’est un peu court, mais il s’agissait d’une initiation qui appelle des développements. Ce dialogue entre scientifiques et parlementaires a permis de dispenser une formation de base sur les enjeux du climat et de la biodiversité. Ceci afin que les élus prennent en compte davantage les enjeux écologiques dans leurs votes, notamment sur la base du dernier rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat). Voilà une belle initiative !

     Cette expérience n’est qu’une première étape, en souhaitant que cette initiation puisse être approfondie, au sein de l’Assemblée, mais aussi du Sénat. Il a été évoqué l’idée de proposer cette formation également aux élus du conseil de Paris. On peut d ‘ailleurs imaginer qu’elle serait bien utile à tous les élus de toutes les collectivités, régions, départements, intercommunalités. Il y a tant à faire !

     Le plus souvent, les parlementaires rechignent à prendre des mesures efficaces face à l’urgence climatique compte-tenu de leur méconnaissance des enjeux et des solutions à y apporter, ce qui rend indispensable une sensibilisation sur le sujet, tant le manque de décisions impacte à la fois l’économie, la vie quotidienne et surtout l’avenir de notre civilisation. Il s’agit de regarder en face les réalités du terrain et de répondre aux attentes de la société, c’est bien là le minimum que l’on puisse attendre d’un élu. Cette formation requière, bien sûr, une approche pluridisciplinaire et non pas centrée sur la seule économie et la croissance, avec beaucoup de pédagogie.

      Toutefois on peut se demander si l’absence de décisions à la hauteur des enjeux écologiques s’explique seulement par un manque de connaissances. Il s’agit sans doute le plus souvent d’un choix politique assumé afin de ne pas bousculer le modèle économique dans lequel nous vivons… On peut donc imaginer aussi une sensibilisation qui rappellerait que l’on parle sans cesse d’économie, mais sans jamais se préoccuper, ou si peu, ni de la genèse ni de la prospective de ces questions. Pourtant les mots économie et écologie ont la même racine signifiant l’étude des êtres vivants dans leur milieu d’une part et l’administration de la maison d’autre part. Il serait donc logique que l’on se préoccupe d’abord d’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, que l’on « administre la maison ». Il faut d’abord assurer les besoins primaires avant d’envisager autre chose. Il nous reste à inventer une social-économie et intégrer ce concept dans la formation en cours afin de la rendre encore plus efficiente.

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27 août 2022 6 27 /08 /août /2022 09:41

     Depuis 30 ou 40 ans, beaucoup d’efforts ont été faits pour préserver les espaces naturels en Europe, mais cela n’a pas suffit à inverser l’érosion de la biodiversité. Virginijus Sinkevicius, Commissaire Européen à l’Environnement affirmait le 22 juin dernier que 81 % des habitats naturels européens sont en mauvais état, c’est la motivation d’un projet de règlement qui vise à la restauration de la nature en Europe, afin de réparer les dommages constatés. Ce texte qui sera discuté prévoit des mesures contraignantes de restauration des écosystèmes, en particulier les forêts, prairies et espaces maritimes dégradés par la pollution, les pesticides et engrais ou l’exploitation intensive des sols. La réglementation qui devrait émerger de cette démarche prévoit que des mesures de restauration soient mises en place sur 20 % des zones endommagées d’ici 2030 et sur tous les écosystèmes qui en ont besoin, d’ici 2050.

     Sept objectifs précis et ambitieux sont proposés pour inverser le déclin des pollinisateurs, augmenter les espaces verts urbains, augmenter la biodiversité des papillons et oiseaux dans les systèmes agricoles, restaurer des tourbières drainées, augmenter globalement la biodiversité des forêts, restaurer les habitats marins et supprimer les obstacles présents sur les cours pour rendre le courant libre. Vaste programme ! Souhaitons qu’il puisse se réaliser effectivement, car s’il est ambitieux, il reste néanmoins assez modeste par rapport à l’ampleur des problèmes posés. L’Europe prévoit 100 milliards de budget pour la restauration de la biodiversité. Cet investissement peut être rentabilisé dans la mesure où les interventions prévues peuvent prévenir l’érosion des sols et des inondation et renforcer la sécurité alimentaire.

     n complément de cette feuille de route, la Commission européenne prévoit de nouvelles règles pour l’utilisation des pesticides dont l’utilisation devrait être réduite de 50 % d’ici 2030 et interdite dans les zones sensibles telles que les espaces verts urbains, les sites Natura 2000 et toute zone à protéger en raison de la présence de pollinisateurs. Les agriculteurs devront recourir à des « méthodes alternatives écologiques » afin d’améliorer la sécurité alimentaire et de préserver les pollinisateurs dont dépend une grande partie de notre alimentation. Voilà bien des discussions et controverses en perspective, mais espérons !

     Pour sa part, la Région Normandie dans le cadre de sa stratégie «  Territoire Durable 2030 » tend à oeuvrer en faveur d’une stratégie globale et cohérente de développement prenant en compte l’énergie, l’environnement, le développement durable, l’économie circulaire, l’éducation au développement durable et la mobilité durable. Cette politique est accompagnée d’un dispositif de suivi et de valorisation conduit par l’ANBDD (Agence Normande de la Biodiversité et le Développement Durable) en intégrant au maximum les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale).

     Voilà bien des initiatives réconfortantes pour l’avenir. Souhaitons leur tout le succès possible !

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20 août 2022 6 20 /08 /août /2022 08:20

          Le printemps 2022 aura été riche en surprises (quoi que…) de toutes sortes, et notamment sur les plans climatiques et démocratiques. Le climat est entré pour de bon en dérèglement, avec canicules fortes et prématurées, sécheresses, incendies et orages dévastateurs… La démocratie a été secouée avec la montée en puissance des extrêmes et surtout de l’abstention aux récentes élections législatives. Ces évènements ont suscité moult commentaires et souvent on a entendu cette expression fataliste : « C’est comme çà ». C’est comme si, devant cette fatalité, on était impuissants et devions subir en silence.

          Eh bien non ! Si c’est comme çà, ce n’est de la faute que des autres, des riches, des politiques, des journalistes, des trusts internationaux, etc. Si c’est comme çà, c’est le fait de nous tous, tous les autres, mais aussi vous et moi. Concernant le climat, on le répète depuis des décennies à des malentendants qui découvrent maintenant que le dérèglement climatique est bien là, qu’il peut faire mal et pas seulement loin de chez nous. Quand les grêlons traversent la toiture et le plafond de sa maison qui se trouve ainsi hors d’usage… on se sent concerné. A propos de la démocratie, on répète depuis des décennies à des abstentionnistes qu’il faut voter pour éviter la montée des extrêmes. Quand certains départements ne compte plus que des députés extrémistes qui veulent bannir toute immigration et se replier sur sa petite nation… on sent comme un renvoi de chacun dans sa grotte. Le point commun à ces deux problématiques est bien le déni, la fuite des responsabilités et le refus de se projeter dans l’avenir. Alors réveillons nous tous ! En Europe, en 2022, environ 800 000 ha de forêts ont brûlé, dont 50 000 en France, du fait d’imprudences ou de délits certes, mais surtout parce qu’il a fait plus de 40° en certains endroits avec une sécheresse exceptionnelle, en relation avec le dérèglement du climat. Face à cette situation, la plupart des politiques sont restés grandement concentrés sur le pouvoir d’achat et la consommation… Quant aux médias, ils ont relaté les incendies en posant des questions relatives à l’aménagement des forêts qui seraient mal entretenues et pas assez propres ou au mieux sur l’adaptation au nouveau climat… Mais quel silence sur les mesures à prendre pour tenter d’enrayer le phénomène ou au moins de le ralentir, en s’attaquant aux causes ! Pour leur part les politiques ont bien évité cette question qui fâche !

          On sait depuis des décennies que ces phénomènes climatiques risquaient de se produire, la seule surprise c’est qu’ils arrivent plus tôt que prévu ! Il est temps, grand temps de réagir en prenant les bonnes décisions pour les politiques, en les expliquant pour les journalistes, en les acceptant pour le peuple, nous. Pour cela, il nous faut moins d’avions, de voitures, de viande et plus de sobriété, avec sans doute des quotas de déplacements. Tout cela doit concerner tout le monde, dans tous les secteurs. L’État doit donner l’impulsion, le cadre légal, simple et compréhensible, relayé pour l’action par les collectivités territoriales et les entreprises. Les actions individuelles doivent compléter les actions collectives, en harmonie et dans le respect de la démocratie.

          Nous sommes maintenant dans l’urgence ! Que les politiques et journalistes qui se refusent à bifurquer sachent que les jeunes générations s’impatientent et qu’un jour, sans doute pas si lointain, la révolte qui gronde pourrait bien s’exprimer ouvertement...

 

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 08:32

A AURORE

PAR GEORGES SAND

La nature est tout ce qu’on voit,

Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.

Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,

Tout ce que l’on sent en soi-même.

 

Elle est belle pour qui la voit,

Elle est bonne à celui qui l’aime,

Elle est juste quand on y croit

Et qu’on la respecte en soi-même.

 

Regarde le ciel, il te voit,

Embrasse la terre, elle t’aime.

La vérité c’est ce qu’on croit

En la nature c’est toi-même.


 

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6 août 2022 6 06 /08 /août /2022 08:40

CORRESPONDANCES

PAR CHARLES BAUDELAIRE

La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,

- Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,

Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,

Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.


 

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29 juillet 2022 5 29 /07 /juillet /2022 14:33

ROSES DE JUIN, VOUS LES PLUS BELLES

PAR EMILE VERHAEREN

Roses de juin, vous les plus belles,
Avec vos coeurs de soleil transpercés ;
Roses violentes et tranquilles, et telles
Qu’un vol léger d’oiseaux sur les branches posés ;
Roses de Juin et de Juillet, droites et neuves,
Bouches, baisers qui tout à coup s’émeuvent
Ou s’apaisent, au va-et-vient du vent,
Caresse d’ombre et d’or, sur le jardin mouvant ;
Roses d’ardeur muette et de volonté douce,
Roses de volupté en vos gaines de mousse,
Vous qui passez les jours du plein été
A vous aimer, dans la clarté ;
Roses vives, fraîches, magnifiques, toutes nos roses
Oh ! que pareils à vous nos multiples désirs,
Dans la chère fatigue ou le tremblant plaisir
S’entr’aiment, s’exaltent et se reposent !

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