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  • Michel Lerond
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 07:36

Le recours aux plantes médicinales est vieux comme le monde et l’herboristerie en France existe depuis le 14ème siècle. On estime que dans le monde, actuellement, les ¾ de la population ont recours à ces plantes. Celles-ci sont souvent récoltées dans la nature, ce qui nécessite certaines précautions pour s’assurer de leur qualité, en n’oubliant jamais que « naturel » ne signifie pas pour autant « bon pour la santé » : certaines plantes peuvent être, en partie ou en totalité, très toxiques. Par contre cette toxicité peut être utilisée comme base de médicaments, l’if par exemple, pour le traitement de certains cancers.

Tous ces aspects nécessitent donc des connaissances sérieuses et un vrai professionnalisme. L’exposition « Les plantes médicinales » organisée par le Museum de Rouen en 1976 attirait déjà l’attention sur cette question. En effet, le diplôme d’herboriste a été supprimé en 1941 par le gouvernement de Vichy, en laissant aux professionnels en place le droit d’exercer jusqu’à leur mort, la commercialisation étant réservée aux pharmaciens. Cette question revient périodiquement dans l’actualité sans que des décisions soient prises. Sous réserve de modifications récentes, puisque la réglementation en ce domaine a la bougeotte, les plantes sont réparties entre différentes catégories dont une liste comprenant 454 plantes médicinales utilisées en allopathie et certaines en homéopathie ; et une liste de 73 plantes dont « l’évaluation du rapport bénéfice / risque est négatif pour une utilisation traditionnelle en préparation magistrale. En effet, ces plantes peuvent présenter des effets secondaires ou toxiques indésirables. Par contre, en dilution, ces plantes peuvent servir à la préparation de médicaments homéopathiques et sont vendues exclusivement par les pharmaciens. » On voit bien que… ce n’est pas simple !

Par contre 34 plantes sont en vente libre pour tout commerce à condition de ne pas comporter d’indications thérapeutiques. Reste à préciser les frontières entre complément alimentaire, condiment ou… médicament, avec les enjeux économiques colossaux qui en découlent pour certains groupes de l’industrie agro-alimentaire ou médicale. La législation française est d’une telle complexité (tiens donc !...) qu’elle est souvent inapplicable. Pas simple, d’autant plus qu’il n’existe quasiment pas de formation d’herboriste en France alors que celles-ci prospèrent en Europe. Pendant ce temps les savoirs-faire se perdent, alors même que l’on en aurait un grand besoin pour appréhender ces « produits de la biodiversité » qui ne sont pas à confondre avec une banale molécule de synthèse.

Une proposition de loi sur l’herboristerie a été déposée en 2011, mais elle avance à un pas… de sénateur. Serait-ce que ce recours aux plantes à faible coût chagrinerait quelques lobbies ?

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Published by Michel Lerond
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lenormand 17/04/2015 16:40

Ne surtout pas écorner le privilège des pharmaciens.