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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:56

     Oui les pesticides, c’est la peste ici ! Nous l’avons évoqué à maintes reprises sur ce blog à l’occasion d’une dizaine de chroniques. Faut-il rappeler que le prise de conscience de l’impact des pesticides sur la santé et l’environnement date de… 54 ans, lorsque la biologiste américaine Rachel Carson publiait son ouvrage « Printemps silencieux » qui accusait certains pesticides d’être dangereux pour les oiseaux et pour l’homme. Ce livre fut à l’origine d’une prise de conscience de l’opinion publique en Amérique, puis en Europe. Aujourd’hui la conscience des risques ne cesse de grandir, y compris dans la profession agricole concernée en premier lieu, en même temps que l’usage de ces produits ne cesse de croître : une hausse annuelle moyenne de 5,8 % entre 2011 et 2014. Dans le même temps les rendements des cultures amorcent une baisse depuis 2009, cherchez l’erreur.

     C’est l’Institut de veille sanitaire qui le dit : 100 % de la population française porte des traces de pesticides. Que des traces, à doses parfois très faibles, donc pas de problème. Si ce n’est que « l’effet cocktail » de ces produits est à peu près inconnu. Pas de souci, on se reverra dans une vingtaine d’années pour compter l’évolution des cancers et de la maladie de Parkinson… D’ores et déjà, l’OMS, Organisation mondiale de la santé, estime que l’intoxication par les pesticides tue 250 000 personnes par an dans le monde. Insignifiant en somme…

     Cerise sur le gâteau, les pesticides coûteraient plus qu’ils ne rapportent. Certes ils permettent de protéger les cultures, mais génèrent aussi des coûts de santé (pas de souci, votre cancer sera pris en charge à 100 % par la sécu), et de dépollution de l’eau, entre autres, qui ne sont pas comptabilisés. Voilà bien de quoi méditer sur la conception « moderne » de l’agriculture qui voudrait que l’on privilégie les intrans et l’industrialisation. Mais pas d’inquiétude infondée, cela rapporte tout de même… à certains.

     Face à cette question malgré tout assez préoccupante, la France a lancé un plan « Ecophyto » en 2009 avec l’objectif de réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 2018. Echec assuré, mais pas de panique, on vient de sortir un plan « Ecophyto 2 », avec le même objectif pour… 2025. En plus de cela, voilà que des parlementaires (que certains n’ont pas hésité à qualifier de « sénatueurs d’abeilles ») ont rejeté l’idée d’une interdiction des insecticides néonicotinoïdes qui leur semble tout simplement… inenvisageable. Encore plus fort : l’Union Européenne se prépare à voter la directive « secrets d’affaires » qui vise à faciliter la commercialisation de pesticides ou de médicaments sans devoir rendre des comptes aux citoyens, agriculteurs, médecins ou malades…

     Bien sûr, c’est facile de critiquer mais que fait-on ? Quelles alternatives aux pesticides sont possibles ? On pourrait répondre que l’alternative c’est la raison et le bon sens : l’agriculture biologique qui ne représente encore que 6,5 % des fermes françaises mais ne cesse de croître et l’agroécologie qui consiste à utiliser les services rendus par la nature (lutte biologique contre les prédateurs par exemple). Il s’agit bien là d’un changement radical de culture, c’est le cas de le dire, mais aussi de modèle économique. Et là, peste alors !

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Published by Michel Lerond
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