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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:32

     Cela a été assez répété, la malbouffe favorise l’obésité et le diabète, entre autres. C’est ainsi qu’entre 1980 et 2014, le nombre de diabétiques est passé de 180 à 422 millions dans le monde, selon la revue The Lancet. On considère aujourd’hui que 13 % de la population mondiale est obèse. La nourriture que nous consommons est bourrée de produits chimiques tels que colorants, additifs divers et résidus de pesticides. C’est pourquoi nombre de médecins considèrent que la malbouffe est à l’origine de troubles digestifs, allergies, maladies cardio-vasculaires, diabète et, pour une part au moins, de cancers. Bonjour les dégâts !

     Face à ce constat, les pouvoirs publics sont d’une réactivité… un peu assoupie, d’autant plus que des lobbies puissants sont aux aguets, que certains industriels trichent un peu et que les contrôles sont… pas trop regardants. Le but de l’agroalimentaire étant d’abord… la croissance du chiffre d’affaires, l’urgence est de faire surconsommer et de nous rendre accros au sucre, au sel ou au gras. Il faut vendre ! Toute cette démarche est bien formatée pour que dès le plus jeune âge, le consommateur apprenne ce qui sera bon… pour le business.

     La comparaison est tentante entre le dérèglement alimentaire et le dérèglement climatique, si l’on considère que le secteur de l’alimentation est à l’origine du tiers des émissions de gaz à effet de serre. De belles marges de progrès en perspective ! Une forme de résistance, ou au moins de réactivité, s’organise : les magasins bio se multiplient, comme les Amap, alors que la consommation de viande et de jus de fruits industriels est en baisse, dans les pays industrialisés. Le consommateur responsable sait qu’il détient le pouvoir puisque c’est lui qui choisit d’acheter ou de ne pas acheter.

     Le choix du consommateur serait néanmoins plus facile, s’il disposait d’une information fiable et si possible honnête. C’est pourquoi, en 2013, des chercheurs de l’Inserm ont proposé un système d’étiquetage simple et compréhensible avec des pastilles de couleur qui permettent immédiatement de connaître les facultés nutritionnelles de chaque aliment, en fonction de son apport calorique, de sa teneur en graisses, sucre et sel. Ce système existe déjà dans certains pays dont la Grande-Bretagne.

     Mais les industriels de l’agroalimentaire craignent que l’on stigmatise ainsi certains produits et que ceux affectés d’une pastille rouge ne se vendent plus. Ils proposent donc un autre étiquetage qui mèle critères nutritionnels et fréquence de consommation, beaucoup moins compréhensible… Pour résoudre ce dilemme, la ministre de la santé a créé un comité scientifique chargé d’arbitrer entre ces systèmes d’étiquetage. Plusieurs journaux ont révélé que ce comité de 14 membres comporte une majorité de personnes liées à l’agroalimentaire… De quoi ressentir quelques troubles digestifs !

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Published by Michel Lerond
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commentaires

Lucile 20/09/2016 17:48

Comme d'hab , enfumons les cervaux!
Quant au bio, dans les grandes surfaces et parfois ailleurs c'est aussi du business!!