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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 08:08

Vers un homme dieu

     De son côté, l’historien israélien Yuval Noah Harari, après avoir connu un succès mondial avec « Sapiens » (5 millions d’exemplaires), publie « Homo deus » (Albin Michel, 2017, 460 p.), l’homme dieu. Dans « Sapiens » Harari raconte comment, en 70 000 ans, une espèce banale de primate est devenue maître du monde. Dans « Homo deus », il envisage une prospective hardie, partant du principe, à l’inverse de Cochet, que les hommes ont quasiment réglé les trois problèmes de la famine, des épidémies et de la guerre et qu’ils vont pouvoir accéder à une sorte de divinité. En effet, grâce à des manipulations génétiques, des bras ioniques et l’intelligence artificielle, les hommes vont être dotés de pouvoirs incommensurables. Quel optimisme ! (Interview Le Point 31 août 2017). L’homme dieu sera capable de créer la vie, caractéristique des dieux des différentes mythologies, dont la Bible. Dès aujourd’hui, l’homme est en mesure de remodeler la vie, avec le génie biologique et l’intelligence artificielle. C’est ce qui amène Harari à considérer que les humains vont devenir « comme des dieux ».

     Allons au bout du raisonnement et alors, pourquoi donc conserver notre cerveau comme commande centrale ? Harari pense en effet que l’on pourrait s’affranchir des lois de la biochimie en fabriquant des êtres non organiques et en remplaçant les neurones par l’intelligence artificielle. Cela fait froid dans le dos, mais n’y sommes-nous pas déjà un peu ? Les ordinateurs sont en train de remplacer les humains pour conduire leur voiture, diagnostiquer une maladie ou choisir un conjoint. Avec le big data, nous pouvons maintenant subir une propagande personnalisée et acheter de notre plein gré, pensons-nous, tel ou tel produit… Nos choix de consommateurs, de citoyens sont, à notre insu, de plus en plus dépendants d’algorithmes. Cela pourrait même nous amener, pense Harari, à imaginer une techno-religion, le « dataïsme », qui comme toute religion n’est pas vraiment une question de dieu, mais plutôt d’autorité et de pouvoir. Peut-être Dieu va-t-il s’appeler dorénavant Google, le dieu des humains connectés aux grands flux de données et parfois… déconnectés du réel.

     A l’inverse de Cochet encore, Harari est convaincu que les grands défis qui nous attendent comme les modifications climatiques vont faire des dégâts certes, mais ne vont pas stopper le progrès. Au contraire, ces catastrophes vont inciter à encore plus de génie biologique. Cette évolution va sans doute créer de grandes divergences entre les humains, avec une petite élite dotée de nombreux pouvoirs, les dieux, et les autres restés au stade antérieur. Nous voilà dans « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley (roman de 1932) ! Vraiment optimiste Harari ?

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