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  • : Le blog de Michel Lerond
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 08:50

     Johnny Hallyday, rocker national, est mort à l’âge de 74 ans, le 6 décembre 2017 à Marnes-la-Coquette, suite à un cancer des poumons. En  57 ans de carrière (1960 - 2017), il a effectué 184 tournées, 27 rentrées parisiennes et attiré plus de 28 millions de spectateurs. Johnny fait partie de l'imaginaire français, c’est un monument national vivant, qui a fait vibrer trois générations de Français. Chaque Français s'est forgé son image de Johnny, véritable mythe national vivant, pendant que 8 présidents de la République se succédaient à l’Elysée…

     Les obsèques du 9 décembre ont été à la démesure du personnage : une organisation express par les services de l’Etat, presque un million de personnes présentes au plus près du cortège funéraire, entouré de 700 motards en Harley Davidson, sur les Champs Elysées et peut être 15 millions de personnes devant leur télé ! Puis ce fut la cérémonie religieuse en l'église de La Madeleine, avec 800 personnalités dont le chef de l'État et deux de ses prédécesseurs. On n’avait pas vu cela depuis les obsèques nationales de Victor Hugo en 1885 !

      Les médias se sont littéralement déchaînés avec émissions spéciales quasi permanentes pendant plusieurs jours, usant d’un vocabulaire mêlant emphase et mythologies religieuses en parlant de recueillement, de liesse populaire, de totem ou idole, de pharaon immuable, de monument historique, mais aussi de communion, de résurrection, de survivant suprême ou évoquant son talisman : un Christ en croix à la guitare.

      Comment comprendre un tel évènement, aussi surréaliste, sinon en se demandant si notre société ne serait pas un peu déboussolée, frustrée justement de repères, d’idoles ou de totems. En effet Johnny était sur la scène du Palais des Sports en 1961, quand, pour la première fois, on a cassé 700 fauteuils en un soir ; il aura vécu la guerre de l'alcool et des drogues, les tempêtes amoureuses, les accidents de voiture qu’il avait provoqué, tentative de suicide, divorces, familles recomposées, démon de midi, et en plus il était exilé fiscal ! Pas vraiment un modèle de vertu en somme, ni un citoyen modèle, même si ce fut un chanteur hors pair et une bête de scène.

     Personnage unique, il est vrai, Johnny serait devenu une sorte de Dieu. Sans doute pas Yeshua ben Yosef, dit Jésus-Christ, dèjà pris par ailleurs… Mais peut être un nouvel Apollon, dieu grec des arts et de la musique ? La mythologie grecque, née quelques 3 000 ans avant notre ère comptait de nombreux dieux à forme humaine. Je me demande vraiment si notre société ne serait pas un peu déboussolée ?

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commentaires

lucile 10/01/2018 12:19

Johnny est mort, c'est une certitude. Dieu est vivant : cela relève de la transcendance.
mais un nombre important de personnes ont besoin d'idoles, de stars et les critères de sélection de ces dernières ne relèvent malheureusement pas du meilleur de l'Homme!

Michel Lerond 11/01/2018 08:39

Merci Robert, Rémi et Lucile pour vos commentaires... contrastés. A chacun d'y retrouver sa vérité.
Michel

lenormand 09/01/2018 14:34

un personnage à peu près aussi nul que la société française en matière intellectuelle et culturelle.
Je l'ai toujours détestè depuis l'âge de 16 ans, aucune raison de changer. Un personnage sans intérêt aucun.Qui a parlé de la disparition de Françoise Héritier ? personne ou à peu près. Entre les deux, un fossé abyssal. Qu'on nous laisse en paix avec ce sinistre individu alcoolique, drogué et reconnu par l'église catholique alors qu'il a mené une vie des plus dissolues possibles . Je dis ce que je pense et me contrefous des avis contraires.

Rémi Lenormand.

Robert Meyer 09/01/2018 12:54

Merci pour cette chronique réjouissante, qui m'a fait rire et aussi replonger dans le passé ...
Je ne vais pas prendre parti pour Dieu ou les Dieux mais je souhaite à Johnny de rencontrer ce qu'il devait rechercher ...