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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 09:33

Pour participer à la transformation du monde, les entreprises peuvent changer de trajectoire. C’est une rupture avec le « monde d’avant », mais aussi une opportunité pour « refaire le monde » ! La loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises), adoptée en mai 2019 a pour but de donner les moyens nécessaires aux entreprises pour innover et se transformer, de repenser leur place dans la société. Très noble initiative pour mieux prendre en compte les enjeux sociaux et environnementaux dans la stratégie des entreprises et aussi mieux partager la valeur créée avec les salariés, mais… la sacro-sainte croissance reste omniprésente, un vrai dilemme.

Cette loi a toutefois permis à une soixantaine d’entreprises d’adopter une « raison d’être » et à une vingtaine de prendre le statut « d’entreprise à mission ». La loi PACTE permet aux entreprises à mission d’adjoindre un objectif social ou environnemental à la performance économique et financière. Les entreprises concernées opèrent dans des secteurs variés comme l’e-commerce (La Camif), le textile (Faguo), la finance (Sycomore), les cosmétiques (Groupe Rocher) ou Danone, la seule société du CAC40 à avoir franchi le pas. Nous en sommes au stade des déclarations de principe qu’il faudra évaluer en termes d’effets réels sur la performance, mais l’intention est là, c’est un progrès.

La « raison d’être » est un premier pas. L’entreprise à mission va plus loin avec la mise en place d’un comité de suivi et des indicateurs d’évaluation des résultats. On constate une prédominance des enjeux sociaux (réduction des inégalités), puis des enjeux environnementaux (réduction de l’impact ou financement de la transition écologique) et aussi les enjeux liés à la gouvernance et l’économie. Certaines entreprises ont fait voter cet engagement par leurs actionnaires. Il est vrai que, selon leur passé, certaines entreprises seront plus crédibles que d’autres. C’est le cas de la MAIF, assurance véritablement mutualiste, première entreprise à effectuer sa transformation pour adopter le statut d’entreprise à mission afin de valoriser sa différence. Réjouissons-nous que les enjeux environnementaux soient en train de devenir la première préoccupation des citoyens, un enjeu crucial pour les entreprises, et un profond bouleversement politique. Nous ne sommes qu’au début de ce mouvement qui va se renforcer à mesure que notre réticence au changement va se trouver confrontée aux conséquences de notre inaction. La crise de la Covid19, crise sanitaire ET environnementale, est là pour nous le rappeler. Il est urgent de définir une nouvelle voie au sein de laquelle la préservation de l’environnement ne sera plus un simple paramètre à intégrer aux activités mais une finalité à part entière. Alors vive les entreprises à mission, évaluées et contrôlées pour contribuer au bien-être collectif, plutôt que seulement « faire du fric »…

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