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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 08:21

Que faire maintenant ?

La résolution du problème n’est pas aisée, ni pour les décideurs, ni pour la population. Elle demande des mesures partagées entre Etats, donc des décisions internationales parfois contraignantes devant lesquelles rechignent nombre de personnes qui voient là des limitations de leurs libertés plutôt que le partage de responsabilités. Comme d’habitude, il faut d’abord se référer aux causes de ces épidémies et y remédier en amont, en intervenant sur les facteurs les favorisant. L’action curative au moyen de vaccins et médicaments ne peut être considérée que comme incertaine et coûteuse, alors que remédier aux causes, en gérant mieux notre environnement, sera plus efficace et moins onéreux. C’est, entre autres, notre proposition N° 18 « Protéger et restaurer les forêts » (Les clés de notre avenir). Il convient pour cela de se doter des outils adaptés, comme un Conseil international pour la prévention des pandémies, sous l’égide de l’ONU (Proposition N° 68 : "Mieux contrôler l'impact de l'environnement sur la santé". A une échelle plus nationale, on peut imaginer d’intégrer aux études d’impact sur l’environnement les risques de pandémie en lien avec les grands projets d’aménagement, et en particulier les élevages industriels.

Outre les conséquences environnementales et sanitaires, n’oublions pas les impacts énormes de la Covid19 sur l’économie avec des faillites en chaîne de PME à venir. C’est l’occasion de s’interroger sur lma mission des entreprises et sans doute de reconstruire le service public. Concernant la santé, il faudra articuler davantage les différents niveaux d’intervention avec au plan national un service hospitalier public mieux pourvu en moyens et en interrelation avec les pays européens. Au niveau mondial, il faut que les préconisations de l’OMS deviennent contraignantes, ce qui ne l’a pas été assez cette fois-ci.

La première leçon est de réorganiser notre appareil de production avec le souci de répartition sur toute la planète au plus près des consommateurs. Selon les types de production, il n’est pas indispensable de prévoir des usines gigantesques quand des petites entreprises suffisent. De même il faut revoir la distribution de ces marchandises, en réduisant au minimum les avions et les cargos gigantesques, privilégiant le train et favorisant la desserte locale avec des petits camions.

Lorsque, sous l’effet de la pandémie, les entreprises ferment, que les commerces végètent, que le secteur du tourisme s’effondre, etc., on improvise dans le plus grand désordre. Subitement, on a institué du chômage partiel, des primes en tous genres, des subventions de sauvetage… sans savoir d’où l’on va sortir cet argent et qui va payer. Il est clair qu’après ce marasme, une forte crise économique va sévir, avec une baisse du pouvoir d’achat inévitable et une hausse du chômage. C’est le moment, là aussi, de revoir en profondeur nos modes de fonctionnement. Pour réduire le chômage, dans un contexte d’inégalités croissantes, il convient de partager le travail et aussi les revenus. On peut imaginer de travailler moins, mais plus nombreux. C’est ce que les Allemands vont expérimenter avec la semaine de 4 jours (Proposition N° 45 : "Partager le travail et lui redonner du sens"). Mais on ne peut pas travailler moins et gagner autant… La baisse de revenu peut être compensée par la mise en place du fameux « revenu universel ». Il s’agirait de verser à chacun un revenu dont le montant serait fixé collectivement. Ce procédé apporterait à chacun un « minimum de survie » qu’il pourrait compléter par son statut professionnel et/ou social. C’est une piste, une réflexion à ne pas négliger, en l’accompagnant d’une remise à niveau des salaires les plus élevés, des retraites et aussi des avantages de certains statuts politiques ou autres. La solidarité, le partage, ce n’est pas gratuit !

Tous ces fléaux planétaires qui arrivent ne pourront être maîtrisés qu’à une échelle mondiale en travaillant en partenariat entre acteurs publics, économiques et citoyens. La crise actuelle de la Covid19 a montré une certaine solidarité au niveau local et national, mais un déficit criant au niveau international. C’est aussi à ce niveau qu’il faudra aborder, sans tarder, la question de fond qui est la démographie mondiale, incontrôlée et assez catastrophique quant à  ses conséquences (Proposition N° 79 : "Réguler la démographie"). 

L’anticipation, voilà le maître mot de toute cette aventure. La pandémie n’est peut-être que le déclencheur d’une vaste crise débouchant sur un effondrement. Aux crises économique, sociale et politique à venir pourraient s’ajouter des violences pour la survie… La répétition de la Covid19 a-t-elle donc été réussie ? L’avenir proche le dira. Ce qui est sûr, c’est que nous voilà devant le mur, bien plus vite et plus fort que prévu…

Il ne nous reste plus qu’à choisir entre changer ou disparaître… Pour ma part, je garde espoir en la nouvelle génération pour plus de lucidité et le passage aux actes !

 

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