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  • : Le blog de Michel Lerond
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 09:06

Le ressenti de la pandémie

Voilà plus d’un an que dure cette pandémie et on ne sait quand elle s’achèvera… Qui aurait pu penser qu’un an après, le monde entier serait encore bouleversé par la Covid-19, nos vies étant rythmées par cette crise sanitaire mondiale survenue en un temps très court. Avec la pandémie, nos relations aux autres ont été bouleversées. Nous avons réduit notre cercle et parfois mis en péril notre sociabilité du fait de la raréfaction des possibilités de rencontres et d’échanges. Cela peut aller jusqu’à la rupture des liens avec les amis, les enfants ou petits-enfants… avec des séquelles psychologiques, notamment pour les positifs au Corona.

Dans ce monde où le maître mot est « concurrence », entre individus, entreprises ou Etats, voilà qu’un virus a placé tous les Humains face à un ennemi commun. Dans un monde où la liberté est d’abord la sienne propre, ce virus nous incite à protéger l’autre pour se protéger soi-même. Nous voilà obligés de conjuguer liberté et solidarité. Entretenir le lien social est quasi vital, les humains ne sont pas faits pour vivre seuls.

Cependant le confinement a été aussi l’occasion de redécouvrir la douceur des rues désertes, des promenades, des longues journées sans urgence. En somme quelque chose de très banal et si nouveau. Tout ce contexte provoque une réflexion sur les vraies valeurs, les vrais amis. Les relations, même superficielles, jouent un rôle essentiel dans nos vies avec une diversification de nos réseaux habituels et des retrouvailles avec les voisins. Le confinement a aussi généré plus de solidarités avec un soutien à ceux qui se trouvent en difficulté. La voiture a été parfois un exutoire : on peut partir, en couple ou en famille, sans masques, sans gestes barrières, en prenant son temps. La voiture permet de bouger, d’avancer, parfois trop lorsque la voiture devient un défoulement et que la vitesse est un peu… excessive.

La pandémie nous a contraints à envisager notre fin, nous ramenant à l’essentiel : embrasser ses parents ou enfants, retrouver ses amis, etc. Cette ambiance particulière nous a mis en proximité avec la mort, thème largement occulté par notre société obsédée par la croissance et l’infini. Le « mérite » de cette pandémie est de nous avoir invités à imaginer l’idée d’une fin de notre civilisation, une opportunité pour nous remettre à la bonne place au sein du vivant : nous, une espèce parmi les autres.

Voilà bien la première fois que nous sommes confrontés à un évènement planétaire, aux conséquences immédiates sur nos conditions de vie et de survie, étant informés de ce qui se passe à peu près partout ! Cet évènement nous donne à comprendre que nous sommes tous liés à un destin commun, au-delà des frontières, des cultures, des religions, une formidable occasion de se sentir Humains et Terriens !

Nous pouvons ressentir les mesures prises par les pouvoirs publics comme contraignantes, ou même « dictatoriales » comme n’ont pas hésité à le proclamer certains, notamment sur les réseaux sociaux, où l’on reste le plus souvent à l’abri derrière un pseudo. En effet, ces mesures sont contraignantes si nous avons une conception de la liberté centrée sur nous-mêmes, mais elles sont aussi solidaires si nous avons une conception de la liberté qui intègre les autres. Certains qui fanfaronnent en refusant les mesures prises, ne sont pas des résistants, mais plutôt des irresponsables.

Après cet épisode nous aspirons tous à retrouver une « vie normale ». Ce qu’il faut éviter assurément pour que la vie d’après la Covid-19 ne soit pas celle d’avant crise, obsédée de développement, cause principale de la situation que nous vivons. Le confinement ne doit pas être seulement une période contraignante où l’on se plie aux injonctions des gouvernants, mais une période où l’on apprend à vivre autrement, à réinventer notre relation aux autres, à renouveler notre façon de consommer. La pandémie de la Covid-19 est une crise sanitaire, certes, mais surtout une crise de civilisation, résultante de nos erreurs passées. En bref, notre idée du progrès, synonyme de domination de la nature, est à l’origine de cette pandémie. Est-ce qu’un jour, nous allons enfin comprendre que nous vivons dans la nature et que nous ne pouvons pas nous passer d’elle.

Et Toi, comment tu vas ? Comment vis-tu cette période et quels enseignements en tires-tu ?

A suivre : -    Le retour aux sources du mal

  • La morale de l’histoire
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