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  • : Le blog de Michel Lerond
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 09:14

L’agriculture française est en train d’évoluer face aux questions que posent le dérèglement climatique, l’érosion de la biodiversité et la demande des consommateurs. Peut-être une révolution est-elle en vue ? Encore faut-il que les jeunes qui souhaitent s’installer puissent le faire, compte-tenu des difficultés d’accès au foncier. Le contexte juridique et financier est tel qu’aucun jeune, hors milieu agricole, ne peut s’installer. Les surfaces disponibles vont aux gros exploitants céréaliers qui ont les moyens financiers nécessaires. C’est la raison pour laquelle vient de se mettre en place un collectif de « veille foncière brayonne » (en Normandie) auquel participent des agriculteurs, mais aussi des élus, des citoyens et associations, dans le but de faire remonter et centraliser les informations sur les terres agricoles qui se libèrent.

Le métier d’éleveur est sans doute le plus contraignant en agriculture et le moins rémunérateur, notamment en Pays de Bray. Certains éleveurs, l’âge aidant, décident de s’arrêter : 53 % des agriculteurs brayons ont plus de 50 ans et vont céder leur exploitation dans les 10 ans qui viennent ! Ce devrait être une opportunité pour des jeunes, issus du milieu agricole ou pas, en quête de sens, pour s’installer. Mais c’est là que le bât blesse, du fait des contraintes juridiques et financières qui favorisent le transfert des terres vers les grosses exploitations, céréalières en particulier, souvent déjà pourvues de plusieurs centaines d’hectares. L’impact paysager et environnemental de cette procédure est important dans la mesure où le labourage des prairies (5 % par an en Pays de Bray) pour mise en culture s’accompagne trop souvent de l’arrachage des haies et comblement des mares (90 % ont disparu). Il y a donc un tabou à lever pour aider un primo-accédant à s’installer, y compris sur des petites surfaces, plutôt qu’agrandir encore des exploitations qui flirtent avec le gigantisme. La vocation de cette veille foncière est donc bien de sensibiliser et informer afin de faciliter la transmission des fermes avec un fort souci de préservation des milieux naturels et paysages et de productions de proximité.

Face au dérèglement du climat qui assèche les terres, ou les sature en eau, à l’érosion de la biodiversité qui favorise les parasites des cultures, à la surexploitation qui amoindrit la fertilité des sols ou augmente les ruissellements… il y a urgence à revenir à des concepts qui favorisent les petites exploitations, ou a minima ne les oublie pas, plutôt que favoriser les détenteurs de capitaux, parfois peu scrupuleux. Ce collectif citoyen se donne pour objectifs de connaître les porteurs de projets qui souhaitent s’installer, de repérer les candidats à la transmission ou les offres de location et de mettre en relation les jeunes déjà installés avec ceux qui ont un projet. Cela suppose des formations qui se mettent en place avec réunions ciblées, s’appuyant sur des témoignages et des films. Plus d’informations sur https://terredeliens.org/ et des annonces sur https://www.objectif-terres.org/ et aussi sur « La France agricole »

Nourrir les hommes est une des activités les plus nobles, pourvu que ce soit avec le respect de la nature nourricière et donc en favorisant les exploitations, animatrices de nos villages et qui de plus procurent emplois et produits de qualité .                  

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