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  • : Le blog de Michel Lerond
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 09:17

      Au début des années 1990, j’avais été approché par la SNCF pour concevoir une végétalisation des murs de la gare Saint-Lazare à Paris. Le souci principal de l’administration ferroviaire était d’empêcher les tags et graffitis qui recouvraient les murs et coûtaient fort cher à nettoyer. Il n’y eut pas de suite. Depuis, une dizaine d’années a passé, et les tags ont pris une telle ampleur que leur élimination n’est plus envisageable…

      Dans le même temps, les murs végétalisés sont devenus très tendance. Sous l’impulsion du mur végétal réalisé par Patrick Blanc pour le Musée des Arts Premiers du quai Branly, à Paris, cette technique s’affirme en milieu urbain. Sur différents types d’immeubles, les végétaux assurent une continuité biologique dans des milieux, a priori hostiles, et créent un obstacle aux tags. S’il s’agit de végétaux à grand développement, ils offrent aussi l’avantage d’une protection de la façade et d’une isolation thermique et phonique.

 

      Mais on peut aussi avoir recours à une couverture biologique plus modeste en taille, avec des mousses et surtout des lichens. Les lichens, autrefois classés parmi les végétaux, sont maintenant rattachés aux champignons. Ce sont des êtres très particuliers, souvent confondus avec les mousses, qui résultent de l’association (symbiose lichénique) entre un champignon et une algue et/ou une cyanobactérie. Certes, les lichens ont une croissance très lente et ne s’implantent pas facilement. On peut toutefois accélérer un peu le processus par des apports extérieurs et par une adaptation des murs en prévoyant une surface à micro-reliefs et un revêtement adapté. Les parpaings de bêton répondent assez bien à ces exigences !

 

      Outre l’attrait de leur coloration (gris, brun, orange, vert) de type « impressioniste », leur sensibilité à la qualité de l’air (ce sont des bio-indicateurs) fait des lichens un élément à privilégier. Les murs-lichens peuvent constituer un miroir de la ville : la diversité de leur colonisation va témoigner de la qualité de l’environnement et de la reconquête biologique du milieu urbain. Cela demande de la patience, mais les murs-lichens pourraient constituer une exposition permanente et publique de l’état de santé de la ville. On trouvera des informations sur les lichens sur le site de l’Association Française de Lichénologie : http://www2.ac-lille.fr/myconord/afl.htm

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Published by Michel Lerond - dans Société
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