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  • : Le blog de Michel Lerond
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 17:16

Cest dans les années… 1940 qu’a commencé la sensibilisation à la nature. Ainsi, le Museum de Rouen innove en projetant des films scientifiques dès 1945 pour sensibiliser le public à la nature. Dans les années 1970, le même Museum met en place des expositions, causeries, projections, activités d’éveil pour les enfants et un centre de documentation largement ouvert. C’est dans la même décennie que ce sont multipliées, à l’initiative des institutions (museums, parcs naturels régionaux) et des associations, les activités de sensibilisation pour tous publics et surtout les jeunes : conférences, sorties nature, films, émissions radio et télé, publications, stages pour enseignants, etc… Que reste-t-il de ces centaines d’initiatives, à l’échelle d’une région comme la Haute-Normandie, une génération plus tard ? Des avancées certaines dans la sensibilisation du public, mais tellement de lacunes encore dans les comportements individuels et les décisions publiques… Il y a matière à s’interroger sur cette faible « rentabilité » pédagogique et la faible culture naturaliste qui en résulte.

La sensibilisation à la conservation de la nature se heurtait à des conceptions culturelles profondément ancrées de domination de la nature. L’éducation à la protection de l’environnement devait, avec difficulté, faire évoluer radicalement les comportements individuels. Qu’en est-il maintenant avec l’éducation au développement soutenable, qui suppose un changement global de la société et qui nécessite une démarche pédagogique plus complexe et plus transversale.

Sans doute faut-il commencer par le début, l’école. Si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/environnement/développement soutenable le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/comportement individuel/gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature.

Des initiatives nombreuses se poursuivent, tels que les « lycées du développement durable » (voir par exemple : http://lycees.ac-rouen.fr/delamare/developpementdurable/index.html ), et tant d’autres interventions comme celles d’associations (voir par exemple : http://www.cardere.org ) ou les CPN (http://www.fcpn.org ). Devant les périls qui nous menacent, il est grand temps que l’éducation au développement soutenable devienne une priorité nationale.

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Published by Michel Lerond - dans Gouvernance
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Philippe 15/12/2008 17:42

Je laisserai bien ma femme intervenir là-dessus (elle est instit et biologiste de formation, donc intéressée), mais la (les) réforme(s) en cours ne vont pas dans ton sens...
Le socle commun du primaire fait la part belle à l'écriture, la lecture, l'histoire, les oeuvres d'arts (les mêmes pour tout le monde, "tu aimeras la Joconde"), mais le DD, par l'intermédiaire de la découverte du monde devient un chapitre restreint.

Dans le secondaire, c'est avec la réforme (repoussée, à ce jour) une matière optionnelle, tout comme l'économie (et son aspect social, notamment).

Aujourd'hui, alors que la voie semblait bien tracée pour faire de l'environnement une ligne directrice dans l'éducation, les réformes coupent court à son développement durable.

Michel Lerond 15/12/2008 17:54


Merci Philippe de tes commentaires réguliers et toujours pertinents. Tu as raison dans ton ananlyse et c'est bien le problème, d'où ma réaction un peu... désabusée. Je crains que l'on ne régresse
sur ce plan.
Michel