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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 17:32

        En 20 ans, « la France a perdu 10 % de ses oiseaux nicheurs », tel est le bilan que vient de publier le Museum national de Paris à la veille de l’été. Le programme Vigie-Nature du Museum fédère les réseaux d’observateurs volontaires de l’évolution de la biodiversité. Le plus ancien de ces réseaux (9 000 points d’écoute dans 90 départements en 2008) suit les oiseaux communs. Le verdict est sans appel : 10 % des oiseaux communs nicheurs ont disparu depuis 20 ans, d’abord les espèces urbaines et agricoles, puis les espèces forestières. Les raisons du déclin tiennent essentiellement à la dégradation des habitats et au réchauffement climatique. L’annonce récente faite par la France de stopper la disparition des espèces d’ici à… 2010 laisse un peu dubitatif.

        Ce constat fait en France vaut aussi pour l’Europe (21 pays recensent les oiseaux nicheurs) et a fortiori pour l’ensemble de la planète (Voir notre chronique « 44 838 espèces ? » du 25-11-08). Ainsi, début juillet, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) publiait son rapport qui confirme l’effondrement du nombre des espèces à un rythme qui serait beaucoup plus rapide que par le passé, y compris pendant les grands épisodes d’extinction connus à l’échelle géologique.

        Bien sûr, pour bien gérer ce fabuleux patrimoine qu’est la biodiversité, il faut d’abord bien le connaître, ce qui est loin d’être évident. Certains organismes s’y emploient, comme le Museum de Paris qui vient de lancer, dans un autre domaine de la biodiversité, un reclassement complet de son herbier, soit 11 millions d’échantillons de plantes récoltées dans le monde entier depuis près de quatre siècles. C’est l’herbier le plus important au monde.

         En région aussi, les travaux avancent. Ainsi la Région de Haute-Normandie vient de créer l’Observatoire permanent de la biodiversité, des habitats et des paysages, en partenariat avec l’Etat et les Départements. Il était grand temps, si l’on se souvient que dans cette région 95 % des espèces d’invertébrés sont considérées comme menacées ou éteintes… De même, sur les 2 000 espèces de plantes sauvages inventoriées, 193 sont considérées comme disparues et 551 très vulnérables.

      La nature, ce n’est pas seulement « les petites fleurs et les petites bêtes » mais aussi… notre nourriture et notre milieu de vie. Le rapport de l’UICN souligne que 36 % des mammifères consommés par l’homme dans le monde sont en danger. Ceci nous renvoie aux menaces, rappelées ces dernières années, pour la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud.

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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JM Dubosc 24/08/2009 20:34

Par ailleurs, je suis sûr que tu seras d'accord pour saluer aussi l'énorme travail des naturalistes bénévoles et de leurs associations dans ce travail d'observation et de relevés de données qui ont aidé à tirer cette sonnette d'alarme. JMi

Michel Lerond 25/08/2009 09:48


Tout à fait d'accord Jean-Mi pour saluer l'énorme travail qui a été réalisé en France, et en Europe, depuis quelques années pour réaliser ces inventaires de biodiversité. Les bénévoles y apportent
un concours souvent déterminant pour les suivis fins de terrain. N'oublions pas toutefois que depuis deux ou trois décennies, pas plus, les choses ont grandement progressé avec la
professionnalisation de certaines associations (CREN, Agences régionales de l'environnement, conservatoires botaniques...), les PNR, les museums, les bureaux d'études, les universités, les services
de l'Etat et des collectivités territoriales, etc. Il s'agit donc bien d'une oeuvre collective à laquelle collaborent de nombreux partenaires. Il y a (enfin !) beaucoup de monde sur le terrain et
c'est tant mieux.
Michel


Etienne Delabouglise 24/08/2009 18:06

Merci pour ces infos. J'ignorais en particulier celle sur le danger couru par les mammifères consommés par les humains. Un rapide regard sur le site de l'UICN ne m'a pas permis de retrouver la source de cette info que j'aurais aimé approfondir. Si vous avez un lien à ce sujet ... merci d'avance !
Bien à vous
Etienne

Michel Lerond 24/08/2009 19:20


Merci Etienne de l'intérêt porté à mes chroniques. Vous pourrez trouver davantage d'informations en allant sur le site, par exemple : http://www.mediaterre.org/biodiversite/actu,20090709091232,1.html

Celui-ci pourra vous renvoyer sur le site même de l'UICN (excusez la simplicité du nom du site...) :


http://www.iucn.org/about/work/programmes/species/red_list/?3460/2/UICN-la-crise-que-traverse-la-vie-sauvage-pire-que-la-crise-economique


Sur ce site vous pourrez accéder au rapport de l'UICN (en angalis) et le télécharger si vous le souhaitez, en cliquant sur :


http://data.iucn.org/dbtw-wpd/edocs/RL-2009-001.pdf
Ce rapport s'intitule : Wildlife in a changing world. An analysis of the 2008 IUCN Red List of Threatened Species. Il est rédigé par Jean-Christophe Vié, Craig Hilton-Taylor et
Simon N. Stuart. Vous trouverez la source de l'information recherchée au chapitre 2. State of the world's species, paragraphe "Threat status of species used for food and medecine" à la page
38.
Bonne lecture et encore merci de votre intérêt.
Michel