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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 08:44

Il y a peu, pour annoncer son exposition de plantes du jardin potager, la Dépêche du Pays de Bray titrait : « Jean-Pierre, cultivateur d’arômes ». Effectivement, Jean-Pierre Valet présentait en septembre, à Forges-les-Eaux (Normandie), une récolte impressionnante de 250 plantes : 18 variétés de thym, 8 de basilic, 90 de tomates, et aussi courges, cardons ou autre sorgho… parmi lesquelles beaucoup de plantes aromatiques.

Ce jardinier amateur du Pays de Bray fait ainsi œuvre de pédagogie auprès d’un large public. Mais son rôle de conservateur d’un patrimoine collectif est peut être plus important encore : il assure, de fait, la gestion d’une réserve génétique. En cultivant toutes ces plantes dans son propre jardin, Jean-Pierre participe à la sauvegarde de la biodiversité, c’est un jardinier du futur.

L’agriculture française est en crise inavouée, mais réelle et profonde. Son productivisme et sa standardisation la rendent de plus en plus préjudiciable à la nature. Du même coup, par effet boomerang, elle se fragilise avec l’appauvrissement et l’érosion des sols, la raréfaction d’animaux prédateurs, la diminution des insectes pollinisateurs, etc.

Les modifications climatiques, encore modestes, peuvent compromettre fortement les rendements de plantes hyper sélectionnées, comme on l’a vu récemment pour le blé en Australie ou les pommes de terre aux Etats-Unis. Si l’on ajoute à cela une marchandisation abusive des semences et variétés, le potentiel de choix de cultures se réduit.

C’est récemment, à cause des « émeutes de la faim », que l’on a re-découvert l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Celle-ci ne sera possible que si l’on dispose d’un potentiel de variétés important afin de pouvoir s’adapter en permanence à des exigences climatiques dures.

Voir aussi nos chroniques « Paysan, un métier du futur ? » du 3 juin 2008 et « Nos enfants nous accuseront ? » du 31 mars 2009.

C’est grâce à des jardiniers comme Jean-Pierre que cela sera possible, au moins à petite échelle, pour des maraîchages locaux par exemple. Ce genre de démarche n’est pas unique, de véritables conservatoires ont été mis en place ces dernières années (www.arehn.asso.fr) , mais cela reste marginal, peu considéré et quasiment pas encouragé par les institutions et les professions agricoles. C’est pourtant la somme de ces initiatives qui sera garante… de notre alimentation du futur, rien que cela.

Par Michel Lerond - Publié dans : Environnement
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