La révolution numérique est en marche, et alors que l’on ne cesse de regretter l’individualisme galopant, les réseaux sociaux explosent, recréant une communication, virtuelle certes, mais réelle. Ainsi le moteur de recherche Google a été créé en 1998 par deux étudiants en informatique de Californie, Larry Page et Sergey Brin. Aujourd’hui Google emploie 20 000 salariés dans le monde et est consulté par 146 millions d’utilisateurs par mois… Google s’est donné pour mission « d’organiser toutes les informations à l’échelle mondiale dans le but de les rendre utiles et accessibles à tous », 97 % des recettes étant apportées par la publicité. Quelle belle gueule, au moins en apparence. Facebook vise lui, juste le monopole de la gestion de nos identités sur la toile… Créé en 2004 par Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard, ce réseau social compte 500 millions de membres et permet aux internautes de se construire des profils et de communiquer avec ceux des autres. Mais cette mine de données personnelles, qui peuvent être monnayées à des annonceurs en quête de publicités ciblées, pose quelques problèmes quant au respect de la vie privée. Quelle face de bouc !
Cette révolution n’a qu’une dizaine d’années et déjà Google va plus loin en proposant de devenir « le troisième hémisphère de notre cerveau ». Google conserve la trace de toutes les navigations, ce qui peut permettre de mieux cerner le profil d’un internaute. Facebook est une source d’étonnement devant le récit détaillé d’une mauvaise nuit ou d’un talon cassé avec commentaires... Insidieusement, le système amène à donner de plus en plus d’informations sur soi-même et construit ainsi un dispositif d’hypersurveillance très efficace.
D’autres réseaux, comme Yahoo, Twitter, YouTube, ou autres Microsoft, permettent de rétablir un peu d’équilibre par leur concurrence entre eux. C’est ainsi que Wikipédia, créé par Jimmy Wales et Larry Sanger en 2001 a pour projet fou de concevoir une encyclopédie en ligne, gratuite et rédigée par les internautes eux-mêmes. C’est aujourd’hui le 5ème site le plus visité du web, avec 17 millions d’articles en 270 langues et sans but lucratif.
Cette nouvelle société du numérique est soutenue par la déferlante des tablettes qui rendent accessible internet n’importe où et n’importe quand. Plus de 23 millions de Français sont équipés d’un téléphone mobile avec accès internet. Drôle de communication où chacun est dans sa bulle, seul mais ensemble. Communication restrictive sans doute, mais aussi très ouverte, dépassant les frontières, les cultures, les couleurs de peau, en somme une collectivisation de la pensée qui contredit l’individualisme. La société numérique bouleverse notre rapport à la réalité et invente une nouvelle communication. Elle aura une belle gueule ou une face de bouc ?
Merci Philippe pour ce p'tit "j'aime". A suivre.
Michel
Mais oui bien sûr Dan, Jean qui rit, Jean qui pleure ; la médaille et son revers ; le yin et le yang, etc. Et pour nous, Normands, rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Nous aurons donc belle gueule et face de bouc. On fera avec !
Michel
Merci Jean-Mi. Bonne question ! Comme Toi je m'interroge et j'ai retenu, pour le moment que le high-tech est effectivement très énergivore. Au bout du fil de l'ordinateur... il y a une centrale nucléaire. "Accessoirement", les appareils qui supportent notre communication sont fabriqués avec des métaux rares, parfois très toxiques et sont "recyclés" en grande partie au Bengladesh ou en Inde, loin de notre vue. Bon j'abrège pour ne pas subire tes reproches de contradiction, d'autant plus que tu aurais raison.
Michel
Merci Sophie. Bien sûr que tout cela n'est pas si simple. Comme Toi, je suis un grand utilisateur d'internet. En fait, je me suis sans doute mal exprimé : c'est vrai, je suis un peu critique, et moqueur, sur tous ces réseaux qui deviennent dévorants ; mais je voulais aussi faire passer le message que cette nouvelle forme de communication contredit, au moins en partie, le discours ressassé sur la montée des égoïsmes. Alors restons optimistes, comme il se doit, mais aussi vigilants par rapport aux dérives possibles.
Michel
Toujours un réel bonheur de lire les articles de Michel Lerond. Sans internet, ce serait impossible.
amitiés. rl.
Une anecdote : il y a 4 ans un groupe de Japonais apprenant le français à Tokyo décide de proposer à Wikipedia, en accord avec leur professeur français, un article en français sur un sujet sensible : l'armée japonaise en Corée durant la 2e guerre mondiale. Une semaine après sa parution, l'article avait été amendé par une tierce personne. Les grandes encyclopédies n'ont pas cette réactivité, surtout sur un sujet aussi pointu.
PS: Google est aussi un monstre tentaculaire, ne l'oublions pas.
Merci Rémi et Robert. Effectivement, on ne peut pas mettre tout sur le même plan. Si Wikipédia peut être comparé à d'autres sites en terme de fréquentation et d'outil de communication, il n'en est peut être pas de même en terme de qualité, de fiabilité et de respect de la vie personnelle. Rien n'étant parfait, il faut se réjouir de l'existence de ces outils que nous utilisons tous et qui nous rendent de grands services, mais il faut rester vigilant pour éviter les dérives et / ou tomber dans le panneau de l'utilisation abusive de données personnelles. Wikipédia n'est sans doute pas toujours "au top", mais cette encyclopédie participative, gratuite, sans publicité, constitue une innovation remarquable en terme d'outil de communication.
Michel