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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 08:24

 

De plus en plus souvent, lorsque l’on reçoit un courrier, ou un courriel, on peut se demander si les règles orthographiques n’auraient pas été abolies. De même, le style et la syntaxe de certains écrits laissent parfois perplexes. Si la dyslexie est bien une difficulté à identifier les lettres et les mots, les comprendre et les reproduire, on peut constater qu’il existe aussi une dyslexie culturelle qui consiste en la difficulté à identifier, comprendre et reproduire des faits simples dans une situation plus complexe. Ainsi, par exemple :

- Deux hommes, tronçonneuse au poing, frappent à la porte : Bonjour monsieur, nous sommes envoyés par EDF pour élaguer vos arbres qui gênent la ligne électrique. On pourrait penser aussi que ce sont mes arbres, qui étaient là bien avant la ligne électrique, qui sont gênés par celle-ci dans leur croissance.

- Nous avons assaini le marigot putride pour notre plus grand bien. Bon exemple de lecture inversée, alors qu’il faudrait dire que la sauvegarde des zones humides est indispensable à la biodiversité et à la régulation hydraulique, c’est à dire pour nos besoins primaires et notre bien être.

- Il faut assurer à nos entreprises un développement durable. Cette foutue traduction erronée de sustainable development n’a pas fini de porter préjudice au développement soutenable. Il ne s’agit pas que le mode de développement actuel dure ; au contraire, il faut changer ce mode de développement…

- Il faut modifier nos comportements pour sauver la planète. Il s’agirait plutôt de nous sauver nous-mêmes, Homo sapiens éventuellement menacés, la planète n’ayant besoin de personne pour survivre.

- Le réseau routier n’est pas adapté aux camions qui circulent maintenant. Mais ne serait-ce pas là encore une lecture inversée de la réalité ? Les camions sont devenus d’un tel format que la voirie rurale ne leur permet même plus de se croiser…

- Le prix des carburants est beaucoup trop élevé, il porte préjudice aux entreprises de transports. Pourtant c’est bien de l’inverse dont il s’agit, il faut augmenter le prix des carburants pour recourir davantage au rail et ainsi réduire la part des transports routiers très producteurs de gaz à effet de serre.

Voilà quelques exemples qui montrent tout l’effort de pédagogie qui reste à faire pour que l’on puisse apprendre à poser un diagnostic et élaborer un raisonnement qui mette les choses dans le bon ordre… En particulier, notre relation à la nature demeure largement entachée d’un sentiment de domination sur celle-ci, qui nous égare par rapport à la réalité des choses.

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Published by Michel Lerond - dans Société
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commentaires

shizrine 31/03/2011 09:30


vu les orientations qui ont été prises concernant le nucléaire, s'il fallait aujourd'hui le stopper, nous serions obligés de nous éclairer à la bougie.
Un simple encadré sur le verso de votre facture EDF vous fait voir que 82% de l'énergie que nous consommons provient du nucléaire.
Aussi j'aurais aimé connaître votre opinion au sujet des éoliennes, quelqu'un m'a dit qu'il faudrait recouvrir la surface d'un département français pour remplacer le nucléaire, est-ce que c'est
exact ?


Michel Lerond 31/03/2011 12:42



Merci Shizrine. Vous posez bien la question de fond : comment se passer du nucléaire ? Que ce soit les éoliennes, ou le photo voltaïque, ou autre, actuellement aucune énergie renouvelable ne
peut suffire, à elle seule, à remplacer le nucléaire. Par contre, on peut réfléchir sur un "bouquet" énergétique qui combine toutes ces possibilités pour mieux les équilibrer dans le temps et les
répartir dans l'espace. Cela suppose des choix techniques, mais surtout des choix politiques. L'énergie nucléaire, compte-tenu de ses risques, ne peut être gérée que de façon centralisée, voire
autoritaire. Par contre les énergies renouvelables sont surtout valables à petite échelle et de façon décentralisée. De cette façon, on peut imaginer des petites éoliennes pour des besoins
individuels, plutôt que des champs de grandes éoliennes pour... faire du fric. Excusez mon obsesssion, mais nous devons participer aux décisions. C'est un choix politique.


Michel



Deslandes 29/03/2011 15:05


Voici un article qui donne du sens à notre quotidien en nous interrogeant sur l'intérêt de cette course en avant. Prenons conscience de la relativité du temps. L'Homme n'est que de passage
puisqu'il ne se montre pas raisonnable. Selon Edgar Morin, l'irréversible n'est pas loin d'être atteint, même s'il demeure un souffle d'espérance.


Michel Lerond 30/03/2011 10:23



Merci Jean-Philippe. Mais oui, il faut encore espérer, toujours espérer.


Michel



amexour 29/03/2011 13:08


La linguistique est en effet à la fois le bon et le mauvais moyen de parvenir à nos fins...


amexour 29/03/2011 13:05


Si je suis tout à fait, je dis bien totalement en accord avec l'analyse, je ne sais, par contre, si nous serions également d'accord sur le principe des choses à faire, quant à la révolution qui
s'impose d'elle-même, en réaction à nos idées et eu égard aux perspectives possibles de changements concevables ? En effet, je n'ai je pense aucune croyance sur telle ou telle piste de solutions
politiques à notre problème ; autant dire au problème de la nature des choses, et du monde avec-elles, et tel que notre entendement nous le fait appréhender aujourd'hui. Car, si les scientifiques
et autres érudits, philosophes de la vie et de la connaissance savent évidemment juger du constat inquiétant, il n'en ait d'évidence pas autant du vulgaire (Audiard). En tout cas du profane, qui je
crois, comme Kant, qu'il lui faut en passer par quelque intervention plus ou mopins hasardeuse du plan de la nature, pour que les moeurs changent...pour que, de lui même, il s'éduque tel n'imporet
quel animal au final. Dans l'attente, espérons qu'il ne prenne pas à la nature de vouloir expurger l'humanité. Sinon, il est peut-être aussi, de notre "devoir" de pallier l'insuffisance notoire des
puissants, par trop impuissants justement devant la tâche qui pourtant leurs devrait incomber ce, en transmettant notre vision plus ou moins éclairée. Posons-nous ou du moins continuons à nous les
poser les bonnes questions. La conscience collective existe-elle ? Devons-nous continuer à douter ? En quoi le progrès est-il réellement probant ? Et tant d'autres ???


Michel Lerond 30/03/2011 10:20



Merci Amexour pour vos deux commentaires. Voilà bien des réflexions et des questions qui complètent ma chronique. Toute la question, en effet, est de savoir ce que l'on peut faire pour changer
tout cela... Mais l'art de la pédagogioe n'est-il pas de répéter, puis de répéter et encore de répéter.


Michel



Dan 29/03/2011 11:15


Non, je me suis mal exprimée! Un comble pour un commentaire sur cet article!!! Je ne fais nullement référence à un de mes textes qui se nommerait l'essence des MO... je parlais du détournement du
signifiant (en linguistique) du terme dyslexie: tu "détournes" celui-ci pour les besoin de ton propos... c'est tout! cela prouve, si nécessaire, que les mots évoluent parce qu'ils appartiennent à
notre langue "vivante" !


Dan 29/03/2011 09:50


J'affectionne particulièrement ta démarche, sur ce sujet : n'aurais-tu pas procédé un tantinet à un détournement de... l'essence des MO ?


Michel Lerond 29/03/2011 11:09



Merci Dan. Qu'entends-tu par détournement ? Je n'ai pas retrouvé ton poème "l'essence des mo" sur ton blog. Je te propose de mettre le lien en commentaire pour que chacun puisse s'y reporter. Si
d'aventure, nous avons été amenés à exprimer la même chose, cela prouvera, une fois de plus, que l'on n'est jamais seul à avoir une bonne idée.


Michel