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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:34

C’est une discussion récurrente de café du Commerce : combien ça coûte et qui va payer ? Eternelle interrogation qui suscite des commentaires à n’en plus finir, d’autant plus si l’on doit payer soi même ! Comme, dans bien des cas, on économiserait pas mal d’énergie et de sottises si l’on prenait la peine de s’informer et d’abord de se poser les bonnes questions. En effet, on ne connaît pas beaucoup de choses qui soient gratuites, puisqu’elles ont obligatoirement un coût que quelqu’un doit supporter, même si ce n’est pas nous… D’ailleurs, lorsque c’est gratuit pour nous, c’est que la charge en est supportée par les autres, le plus souvent… Il en est ainsi des discussions, revendications, pétitions interminables pour protester, par exemple, contre le prix bien sûr exorbitant, des transports en commun, du ramassage scolaire, des frais de cantine, ou encore des consultations médicales et des médicaments, etc. Sans parler des impôts !

Selon les villes et les situations, le prix du billet de transport en commun est de l’ordre de 10 % du coût réel… Le ramassage scolaire, jusque là gratuit, coûte de l’ordre de 60 € par élève et par an, dont 10 € en moyenne à charge des familles… Un repas de cantine scolaire est facturé de l’ordre de 3 € par repas, pour un coût réel du triple… La santé, dans certains cas, comme un cancer du sein par exemple, revient entre 40 et 70 000 €, mais est pris en charge à 100 %. Ce sont, bien sûr, les contribuables qui payent la différence, ce qui est normal dans une société avancée et solidaire. Mais, pour autant, doit-on aller à la gratuité absolue de toutes sortes de services indispensables, ou bien exiger une part, même modeste, de contribution ? C’est une vraie question, surtout quand la dette est maximale, l’économie au ralenti et les besoins grandissants…

Pour cela il faut d’abord économiser. Sur les services publics sans doute, et peut être aussi sur le fonctionnement de nos institutions. Il serait laborieux de les passer toutes en revue, mais regardons le Sénat par exemple. C’est une des deux assemblées du Parlement, qui a perdu beaucoup de ses pouvoirs puisqu’en cas de désaccord avec l’Assemblée nationale, le Premier ministre peut donner le dernier mot à celle-ci. En clair, le sénat ne sert quasiment plus à rien…

Mais combien ça coûte le Sénat ? Cette assemblée compte 348 sénateurs qui perçoivent une indemnité mensuelle de 7 100 € + une indemnité représentative de 6 400 € + 1 à 3 collaborateurs rémunérés, ensemble pour 7 500 € par mois + quelques avantages en nature (courrier et train gratuits). A cela s’ajoutent les frais de fonctionnement, soit un total annuel de 323 millions d’euros supportés par l’Etat. Tiens donc, je vais évoquer une possibilité d’économie avec le prochain parlementaire que je rencontre et l’interroger sur sa conception de la solidarité !

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Published by Michel Lerond - dans Nouvelles
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commentaires

Dan 25/02/2014 23:03

Tout a un coût, oui.. surtout l'argent lui-même, dans ce monde dont il est devenu la trame, hélas existentielle aux yeux de tant d'entre nous. Ne devrait-ce pas être plutôt la vie elle-même, son
respect, et l'art de sa culture - de sa Culture aussi - en toute(s) intelligence(s) qui soit le postulat préalable à tout choix de gouvernance?
Ce n'est pas pour demain, je le sais bien, mais ....ne pas remettre à sa place de parasite du vivant le système monétaire serait lui accorder crédit, n'est-ce pas?!
Qu'y a-t-il à considérer comme postulat préalable à tout, si ce n'est Vivre! Une Lapalissade? Pas si sûr, puisque vivre est soumis à "combien ça coûte?"... Tout cela pour te dire que si je te
rejoins sur l'évidence d'une chaîne de préalables au prix final d'un "objet" ou d'un "service" - trame oblige - dans notre système, il me semble que des choix sont possibles, sur le plan de la
gouvernance locale et globale, pour rouvrir la porte aux véritables objectifs dont nous oublions trop souvent la légitimité. La marge reste étroite, certes, tant la domination du roi Money
conditionne les décisions et donc les lois que nous inventons pour mieux le servir, mais elle existe. Tu parles de solidarité? C'est un outil, pas un but! Que tout être humain puisse manger, boire,
respirer, dormir, disposer de son corps et de son esprit, en bonne santé... ce serait demander la lune? Je peux le dire autrement: Depuis quand acceptons-nous que l'argent - ceux qui le possèdent -
aient droit de vie ou de mort sur le reste de l'humanité et même bien plus ? Je m'enflamme un peu, du coup. Pardonne m'en.

Michel Lerond 26/02/2014 10:49



Merci Rémi, Gérard et Dan. Voilà bien des réactions contrastées, passionnées même, au point que Dan s'excuse de s'enflammer un peu ! Cela prouve au moins que le sujet est sensible, qu'il y a
matière à discussion et sans doute encore un peu de boulot pour trouver un consensus !


Michel



Prieur 25/02/2014 15:49

En France tout au moins le terme "transport en commun" qui devrait être synonyme d'"économie de dépense" puisqu'il y a mise en commun des charges devrait être remplacé par "mafia de transport
collectif". En effet il est honteux que le coût du billet de transport collectif soit plus élevé que celui du transport individuel (automobile).

lenormand 25/02/2014 11:56

En ne voulant pas payer le prix réél, les consommateurs sont les premiers responsables de la mal-bouffe par ex.Ils sont également les premières victimes du chômage en achetant tous ces produits
importés des pays où la main d'oeuvre est à très bas coût. Les responsables du chômage sont en premier chef les consommateurs eux-mêmes par leurs pratiques irresponsables et leurs choix dictés par
les industriels de tous poils.
Concernant les services publics - tous confondus - les usagers cherchent toujours à tricher comme par ex les voyageurs sncf entre Gisors et Paris. Quand serons-nous responsables de nos actes? En
voulant profiter de tout mais en ne payant pas les services et les autres travailleurs à leur juste prix, nous contribuons à la dégringolade générale. Profiter de tout et n'être responsable de rien
n'est sans doute pas la meilleure philosophie à appliquer en ces moments de l'histoire.
Quant au Sénat, il ne sert à rien d'autre qu'à enrichir des notables au détriment du peuple.