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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 08:23

 

Chacun sait combien la pédagogie est un art difficile en matière d’environnement. Les choses les plus simples et de bon sens ne sont pas toujours évidentes pour tous. C’est ce qui explique que certains militants écologistes « en rajoutent » au point de devenir parfois un peu fatigants. C’est du moins la thèse de Sergio Emilson qui publiait fin 2010 Comment recycler les oiseaux mazoutés. Et autres bons conseils d’écologie horripilante, aux éditions Poils aux plumes. Sergio Emilson considère que l’écologie (politique) est devenue moralisatrice et culpabilisante et a décidé de réagir en la tournant en dérision pour essayer de la rendre plus humaine. Cet humour ravageur devrait permettre de prendre un peu de recul face à « l’écologiquement correct. »

Dès le début du bouquin, le ton est donné : « N’allez pas plus loin dans ce livre, vous avez déjà profité de l’introduction pour un prix raisonnable, portez-le sans délai au recyclage. »

Un certain cynisme peut faire rire : « Consommez uniquement de la viande provenant d’animaux ayant bénéficié du soutien psychologique d’un zoopsychologue qui leur explique le bien fondé de leur sacrifice. En général, elle est plus tendre. »

Soucieux de la biodiversité en plus : « Le miel, la cire d’abeille, la propolis, la gelée royale, mais vous pouvez pas foutre un peu la paix aux abeilles ? Elles vont finir par bosser pour plus rien du tout ! »

Et aussi le tourisme vert, oui mais vers où ? : « Appliquez la règle des trois P, Partir, Pas cher, Pas loin. Mieux encore, celle des 4 P, complétée par Pas du tout. »

Au fait de la question énergétique : « Le bois est le roi des énergies renouvelables, loin devant toutes les autres. Gardez-vous des mélanges des genres : pourquoi avoir construit votre éolienne en bois ? On se croirait au far-west ! »

Ou encore : « A l’heure où une grande partie de l’humanité ne mange pas à sa faim, consacrer des denrées alimentaires, comme les céréales ou les oléagineux, à la production de biocarburants est une hérésie. Biocarburants et sous-alimentation sont incompatibles. Aussi, avant de prendre le volant, assurez-vous d’avoir le ventre plein. »

Et enfin : « La centrale nucléaire de Sainte-Trouille-Lédoye-Croizet est livrée sans les piles. »

En résumé on en prend tous pour son grade. Sergio Emilson a peut être raison, son pastiche peut nous aider à reprendre nos esprits pour mieux faire passer le message…

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Published by Michel Lerond - dans Société
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commentaires

Dan 14/05/2011 11:10


Je viens de commencer à lire ce livre, et je ne le perçois pas comme un non-écolo pourfendeur d'écologistes...il s'attaque au "politiquement correct", certes, quand celui-ci n'est pas correct sur
le plan écologique (sous entendu "du bon sens", en plus de l'aspect scientifique). Je ne sais pas de quel bord est cet auteur, et je n'en ai cure :c'est un livre qui fait réfléchir tout en étant
rigolo...une condition essentielle, non?


Michel Lerond 16/05/2011 09:50



Merci Dan et Jean-Mi pour vos réactions et votre assiduité. Je ne connais pas non plus Sergio Emilson. Bien sûr il ne faut pas prendre son livre au premier dégré. Il s'agit de moquerie pure et
simple, d'humour de dérision qui m'a bien fait rire. Pour autant, je ne le mettrais pas dans la même catégorie que Zemmour... Certes les pourfendeurs du "politiquement correct" peuvent, parfois,
devenir aussi redoutables que ceux-là même qu'ils attaquent. Dans le cas présent, il me semble que l'on reste dans l'acceptable. J'ai bien dit que chacun en prenait pour son grade... y compris
moi-même. Comme tu dis Jean-Mi, le plus écolo d'entre nous pourrait être mis en défaut... même là où on ne l'attend pas.


Michel



Jean-Mi 14/05/2011 10:34


Bonjour,
Je n'ai jamais eu entre les mains le livre de Sergio Emilson, mais à la lecture des extraits que tu publies, je trouve qu'il n'y a rien de bien nouveau dans son discours. J'ai tendance à me méfier
des pourfendeurs du politiquement correct, surtout quand ils sont représentés dans les médias par des individus comme Eric Zemmour... A mon humble avis, les discours culpabilisant ne sont pas
l'apanage des écologistes politiques que je trouve plutôt modérés dans leurs préconisations puisqu'ils doivent "ratisser large". Et pour reprendre l'exemple des agro carburants, je crois que ce
sont les écologistes qui ont dénoncé les premiers la stupidité de ce type de production d'énergie, et ont contribué à le débaptiser (précédemment nommés biocarburants).
Mais ceci dit, effectivement, parfois j'éprouve aussi de mon côté une certaine pression, en tant qu'acteur de la protection de l’environnement, qui conduit à me sentir mal à l'aise lorsque je
pousse un caddy dans un supermarché et que j'y ai glissé quelques produits indignes d'un "écolo". Alors, je me dis qu'il serait plus simple d'être un Zemmour ou un Emilson et d'assumer fièrement
mon inconscience envers les générations futures. Tiens c'est une idée ! je vais écrire à Laurent Ruquier pour qu'il me prenne dans son émission !
Amitiés.


Dan 10/05/2011 09:08


Merci pour ce conseil de lecture tout à fait d'actualité! Car il est vrai que l'écologie version politique, n'est qu'une récupération de plus des véritables aspirations des gens à vivre
mieux...dans un monde plus sain..


Michel Lerond 10/05/2011 10:21



Merci Dan. L'écologisme, ou écologie politique, a aussi son utilité bien sûr, mais il est vrai que parfois certains discours deviennent lassants. Alors l'humour nous sauve !


Michel



Philippe 10/05/2011 09:00


Pour le tourisme, l'économie s'en charge...

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/10/moins-longtemps-moins-loin-et-moins-cher-au-menu-des-vacances-d-ete-des-francais_1519446_3224.html#xtor=RSS-3208

Bonne semaine !


Michel Lerond 10/05/2011 10:19



Merci Philippe. La crise, c'est peut être aussi une forme d'humour... noir.


Michel