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  • : Le blog de Michel Lerond
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 08:29

 

         Le début d’année est toujours un moment opportun pour prendre de bonnes résolutions. Ainsi, en 2012, ne pourrions-nous pas faire un effort sur la prévention. Ce sujet a été mainte fois évoqué, y compris sur ce blog, pour rappeler combien il faut mieux prévenir que guérir… Qu’il s’agisse de santé, de pollutions, de dégradations du paysage, la réponse est toujours la même, les coûts environnementaux et financiers sont moindres si l’on prend des mesures préventives plutôt que des mesures curatives.

Un excellent exemple vient d’être fourni, à nouveau, par le Commissariat général au développement durable qui a publié, en septembre 2010, un rapport sur les « Coûts des principales pollutions agricoles de l’eau » (http://www.developpement-durable.gouv.fr/Couts-des-principales-pollutions.html?onglet=publications).

         En France, les pollutions industrielles et domestiques ont régressé depuis la création des agences de l’eau, il y a 40 ans. Par contre les pollutions agricoles, liées à l’élevage notamment, ont progressé. Selon le CGDD, le traitement de l’eau pour éliminer les principales pollutions agricoles coûte 54 milliards € par an à la France, étant entendu que ce ne sont pas les agriculteurs qui payent, mais… les ménages. En l’occurrence, il s’agit essentiellement des engrais azotés et des pesticides. Dans les localités les plus polluées, ce coût peut atteindre 494 €/an par ménage, soit un surcoût de 140 % de la facture d’eau moyenne. Ramené au coût/hectare, cette dépense est évaluée entre 800 et 2 400 €/an, notamment lorsqu’il s’agit d’assainir l’eau potable d’un captage en zone d’agriculture conventionnelle.

Le traitement est alors plus cher que la prévention, de l’ordre de 2,5 fois ! Cette situation est d’autant plus regrettable que les solutions curatives remédient aux dommages, mais n’améliorent pas pour autant la qualité de la ressource. On sait, par ailleurs, qu’en Bavière ou au Danemark, des actions préventives ont permis de réduire de 30 % les consommations d’azote et de pesticides, et cette fois en protégeant effectivement la ressource.

         Mais pourquoi donc cette manière de penser et d’agir ? Sans doute faut-il y voir l’influence de certains lobbies, mais aussi cette foutue « culture de l’efficacité » qui consiste à décider d’abord puis réfléchir ensuite… Il y a beaucoup à revoir, et d’abord dans le cadre des enseignements quels qu’ils soient. Vite, prenons de bonnes résolutions et bonne année 2012 !

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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lenormand rémi 04/01/2012 08:24

Rectificatif au commentaire N° 3: telle et non pas tel à la dernière phrase, c'est mieux. Mes excuses.

Michel Lerond 05/01/2012 11:20



Merci Dan, Gérard et Rémi pour vos commentaires étayés et qui nourrissent le débat. Bien sûr qu'il y a un problème de la gestion de l'eau et de sa propriété. Pour ne pas me répéter, on peut se
reporter à "Nationaliser l'eau ?" http://www.michel-lerond.com/article-27491447.html. La question est aussi de savoir qui dirige
les opérations, l'Etat ou les régions ? Bien sûr qu'il y a urgence à réorganiser les fonctions publiques, voir "Supprimer les départements ?" http://www.michel-lerond.com/article-17564292.html . Pour ce qui concerne les petits territoires, type Pays de Bray, se pose aussi la
question de la compétence des élus pour gérer des questions aussi complexes. La compétence exige une dimension critique et adaptée des collectivités publiques, donc un regroupement pertinent des
structures. L'application de la loi sur les regroupements des collectivités territoriales est reportée à 2013, c'est déjà une réponse...


Michel



lenormand rémi 03/01/2012 22:26

Le système curatif tel qu'il existe actuellement doit perdurer pour l'intérêt exclusif des lobbies tel véolia chez nous par ex en Pays de Bray. Ces sociétés tentaculaires qui traitent les ordures
ménagères, les transports, les traitement de l'eau et son assainissement remontent toutes au même tronc général. Plus l'eau est polluée à la source, plus elle doit être traitée après son
utilisation par les consommateurs privés ou publics,plus les bénéfices sont énormes. La pollution est la raison d'être de ces sociétés dont on peut légitimement se demander si elles ne sont pas
encouragées par les élus.La privatisation de l'eau n'est que pur scandale qui n’émeut nullement le citoyen de base mal informé.L'eau devrait être un bien public, de première nécessité et non pas un
objet de profits éhontés tant en Europe que dans les pays pauvres au bénéfice des mêmes sociétés d'exploitation.Comment rendre des produits de première nécessité au départ gratuits et accessibles à
tous en produits payants et chers pour le bien des lobbies, tel est l'une des bases fondamentales de notre belle société libérale.

Gerard Prieur 03/01/2012 15:50

Bonne Année 2012 Michel!
Le rapport "Cout des principales pollutions agricoles de l'eau" fait partie de la "production inutile" des organismes de l'Etat qu'on pourrait supprimer car elle n'améliore en rien la situation.
Par ailleurs rapprocher les "pics de pollution" (10 points localisés en France) de la consommation gnérale d'eau minérale en France relève de la bouffonnerie.
La qualité de l'eau comme celle de l'air est un problème qu'il faut traiter au niveau régional (comme en Allemagne et dans la majorité des pays): il y a urgence depuis des décades à traiter le
"big" problème breton,et à s'attaquer à ceux de la région Midi Pyrénées (ceux dont j'ai eu connaissance, il y en a certainement d'autres).
Ce n'est plus l'heure des rapports mais des actes!
Avez-vous vu un conseiller régional proposer de traiter le problème de la qualité de l'eau si il est élu?
J'espère que les amendes que devra payer la France sera débitée du compte de la Région Bretagne.

Dan 03/01/2012 12:03

Un premier article 2012 sur un des plus gros sujets problématique qui soit! Je pense en effet - suite à mon expérience dans le village où j'habitais avant - que les services de l'eau ont échappé
aux pouvoir publics et que les énormes multinationales qui les gèrent sont plus préoccupées par le profit que par la santé des gens et de leurs finances... Il faut que les communes se réapproprient
la gestion de ce liquide précieux avant que ce ne soit pire! Certaines ont déjà fait la démarche, mais, en campagne notamment, ce sont tous les réseaux qui sont obsolètes et à reconstruire - un
coût énorme même pour des communautés de communes - en plus des choix anti- pollution préventifs dont tu parles.... L'état doit agir pour permettre que ce soit possible, mais çà, c'est une question
de politique pure et dure, et la France pour l'instant a fait des choix contraires en favorisant la privatisation.... 2012 sera peut-être, pour cela aussi, le début d'un vrai changement? Allez!
soyons fous!...