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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 08:16

 

L’Union Européenne s’est donné pour objectif de réduire d’au moins 80 % ses émissions de gaz carbonique d’ici à 2050, par rapport à 1990. Cet objectif s’appuie sur 7 scénarios qui combinent les économies d’énergie, le développement des énergies renouvelables, la séquestration du carbone et… le recours à l’énergie nucléaire. Le secteur de l’énergie, en Europe, génère plus de 50 % des émissions et l’objectif est de l’amener vers une production quasi décarbonée.

Dans ce contexte, réduire les émissions de CO2 fait penser d’abord à l’automobile puisque notre mobilité est très consommatrice d’énergie. C’est pourquoi l’ADEME s’evertue à promouvoir la voiture, les tricycles ou autres scooters électriques. L’objectif est bien d’aller vers une mobilité quotidienne décarbonée avec, en France, environ 2 millions de véhicules adaptés à l’horizon 2020. C’est ainsi que cette préconisation du Grenelle Environnement devrait permettre de diminuer les émissions de CO2 de 17,5 millions de tonnes.

Mais rien n’étant simple, l’exemple allemand refroidit un peu nos ardeurs : le programme très ambitieux lancé il y a deux ans pour développer les véhicules électriques est très loin des résultats prévus… du fait de la lenteur des constructeurs. Reste l’espoir de la propulsion à l’hydrogène, comme s’y emploient les Indiens. La technologie progresse, mais pour parcourir la même distance, le coût de l’hydrogène est deux à trois fois plus élevé que l’essence !

Pendant ce temps-là, le prix des carburants fossiles… flambe, en pleine campagne électorale. Chaque candidat y va de ses propositions « hardies » : gel des prix, réduction des taxes ou accentuation de la concurrence. La dernière idée en date fait fureur : puiser dans les réserves stratégiques, afin d’envoyer un signal politique fort en abaissant le prix à la pompe. Ceci à l’image des Etats-Unis qui sont eux aussi en campagne électorale… Cela ferait toujours quelques centimes de moins par litre pour le consommateur pendant quelques mois. Et après reprise de la hausse fatalement, puisque le fond du problème, c’est bien… le fonds du puits.

La solution la moins politiquement correcte, mais peut être la plus raisonnable, serait bien de laisser filer les prix puisque, l’expérience le montre toujours hélas, ce sera la meilleure pédagogie. Rien de tel pour diminuer la consommation d’un produit que d’en augmenter le prix. C’est alors que viendront, tout naturellement, la mise en application des économies d’énergie, l’innovation pour des véhicules de l’après pétrole, l’arrêt de l’étalement urbain, la décentralisation de l’emploi dans les territoires, y compris ruraux et la mixité emploi-habitat en ville. C’est sans doute dans cet esprit que la Commission Européenne envisage de faire interdire les véhicules à essence dans les centres urbains. De quoi « décarboner » les têtes !

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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commentaires

Dan 17/04/2012 22:21

Je ne pense pas que les gens "veulent" consommer plus de pétrole ou de carburants polluants: la politique de délocalisation - et les horaires - du travail contraignent à l'usage d'un véhicule sous
peine de pointer au chômage, pour nombre de personnes... Même les horaires et tarifs de bus ne répondent pas à la demande... C'est effectivement toute l'organisation sociale qui est à refonder, et
cela passe par le respect de chacun, et par l'éducation de tous...

Michel Lerond 18/04/2012 17:51



Merci Dan et Rémi. Je crois que tout est dit, mais... qu'il y a encore du boulot !


Michel



lenormand rémi 17/04/2012 22:01

Le pétrole même s'il "flambe" actuellement n'est toujours pas à son juste prix.En réalité, le coût bien trop bas de ce combustible a causé d'énormes dégâts: délocalisations et donc chômage,
destruction du territoire par toujours plus de routes et de véhicules personnels,pollutions intolérables etc etc.En quelques décades la planète aura réussi à épuiser les ressources pétrolifères
accumulées depuis des millions d'années.Tout ceci est totalement irresponsable et ne peut mener qu'à une catastrophe autant prévisible qu'inéluctable.Bien évidemment aucun prétendant à quelque
élection que ce soit ne peut proposer d'augmenter sérieusement le prix des carburants au risque certain de ne jamais être élu, le peuple veut consommer toujours et encore plus. La solution n'est
pas la croissance mais plutôt une décroissance raisonnée.Consommer, posséder tout et n'importe quoi ne mène à rien mais conduit au néant. Il faut laisser effectivement filer le prix du pétrole,
d'ailleurs les élus n'ont absolument aucun choix si ce n'est des mesures de pacotille ne servant qu'à amuser le peuple de manière bien illusoire.Ce qu'il faudrait, c'est changer nos manières de
vivre et de consommer, le peuple est-il prêt? sans doute pas hélas.

Dan 11/04/2012 14:34

Tu positionnes ta recherche de "solutions" dans l'économie de marché qui règne actuellement sur notre pays. Oui, elle fait passer les profits avant notre vie et celle de la planète. Alors moi,
j'espère que la 6ème république version "L'humain d'abord", non seulement existera à l'issue de ces élections, mais verra des personnes comme toi y participer avec toute leur compétence, leur
humanisme et leur désir de construire les bases d'un monde meilleur pour les générations futures. Car c'est ça aussi le programme du Front de Gauche : que les gens prennent eux-mêmes les choses de
la vie, de la société, en main.

Michel Lerond 13/04/2012 07:50



Merci Dan. Et que chacun reste libre de ses opinions.


Michel