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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 08:31

 

L’affaire Dominique Strauss-Kahn a occupé toute la semaine médiatique qui vient de s’écouler. Au-delà du tintamarre retentissant des médias du monde entier, qu’en penser encore ? Ou bien les faits reprochés à DSK sont avérés et il s’agit bien d’une tentative de viol, c’est grave. Ou bien il s’agit d’un complot, la femme de chambre servant « d’appât ». Dans ce cas, d’abord aguicheuse, elle se serait rétractée, piégeant DSK pour l’amener à exprimer ses penchants sexuels. N’est-ce pas alors aussi une tentative de viol ? Ou bien tout est affabulation ?

L’émoi a été considérable et on peut le comprendre, compte-tenu de la chute invraisemblable que cela représente pour un homme au sommet du pouvoir, sombrant instantanément dans des abysses. Certains se sont émus également du peu de considération qui était fait pour la victime. On peut le comprendre également et même peut être l’expliquer : les Français demeurent à la fois monarchistes et révolutionnaires et s’émeuvent plus volontiers du sort des « grands » plutôt que des petits malheurs d’une femme de ménage.

Quand bien même l’hypothèse d’un complot serait-elle un jour validée, il n’en reste pas moins que le comportement de DSK vis-à vis des femmes est pour le moins discuté par de nombreuses personnes. Certaines femmes, qui s’étaient tues jusque là, ont rappelé leurs mésaventures, révélant ainsi un secret de polichinelle. Ce qui signifie que beaucoup de personnes, dans les médias, parmi les politiques, et en particulier au Parti socialiste, savaient, n’ont rien dit et n’ont pas pensé qu’un tel comportement pouvait être incompatible avec une candidature à la présidence de la république. Nous nous apprêtions donc à élire un président « perturbé »… S’il est vrai que les dirigeants d’un pays sont à l’image des peuples, c’est bien sur nous que nous devons nous interroger. Nous les Français, ne serions-nous pas un peu trop phallocrates et misogynes ?

Il ne s’agit pas d’accabler DSK, mais plutôt de s’interroger sur une nouvelle tellement incroyable, pour laquelle les Français préfèrent adopter la thèse du complot, un peu « rassurante » à celle d’un état pathologique. Comme l’a évoqué sur plusieurs médias Serge Hefez, psychanalyste, c’est le spectacle d’une autodestruction qui nous est donné par un homme ambivalent, oscillant entre la construction d’un destin et la jouissance immédiate. Le piège du carré diabolique s’est refermé sur lui : sexe, fric, pouvoir et médias.

Présider un pays est une fonction très difficile, cela requiert des qualités innombrables et un comportement irréprochable. A contrario, cette fonction est certainement incompatible avec certains travers. C’est à nous, électeurs, qu’il revient d’en décider, faute de quoi, nous pourrions bien être nous-mêmes des kamikases…

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Published by Michel Lerond - dans Gouvernance
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