On vit une époque formidable : tout est devenu écologique ! C’est tant mieux quand cela va au-delà de la simple communication commerciale. Mais attention à la dérive du vocabulaire… En fait, le souci de la protection de la nature, prend ses racines dans un passé bien plus lointain qu'on l'imagine souvent, dès le Moyen Age parfois, à la fin du 19ème siècle plus largement. Bien que l'invention du mot écologie date de 1866, c'est surtout depuis une cinquantaine d'années que ce courant de pensée s'est généralisé.
Durant les années 1960-70, on parle surtout de "protection de la nature". Pendant les années 1980-90, les termes "environnement" et "écologie" deviennent à la mode et les concepts s'élargissent pour considérer les activités humaines et pas seulement la nature. Le passage aux années 2000, c’est l'émergence d'une culture qui met écologie, social et économie sur le même plan. Dans le même temps le concept s'élargit encore dans deux directions avec la notion de "paysage", vocable qui véhicule un concept plus global, une synthèse entre la nature et les productions humaines et la notion d'"écologisme", terme qui désigne "l'écologie politique" à l'origine de la création de plusieurs partis.
Les années 2000-2010, c’est la montée en puissance de la notion de développement soutenable, des préoccupations du public liées aux dérèglements climatiques et aux faiseurs d’opinion qui s’en suit. Quelques évènements météorologiques forts ont marqué les esprits et ont suscité questions et réflexions. Un sentiment de peur s’installe, en même temps que celui qu’il est encore temps d’agir, mais qu’il y a urgence.
On aurait économisé bien des débats stériles si l’on avait distingué l’écologie et l’écologisme (ce qui fut proposé par le CNRS dans les années 1980, mais non appliqué). Il ne faut pas confondre en effet l’écologie, la science qui étudie les relations des êtres vivants entre eux, avec l’homme et le milieu environnant (dont les écologues sont les praticiens), avec l’écologisme, un courant de pensée en faveur de la protection de la nature et de l’environnement (ou écologie politique dont les tenants sont les écologistes). Les deux disciplines sont tout à fait respectables, et souvent complémentaires, mais la désignation des deux thématiques par un même vocable a créé une confusion des esprits. Ce fut le cas par exemple dans l’ouvrage de Luc Ferry (Le nouvel ordre écologique, Grasset, 1992) où l’auteur tient des propos alambiqués en confondant écologisme avec écologie « profonde » (très dogmatique), allant jusqu’à lui trouver des relents pétainistes et des affinités avec le fascisme hitlérien…
Eh oui, à qui le dis-tu ?
Michel
Depuis que les changements globaux se font allègrement ressentir (même par l'intermédiaire de l'Académie des sciences, qui a dernièrement refroidit Monsieur Allègre), Monsieur Ferry a t'il fait aussi son évolution soutenable?
Merci Cyriaque de ce point de vue... allègrement critique.
Michel
Merci Robert. Eh oui, quand le commerce va... tout ne va peut être pas si bien !
Michel
C'était également les seules personnes qui enrichissaient leur biotope et sa biocénose. Mais là, Ferry est largué.
Merci Bregeat. Attention tout de même à ne pas confondre les Ferry, Luc avec Jules.
Michel
C'est bien comme cela que nous l'avons compris. Merci encore.
Michel
Il n'est pas plus question de confondre écologie et écologisme, puisque l'idéologie et la pratique ne procèdent pas du même ordre des choses.
En clair, vouloir des distinctions pour conserver ses réflexes de pensée n'est pas une solution. L'écologie, qui n'existe pas en tant que pratique autonome, ne peut échapper à la puanteur qui émane de ce que vous appelez l'écologisme.
Pour vous en convaincre, je vous propose de lire mes pages de documentation. Il s'y trouve quelques informations précieuses sur l'histoire de l'"écologisme", si proche de celle de l'"écologie" !
Merci Erasmus de ce commentaire. Je me suis peut être mal exprimé, mais j'ai l'impression que vous ne contribuez pas forcément à clarifier les concepts. Je vous sens, sur votre blog, très critique (et ça c'est plutôt bien), mais critique de tout, y compris de faits objectifs. Vous êtes libre de votre point de vue, bien sûr, et je ne cherche pas à vous convaincre.
Michel