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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 17:17

 

« Est-ce que tu as obtenu de bonnes notes à l’école aujourd’hui », demande une maman à son enfant. « Est-ce que mon pays a obtenu une bonne note à l’agence aujourd’hui », demande le président de la république à son premier ministre. Autant la première interrogation est comprise et pertinente, autant la seconde est incongrue et insolente. C’est pourtant la réalité que nous vivons depuis de nombreux mois avec les notations financières.

Cette notation de la dette est l'appréciation, par une agence privée, du risque de solvabilité d’un État, d’une entreprise ou d’une opération. Elle consiste en l'attribution d'une note estimant les perspectives de remboursement envers les créanciers. C’est un critère clé dans l’estimation du risque qu’un investissement comporte, particulièrement dans le cadre de marchés financiers de plus en plus mondialisés. Les notations des instruments de financement à moyen ou long terme (d’un an à 10 ans ou plus) vont de AAA, qualité de crédit la meilleure, à D pour défaut de paiement. Meilleure est la note, moins l’émetteur de l’emprunt paiera d’intérêts. Dans une économie globalisée, la libre circulation des capitaux serait impossible sans notation financière qui puisse créer la confiance des investisseurs. C’est pourquoi, cette démarche, peu familière en Europe, s’est développée avec l’arrivée de l’euro.

Les trois plus grandes agences de notation sont américaines (Standard and Poors et Moody's) et franco-américaine (Fitch), créées entre 1900 et 1941, et se partagent 90 % du marché de la notation financière. La principale agence chinoise Dagong Global Credit Rating, était ignorée jusque récemment. Les agences notent ce qui est objectif, mais aussi « les capacités de s’en sortir », notion beaucoup plus subjective, ce qui génère quelques doutes sur la crédibilité réelle de ces « petites entreprises » de quelques dizaines de cadres. Ainsi, des agences, dont on ne sait que bien peu de choses, notent les états dans un contexte économique de plus en plus virtuel… La poignée d’analystes de ces agences tiennent ainsi dans leurs mains une partie du destin financier de nos institutions, et donc de nous-mêmes. Ces économistes font penser à une sorte de secte dominatrice, « maîtres du monde », avides d’argent, mais surtout de pouvoir. Alors, analyse, manipulation, gestion occulte d’intérêts inavoués ? Les suppositions vont bon train, d’autant plus que ces agences refusent tout audit et sont redoutées des politiques… Mais pourquoi donc n’avons-nous pas d’évaluations, certes importantes, faites par des instances publiques, reconnues, et en particulier au niveau européen ? Ce ne sera pas facile, d’autant que ceux qui ont accordé ces pouvoirs exorbitants aux agences sont… les organismes internationaux ! Le dernier G20 a « oublié » d’envisager cette question.

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Published by Michel Lerond - dans Economie
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commentaires

régine 25/01/2012 10:14

Nous avons perdu les 3 A ?Personne ne sait à quoi cela correspond ou presque. Voici ce que je comprends, la conséquence de cela est que l'argent va coûter encore plus cher. Par exemple si la grèce
emprunte de l'argent elle le paie 17 fois plus cher que le France tandis que la France avant d'être dégradée dans ça note le payait seulement 4 fois plus cher mais trois fois plus que l'Allemagne.
Les chiffres sont peut-être faux mais le principe est là.
Comment peut-on imaginer une communauté économique avec des règles de calcul comme cela ?c'est complètement lunaire.
Remarquez cela ne m'étonne pas car dans ce monde Ubuesque, le ministre de l'éducation nationale n'a pas su résoudre une règle de trois qu'il voudrait que des élèves de CE2 connaissent

Michel Lerond 25/01/2012 16:57



Merci Régine. L'explication, c'est à peu près cela. Chacun aura compris et sans doute aussi... le ministre de l'éducation nationale !


Michel



Dan 19/01/2012 09:29

J'entends bien tes réflexions, ainsi que celles de tes commentateurs... Dans le cadre capitaliste qui étouffe le monde entier, peut-être qu'elles sont "positivistes"... Mais pour ma petite tête,
qui de plus en plus remet en question la nécessité de se soumettre aux lois de la finance, quelles qu'elles soient et d'où qu'elles viennent (de ces poignées de manipulateurs ou des chefs d'états
ou de banques assoiffés de pouvoir), les sociétés humaines à la surface du globe ont en leur sein bien d'autres richesses que ces monnaies, qui pourraient devenir la trame de leur tissu social -
vital - car celles-ci font la preuve, de plus en plus, qu'elles ne sont que virtualité érigée pour la domination de quelques-uns sur la majorité des autres... Tous, vous partez d'un postulat : la
nécessité d'un "marché économique"... Et si vivre pouvait s'en passer?

Michel Lerond 19/01/2012 15:06



Merci Dan de ce commentaire... un peu utopiste. J'aimerais que tu aies raison, puisque la monnaie n'est qu'un artifice pour nos échanges en quelque sorte et que l'Homme dispose, fort
heureusement, d'autres richesses bien plus nobles. Mais le monde est ainsi fait, depuis bien longtemps, en reposant pour un peu (ou beaucoup) sur la cupidité et le pouvoir (réel ou supposé)
qu'elle apporte. Je ne suis pas défaitiste, mais essaie (en y arrivant ?) d'être réaliste...


Michel



Robert Meyer 16/01/2012 21:08

Je suis tout à fait d'accord avec toi, mais depuis vendredi me trotte dans la tête une idée déjà ancienne : une année l'Etat français avait trop perçu ... et il a fallu "redistribuer la cagnotte"
... je crois que ça correspond à peu près à la disparition de la vignette auto ... alors que l'Etat avait déjà de grosses dettes !

Un jour il faut passer à la caisse.

Michel Lerond 18/01/2012 11:45



Merci Gérard et Robert pour ces compléments d'information. Comme dit Robert : un jour il faut passer à la caisse. Eh oui ! Reste à savoir qui paye... Quant à la taxe Tobin, oui bien sûr. Sauf
qu'elle existe déjà ! Votée par l'Assemblée nationale le 13 décembre 2001, sous le gouvernement Jospin. Comme c'est curieux que personne n'en parle... sauf le Canard Enchaîné. Il est vrai que le
décret d'application n'a pas pu être pris à cause d'un petit alinéa qui dit qu'il le sera lorsque les états européens se seront prononcés...


Michel



Gérard Prieur 16/01/2012 18:49

Quelques remarques:
----"La Politique de la France" ne se décide pas à la "Corbeille" comme disait fièrement de Gaulle, est un concept dépassé notamment à l'aune de la mondialisation.
---L'analyse de la seule (sur 3) agence Std n Poors conduisant à la légère rétrogradation de la France se base essentiellement sur les "prespectives économiques et sociales" la première étant
l'élection de François Hollande à la Présidence de la République Française.
---L'application de la règle Tobin est sans nul doute un moyen de réduire le risque systémique d'emballement de la machine financière en freinant les risques d'emballement de la machine financière
internationale à condition de maitriser le taux des prélèvements transactionels. Il est urgent de la mettre en pratique à l'échelle européenne puis internationale.
--- Après tout la France a été le premier pays à introduire la TVA qui s'est progressivement répandue à l'Europe puis au monde.