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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 08:26

      La chose publique comme l’on dit, la gestion politique d’un territoire m’ont toujours tenté. A peine mes études terminées, je me suis présenté à une élection. Une fois élu, j’ai fait en sorte d’occuper un poste bénéficiant d’une indemnité. Puis je me suis présenté à une autre élection et là j’ai du faire campagne avec un peu plus de ténacité. J’ai fait beaucoup de promesses qui m’ont bien servi pour accéder à un second mandat. Là encore j’ai pu bénéficier d’une indemnité et ainsi vivre correctement. 

      Quand vint l’échéance de ces mandats, je ne pouvais plus faire autre chose. Il fallait donc que je sois réélu et j’ai dû batailler ferme, c'est-à-dire être à l’écoute en recevant toute personne me demandant un service, écrivant de ci de là pour solliciter un emploi, une bourse, une place en maison de retraite, ou tout simplement un déplacement de l’arrêt du bus scolaire… Oh j’avais bien conscience que cela relevait un peu de la démagogie, mais il fallait absolument que j’assure mon avenir en étant à nouveau élu. Ce qui fut fait pour mes deux mandats. Par précaution, j’en ajoutais un troisième et cumulais quelques fonctions annexes qui m’assuraient d’être toujours sur le devant de la scène. 

      Les campagnes électorales se succédaient et un jour je fus apostrophé par un contestataire qui osa me demander quel était mon métier. Je répondis la politique. L’imposteur éclata de rire et s’écria : la politique, c’est pas un métier, c’est une fonction, dans un pays démocratique ! Cela me glaça et je ne sus que répondre. Ce n’est qu’au milieu de la nuit qu’une pensée funeste m’est venue : je suis malade, complètement malade… Effectivement, le lendemain je continuais de survoler les rendez-vous, les inaugurations, les réunions, quant aux dossiers… on verrait plus tard avec les services. Mais cette fois, conscient de mon addiction au pouvoir, je manquais un peu d’entrain et me faisais rappeler à l’ordre pour promesses non tenues, engagements non respectés, décisions toujours pas prises… Je m’interrogeais alors sur la suite à donner à ma vie, sur le renouvellement ou pas de tous ces mandats, sur… mon métier. Je ne sus trouver la réponse, ou au moins un échappatoire, et me consolais en pensant que je finirais bien par obtenir une médaille pour une telle longévité.

     Au fil des jours toutefois, une rengaine me revenait en tête de façon obsédante : je suis malade, complètement malade, comme quand ma mère sortait le soir, et qu’elle me laissait seul avec mon désespoir. On aurait pu remplacer « ma mère » par « la politique », c’était du pareil au même ! Oui Serge Lama avait bien raison dès 1973… J’ai fini par recevoir, en grandes pompes, la médaille tant convoitée, mais depuis j’ai décidé de me soigner. J’ai trouvé le remède : http://www.michel-lerond.com/article-15883948.html.  

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Published by Michel Lerond - dans Nouvelles
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lenormand 24/01/2013 18:43

Cela va être bien difficile d'éduquer, d'informer la population pour ces sujets encore tabous. Nous avons encore beaucoup à découvrir.
Amitiés.

lenormand 19/01/2013 17:46

Beaucoup de vérité dans l'article et les commentaires.
Être élu est loin de représenter le paradis.Ceux et celles qui exercent un pouvoir local par passion et dans l'intérêt des citoyens et du pays méritent absolument le respect. Les autres qui le font
par le seul goût du pouvoir sont haïssables.

lucile 16/01/2013 14:37

la description de la maladie est parfaite malheureusement quant à nous pauvres administrés qui assistons au jeu du cirque comme spectateurs, mais le remède reste à découvrir pour retrouver des élus
dignes de leur charge
Comme on disait sous Louis XV : La France ton café fout le camp' il serait triste d'avoir besoin d'une nouvelle révolution avec les conséquences que cela entraine

Michel Lerond 17/01/2013 12:24



Merci Robert, Daniel et Lucile. Bien sûr il s'agit là d'une caricature et cette mini-nouvelle ne prétend pas représenter la réalité... réelle.


Je comprends la réserve de Daniel, mais pour ma part ce que j'entends par "faites le 11", ce n'est pas le mandat seul et unique, mais le mandat unique renouvelable une seule fois. Tout cela de façon à favoriser le renouvellement bien sûr.


Je suis bien conscient qu'il reste à régler un problème : que ce soit au niveau local ou régional, ou national, les mandats sont de plus en plus complexes du fait de l'évolution des techniques,
de la réglementation, des demandes du public, etc. et cela pose la question de la compétence réelle des élus. Il faut arriver à sortir (plus facile à dire qu'à faire) de la confusion entre rôles
des élus et des "techniciens", pour que celui-ci apporte les informations et les arguments de choix et que celui-là décide effectivement en toute connaissance de cause.


Pour moi, c'est plus simple, je n'ai jamais été élu. C'est difficile la démocratie !


Michel



Daniel 15/01/2013 10:54

Redoutable analyse, surtout quand on est du "métier".
Je savais Michel, comme tout un chacun, écologue érudit, essayiste convaincu, fidèle en amitié, volontiers humaniste, mais voilà qu'il nous dévoile une autre flèche de son carquois : maintenant
nous le savons analyste et avec quelle acuïté !
Et on ne peut s'empêcher de penser qu'au cours de toutes nos rencontres passées, il nous a gentiment décordiqué l'âme (selon une de mes expressions qu'il connait) et détricoté les sentiments.
Ceci dit, bien que cela soit excessif car c'est un condensé global de cas de figures disséminés (je n'aimerais pas être celui qui cumule tous ces "travers")on en reconnait bien quelques uns dans
notre environnement.
Par contre,je suis beaucoup plus réservé qu'en au 11.
Un seul mandat ne sert que d'acquisition d'expériences, l'efficacité et la raison viennent avec le temps, même si Confucius nous dit que "l'expérience est une lanterne accrochée dans le dos du
voyageur et qui n'éclaire que le chemin parcouru".
Ce premier mandat doit s'effectuer avec humilité, et servir à mesurer son inexpérience, pour que les mandats suivants puissent être utiles, en tenant compte des erreurs du passé à ne pas
renouveler.
Et ceux qui montent des projets de réalisation "publiques" savent à leurs dépends que la splendide lourdeur administrative bien française fait que quasiment rien ne peut plus se faire en moins de 4
ans.
Rendre son tablier au bout d'un seul mandat c'est un constat d'échec, pour sa fonction et certainement, ou parfois, personnel.

Robert Meyer 15/01/2013 09:08

Quel beau conte de Noël ! la description du personnage est remarquable ; ça sent le vécu ... on devine que l'auteur n'a pas tout appris dans les livres mais qu'il a eu de "mauvaises" fréquentations
!