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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 08:18

Comme beaucoup d’autres écologues, je n’ai cessé d’attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité. De multiples preuves ont été apportées de la raréfaction de quantité d’espèces végétales et animales et des conséquences, par ricochet, pour nous autres les Humains. Mais ces alertes incessantes n’ont pas été entendues, ou si peu… Pire encore, c’est en toute connaissance de cause que certaines instances prennent des décisions lourdes de conséquences pour la biodiversité ! Que faire quand ce ne sont plus les politiques qui dirigent, en principe pour le bien collectif, mais les lobbies économiques de toutes sortes. Objectif premier le fric, le reste n’étant que balivernes… 

Oui je sais tout cela a déjà été dit et je me répète. Mais, malgré quelques avancées ici ou là, la situation globale ne cesse de se dégrader, au point d’en devenir parfois surréaliste. Ainsi deux exemples peuvent illustrer le propos au niveau européen, avec la PAC, et au niveau mondial, avec le patrimoine naturel de l’UNESCO. 

La politique agricole commune prépare une réforme ambitieuse qui devrait entrer en vigueur en 2014, pour aller vers plus de verdissement. Elle doit s’articuler autour de trois axes : - diversification des cultures, avec au moins trois variétés de récoltes et pas plus de 70 % d’une même culture, - maintien de pâturages permanents et - mise en jachères de 7 % des terres pour préserver les haies, bocages, mares, ou zones tampons diverses. Mais ces objectifs génèrent de violentes oppositions des lobbies agricoles et paraissent déjà compromis. Pourtant, ces mesures visent à enrayer le déclin vertigineux de la biodiversité en zone agricole. Ainsi, au niveau européen, une étude récente montre que l’on a perdu 300 millions d’oiseaux en zone agricole en 30 ans, soit la moitié de l’effectif initial. 22 espèces sur 37 sont en déclin. Les causes sont parfaitement connues : agriculture intensive et spécialisée, éradication des haies, jachères et mares, utilisation toujours importante de pesticides. 

Au niveau mondial, l’UNESCO a classé 183 sites naturels depuis 1978, mais un site naturel sur 10 est actuellement en péril. Ces sanctuaires de biodiversité sont particulièrement menacés en Afrique par les exploitations pétrolières et le braconnage. L’échec est patent : certains sites sont jugés en péril depuis 20 ans, sans qu’aucune amélioration ne soit constatée. Faut-il les maintenir ou les désinscrire de la liste ?

Il est clair que ni les dirigeants, ni les populations n’ont vraiment pris en compte la biodiversité et la nécessité absolue qu’elle représente pour l’humanité. Avec juste un peu de cynisme, on peut espérer que bientôt, le coût prohibitif des énergies fossiles et les méfaits des changements climatiques vont nous ramener à la raison.

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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lenormand 05/10/2012 09:52

Tout le monde comprendra enfin mieux lorsque l'inéluctable sera arrivé, ce qui ne saurait tarder.Il sera infiniment trop tard pour réagir.

Prieur 02/10/2012 10:36

Pour donner une note d'optimisme, il faut contraster le constat de Michel: tous les terroirs ne sont pas logés à la même enseigne. Il en existe certains où l'empreinte de l'homme régresse car la
nature n'est pas assez riche pour nourrir une exploitation: c'est le cas notamment du plateau de l'Aubrac mais aussi de la plupart des grands Causses. Je crois qu'on pourrait y tourner à nouveau le
film "Microcosmos" sans difficulté.

Michel Lerond 03/10/2012 08:41



Merci Gérard de ce témoignage optimiste. Bien sûr que tout n'est pas désespéré, et parfois même, l'intervention humaine est indispensable au maintien de la biodiversité. Mais je crains que
globalement, la situation reste très préoccupante. Les terroirs dont tu parles sont d'autant plus important pour permettre de "régénérer" l'ensemble.


Michel