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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:40

Certaines anecdotes ne prennent tout leur sens qu’après coup. C’était le 29 janvier 1988, je rencontrais Jean Lecanuet en tête à tête à son bureau de la mairie de Rouen. Il était maire de la ville et président du conseil général de la Seine-Maritime. Je lui présentais les réalisations de l’Observatoire régional de l’environnement et insistais sur l’importance d’informer le public sur les questions environnementales. Il acquiesca, et soudain très pensif déclara : j’espère qu’il ne se passera jamais rien de grave à Paluel… La centrale nucléaire de Paluel était en chantier depuis 1977 et l’accident de Three Miles Island avait eu lieu en 1979. Le drame de Tchernobyl suivit en 1986. L’accident de Fukushima (sans oublier que le nouveau séisme du 7 avril a touché 2 autres centrales  et un centre de retraitement) ne réconforterait sans doute pas l’ancien maire de Rouen…

La preuve vient d’être apportée, s’il en était besoin, que la technologie nucléaire n’est pas sûre. De plus, les choix initiaux, dans à peu près tous les pays, relèvent davantage de la connivence entre politiques et industriels que du débat démocratique. Tout cela fait froid dans le dos, mais pose aussi la question que personne n’aborde vraiment : comment se passer du nucléaire ? La fin du pétrole est inéluctable, la fin du nucléaire aussi. L’épuisement des stocks d’uranium étant envisagé pour la fin du siècle. Chacun sait que les énergies renouvelables constituent évidemment une solution par leur diversité, mais ne sauraient, avant longtemps, répondre à la consommation d’énergie actuelle et surtout à venir. Bien sûr, la technologie va progresser et apportera d’autres solutions pour la production d’énergie, mais cela demandera beaucoup de temps. Que peut-on faire dans l’attente, si ce n’est réduire nos consommations (http://www.michel-lerond.com/article-29123911.html).

Le retentissement de l’accident de Fukushima est planétaire et traduit une double inquiétude, celle du risque nucléaire et celle de la pénurie d’énergie. On peut penser que le retour d’expérience sera positif, mais les choix seront difficiles. Combien de contestations, de manifestations, de revendications allons-nous voir bientôt avec le renchérissement de l’énergie ?

C’est le moment que Louise a choisi pour naître dans ce monde en fusion. Si nous sommes tous des Japonais, alors Louise est une petite geisha qui va devoir accomplir une tâche immense, contribuer à réconcilier l’homme avec une nature parfois hostile, mais dont il ne peut se passer. Il est facile, en matière nucléaire, d’imaginer des scénarios de l’horrible. Sans aller jusque là, imaginons seulement que trois accidents de type Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima se produisent simultanément en trois endroits de la planète… Ce jour-là, peut être, Louise me regardera dans les yeux pour me dire : Et toi Papy, qu’est-ce que tu as fait pour éviter cela ? Je cherche ma réponse…

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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commentaires

Robert Meyer 13/04/2011 14:50


Merci Michel de ce papier réaliste sur le nucléaire. Je suis frappé en ce moment par la pensée unique (dans les média)concernant cette question. C'est très simple : demain matin on arrête les
centrales françaises, et demain soir on rentre à la maison, on allume les lampes et la télé, on pousse un peu le chauffage. Ouf, on a échappé au péril nucléaire ! 2 remarques :
1 - dans un pays qui n'a pas de pétrole, qui a tendance à avoir peur de tout ce qui est nouveau, qui ne veut pas exploiter les schistes, qui a des lobbies contre les éoliennes ... il faut se
préparer à des larmes, de la sueur en été et du gla-gla en hiver ! ça viendra s'ajouter aux problèmes économiques.
2 - le péril nucléaire aura disparu du sol français, et alors ? les centrales les plus dangereuses actuellement sont en Europe de l'Est et je suis persuadé que le stock de combustible nucléaire
(qui n'est pas énorme) sera de toute façon utilisé, par la Chine ou des états exotiques ... mieux que par nous probablement !
Avant toute décision, il faudrait prendre une calculette et réfléchir.


Michel Lerond 14/04/2011 09:16



Merci Robert. Effectivement, ce n'est pas si simple. Pour faire court, je dirais qu'il faut se préparer à sortir du nucléaire, puisque de toute façon, l'épuisemnt de l'uranium va nous y
contraidre. Mais mieux vaut d'abord réfléchir et agir ensuite, comme toujours. Outre les questions que tu poses, il faudrait dès maintenant, dans cette hypothèse, se soucier AUSSI du
démantèlement des centrales arrêtées... Si je ne m'abuse le coût de cette opération n'a pas été pris en compte, ou de manière très insiffisante. De plus, prenons garde à ce que l'arrêt trop
brutal, suivi d'un démantèlement, n'amène pas des risques supplémentaires. J'en veux pour preuve la seule centrale française "démantelée", celle de Brennilis en Bretagne, dont les opérations de
déconstruction sont stoppées, faute de moyens financiers et/ou techniques et que le chantier serait plus ou moins abandonné... Pas de passion, pas de dogmatisme, de la réflexion et du réalisme !
Bon courage.


Michel



Meuret 13/04/2011 08:43


Que faire?
Et bien avec les autres pays du continent européen si possible, décidons de réduire drastiquement cette énergie. Pas dans 20 ans, mais en 2011? Le mois prochain? Demain?
L'économie va en prendre un coup, çà c'est sûr, et on va se les geler un max, mais on va moderniser notre civilisation. Et puis,... il faut le faire pour notre progéniture.


Michel Lerond 13/04/2011 09:00



Merci Laurent. Je partage assez ce point de vue, si ce n'est qu'il faut inventer un scénario de sortie du nucléaire qui soit crédible, en proposant une reconversion simultanée avec des moyens qui
n'existent pas encore ou sont insuffisants. Alors, oui, "on va se les geler un max" et mon souci est de trouver les arguments pour faire accepter cette idée. Dans un domaine proche, je suis de
ceux qui souhaitent que le prix de l'essence augmente encore davantage (le fric est hélas le seul régulateur...), mais j'entends autour de moi le tollé que cela provoque. Nous sommes "en bonne
voie" pour qu'une partie du Japon soit inhabitable pendant des siècles, cela va-t-il suffire comme leçon ?


Michel



Philippe 12/04/2011 08:32


Toutes nos félicitations à l'heureux Papi (et aux parents), en espérant que l'on ait trouvé une solution heureuse à ces problèmes avant qu'elle ne sache parler (soyons optimiste), explorons toutes
les voies, investissons pour nos enfants et les leurs !


Michel Lerond 12/04/2011 08:39



Merci Philippe. Espérons...


Michel