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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 10:34

 

        La côte normande a connu l’an dernier l’un de ses plus gros éboulis, en Seine-Maritime. Une portion de falaise de 300 m de long sur 70 m de haut s'est effondrée à Saint-Martin-aux-Buneaux et Veulettes.

        En Normandie, le recul du littoral peut atteindre 5 m/an en moyenne à l'ouest du Cotentin. Sur les falaises de  craie de Seine-Maritime, le recul est de l’ordre de 20 cm/an et on y compte environ 40 effondrements/an.

        L’érosion du littoral est d’origine naturelle et humaine. La raison tient essentiellement au travail de sape de la marée qui se fait en pied de falaise, accentuée par les phénomènes de gel-dégel en hiver, ce qui fracture la roche et la rend plus vulnérable. Il semble que le phénomène s'amplifie, du fait du réchauffement climatique qui relève le niveau des océans, très faiblement, mais assez pour accélérer l'érosion. Le ministère de l’écologie travaille actuellement sur une hypothèse de montée du niveau des eaux d’un à deux mètres d’ici 2100. Les travaux portuaires, les ouvrages de protection et les aménagements de front de mer peuvent aussi contribuer, dans certains cas, à l’érosion des falaises.

        Bien que ce phénomène soit ancien (le phare du Cap d’Ailly a du être reconstruit plusieurs fois), on peut craindre qu’il ne s’accentue. Les risques concernent surtout les maisons situées trop en bordure de falaise. Certaines pourraient être expropriées, comme cela s’est déjà produit en 2006 à Criel.

        La Loi littoral vise à encadrer l'aménagement de la côte pour la protéger des excès de la spéculation immobilière. Le Grenelle de la mer a estimé sa prise en compte insuffisante dans les documents d’urbanisme.

      Pour remédier à cela, les régions Picardie, Haute et Basse-Normandie, ont décidé de s’associer dans la mise en place d’un Réseau d’observation du littoral normand-picard. L’objectif est de définir les risques le plus précisément possible, afin de gérer le littoral de manière globale et partenariale. Il faudra, de toute façon, composer avec la nature, plutôt que chercher à s’y opposer par la force…

 

Si l'on s'intéresse aussi à l'agriculture, on peut regarder :  http://global.arte.tv/fr/2011/02/08/pour-un-debat-public-sur-l%E2%80%99agriculture/

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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Cyriaque 14/02/2011 21:55


L'érosion du trait de côte doit aussi être un facteur prépondérant dans la politique de protection foncière du bord de mer(périmètre autorisé du Conservatoire du littoral).
Est-il acceptable de limiter les zonages autorisés à une bande de quelques centaines de mètres sur le haut de la falaise, sachant que cette bande côtière disparaîtra dans les années à venir ?
C'est une problématique similaire aux valleuses dont on protège les fonds de vallée sans y intégrer en Amont,les plateaux du bassin versant, à l'origine des ruissellements érodant les sols.


Michel Lerond 15/02/2011 09:38



Merci Cyriaque. Tu poses là une vraie question qui devrait être réglée depuis longtemps... Je crains que jusque maintenant elle n'ait pas été politiquement correcte.


Michel