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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 18:55

       Hiroshima mon amour est un film franco-japonais d’Alain Resnais sorti en 1959, c’est la relation d’un amour impossible et un appel à la réconciliation des peuples. A Nagoya au Japon, la conférence mondiale sur la biodiversité fut aussi la relation d’un amour difficile entre l’homme et la nature et un appel entre les peuples du Nord et ceux du Sud pour une exploitation raisonnable de la nature.

       Les deux enjeux majeurs de notre époque sont bien le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. Nous sommes confrontés aux limites des ressources de la biosphère, tant énergétiques que biotiques, sans oublier les ressources en eau. Nous sommes, probablement, face à la sixième extinction des espèces et celle-ci est très largement imputable aux hommes. Certes, l’empreinte écologique est un indicateur qui peut être discuté, mais elle a doublé depuis les années 1960, ce qui signifie que l’humanité consomme les ressources naturelles plus vite que les écosystèmes ne peuvent les produire. Dès lors, arrêter ce déclin devient une question de survie.

       C’est ainsi que la conférence de Nagoya, qui s’est tenue du 18 au 29 octobre, a été le point d’orgue de l’année internationale de la biodiversité et une note d’espoir, en fonction des accords auxquels sont parvenus les 193 pays participants. Trois textes clés ont été adoptés : le protocole sur le partage des richesses génétiques, le nouveau plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique et la mobilisation des ressources financières. Le premier texte définit un cadre pour l’exploitation des plantes et autres organismes, notamment dans les territoires du Sud par les entreprises du Nord. Tout n’est pas réglé, mais c’est une avancée importante. Le plan stratégique fixe 20 objectifs pour la période 2011-2020 et une augmentation substantielle des financements. Il est vrai qu’à ce stade ce sont surtout des intentions, qu’il faudra concrétiser dans les divers états concernés. Enfin Nagoya a ouvert la voie à la création du « GIEC de la biodiversité », l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem services), plate-forme internationale qui devra être actée par la prochaine assemblée générale de l’ONU.

       Parmi les 20 objectifs du plan stratégique, il en est un particulièrement intéressant et efficace, celui qui consiste à réduire ou supprimer les subventions à des actions néfastes à la biodiversité. L’Europe et la France semblent très concernées par cette mesure… en matière de politique agricole, notamment.

       Sans doute cet accord de Nagoya manque-t-il de contraintes fortes et de sanctions en cas de non respect, mais c’est une avancée dont il faut se réjouir. De façon majeure, Nagoya affirme l’importance fondamentale de la nature pour l’économie et la société. Que Nagoya, mon amour, marque le début d’une longue, très longue idylle entre l’homme et la nature !

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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