La forêt est le poumon de la Terre, c’est bien connu. Le rôle de la forêt est primordial pour l’équilibre des écosystèmes en général et donc notre milieu de vie. Face aux modifications climatiques, les forêts, en particulier en zones tropicales et équatoriales, constituent un régulateur de premier ordre en absorbant une grande quantité de gaz carbonique, un des principaux responsables de l’effet de serre (ce sont des « puits de carbone »).
Environ 30 % des terres de la planète sont couvertes de forêts, mais cette surface diminue, au niveau mondial, de 0,3 % par an soit 7,3 millions d’hectares ou encore l’équivalent de… 15 départements français ! Parmi elles, un bon tiers est constitué de forêts « primaires », surtout en zones tropicales. Ce sont les plus riches en termes de biodiversité, mais aussi les plus menacées par la déforestation.
Des situations extrêmes se constatent, par exemple en Ethiopie où le couvert forestier est passé de 40 à 3 % en 50 ans ! Au Brésil, le gouvernement est écartelé entre le souci de préserver la forêt amazonienne et la volonté de favoriser la croissance économique, si bien que la forêt tropicale a régressé de 17 % en 30 ans. Ajoutons à cela que la déforestation est liée aux cours mondiaux du soja, de la viande bovine et de la canne à sucre et qu’on estime qu’elle est illégale à hauteur de 80 %, malgré les plans gouvernementaux de lutte contre la déforestation.
Les sécheresses répétées du nord-est de la Chine, du pourtour méditerranéen, de la Russie, ou encore sur la moitié de la forêt amazonienne, et les incendies qui en découlent, constituent une menace sévère pour le devenir des forêts quant à leur rôle de « poumon vert ».
Sans faire dans le catastrophisme, il faut bien dire que nous entrons dans un cycle infernal à propos de notre cher poumon forestier. Les sécheresses, les incendies, la déforestation volontaire sont autant de facteurs qui réduisent la captation du gaz carbonique. Avec le réchauffement planétaire, la forêt pourrait dysfonctionner et émettre davantage de carbone qu’elle n’en capte, devenant une source de carbone plutôt qu’un puits de carbone… Tout faux !
En France, les effets seront moindre sans doute, mais assez préoccupants pour que le gouvernement se soucie de « préparer les forêts françaises au changement climatique », notamment en matière de biodiversité (compléter le réseau de réserves biologiques), de risques (prévention des incendies, restauration des terrains en montagne) et de production sylvicole (peuplements mélangés). Encore faudrait-il que l’ONF (Office national des forêts) en ait les moyens…
Notre chronique du 29 août Les profs, des héros ? (http://www.michel-lerond.com/article-les-profs-des-heros-82835615.html) a suscité de nombreux commentaires. En complément, on peut lire aussi sur le blog de Global Mag : http://global.arte.tv/fr/2011/09/09/cest-la-rentree/
Merci Dan. Eh non, même pas honte ! Tu l'as bien compris, je ne cherche pas à compliquer les choses où à me complaire dans le pessimisme. J'essaie seulement de montrer, chaque fois que c'est possible, qu'en environnement les choses ne sont JAMAIS simples et qu'il faut bien se garder d'affirmations un peu trop péremptoires et précipitées. Pas facile...
Michel
Bien noté Philippe. Les glissements sémantiques ne sont peut être pas anodins... Faute de VOULOIR lutter, on va essayer de s'adapter.
Michel
- il faut dissocier biodiversité et bilan de CO2 (à mon avis)
- "le poumon vert" : il faut tout de même voir qu'il fonctionne à l'inverse de nos poumons d'animaux, qui pompent l'oxygène et rejettent du CO2.
- la forêt primaire (climax)a, face au CO2, un bilan égal à zéro tant qu'elle n'est pas exploitée par l'homme : elle pompe du CO2, mais les arbres meurent, pourrissent, et donc rejettent exactement autant de CO2 qu'il y en a de pompé. C'est seulement quand l'homme exploite qu'il y a problème : que fait-il du sol qui a été déforesté ?
Merci Robert de ces précisions utiles. On peut dissocier la biodiversité du bilan CO2 bien sûr, mais dans le cas de la forêt, les deux sont très liés comme j'ai essayé de le montrer dans la suite de ma chronique. Le "poumon vert" est une expression impropre, tu as raison. Je vais me méfier davantage des expressions galvaudées... C'est bien vrai que la forêt, dans son fonctionnement naturel, équilibre son bilan carbone. Inversement quand l'homme intervient de façon drastique... le bilan peut se déséquilibrer, d'autant plus si on a abattu la forêt ! Qui plus est pour cultiver du maïs ou du soja. Tout faux ! Comme le dit Dan dans le premier commentaire "la forêt se retourne contre ses bourreaux".
Michel