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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 16:23

     C’était au début des années 2000 dans un pays qui se croyait encore grand, mais qui en réalité était bien riquiqui. Il s’agissait de désigner le roi du carnaval du mardi-gras parmi les animaux qui peuplaient ce pays.

Depuis un moment déjà, on entendait dans le lointain un bruit sourd qui se rapprochait. Le bruit prit de l’ampleur et le rythme devint plus rapide : ranplanplan, ranplanplan ! A la tête d’un grand nuage apparut un éléphant et à ses côtés une souris très agitée. Tous deux allaient bon train et, passant à notre niveau, on entendit la souris dire, en se retournant : « t’as vu toute la poussière qu’on fait ». Lui s’appelait Lafinance et elle, la petite souris, Sacari. Il y eut effectivement beaucoup de poussière, mais si l’on revit souvent Lafinance, Sacari n’avait fait que passer… Il y avait aussi un certain Ohla qui prétendait avoir été éléphant, au Péesse disait-il. Mais après un régime drastique il était devenu un canard, assez majestueux c’est vrai, qui essayait d’imiter le paon faisant la roue. Et puis il y avait ce serpent, persiflant sans cesse, non sans une certaine vérité dans la tonalité, celui-là c’était Coudetorchon. Et puis Lamarine, cette otarie qui faisait beaucoup de bruit en frappant sans cesse ses nageoires sur le sol, mais sans avancer vraiment. Parmi ce joyeux carnaval des candidats au trône, on notait aussi la présence de Béret, que certains appelaient Bénet, un gros chat qui roulait toujours au milieu de la route avec son tracteur.

Il y avait aussi un vieux lion de Belfort à la crinière défraîchie, Leutché, mais il s’était rendormi après avoir poussé un vague rugissement à peine audible. De même pour Cricri la grenouille, qui ne s’écartait jamais beaucoup du bénitier, et qui après avoir sautillé en tous sens était allée jouer avec Sacari la souris. Tout comme Morue le chacal, qui se donnait des airs guerriers pour finalement rejoindre Cricri et Sacari.

Et au-dessus de tout ce petit monde, volaient d’innombrables mouches, ne sachant trop vers qui se diriger. Et puis des abeilles butinaient de fleur en fleur pour ne retenir que le meilleur et faire avancer le monde malgré tout, avec un regard méprisant pour ce carnaval un peu… dérisoire. Quant aux moustiques, ceux-là piquaient tout un chacun pour profiter, sans rien donner.

Mais que n’ont-ils pas vu, ces pauvres animaux, que la désignation de leur roi était bien factice, puisque bien sûr, c’était le gros éléphant Lafinance, qui écraserait tout le monde. A moins qu’un jour les mouches, et surtout les abeilles, ne s’organisent en ruches bien construites et autogérées pour envoyer Sacari, Ohla, Béret et tous les autres, et surtout Lafinance, dans des maquis douteux ou vers les bas fonds.

PS (Il faut comprendre post scriptum) : ceci n’est qu’une fable et toute ressemblance avec des animaux existants ou ayant existé serait purement fortuite.

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Published by Michel Lerond - dans Gouvernance
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commentaires

les cafards 25/02/2012 11:22

une bien jolie fable qui nous rappelle quand même quelque chose !

Thierry Rigaux 20/02/2012 20:40

correction (vue trop tard) : des amis qui avaiENT invité ... (bien sûr !)

Thierry Rigaux 20/02/2012 20:39

Bonjour Michel et bonjour à tous,
merci pour ce petit conte amusant. Je n'y ai noté aucune éléphantophobie particulière mais une satire bienvenue de notre microcosme politique.
A propos des élections et des promesses des candidats, je vous laisse songer à cette formule intéressante et qui venait conclure un beau petit conte écouté chez des amis qui avait invité un artiste
chez eux "la promesse de la chenille n'engage pas le papillon". Pas mal, non ? ;-) Amitiés à tous et construisons ce que nous pouvons, à nos échelles respectives. Rien de meilleur ne tombera "tout
cuit" ! Thierry

Michel Lerond 22/02/2012 15:20



Merci Gérard, Philippe et Thierry. Bien sûr il ne s'agit là que d'une petite fabulette. Mais est sous-jacente la question de la cohérence de tout cela, entre les politiques et nous, entre la
finance et l'épargne, entre la croissance de certains facteurs et la décroissance d'autres... Pas simple. Ce qui me désole, c'est le côté carnavalesque de cette campagne présidentielle, alors que
les questions sont importantes et à peine évoquées, jamais véritablement traitées... Comme le dit Thierry "Construisons ce que nous pourrons, à nos échelles respectives".


Michel



Philippe 20/02/2012 20:21

On est bien loin (ou proche, avec les animaux), de l'écologie, mais on passe un bon moment à lire cette fabuleuse fabulette sur tous ces affabulateurs...

Gérard Prieur 20/02/2012 19:42

Dénigrer l'éléphant est dans une ligne politique connue de tous; enseigner la nécessité d'épargner pour preter à d'autres plus entreprenats en vue de créer de nouvelles richesses ne fait
malheureusement pas partie de notre culture. Et pourtant c'est le seul levier de la croissance sur laquelle tant de paris politiques sont assis!