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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 08:17

 

Les expressions les plus courantes ne sont pas obligatoirement les plus claires et les mieux comprises. Il en est ainsi de toute la problématique de la protection de la nature. Bien sûr tout le monde est d’accord pour protéger la nature. Mais ne faut-il pas aussi se protéger de la nature ? Et ne pourrait-on pas se protéger par la nature ?

Le concept de protection de la nature a sans doute émergé à la fin du 19ème siècle au moment où les pollutions industrielles préoccupaient déjà les hygiénistes, mais il a pris toute son ampleur dans les années 1960, avant que l’on ne parle d’écologie et d’environnement. Il s’agissait de protéger les espèces végétales et animales des atteintes portées par les activités humaines. Certains s’en sont offusqués en prétendant qu’il fallait d’abord protéger l’homme et que la nature était à son service…

Par ailleurs, les catastrophes naturelles nous rappellent que la nature peut aussi être très meurtrière. Accélération des phénomènes ou performance des médias, on ne sait pas mais le fait est que ces dernières années, au niveau mondial, entre ouragans, tornades, tremblements de terre, sécheresses ou inondations, il n’y a eu que l’embarras du choix. Mais ces catastrophes naturelles résultent aussi parfois de leur conjugaison avec des facteurs humains. Il en est ainsi des conséquences des inondations (des glissements de terrain par exemple) qui sont amplifiées par les erreurs humaines.

D’où la nécessité de protéger la nature, et de s’en protéger en l’utilisant le plus subtilement possible. En effet, on pourrait aussi faire confiance à la nature, en protégeant les écosystèmes et les sols plutôt que de construire des barrages ou des digues qui finissent par lâcher. C’est tout un changement de culture qui doit s’opérer pour prendre en compte les risques dans l’aménagement, ce qui ne coûte pas obligatoirement plus cher, bien au contraire. Encore faudrait-il que des évaluations économiques des services rendus par les écosystèmes soient faites pour décider en toute connaissance de cause. Mais les choses évoluent, ainsi la ville de New York a investi 5,3 milliards $ en 2010 pour créer des espaces verts sur les toits et les rues pour absorber davantage d’eaux pluviales. A l’inverse il aurait fallu investir 6,8 milliards $ pour construire des canalisations et des réservoirs… De plus en plus en France, il devient prioritaire de restaurer les bassins versants écologiquement afin de prévenir des inondations, ce qui accessoirement évite d’avoir à faire payer les dégâts… par le contribuable.

Il faut s’en convaincre, nous faisons partie de la nature et ne pouvons pas vivre sans elle. Elle nous nourrit, nous habille, nous loge, etc. Il faut donc bien, par lucidité, « faire avec » et la ménager dans notre propre intérêt.

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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Laurent COLASSE 20/09/2011 09:54


Malheureusement, la technologie n'a pas réussi (pour l'instant) à nous créer le matériau magique biodégradable et résistant à la puissance de l'Eau.
En attendant cette prouesse, j'estime avec d'autres ONG ou institutions que les géotextiles plastiques sont un problème pour le milieu aquatique.
Recommandations pour un plan coordonné de réduction des macrodéchets flottants ou échoués dans les fleuves, les ports, le littoral et en mer - Groupe de travail déchets en milieux aquatiques -
Grenelle de l’Environnement - 7 mai 2009
http://www.robindesbois.org/macrodechets/Dechets_Milieux_Aqua_rdb.pdf

En espérant un jour la prise de conscience générale...


Dan 20/09/2011 09:39


que de fautes ce matin! .... "je me diS" bien entendu!


Dan 20/09/2011 09:38


"a aussi", voulais-je écrire, mais le "a" s'est envolé!
Cette correction faite, je me dit : pourquoi pas végétaliser les toits ET récolter l'eau? Il n'y a pas assez d'eau qui pleut?


Michel Lerond 20/09/2011 09:56



Merci Dan. Je ne suis pas expert des canalisations, ni des toits de New-York... Mais tu as raison de souligner que par ce procédé on peut bénéficier en plus d'une isolation thermique. Et pourquoi
pas, bien entendu, végétaliser et récolter l'eau. On a encore beaucoup à innover dans ces domaines. Là comme ailleurs, on peut constater des
aberrations parfois, mais aussi des progrès qui témoignent d'une prise de conscience et de bonne volonté. Retenons le verre... à moitié plein, pas forcément d'eau de pluie !


Michel



Dan 20/09/2011 09:35


Pourquoi les canalisations et réservoirs à New-York plutôt que cette végétalisation des toits, qui a, ai-je entendu dire, aussi des vertus d'isolation thermique non négligeable, ce qui, par
ricochet, apporte moins de dépenses d'énergie, notamment nucléaire....? Profane je suis, éclaire-moi!


Laurent COLASSE 20/09/2011 09:21


Restaurer les écosystèmes, écologiquement et de façon rationnelle, serait merveilleux.
Malheureusement, l'utilisation des géotextiles plastiques dans les milieux aquatiques se généralise... (rivières, fleuves, littoral,...)
Les ouvrages se dégradent plus ou moins rapidement pour finir fragmentés en déchets marins (vecteurs de pollution et d'espèces invasives).
Les élus/contribuables assument la remise en état récurrente... mais à quel prix et au bénéfice de qui ?
Laurent Colasse


Michel Lerond 20/09/2011 09:38



Merci Laurent de cette précision, tout à fait juste. On a bien du mal à faire vraiment naturel, sans recours à un peu de technologie, c'est culturel si l'on peut dire. Les géotextiles, c'est peut
être un moindre mal dans certains cas, surtout s'ils sont biodégradables... Mais il est vrai que leur fragmentation peut nuire au milieu. Pour avoir travaillé sur les macro-déchets des bords de
Seine pour le PNR, je me souviens des 9 000 tonnes estimées de déchets sur quelque chose comme 250 km de berges en linéaire !...


Michel