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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 08:03

          La Normandie est riche d’environ 170 jardins ouverts au public, présentant une très grande diversité en termes de plantations ou de styles. Ces jardins sont porteurs d’avenir, ils peuvent être regardés soit en termes de biodiversité (conservatoires d’espèces…), de pédagogie (itinéraires d’initiation…), de patrimoine (artistique, architectural…), de sorte qu’ils transmettent un message vers nos descendants. Ce sont, en quelque sorte, des « jardins pour le futur ». La plupart de ces jardins sont ouverts d’avril-mai à septembre-octobre, certains sont d’accès limité pendant la belle saison : seulement quelques jours, parfois sur rendez-vous uniquement (voir nos chroniques de mars à août 2010). Mais certains connaissent actuellement des difficultés économiques, exemples annonciateurs d’un malaise plus grand ?

          Ainsi, le Parc des Moutiers, à Varengeville-sur-Mer en Seine-Maritime, est à vendre. C’est un des jardins les plus prestigieux de Normandie, créé par la famille Mallet en 1898 sur 12 hectares. L’ensemble est en parfait état, ouvert au public depuis 1970, classé jardin remarquable et monument historique (www.boisdesmoutiers.com). La nature acide du sol a permis l’introduction de nombreuses espèces rares, en contraste total avec la végétation locale (Rhododendrons de l’Himalaya, Azalées de Chine, Eucryphias du Chili, Erables du Japon...). Ces plantes, arrivées aujourd’hui à maturité, ont atteint parfois des tailles impressionnantes : jusqu’à 13 mètres de haut pour les rhododendrons. Une magnifique promenade dans un décor paysagé vallonné surplombant la mer.

De 52 000 entrées en 1999, le chiffre est tombé à 25 000 en 2010. Le jardin emploie de 2 à 15 salariés selon la saison et le déficit se compte en dizaines de milliers d’euros. Les propriétaires ne peuvent plus assurer et mettent en vente leur bien…

La crise génère aussi, sans doute, une économie des visiteurs sur des coûts d’entrée non négligeables (10 € par personne), mais ce pourrait être plutôt « la mode des jardins » qui, paradoxalement, est en train de… tuer les jardins. Ceux-ci sont devenus tellement nombreux que le public ne sait plus où donner des pieds et profite au maximum des journées promotionnelles à entrée gratuite.

Certes la plupart des jardins normands reposent davantage sur la passion des propriétaires et le souci de partager que sur un esprit mercantile. Mais il n’est pas rare qu’un jardin emploie un ou deux jardiniers une partie de l’année. Dans ce cas, il faut, a minima, que les billets d’entrée couvrent les frais de personnel. Ce n’est plus le cas dans un certain nombre de jardins, leur avenir est compromis…

 

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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commentaires

lenormand 06/09/2011 09:48


oui,il y d'énormes économies de prestige, de communication - politique - d'actions inutiles à réaliser sans toucher ni au personnel ni aux actions indispensables à tous y compris la culture.Les
maires,présidents de département ou région,com-com, députés,sont très souvent de très fins politiques mais de très pitoyables gestionnaires, à commencer poar le président de la république qui a
fait exploser la dette publique.Pendant ce temps les maires de petites communes souvent rigoureux dans leurs finances doivent se débattre dans d'inextricables difficultés.

R. Lenormand.


Michel Lerond 07/09/2011 10:51



Merci Christophe et Rémi. Oui et tant d'autres éléments du patrimoine qui risquent de souffrir de la situation de pénurie actuelle. Sans doute y a-t-il de nombreuses économies à faire ici et là,
mais je crains que nous soyons contraints de faire des choix cornéliens...


Michel



Christophe Etienne 06/09/2011 09:11


Il se pose le meme souci avec le " Musée de la musique mécanique" de Fresne le Plan qui regroupe toute une collection d'orgues de Barbarie et qui va disparaitre car le propriétaire fatigué ne
trouve pas de repreneur! Le département n'ayant pas de budget. il est vrai que ce sont des périodes de crise mais il faudrait aussi que nos édiles en fassent eux memes des economies!!! il y a dans
tous les services certainement un peu d'argent a récupérer.


lenormand 24/08/2011 10:28


Bonjour Michel,
Dans toute activité économique, culturelle, sportive ou autre, un budget est obligatoire et doit s'équilibrer avec dépenses et... recettes.En cette période actuelle de loisirs "obligatoires" chacun
veut tout mais surtout ne rien payer. C'est la nouvelle règle observable partout à commencer par les produits alimentaires qui devraient être payés à leur juste prix sans que les producteurs ne
soient subventionnés par l'état.Dans le cas des jardins, c'est dramatique pour leur avenir,les monuments historiques n'échappent pas à cette nouvelle donnée de même que l'ensemble du secteur
artistique: livres, disques, concerts etc etc.
Et pourtant beaucoup ont de l'argent mais préfèrent le dépenser en dépenses autant ostentatoires qu'inutiles; et ceux là mêmes ne sont pas obligatoirement cultivés...

Amitiés et merci pour le plaisir de te lire.

Rémi Lenormand.


Michel Lerond 24/08/2011 11:45



Merci Rémi. Que tout cela est bien vrai ! Comme les collectivités publiques ne peuvent plus payer et que le consommateur ne veut pas payer le juste prix, il y a une équation qui sera difficile à
résoudre... sans douleur. Notre patrimoine va beaucoup souffrir dans les années qui viennent. Même si ce ne sont encore que des cas rares, dans un autre registre que les jardins, on a commencé à
démolir des églises, faute de pouvoir les restaurer.


Michel



Dan 23/08/2011 10:30


Ne devrait-ce pas être de la responsabilité de l'état de prendre soin de ce genre de patrimoine ? et donc de racheter ceux qui se vendent?


Michel Lerond 23/08/2011 17:37



Oui certainement Dan, mais dans une époque antérieure à la nôtre. On découvre progressivement que les caisses, de l'Etat ou des collectivités territoriales sont, sinon vides, moins pleines
qu'auparavant. Le contribuable est-il prêt à payer pour un jardin ??


Michel