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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 17:48

Dans le brouhaha du monde, on n’entend guère parler du continent africain qu’en termes de sécheresses, d’inondations, de famines ou de révoltes. L’Afrique risque pourtant d’être une des principales victimes des modifications climatiques et constitue déjà le continent le plus affamé. Les deux problématiques sont d’ailleurs très liées. Limiter la déforestation pourrait contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, de même que favoriser l’agriculture vivrière pourrait réduire les famines.

Pourtant les Africains se mobilisent, comme on a pu le constater dans la déclaration de Libreville (Gabon) d’août 2008 qui engage 53 Etats à mieux se coordonner pour réduire les risques sanitaires liés à l’environnement. Mais les universités africaines, populeuses et manquant de moyens, peinent à former les cadres nécessaires. Toutefois le désir d’étudier des jeunes (multiplication par 5 du nombre d’étudiants en 20 ans) est encourageant. On peut invoquer de multiples causes à cette situation, globalement difficile, mais ne faut-il pas que les Africains débattent eux-mêmes de leur avenir, du développement qu’ils souhaitent en se donnant les moyens politiques de cette évolution.

Les paradoxes ne manquent pas quand on constate la diversité de la production agricole exportée alors que 21 pays ont recours à une aide alimentaire extérieure ; que le Nigeria regorge de pétrole qui rapporte des dizaines de milliards de pétrodollars alors que les populations manquent d’électricité et d’infrastructures ; que l’Afrique a peu recours à l’énergie solaire alors que l’Europe envisage la construction de supercentrales qui permettraient d’assurer 15 % des besoins européens en 2025, sans se soucier des besoins locaux…

En ce début de XXIème siècle, l’Afrique se cherche et il semble urgent qu’elle fixe la voie. Après un demi siècle d’affranchissement du colonialisme, revoilà des exploiteurs à l’affût, plus subtils et plus nécessiteux. Ainsi les Etats-Unis, intéressés par les richesses pétrolières, et plus encore la Chine, pour qui l’Afrique est devenue un objectif essentiel. La Chine voit l’Afrique comme un débouché pour ses produits, une destination pour ses travailleurs et aussi une zone de captation des richesses du sous-sol. Jusqu’où ira ce « néo-sino-colonialisme » qui prévoit de délocaliser une partie de l’agriculture chinoise en Afrique où elle exploite déjà plusieurs millions d’hectares et envisage d’installer de l’ordre d’un million de Chinois dans des fermes expérimentales africaines…

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Published by Michel Lerond - dans Gouvernance
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