Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
  • Contact

Profil

  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

Recherche

Catégories

14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 07:57

En Normandie, depuis 20 ans, le nombre de fermes a été divisé par 2 et en France c’est l’équivalent de la surface d’un département qui disparaît tous les 7 ans, sous l’emprise du bêton et du bitume pour des aménagements collectifs, mais aussi pour des constructions individuelles sur des terrains vendus par les agriculteurs… C’est dire combien l’accès à la terre peut être difficile pour des personnes voulant développer des activités agricoles tournées vers le marché local. Cet état de fait est d’autant plus regrettable que la France importe 35 % de ses produits bio, alors qu’ils pourraient être produits localement, et que par ailleurs, la mondialisation des marchés agricoles fragilise l’autonomie alimentaire des pays les moins développés. A ces perturbations s’ajoute une main mise de la propriété intellectuelle des semences, et donc une confiscation du marché, par les multinationales semencières. L’agriculture vit ainsi une révolution qui en fait de plus en plus une activité de caractère industriel, régie par des multinationales.

On peut aller encore plus loin dans cette voie, à l’exemple de Toshiba qui ouvre à Tokyo une « usine à légumes » où seront cultivées, hors sol et dans un liquide enrichi en nutriments, toutes sortes de légumes. Cette culture « bio » sera exempte de pesticides, stable toute l’année, saine et répondant aux souhaits des consommateurs nippons, surtout après la contamination des sols par l’accident nucléaire de Fukushima de 2011. Le bonheur !

Mais on peut aussi imaginer d’autres alternatives, comme le préconise Terre de liens, par exemple, créée en 2003 pour aider les personnes qui souhaitent devenir agriculteurs bio et de proximité. C’est ainsi qu’une centaine de fermes ont été achetées pour être louées ensuite et promouvoir des projets en faveur de la biodiversité et du respect du sol. D’autres initiatives du même ordre sont prises par le Confédération paysanne ou France Nature Environnement. Des réflexions sont en cours pour créer une plate-forme européenne pour attirer l’attention des politiques sur l’accès à la terre, souvent bloqué dans de nombreux pays européens.

Il s’agit bien de reconquérir des terres agricoles pour y implanter des projets alimentaires de proximité, en ayant recours notamment, à l’épargne citoyenne pour gérer la terre de production comme un patrimoine commun.

Partager cet article

Repost 0
Published by Michel Lerond - dans Refaire le monde
commenter cet article

commentaires

lecouteur michel 15/10/2014 07:00

Si par malheur pour la France, l'exploitation du gaz de schiste se produit combien de centaines d'exploitations agricoles disparaîtront....
Michel Lecouteur

aite ardemment sur l'évolution de l'agriculture. 15/10/2014 15:30



Merci Rémi, Danielle et Michel de vos commentaires riches. C'est sûr qu'il y a de gros soucis à se faire, mais restons optimistes devant les nombreuses initiatives qui sont prises un peu partout.
Il faudrait bien tout de même, pour réguler tout cela et avancer pour de bon, avoir ce débat national que je souhaite ardemment sur l'évolution de l'agriculture.


Michel



Danielle 14/10/2014 20:02

Oui, l'optimisme est de saison! De plus en plus de personnes agissent et créent de nouveaux rapports à la vie et à la Terre, partout. Les médias en parlent trop peu ou pas du tout, mais cela
grandit de façon exponentielle! La forêt comestible de Juan Carlos en est un exemple superbe, tant écologiquement que socialement : Connais-tu ce qu'il a initié? Il me fait penser à l'homme qui
plantait des arbres, de Giono...

http://side-ways.net/episode5/

lenormand 14/10/2014 10:38

La FNSEA joue également un rôle très néfaste, symbole d'une agriculture industrielle autant que capitaliste, ce syndicat ne respecte ni les hommes - tant ceux et celles qui travaillent la terre -
que les consommateurs. Être paysan il y a cinquante ans, c'était être libre malgré un travail très dur et peu rémunérateur.L'agriculteur de 2014
vit encore moins bien,totalement asservi par l'industrie du machinisme, de la chimie et des banquiers ( entre le crédit agricole et la FNSEA, quelle différence? pratiquement aucune, les décideurs
gèrent les mêmes structures). Rien ne me révolte plus aujourd'hui que de voir le département du 76 être ravagé par: les ronds-points, les routes, la grande distribution en particulier et toutes
sortes de projets aussi inutiles que coûteux.Une autre économie serait possible où chacun(e) pourrait travailler normalement, où pôle emploi deviendrait inutile mais le capitalisme hérité des
américains n'en veut surtout pas.