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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 09:06

 

La conférence des Nations unies sur le développement durable, Rio+20, s’est déroulée sur trois jours en juin à Rio de Janeiro. Il n’a pas été assez rappelé qu’en fait, il s’agissait de Stockholm+40 ! C’est en effet en 1972 qu’a été réunie la première conférence des Nations unies sur l’environnement, avec 110 chefs d’Etats et de gouvernements. C’est là qu’a été créé le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE). Quarante ans plus tard, la déception est grande et les participants attestent largement que le fossé se creuse entre les aspirations de la société civile, l’inconséquence des états et les volontés des grandes entreprises… A Rio 1992, on comptait encore une centaine de chefs d’états et de gouvernements. A Rio 2012, sur les 193 états représentés, on attendait 130 chefs d’états et de gouvernements, 88 seulement sont venus (dont le chef de l’Etat français) pour approuver une déclaration « finale » préparée avant la conférence, remplie de poncifs et sans ambition.

Peu avant l’ouverture de la conférence, le PNUE dressait un bilan… déprimant de l’état mondial de l’environnement : pour suivre l’état de la planète, les experts onusiens ont retenu en 1992, 500 indicateurs très diversifiés. Pour Rio 2012, faute de données suffisantes, 90 indicateurs seulement ont pu être renseignés, dont 4 présentent des progrès significatifs ! En 20 ans, la population mondiale a augmenté de 28,6 %, les émissions de CO2 de 36 % et la température moyenne de la Terre de 0,4°. Le nombre de catastrophes liées aux inondations a augmenté de 230 % et celles liées aux sécheresses de 38 %.

A l’issue de cette « grande » conférence, beaucoup de commentateurs se sont accordés à penser qu’il appartenait maintenant aux citoyens de faire pression sur les politiques. Triste constat, à moins qu’un jour, acculés devant l’extrême urgence, des régimes totalitaires ne s’installent pour faire face à la situation (http://www.michel-lerond.com/article-31873331.html). A cet égard, un de nos grands regrets est de constater le refus de créer une Organisation mondiale de l’environnement qui pourrait contribuer à la mise en place d’une nouvelle gouvernance, à niveau égal au moins, avec l’Organisation mondiale du commerce. Mais c’est justement ce dont ne veulent pas les états, hormis la France qui porte le projet, soutenue par l’Union européenne et l’Afrique. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a conclu pour sa part : Nos efforts n’ont pas été à la mesure des défis qui nous attendent. La nature n’attend pas. Elle ne négocie pas avec les humains. Clairvoyance…

Comme le chantait autrefois Dario Moreno « Si tu vas à Rio… Pour aller à la fête. A la fête des sambas. » Eh bien dansons la samba maintenant, étourdissons-nous pour oublier… cette valse ! Bonnes vacances tout de même, profitez bien de la nature.

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Published by Michel Lerond - dans Gouvernance
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Prieur 03/07/2012 19:58

Rio+20 très décevant! d'accord!
Mais qui se souvient encore du Grenelle de l'environnement? Et des milliards versés hier et demain pour satisfaire les objectifs ciblés?
Avez-vous remarqué qu'on a "poussé" vers l'installation désordonnée de capteurs photovoltaiques dont la production était concentrée en Allemagne et l'installation sous-traitée à des équipes venues
de l'Est (preuves à l'appui).
On ne peut parler écologie étatique sans y associer étroitement l'économie, notamment l'emploi facteur primordial de richesse.
Sans richesse, pas de moyens, pas de respect de l'environnement etc....

Michel Lerond 05/07/2012 08:32



Merci Gérard pour ces réflexions auxquelles je souscris globalement. J'ai d'ailleurs, à plusieurs reprises, abordé cette question difficile de la relation entre écologie et economie. Donc
d'accord, sous réserve toutefois que l'économie ait pour finalité de rendre des services et pas seulement de faire du fric sans état d'âme :
exemples de l'obsolescence programmée, du "green washing", etc.


Quant au Grenelle de l'environnement, ouais, volonté politique ou communication ? Et qui se souvient des Etats régionaux de l'environnement de 1983 ? Piètres résultats aussi...


N'oublions pas notre rôle de "décisionnaire" en tant que consommateur. C'est celui qui achète qui (qui devrait) décide.


Michel