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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:23

 

A la veille de commémorer le centenaire de la première guerre mondiale de 1914-1918, le 20ème siècle est bien derrière nous. Ce siècle aura été marqué par deux guerres mondiales, des conflits innombrables, des génocides terribles, mais aussi par une accélération de la consommation de toutes sortes de produits. Après une amorce entre les deux guerres mondiales, cette consommation est devenue frénétique pendant les « 30 glorieuses », 1945-1975, pour devenir préoccupante à la fin du siècle, au moment où l’on prenait conscience des limites de notre planète. 

La brillance ce fut, de façon anecdotique mais significative, cette ampoule allumée dans la caserne des pompiers de Livermore aux Etats-Unis en 1901 et qui a brillé près d’un million d’heures jusque maintenant sans jamais avoir été éteinte ! Preuve s’il en est de la possibilité de performance technique.

L’obsolescence, ce fut l’harmonisation de la durée de vie des ampoules à incandescence ramenée à 1 000 heures, dans le monde entier dans les années 1920, au motif « qu’un article qui ne s’abîme pas est une tragédie pour les affaires »… C’est ce que l’on appelle l’obsolescence programmée qui regroupe les techniques visant à réduire la durée d’utilisation d’un produit afin de contraindre à son remplacement. Cette technique est d’autant plus performante si les producteurs d’un produit donné ont une position de monopole sur le marché.

Le film « Prêt à jeter », de la réalisatrice allemande Cosima Dannoritzer raconte l’histoire de ce concept, avec des exemples concrets (http://www.arte.tv/fr/3714422,CmC=3714270.html). Les exemples les plus connus sont sans doute, après les ampoules, les bas nylon « retravaillés » pour filer, les imprimantes conçues pour bloquer l’impression au-delà d’un nombre déterminé de copies ou les systèmes informatiques élaborés de façon à être incompatibles avec d’autres versions… Cela ne va pas sans un conditionnement du consommateur par la publicité pour lancer des modes et le convaincre de la nécessité de consommer des produits sans cesse renouvelés.

Cette surconsommation, ainsi organisée avec méthode, contribue à la diminution drastique des stocks de matières premières disponibles sur la planète. A l’autre bout de la chaîne, les déchets « non intéressants » pour les pays occidentaux arrivent par conteneurs dans des pays en développement trop peu scrupuleux, avec des conséquences environnementales dramatiques : pollutions des sols et des eaux par des produits toxiques et contamination des populations.

L’obsolescence programmée des produits n’est-elle pas aussi celle de notre planète ? Que ferions-nous sur une planète obsolète, « périmée du fait du progrès et de l’évolution technique »… Que le 21ème siècle soit celui de la brillance !

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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lenormand 13/03/2012 13:15

Bonjour Michel,

Je ne peux que souscrire entièrement aux conclusions de cet article. Le gaspillage effréné, la surconsommation destructrice de la planète ne peuvent mener qu’à la catastrophe inéluctable. Le peuple
veut consommer, obéissant en cela aux désirs des lobbies de toutes catégories.
Les « trente glorieuses » -1945 - 1975 ont apporté le progrès avec certitude mais nos concitoyens ne sont pas plus heureux et même parfois moins. Ces derniers ne comprennent pas que les biens
matériels ne sont qu’un leurre, il leur manque un supplément d’âme : la culture, les valeurs ou plutôt les vertus comme l’entre aide, le dévouement, la générosité, la communication véritable -et
non pas les « pps » d’Internet-.
Mon imprimante est en panne depuis 18 mois – panne programmée bien entendu – qu’elle y reste, cela ne me gêne pas. Puisqu’il faut dématérialiser les infos et les documents, dématérialisons
intelligemment. Pour le simple particulier, imprimer nombre de documents ne sert à rien, quant à tirer les photos sur cette même imprimante, c’est une hérésie hyper profitable aux vendeurs de
cartouches d’encre ou d’imprimantes – ce sont les mêmes bien sûr-.
Ma Citroën xsara affiche 295000 Kms : suspension, embrayage n’ont jamais été changés. Seuls ont été accomplis les travaux d’entretien ordinaires. Une voiture pourrait durer 500.000kms, la prime à
la casse fut d’une imbécillité sans pareille et seule destinée aux fabricants de « tas de ferrailles » à quatre roues. Une Opel « polo » de ma connaissance fut envoyée au broyeur à 60.000 Kms, sans
commentaire…..
Pour ma part, je récupère et glane exactement comme dans le très remarquable film d’Agnès Varda « les glaneuses ». Mon beau-frère glane quant à lui d’excellentes récoltes d’endives dans les champs
de l’Eure après le passage des exploitants.
A Rouen et autres villes, les particuliers et aussi les récupérateurs professionnels viennent systématiquement emporter ce qui peut encore servir et être recyclé avant le passage du service des
enlèvements des « encombrants » ; c’est un progrès considérable.
Plutôt que de surconsommer, il faut trier recycler récupérer tout ce qui peut l’être en citoyens responsables.
Le progrès matériel a été considérable depuis des décades, il a favorisé le bien-être de la civilisation occidentale. Aujourd’hui, il faut dire stop. Le matérialisme à outrance, le gaspillage
induit par voie de conséquence, ne peuvent que conduire au malheur des hommes pour d’innombrables raisons.

Michel Lerond 15/03/2012 11:06



Merci Rémi de ce long commentaire très étayé. Quant à dire que mon blog est indispensable...


Michel