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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 17:10

        C’est une grande ville qui a bâti sa notoriété sur un patrimoine architectural et artistique considérable, mais aussi sur une activité économique et portuaire importante. C’est le mélange de tous ces ingrédients qui fait une ville, avec son animation, son agitation, et parfois… ses dérapages.

Il arrive que le mélange des genres, entre industrie et tourisme, par exemple, ne fasse pas bon ménage. Ceci d’autant plus quand une industrie connaît un incident, avec des inconvénients notoires. Par exemple si une usine fabriquant des additifs pour les huiles moteur occasionne un dégagement ponctuel de mercaptan, gaz très malodorant, cela fait désordre dans le paysage… C’est ce qui s’est produit chez Lubrizol, à Rouen fin janvier 2013. Ce n’était pas le premier incident de ce genre, ni la seule entreprise concernée, mais cela survenait juste trois mois après l’incendie du pont Mathilde (http://www.michel-lerond.com/article-scenario-catastrophe-114154017.html), qui avait été très médiatisé. S’est ajouté le fait que l’air malodorant, sous les vents d’ouest, a gagné Paris, puis après retournement des vents s’en est allé « chatouiller » les Anglais. Enfin, le nouveau préfet de Haute-Normandie, qui prenait son poste le jour même, a décidé par précaution, d’annuler un match de foot qui devait se tenir à proximité… Cet enchaînement, comme pour l’incendie du pont Mathilde, sans conséquences graves pour les Rouennais a cependant déclenché un raz de marée médiatique… un peu déraisonnable.

        Bien sûr que ce qui est arrivé est regrettable, et que l’on peut s’émouvoir de la proximité d’installations industrielles avec les habitations, de carences réelles quant à la sécurité publique, etc. Mais une fois de plus, on constate la recherche du spectaculaire par certains médias et la dérive des réseaux sociaux qui livrent une information sans aucune maîtrise et avec beaucoup d’inexactitudes. Il y avait là pourtant une bonne opportunité pour un débat équilibré et rappeler à cette occasion les efforts faits par les industriels depuis plusieurs décennies pour améliorer les process, réduire les pollutions et les déchets, que l’industriel concerné a mis en place une instance de dialogue entre les riverains et la direction de l’usine dès le milieu des années 1990, cas unique en France, de même qu’une réflexion permanente entre l’entreprise et des personnalités extérieures à propos de ses impacts environnementaux.

        Certains rouspéteurs auraient également été bien avisés de se mettre d’accord avec eux-mêmes quand, dans le même temps et non loin de là, ils défendent le maintien d’une raffinerie, installation obsolète qui empoisonne le sol, l'eau et l'air depuis presqu'un siècle !... Mais ne désespérons pas, Rouen reste une belle ville qui procure aussi de douces fragrances dans ses jardins ou promenades des bords de Seine.

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Published by Michel Lerond - dans Nouvelles
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commentaires

lucile 19/02/2013 09:51

La quadrature du cercle
nous désirons vivre dans des villes propres fleuries sans embouteillage mais en utilisant tout de même notre propre(?)véhicule et en ayant un emploi pas trop loin de sa maison et avec des commerces
et des distractions
bref! comme disait Alphonse Allais " installons les villes à la campagne" bien que à la campagne il y ait encore des odeurs qui ne flattent pas toujours (fumures, lisiers etc;;)
mais ce mercaptan auquel notre odorat est sensible sert justement de détecteur pour le gaz de ville qui sinon est inodore comme les gaz et pesticides dont on arrose les containers ( lu dans Le
Monde la plainte des dockers, douaniers et autres agents portuaires)
Bref ce n'est pas parce que ça pue que c'est toxique ou dangereux pour la santé.
Bon, et cette histoire de viande de cheval au lieu de boeuf dont les média nous font tout un fromage, elle n'a rendu personne malade à ma connaissance; je sais il y a tromperie sur la marchandise
mais avant de mettre les populations en émoi il faudrait Raison Gardée
Dans le traitement de l'information il y aurait beaucoup à redire et dans nos comportements alimentaires aussi
Ce que je note c'est qu'il est difficile d'allier : Facilité d'usage,sécurité,qualité et prix modéré
Enfin pour conclure ,la vie en société ne peut exister sans un minimum de confiance dans les échanges entre les personnes

Michel Lerond 20/02/2013 11:37



Merci Gérard et Lucile. Nous sommes bien d'accord, il ne faut pas oublier le Jardin des plantes et autres jardins. Lucile résume bien la situation... nous devons aussi assumer nos propres
contradictions.


Michel



Gerard Prieur 18/02/2013 18:23

Aux fragrances du bord de Seine, j'ajouterai celles du Jardin des Plantes trop souvent oublié!
Les effets du dégagement malodorant décenal ont eu au moins un effet bénéfique momentané: faire fuir les habitué(e)s de La Fée Torchette de Rouen à Dieppe, habitués dont le pouvoir de nuisance
sonore est permanent.