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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 09:04

C’était la fin de cet hiver 2010 en Pays de Bray et le début de la saison des vêlages. Une des vaches charolaises allaitantes montrait des signes de disposition à la mise bas. Vers 23 heures l’agriculteur passa à l’étable pour vérifier l’avancement des choses. Cela ne se présentait pas très bien. Plongeant son bras dans la vulve de la vache, il ne trouvait pas la tête du veau en bonne posture et ne parvenait pas à le retourner. L’affaire s’avérait à risque, le veau risquait de mourir et la vache pouvait en subir de graves dommages. On appela à la hâte un voisin agriculteur, distant de quelques kilomètres, pour donner un coup de main. Déjà couché, il fut debout et sur place dans le quart d’heure. Mais rien n’y fit et il fallut se résoudre à appeler le vétérinaire, faute de quoi on risquait de perdre le veau et éventuellement la vache. Il était minuit. Le vétérinaire résidait à une trentaine de kilomètres, il décrocha à la quatrième sonnerie, fut à la ferme dans la demi heure et, fort d’une vraie expertise, mis au monde le veau en 20 minutes. Tout était sauf !

Cette anecdote m’en rappela une autre. Il y a quelques années, notre chat revint à la maison en très piteux état, victime d’une agression grave par un chien ou un renard. C’était dimanche et nous ne pouvions le faire soigner. J’appelais à tout hasard le cabinet vétérinaire le plus proche. Il y a avait un vétérinaire de permanence, qui demanda d’apporter le chat à la clinique. Le minou fut sauvé, il va très bien et vous souhaite le bonjour !

Le « cheptel » de la France compte, approximativement, 20 millions de bovins, 10 millions d’ovins, 10 millions de porcs, 10 millions de chiens et 10 millions de chats, soit un total de 60 millions de « patients » pour les vétérinaires. Le nombre de vétérinaires est, selon les sources, de 12 à 15 000.

La population française est de 64 millions d’habitants. Le nombre de médecins généralistes est de l’ordre de 80 000, chiffre très variable selon les sources.

Ces éléments n’ont rien à voir entre eux et la comparaison est douteuse, c’est vrai. C’était juste pour faire réfléchir un peu sur l’organisation de la médecine d’urgence en milieu rural…

Moralité de cette histoire : si vous avez un problème urgent de santé à la campagne, soyez vache… ou chat. Si vous souhaitez néanmoins rester un humain et qu’il y a vraiment urgence, appelez donc un vétérinaire…

Par Michel Lerond - Publié dans : Société
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 08:42

De Paris à la mer, les peintres impressionnistes ont trouvé l’inspiration sur les berges de la Seine. Libres et novateurs comme Monet, Manet, Renoir, Sisley, et tant d’autres, les impressionnistes ont su capter les variations de la lumière et rendre esthétique la réalité quotidienne de la Seine, qu’elle soit industrieuse ou bucolique.

Le festival Normandie Impressionniste(www.normandieimpressionniste.fr), évènement culturel majeur de l’été 2010 en France, rendra hommage aux peintres de la fin du XIXème siècle selon une large palette d’expressions. Ainsi, le 5 juin, date du lancement de la manifestation, les Normands sont invités à se rassembler en nombre sur les berges du fleuve pour constituer le plus grand tableau impressionniste vivant au monde ! Ce sera aussi, le dimanche 20 juin, des déjeuners sur l’herbe, et tout au long de l’été de la musique, du théâtre, de la photo, etc.

Ce festival doit être aussi l’occasion pour les riverains de retourner vers le fleuve, si longtemps délaissé, malmené, souillé… Depuis quelques années, des villes comme Rouen et ses voisines ont accompli beaucoup d’efforts pour recréer le lien distendu entre la ville et le fleuve. En amont, Epinay-sur-Seine, par exemple, a mis l’accent sur les aménagements de berges, à la fois pour améliorer la sécurité des riverains, lutter contre l’érosion et préserver la biodiversité. Le Département de la Seine-Maritime lui, a initié une étude d’aménagement et de gestion des berges de la Seine afin de préserver et restaurer les éléments naturels, en conciliation avec l’activité économique et le développement touristique. Le grand port maritime de Rouen n’est pas en reste avec diverses interventions de gestion de milieux humides ou de réaménagement écologique d’anciennes ballastières. Cerise sur le gâteau, les saumons atlantiques (Salmo salar) disparus de la Seine depuis un siècle, sont régulièrement observés depuis 2000 (260 spécimens observés en 2008). Sous l’égide de l’Etat le classement des boucles de la Seine aval se poursuit.

La Seine reprend des couleurs. Sans doute les efforts accomplis sont-ils encore insuffisants et tout le patrimoine que représente la vallée est encore loin d’être sauvé. Mais ne boudons pas notre plaisir, faisons en sorte que 2010 soit le festival de la Seine retrouvée, avec toutes ses couleurs !

 

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Par Michel Lerond - Publié dans : Société
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Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 08:51

C’est curieux comme certains personnages sont encensés, critiqués, oubliés puis ressuscités sans cesse. C’est sans doute le cas de Malthus, économiste britannique (1766-1834) qui a travaillé sur la relation entre population et production. Le malthusianisme impose un contrôle de la démographie, en limitant les naissances. Sa théorie s’appuie sur le constat que les ressources croissent moins vite que la population, ce qui conduit inévitablement vers la catastrophe, sauf si on limite la croissance de la population. Ce raisonnement relève du bon sens, si ce n’est que Malthus préconisait d’arrêter l’aide aux plus pauvres… Cette politique malthusienne, à ce jour, n’est appliquée qu’en Chine (et en Inde dans une certaine mesure), où elle aurait permis d’éviter 400 millions de naissances au cours des 30 dernières années ; cette politique étant maintenant remise en cause.

Cette façon de penser refait surface maintenant que l’on a conscience de l’épuisement des ressources fossiles et que l’on consomme les ressources « à crédit ». On comprend bien, en effet, que s’il faut l’équivalent de 5 ou 6 planètes pour vivre au niveau de consommation des Américains, c’est impossible. On comprend aussi qu’aucune croissance ne peut être infinie, pas même celle des Humains. La régulation des naissances est donc incontournable…

La population mondiale augmente de 1,5 million de Terriens… chaque semaine. Quel vertige ! L’ONU envisage une population mondiale de l’ordre de 8 à 10 milliards en 2050, pour 6,8 actuellement. L’Inde devrait être le pays le plus peuplé de la planète dès 2020. Toutefois la fécondité tend à baisser : 5 enfants par femme (niveau mondial) en 1950, 2,54 aujourd’hui et 2 seulement en 2050.

Au vu de ces constats, les rapports sur la croissance démographique soulignent tous son niveau insoutenable. Le plus alarmiste est peut être le rapport du WWF de 2008 « Planète vivante » qui affirme : « la croissance continue de la population et de l’empreinte écologique par habitant n’est pas soutenable » et ajoute que les impacts négatifs de cette croissance démographique peuvent être réduits par planification des naissances.

Des démographes, de plus en plus nombreux, appellent à ce que soit levé le tabou sur ces sujets, faute de quoi la croissance démographique pourrait générer une déstabilisation majeure liée à des pénuries alimentaires et en eau. Comme souvent en la circonstance, des militants un peu dogmatiques (y compris en France) vont jusqu’à se faire stériliser pour affirmer leur volonté de ne pas faire d’enfants.

Par Michel Lerond - Publié dans : Société
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 09:06

Elle était d’une famille de 6 enfants. Dès l’âge de 14 ans, elle fut « placée » pour travailler, toute la semaine, avec pour congé le dimanche entre la traite des vaches du matin et celle du soir. Elle pouvait alors rejoindre ses parents, à pied, à une dizaine de kilomètres et revenir avant 16 heures à la ferme où elle travaillait. Pour tout salaire elle était nourrie, logée et « blanchie ». Le cadeau de Noël, c’était le plus souvent une orange ou un sucre d’orge. Elle s’est mariée à 20 ans et très rapidement est venue habiter une maison modeste, elle a eu tout de suite son premier enfant, suivi de 17 autres dont 15 ont survécu.

Dans la petite maison il n’y avait que deux pièces (à peine 40 m2), une chambre et une cuisine-salle à manger. Toute la famille dormait dans la même chambre, jusqu’à ce que le propriétaire aménage une chambre dans les dépendances pour les parents et les nourrissons (13 m2). Il n’y avait pas d’électricité ni d’eau courante, ni bien sûr de radio ou télévision. L’éclairage était assuré par une lampe à pétrole dans la chambre et une lampe à gaz dans la cuisine. L’eau était puisée dans le puits d’un pré voisin, à condition d’escalader la barrière afin de ne pas prendre de risque avec le bétail. L’eau était transportée avec deux seaux (20 kg) sur 250 mètres pour la ramener à la maison. Les jours de lessive, le linge et les baquets étaient emmenés dans le chemin, près de la barrière, afin de limiter les transports d’eau. Une cuisinière à bois et charbon assurait le chauffage et la cuisson.

Dehors, deux ou trois chèvres procuraient le lait nécessaire, des poules et lapins apportaient œufs et viande, complétés par les légumes du jardin. La « boisson » (cidre coupé) constituait le breuvage de toute la famille.

Mais où donc se déroulait cette scène de la vie rurale ? Dans une contrée lointaine ? Il y a très longtemps ? Pas exactement, cela se passait entre 1942 et 1962, au hameau du Point du Jour, en Pays de Bray. Il se trouve que cette maison… je l’habite, avec mon épouse. Nous l’avons agrandie et quasiment refaite. Nous avons l’électricité, l’eau courante, la radio et la télévision et même internet. Ces éléments de la « petite histoire » nous permettent de relativiser certaines choses. Cela se passait au milieu du 20ème siècle, dans une famille modeste certes, mais pas misérable, assez ordinaire somme toute, dans un « grand » pays, la France, où l’on a qualifié cette période des « trente glorieuses ».

Modérane nous a quittés dans les derniers jours de 2009, à 87 ans, laissant derrière elle 12 enfants vivants, 32 petits-enfants et 14 arrière-petits-enfants. Ceux-là sauront, mieux que d’autres sans doute, apprécier les progrès accomplis dans notre vie de tous les jours en 50 ans, et relativiser la fragilité de notre société de consommation à tout-va.

Par Michel Lerond - Publié dans : Société
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 08:59

Les réformes de l’Education nationale française passent et certaines préoccupations demeurent. Ainsi est-ce le cas pour l’enseignement de l’anglais. La France serait au 69ème rang mondial dans des tests internationaux sur la langue de Shakespeare. Accessoirement, ce constat ravive sans cesse le débat entre anglophiles et anglophobes. Ainsi les bambins Hollandais, Danois ou même Espagnols seraient bilingues avec l’anglais tandis que les petits Français seraient… Gaulois.

Malgré la multiplication des plans en tous genres sur ce thème, la France reste le mauvais élève pour l’enseignement des langues vivantes et 41 % des Français ne parlent aucune langue étrangère.

La problématique de la langue parlée renvoie, pour partie au moins, à celle de l’identité. Il est vrai que de nombreuses langues sont menacées du fait d’une certaine uniformisation des langages. Sur les 6 à 7 000 langues parlées actuellement dans le monde (dont beaucoup sans enseignement public, ni accès aux médias), environ 2 500 seraient en danger de disparition d’ici 2100 selon l’Unesco. 52 langues seraient menacées en France, dont 26 en métropole (plutôt des patois et dialectes que des langues à proprement parler).

Sans doute faut-il s’inquiéter de cette perte de diversité culturelle, mais ne faut-il pas, dans le même temps, se réjouir de l’existence d’une langue internationale, de fait, qui est l’anglais.

Il fut un temps (dans les années 1970) où beaucoup fondaient des espoirs sur la pratique de l’Esperanto comme langue internationale. Sans doute les arguments développés étaient-ils fondés, mais l’expérience a montré que les peuples ne s’approprient pas un langage créé ex abrupto, même si on peut voir à nouveau des publicités pour relancer cette langue.

La langue anglaise est parlée quasiment partout sur la planète, y compris en Chine et en Inde. Cela fait mal aux anglophobes qui gardent le souvenir de conflits anciens, mais c’est un fait avéré qu’il faut bien admettre. Alors tous bilingues ? Assurément, en conservant sa langue d’origine, en évitant les « mélanges » hasardeux des anglicismes et en bénéficiant d’une facilité de communication avec l’énorme majorité des Terriens.

Au diable toutes les réformes passées qui n’ont connu que de biens piètres succès. Dès la fin du lycée tous les Français devraient être, obligatoirement, bilingues Français-Anglais, ce qui ne les empêche pas d’apprendre d’autres langues s’ils le souhaitent.

Par Michel Lerond - Publié dans : Société
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 14:26

        Depuis un peu plus de deux ans que ce blog existe, 109 chroniques ont été publiées, en voici le rappel des titres pour 2009 :

 

- 109 chroniques, déjà. 29-12-09

- Noël sur la terre… 22-12-09

- Identité nationale, ou planétaire ? 15-12-09

- Vous avez des dettes ? 08-12-09

- Evaluer l’agriculture ? 01-12-09

- La technologie va tout résoudre ? 24-11-09

- Nationaliser l’agriculture vivrière ? 17-11-09

- Sauver les Parcs ou les Pays ? 10-11-09

- Réactive l’Afrique ? 03-11-09

- Alors, heureux ? 27-10-09

- C’est de l’algue ou du cochon ? 20-10-09

- « Ça va bouillir » ? 13-10-09

- « Jean-Pierre, cultivateur d’arômes », ou plus encore ? 06-10-09

- Vers un G200 ? 29-09-09

- Le monde à l’envers ? 22-09-09

- Des réserves de ciel ? 15-09-09

- Taxer le carbone ? 08-09-09

- Bundanoon fait pschitt ? 01-09-09

- Moins 10 %, c’est grave ? 25-08-09

- Le grand Paris, une idée neuve ? 18-08-09

- Bande d’éboueurs ! 11-08-09

- Casse-noisette ! 04-08-09

- Usnée était en fleurs, quel souvenir ! 28-07-09

- France, pays de la rouspétance ! 21-07-09

- L’école au jardin.            14-07-09

- Mais où sont les généralistes ? 07-07-09

- Sportifs ou gladiateurs ? 30-06-09

- Toujours plus vite ? 23-06-09

- C’est quoi la Gauche ? 16-06-09

- Accordéon, balafon ou bombolong ? 09-06-09

- C’est l’Europe qu’on assassine ? 01-06-09

- Vers une dictature écologiste ? 26-05-09

- Crise ou révolution verte ? 19-05-09

- Combien ça coûte la nature ? 12-05-09

- Vous allez vous acclimater ? 05-05-09

- Paradoxale la ville ? 28-04-09

- Les routiers sont sympas ? 21-04-09

- Les museums : fossiles ou outils d’avenir ? 14-04-09

- Politique de soin ou politique de santé ? 07-04-09

- « Nos enfants nous accuseront » ? 31-03-09

- Redessiner la France ? 24-03-09

- Vive le nucléaire ? 17-03-09

- La maison « tradiporaine » : un défi pour les archis ? 10-03-09

- Vivre à crédit ? 03-03-09

- Climat-énergie : vous ne saviez pas ? 23-02-09

- Comment décider ? 17-02-09

- Biodiversité : vous ne saviez pas ? 10-02-09

- Nationaliser l’eau ? 03-02-09

- Tous des cloportes ? 27-01-09

- Jamais sans ma voiture ? 20-01-09

- Bilan d’activités 2008. 13-01-09

- Qu’est-ce qu’on attend ? 06-01-09

 

Cette dernière chronique index de l’année est l’occasion de vous remercier de votre fidélité à ce blog. Merci en particulier pour vos commentaires toujours avisés et pondérés, ce qui contribue à nourrir notre réflexion commune. Bonne année 2010 à tous et rendez-vous au 5 janvier.

Par Michel Lerond - Publié dans : Société
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 17:03

 

Ce fut un grand moment de télévision, avec l’émission « Retour en Terre inconnue » sur France 2 (www.france2.fr), le 1er décembre. Dans « Rendez-vous en terre inconnue », un « people » met sa notoriété au service de la sauvegarde de peuplades, de leur environnement et de leur culture en vivant plusieurs jours en immersion avec elles.

C’est ainsi que Muriel Robin est partie en compagnie de Frédéric Lopez pour le Kaokoland, une région semi-désertique du nord-ouest de la Namibie où les Himbas, ethnie Bantoue apparentée aux Herreros, nomadisent avec leurs troupeaux. Patrick Timsit est allé à la rencontre des Mentawai, ou « hommes-fleurs », sur l’île de Siberut, au large de Sumatra ; ce sont des chasseurs-cueilleurs qui vivent au coeur d’une forêt tropicale intacte, en harmonie avec la nature. Charlotte de Turckheim, quant à elle, a mis le cap sur la péninsule du Yamal, dans le grand Nord sibérien, où les Nénètses sont les plus grands éleveurs de rennes de la planète, mais vivant au-dessus d’un trésor convoité par le monde entier : le plus grand gisement de gaz de la Terre. Bruno Solo, enfin, est allé au coeur du “peuple centaure” en Mongolie, un pays exceptionnel avec plus du tiers de sa population encore nomade qui doit coexister avec une nature intraitable.

Ces peuples sont confrontés à de multiples difficultés pour assurer leur survie dans le cadre de leurs traditions et sont de plus en plus souvent confrontés au défi de concilier tradition et modernité. Certains aimeraient garder le meilleur des deux mondes, ce qui n’est guère aisé. Parfois soumis aux contraintes du marché, au développement de leur territoire et au regard du reste du monde, ils sont nombreux à renoncer à leurs traditions, mais souhaitent néanmoins délivrer un message... Pour la première fois, Muriel Robin, Patrick Timsit, Charlotte de Turkheim et Bruno Solo étaient réunis pour partager avec les téléspectateurs les coulisses de leur voyage en Terre Inconnue. Un moment fort de la soirée fut sans conteste la découverte croisée des reportages par les populations rencontrées. L’équipe est en effet retournée, 3 ans après, en Namibie, Indonésie, Sibérie et Mongolie, afin de prendre des nouvelles de ces hommes et ces femmes si différents. Tous ont souhaité rencontrer les autres peuplades pour comparer leurs modes de vie et échanger entre eux.

Cette émission a montré beaucoup d’humanisme et d’éthique. C’était mieux qu’un conte de Noël, puisque c’était vrai. Dans le même temps, en France, commençait le grand débat sur l’identité nationale, il a semblé petit, très petit, comme riquiqui et d’un autre temps… Joyeux Noël.

Par Michel Lerond - Publié dans : Société
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 08:03

La fin d’année est propice aux rencontres en tous genres où les sujets de discussion peuvent manquer. Voici une possibilité : partir de sujets d’actualité récents, sans rapport apparent entre eux, et essayer de trouver des liens. Par exemple, partir des préoccupations liées aux espèces invasives qui prospèrent aux dépens des espèces indigènes, du débat sur l’identité nationale, de la mort de Claude Lévi-Strauss et du bicentenaire de la naissance de Darwin.

Sous la plume de Laurent Carpentier, le Monde Magazine n° 8 du 7 novembre 2009 publiait un excellent article « Espèces, vos papiers ! » En effet certaines espèces, importées volontairement ou pas, peuvent se développer de façon incontrôlée dans nos contrées au point de mettre en danger les espèces indigènes. Ce sont des espèces généralistes, très adaptables, qui menacent des espèces spécialisées en occupant leurs niches écologiques.

Le 2 novembre le gouvernement français a lancé un « grand débat » sur l’identité nationale. Cette notion divise les citoyens et les politiques, bien qu’elle soit apparue récemment, dans les années 1980, à un moment où la France se sentait déstabilisée et avait besoin de retrouver une identité. A l’heure de la mondialisation et de l’avancée européenne, nombreux sont les Français qui ne comprennent pas bien la justification de ce débat d’un autre âge.

Claude Lévi-Strauss est mort le 30 octobre à 100 ans, il a marqué son temps par ses recherches anthropologiques, mais aussi par sa lucidité sur les menaces que l’expansion humaine fait peser sur la nature et sur l’humanité, car il associait la défense de la diversité culturelle et celle de la diversité naturelle.

Coïncidence des dates, 2009 c’est aussi le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin (12 février 1809), père de l’évolutionnisme, et les 150 ans de la publication de son œuvre majeure en 1859 « Sur l’origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie ».

Quel rapport ? La problématique des espèces invasives est devenue très populaire depuis peu. Définir l’identité française redevient une préoccupation majeure à chaque période difficile. Dans chaque cas, c’est « l’étranger » qui est la menace. Lévi-Strauss fut apôtre de la diversité sous toutes ses formes et nous ne l’aurions pas vraiment entendu ? Darwin fut « l’inventeur » de l’évolution et nous serions restés terriblement fixistes ? C’est beaucoup de questions qu’il faudra reprendre… après les réveillons. L’ouvrage de Patrick Blandin (De la protection de la nature au pilotage de la biodiversité, éditions Quae, 2009) étaye ces questions et esquisse des réponses. Mais si nous étions tous des Terriens, nature et humanité, quelle belle identité !

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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 07:53

Depuis la nuit des temps les inventions humaines ont permis de faire face aux périls générés par la nature, qui est loin d’être aussi docile qu’on voudrait nous le faire croire parfois. Avec l’accélération de l’histoire, les deux derniers siècles ont été particulièrement inventifs en matière de technologie, si bien que l’on est parvenu à une sorte de dogme technologique qui voudrait qu’à chaque problème, la science apporte des remèdes, maintenant ou plus tard. Cela est d’autant plus criant que les enjeux sont importants. A notre époque, le défi climatique témoigne de l’ardeur à inventer de nouveaux remèdes qui renverraient leurs détracteurs au statut d’affreux pessimistes retardataires. Ainsi la montée du niveau des océans ne doit pas inquiéter puisque, déjà, on est prêt à construire des villes-atolls amphibies et autosuffisantes, en somme un concentré de développement durable ! En amont de cela, il n’y a pas à redouter l’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère, puisque l’on va pouvoir capter et stocker ce gaz à effet de serre ; alors que l’on pourrait protéger les puits de carbone que représentent les grands écosystèmes planétaires. De plus, le déversement de poussière de fer sur l’océan va favoriser le développement du phytoplancton qui va absorber le CO2 ; mais gare aux effets secondaires de l’appauvrissement de l’océan en oxygène. Des satellites pourvus de panneaux photovoltaïques vont nous procurer de l’électricité propre, ou encore des « fermes de ballons », recouverts d’un film spécial, pourraient être créées pour produire de l’énergie... Voir notre chronique « Renouvelables, vraiment ? » du 9 décembre 2008.

Bien sûr que l’innovation technologique peut apporter des solutions intéressantes. Mais ce qui est frappant dans les discours relatifs à la géo-ingénierie atmosphérique notamment, c’est que les solutions techniques vont permettre de continuer « comme avant », sans remise en cause, alors qu’il nous faudrait plutôt repenser la notion de progrès technologique par rapport au progrès humain. Ainsi, comme le dit très bien Dominique Bidou, l’ingénierie technique, humaine et sociale peut conforter (http://moniblogs.lemoniteur-expert.com/developpement_durable/2009/11/ing%C3%A9nierie.html) le développement soutenable et aider à trouver ensemble un faisceau de nouvelles réponses aux défis de notre temps. La réponse technologique ne doit pas consister obligatoirement en méga systèmes, surtout intéressants financièrement pour leurs concepteurs, mais aussi en multiples innovations à petite échelle. Tout cela nécessite que les solutions proposées soient évaluées sérieusement avant leur mise en œuvre.

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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 09:08

         Des centaines de chercheurs à travers le monde se sont mis en tête de travailler sur la notion de bonheur afin d’établir des classements par pays en fonction de la satisfaction, ou non, de leurs habitants. Ce sont les Danois qui sont champions du monde du bonheur, suivis des Suisses, Autrichiens, Islandais, etc. A l’inverse, les cancres du bonheur sont les Français (62ème rang mondial), les Chinois (82ème), les Japonais (90ème) et les Indiens (125ème).

Les Français sont donc malheureux, toujours insatisfaits, râleurs et méfiants, alors que les Danois, posés, sympathiques, coopératifs, sont les plus heureux du monde. Les sociologues expliquent cette situation des danois par le fait que leur Etat-providence ne laisse personne sur le bord du chemin, cogère les syndicats (taux de syndicalisation de plus de 87 %, contre 8 % en France), assure le service public (30 % du total des salariés), et fait diminuer le chômage (3,4 % contre 9,4 % en France). Mais, malgré le sentiment de sécurité, le respect d’autrui, la démocratie et l’Etat-providence, les Danois peuvent connaître aussi la dépression. Alors, enfants trop gâtés les Danois ? Pas si simple, le bonheur…

L’actualité française récente a en effet montré combien le mal du travail est devenu préoccupant. Les suicides chez Renault ou France Télécom ont été très médiatisés, mais cela ne doit pas occulter les difficultés des policiers, gardiens de prison, enseignants ou agriculteurs, professions très exposées. Si le suicide fait, selon l’INSERM, environ 12 000 morts par an en France, on ne sait pas combien sont liés au travail, mais ils semblent en augmentation ces dernières années. Avec l’économie de services, les hommes se trouvent plus instrumentalisés qu’auparavant : l’anonymat, le manque de dialogue, le stress lié aux restructurations ou aux menaces de chômage génèrent de la concurrence entre salariés et dégradent la notion de « vivre ensemble ».

Au-delà des risques individuels que comporte cette situation, elle peut engendrer aussi des risques collectifs. Ainsi, début octobre, la direction de la centrale nucléaire de Flamanville a du stopper le réacteur numéro 1 pendant le week-end. Une trop forte pression au travail a amené le comité d’hygiène et sécurité de la centrale a faire valoir, pour la première fois, son droit d’alerte. « Des salariés pleurent au boulot. Certains en viennent aux mains parce qu’ils manquent d’outillage. Le personnel est à cran, la pression est intense » a témoigné un délégué syndical. Il y a 10 ans, la centrale disposait de 150 exécutants spécialisés capables de venir en appui des sous-traitants, ils ne sont plus que 29 aujourd’hui…

Les angoisses des Français, particulièrement dans le cadre du travail, montrent à quel point notre société est bloquée. Il faudra d’abord surmonter cet obstacle si l’on veut parvenir à des réformes de fond.

Par Michel Lerond - Publié dans : Société
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