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  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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Mardi 19 juillet 2011 2 19 /07 /Juil /2011 09:00

 

On aurait pu penser, au printemps 2011, que le débat politique se serait polarisé sur les grandes questions du moment, ou en tous cas sur celles que l’on imagine à ce niveau, comme par exemple la raréfaction des énergies fossiles, ou bien l’érosion dramatique de la biodiversité, ou encore les modifications climatiques. Mais bien sûr, cela suppose d’être suffisamment informé, soucieux de l’avenir et apte à se projeter au-delà de son mandat électoral. Non, il n’en fut rien, le grand débat politique du moment consista à s’interroger sur la nécessité de disposer sur les routes de radars qui avertissent… des radars.

Le débat national s’enflamma alors sur le démontage, ou pas, des panneaux avertisseurs d’un radar de vitesse limitée ; leur remplacement, ou pas, par des « radars pédagogiques » ; l’initiative laissée aux départements ou bien encore de rendre le système aléatoire. Il aurait peut être été plus simple de s’interroger sur la nécessité, ou pas, des limitations de vitesses. Puisqu’en fait, le débat a porté sur « comment rouler plus vite qu’autorisé sans se faire prendre ». On a même vu des députés vociférer, avec une démagogie éhontée, sur les pénalités qu’allaient encourir ceux qui travaillent, ou les moins riches, ou les conducteurs qui dépassent un peu la vitesse, alors qu’ils maîtrisent leur véhicule…

Mais cette grande question trouvera peut être son épilogue, comme souvent, en fonction des moyens financiers disponibles ou pas. En effet, l’argent public se faisant de moins en moins facile, certains postes budgétaires comme celui des routes, pourraient bien être « rabotés » de façon drastique, au risque de laisser le réseau dans un état très médiocre. C’est pourquoi, dans le secret des cabinets ministériels, se prépare actuellement une grande réforme du code de la route. Il est question de supprimer tous les panneaux de signalisation routière. Tous ! Ils seraient remplacés par seulement deux panneaux triangulaires d’annonce d’un danger particulier : Chaussée déformée et Trous en formation. Hormis l’économie substantielle réalisée sur l’achat de panneaux, il n’y aura plus besoin d’avertir…

Par Michel Lerond - Publié dans : Gouvernance
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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 08:31

 

L’affaire Dominique Strauss-Kahn a occupé toute la semaine médiatique qui vient de s’écouler. Au-delà du tintamarre retentissant des médias du monde entier, qu’en penser encore ? Ou bien les faits reprochés à DSK sont avérés et il s’agit bien d’une tentative de viol, c’est grave. Ou bien il s’agit d’un complot, la femme de chambre servant « d’appât ». Dans ce cas, d’abord aguicheuse, elle se serait rétractée, piégeant DSK pour l’amener à exprimer ses penchants sexuels. N’est-ce pas alors aussi une tentative de viol ? Ou bien tout est affabulation ?

L’émoi a été considérable et on peut le comprendre, compte-tenu de la chute invraisemblable que cela représente pour un homme au sommet du pouvoir, sombrant instantanément dans des abysses. Certains se sont émus également du peu de considération qui était fait pour la victime. On peut le comprendre également et même peut être l’expliquer : les Français demeurent à la fois monarchistes et révolutionnaires et s’émeuvent plus volontiers du sort des « grands » plutôt que des petits malheurs d’une femme de ménage.

Quand bien même l’hypothèse d’un complot serait-elle un jour validée, il n’en reste pas moins que le comportement de DSK vis-à vis des femmes est pour le moins discuté par de nombreuses personnes. Certaines femmes, qui s’étaient tues jusque là, ont rappelé leurs mésaventures, révélant ainsi un secret de polichinelle. Ce qui signifie que beaucoup de personnes, dans les médias, parmi les politiques, et en particulier au Parti socialiste, savaient, n’ont rien dit et n’ont pas pensé qu’un tel comportement pouvait être incompatible avec une candidature à la présidence de la république. Nous nous apprêtions donc à élire un président « perturbé »… S’il est vrai que les dirigeants d’un pays sont à l’image des peuples, c’est bien sur nous que nous devons nous interroger. Nous les Français, ne serions-nous pas un peu trop phallocrates et misogynes ?

Il ne s’agit pas d’accabler DSK, mais plutôt de s’interroger sur une nouvelle tellement incroyable, pour laquelle les Français préfèrent adopter la thèse du complot, un peu « rassurante » à celle d’un état pathologique. Comme l’a évoqué sur plusieurs médias Serge Hefez, psychanalyste, c’est le spectacle d’une autodestruction qui nous est donné par un homme ambivalent, oscillant entre la construction d’un destin et la jouissance immédiate. Le piège du carré diabolique s’est refermé sur lui : sexe, fric, pouvoir et médias.

Présider un pays est une fonction très difficile, cela requiert des qualités innombrables et un comportement irréprochable. A contrario, cette fonction est certainement incompatible avec certains travers. C’est à nous, électeurs, qu’il revient d’en décider, faute de quoi, nous pourrions bien être nous-mêmes des kamikases…

Par Michel Lerond - Publié dans : Gouvernance
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Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 16:37

         Il est arrivé à plusieurs reprises, par le passé, que la France soit un pays démocratique. Cela semble un peu dépassé maintenant. Dans une véritable démocratie, une confusion des genres telle qu’on la connaît actuellement amènerait les dirigeants politiques à présenter leur démission sans délai (http://www.michel-lerond.com/article-entendez-vous-dans-les-campagnes-56211750.html). Si notre société conserve les apparences de la démocratie (gouvernement où le peuple exerce la souveraineté), en réalité nous vivons en oligarchie (gouvernement exercé par une classe restreinte) de façon avérée depuis plusieurs décennies.

C’est vrai que la concertation et le débat public sont de plus en plus présents dans de nombreux processus décisionnels, en particulier dans les domaines de l’urbanisme, aménagement du territoire et plus largement environnement, où la procédure d’enquête publique est réglementaire. Mais la décision se prend après, parfois « en oubliant » les termes de la concertation. Le Grenelle de l’environnement en est un bon exemple (http://www.michel-lerond.com/article-19328563.html). La classe politique semble bien avoir pour objectif principal de garder la « mainmise sur les affaires » et de s’inscrire dans une perspective de carrière.

Si les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent, alors c’est sur nous-mêmes qu’il faut nous interroger. Au-delà de la méfiance qui perdure entre les citoyens et la classe politique, il faut poser la question du renouvellement de celle-ci, afin que le pouvoir politique redevienne une fonction temporaire et non plus une profession permanente. Il est urgent de déprofessionnaliser la politique, la société civile ayant aussi son pouvoir d’imagination et d’innovation. Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus large, notamment en direction des jeunes et des femmes (http://www.michel-lerond.com/article-15883948.html).

La formation citoyenne est largement à revoir pour retrouver une vraie démocratie. Comment expliquer en effet les lacunes dans « l’instruction civique » des Français, souvent complètement dépassés dans l’approche des organismes publics, y compris les élus locaux eux-mêmes… Comment comprendre que des étudiants de master, bien que majeurs et électeurs,  ne sachent pas faire la différence entre un conseil général et un conseil régional…

Retrouver la démocratie ou s’enfermer dans l’oligarchie qui favorise la montée des extrêmes, c’est à nous de choisir… et d’agir. On pourrait commencer par aller voter, même aux élections cantonales, plutôt que de s’abstenir à près de 56 % !

 

 

 

 

Par Michel Lerond - Publié dans : Gouvernance
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 17:58

 

La Politique agricole commune ou PAC a été mise en place à l'échelle de l'Union européenne pour moderniser et développer l'agriculture. Le traité de Rome, signé le 25 mars 1957, a donné à la PAC une orientation résolument productiviste, car il fallait augmenter la production agricole.

La PAC a été une incontestable réussite (modernisation, développement de la production, autosuffisance alimentaire), mais elle a rencontré de redoutables écueils avec des crises liées à la surproduction de nombreux produits.

La PAC a eu un coût environnemental et social énorme qui, pour ses détracteurs, réduisent considérablement les bénéfices retirés. Une première réorientation a vu le jour à la fin des années 80 avec la mise en place des fonds structurels destinés à corriger les méfaits environnementaux et sociaux des politiques menées. Malgré cela, la PAC a globalement continué à privilégier la quantité sur la qualité et à favoriser la concentration des exploitations et la diminution du nombre d'agriculteurs.

Depuis 2003, s’est mise en place une nouvelle PAC qui vise, notamment, à subordonner les paiements de subventions au respect de normes en matière d’environnement, de sécurité alimentaire et de santé animale et végétale.

L’avenir de la PAC, après 2013, repose sur une prise en compte de la crise énergétique et des modifications climatiques. Il faudra produire plus avec moins de terres, moins d’eau et moins d’énergie. La PAC en cours de négociation poursuit le double objectif de préserver l’environnement et garantir une bonne alimentation. Il faut en tenir compte dans l’aménagement du territoire, en particulier les PLU et SCOT, y compris en milieu urbain.

Réforme après réforme, la PAC s’est transformée pour n’être plus qu’une politique d’assistance. Les agriculteurs n’y croient plus, les gouvernements sont lassés et l’opinion est de plus en plus critique. En une génération, le « paysan nourricier » est devenu « l’agriculteur pollueur »… La PAC doit être profitable aux agriculteurs, mais aussi utile aux citoyens et aux consommateurs. Il faut donc orienter les aides européennes vers ce qui les intéresse : l’alimentation. La PAC est morte, vive la PAAC, politique agricole et alimentaire commune. La Commission européenne a publié le 18 novembre 2010 une communication sur la PAC après 2013 et présentera dans le courant de l’année 2011 des propositions législatives formelles. Certes ces questions sont débattues largement, mais le grand public n’y est pas suffisamment associé, à notre sens : http://global.arte.tv/fr/2011/02/08/pour-un-debat-public-sur-l%E2%80%99agriculture/

Par Michel Lerond - Publié dans : Gouvernance
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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 08:12

 

Les Français adorent les campagnes électorales, même si c’est pour bien les dénigrer. Voilà la campagne des présidentielles de 2012 sur les rails avec son cortège de mascarades. A droite un leader, quelques traîtres et quelques annonces populistes en guise de programme. A gauche de nombreux candidats à la candidature et un programme fantôme. Et puis il y a la « troisième voie », celle de l’écologie politique.

Ainsi donc, dans le parti de l’écologie politique, il y aura le choix entre monsieur Hulot qui pourrait bien être aussi à l’aise en politique que le héros de Jacques Tati en vacances, et madame Joly, avec qui ce serait sans doute plus chouette (Hulotte, il va sans dire). Une primaire-débat autour de la vision des candidats devrait permettre aux membres de Europe Ecologie les Verts de choisir entre l’animateur télé et la juriste inflexible.

Certes Nicolas Hulot a une excellente analyse de l’urgence écologique, bien conseillé qu’il est, des compétences indéniables de communicant et sans doute l’opiniâtreté nécessaire. Eva Joly a une réputation d’incorruptible, une ténacité à toute épreuve et a ouvert le courant écologiste au-delà de ses thèmes initiaux. Eva Joly est marquée à gauche sans ambiguïté, tandis que Nicolas Hulot est plutôt centre-droit et à vrai dire incertain dans son positionnement. Les sondages se suivent et… se contredisent. Mais selon les plus récents, Nicolas Hulot ferait autour de 6 % des voix et Eva Joly entre 8 et 10 %. Autant dire que l’annonce des alliances possibles au second tour sera déterminante pour le vote et le poids ultérieur, éventuel, de la formation écologiste. Rien de changé donc, ou si peu, si ce n’est le poids de l’extrême droite…

Cet état de fait ne résulte-t-il pas de la confusion sémantique de départ ? A l’origine, les Verts s’appuient sur un courant en faveur de la protection de l’environnement et inventent le concept d’écologie politique, sans le nommer écologisme. La confusion s’installe entre écologues et professionnels de l’environnement, d’une part, et écologistes d’autre part. Progressivement les militants prennent conscience que l’écologisme ne suffit pas à définir un projet de société et communiquent sur les questions de l’immigration ou des femmes battues. Thèmes importants certes, mais quelle confusion !

Un parti de l’écologisme n’a pas plus de sens que n’aurait un parti de la culture ou un parti du sport. Pour prétendre gouverner, les écologistes devront choisir un jour entre cette stratégie d’un parti spécifique et autonome, en annonçant clairement le développement soutenable comme projet de société, construit rigoureusement, ou bien une inclusion dans les grands partis afin de reconquérir le champ politique de l’intérieur. Faute de quoi, je crains que bien longtemps encore l’écologisme ne fasse des petits scores…

Par Michel Lerond - Publié dans : Gouvernance
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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 08:21

 

         Alain Carment nous a quittés brutalement, beaucoup trop tôt. C’était un homme lucide et courageux que je connaissais et appréciais depuis 25 ans. Il était venu me voir à l’Observatoire régional de l’environnement de Haute-Normandie, pour s’informer de nos activités et en quoi elles pourraient lui être utiles pour le Pays de Bray. Ce fut l’un des rares élus à faire cette démarche.

Alain Carment était né en 1950 à Gournay-en-Bray, d’une famille très modeste. Il n’a jamais quitté le Pays de Bray. Ouvrier menuisier, puis agent technique, il a effectué un parcours dans la vie publique à partir de mai 68, avec un engagement syndical, puis une vie militante politique et ensuite élective. Parce qu’il avait compris, disait-il, « qu’une fonction d’élu offrait davantage de possibilités pour mettre en œuvre des idées, des projets, défendre un territoire et ses habitants ». Il se disait de sensibilité sociale démocrate, fondée sur l’humanisme vrai, la justice sociale, la solidarité (à ne pas confondre avec l’assistanat), la laïcité et la tolérance.

Il fut successivement, conseiller général de Seine-Maritime (depuis 1987), maire de Gournay-en-Bray (1989-1995) puis de Montrôti, président de la communauté de communes de Gournay-en-Bray, et occupa différentes responsabilités au niveau du Pays de Bray en tant que président du Syndicat intercommunal d'élimination des ordures ménagères du Bray Sud ou président de la Commission Environnement du SMAD. Depuis 2004, des responsabilités importantes lui avaient été confiées au niveau du Département de Seine-Maritime en matière de déchets ménagers, pour la mise en œuvre d’une politique en faveur du développement soutenable avec notamment un volet efficacité énergétique et recours aux énergies renouvelables. Cette mission le passionnait et il s’y donna à fond, au risque de quelques « coups de gueules », tant le défi pour l’avenir de la Planète Terre lui paraissait important.

Alain Carment fut avant tout un ardent défenseur du territoire brayon auquel il consacrait son action politique depuis près de 25 ans. Il fut, à ce titre, un acteur authentique de la mise en œuvre du développement soutenable.

Il fut aussi l’un des premiers abonnés à mon blog et avait tenu à publier plusieurs de mes chroniques dans son magazine Regards sur le canton de Gournay-en-Bray. La chronique qui l’avait le plus marqué fut certainement « France, pays de la rouspétance ! » www.michel-lerond.com/article-34058669.html. Il m’assurait qu’il vivait cela au quotidien et que c’était vraiment épuisant…

Par Michel Lerond - Publié dans : Gouvernance
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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 08:36

Au-delà de la comédie grotesque des élections présidentielles de Côte d’Ivoire, l’Afrique est aujourd’hui très touchée par divers effets liés à la crise économique et aux modifications climatiques. Pourtant l’Afrique dispose d’atouts et de richesses qui doivent lui permettre un nouveau départ, cinquante ans après la décolonisation. L’exploitation abusive des matières premières, dans certains pays, a causé beaucoup de dégâts au capital nature et il faudra ne pas répéter les erreurs du passé. A cet égard, on peut se demander si l’Afrique n’offre pas une image grossie des dégâts causés par le mode de développement occidental, un « effet loupe » en somme.

L’Afrique se trouve, selon des experts Africains, à un moment historique de son destin, avec des opportunités fortes concernant l’agriculture, l’industrie ou l’énergie. Mais si les discours officiels vont bon train, les réalités de terrain peinent un peu… comme dans le monde occidental.

Quelques exemples sont cependant encourageants pour l’avenir. Ainsi au Burkina Faso, un des pays les plus pauvres du monde, au 177ème rang selon les Nations Unies, l’agriculture fournit un revenu à 86 % de la population. Sous l’impulsion de la FAO, le gouvernement burkinabé a réinvesti dans l’agriculture vivrière, trop longtemps délaissée au profit du coton destiné à l’exportation, renforçant ainsi les organisations paysannes, ce qui est d’autant plus important que 70 % du secteur agricole est constitué de petits producteurs.

Au Kénia (classé par l’ONU 147ème sur 182 pays), l’économie est en train de rebondir. L’instauration d’une union douanière, début 2010, a créé un marché commun pour 5 pays d’Afrique de l’Est qui est un accélérateur des échanges dans la région. La mentalité entrepreneuriale et la capacité de travail des Kényans assurent cette montée en puissance. Mais, revers de la médaille, la capitale Nairobi est maintenant paralysée par les embouteillages du fait de l’explosion du parc automobile…

L’agriculture biologique est devenue une réalité pour la culture du coton en Afrique de l’ouest. Après le Sénégal et le Mali, c’est le Burkina Faso qui s’y met, et les agriculteurs ne meurent plus de maladies provoquées par les pesticides ! Les femmes jouent un rôle primordial dans cette reconversion pour travailler le « coton noble » et ainsi afficher publiquement l’égalité homme-femme. Il reste à transformer le coton sur place plutôt qu’exporter.

Les Africains vont devoir inventer un « modèle africain » pour leur développement, soutenable bien sûr. Ceci demande une volonté politique forte pour passer au stade supérieur, d’abord limiter la fuite des cerveaux africains vers les pays développés et ne pas se faire manger par le néo-colonialisme chinois. La nouvelle Afrique est en marche.

Par Michel Lerond - Publié dans : Gouvernance
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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 17:27

 

          C’est Noël, voici le moment de vous offrir un conte ! :

 

Dans ces temps non encore arrivés, le journaliste vedette de la Télé-France-Monde est RNJD. Ce sigle n’est pas son vrai nom mais son pseudonyme : Rien N’est Jamais Désespéré. Nous avons pu nous procurer, avec un peu d’avance, le texte de son prompteur (dispositif permettant de lire un texte en toute discrétion pendant que l’on est filmé) pour le journal télévisé du 15-04-2017 :

- Bonsoir, bienvenue sur TFM, voici les titres des nouvelles que nous allons développer dans un instant :

- La nouvelle présidente de la république française, élue samedi dernier, a nommé aujourd’hui les quatre ministres de l’Environnement, du Social, de l’Economie et de la Gouvernance. Chacun de ces quatre ministres, deux hommes et deux femmes, désigneront à leur tour, la semaine prochaine, les quatre ministres-adjoints de chacun de leurs ministères. Le gouvernement de 20 membres sera ainsi au complet. Il restera à chaque ministre-adjoint à mettre en place un Conseil de la république, pour chacune de leurs attributions. Comme vous le savez, cette instance fait suite à la promulgation de la 6ème république, en 2015, elle a pour objet de mettre le ministre en contact direct et permanent avec la société civile, de façon à ce que les décisions gouvernementales soient prises au plus près des préoccupations des Français.

- Le communiqué de l’Elysée précise également que, conformément à la constitution de la nouvelle république, il sera désormais veillé au respect scrupuleux du non cumul de mandats et de fonctions, afin d’éviter la professionnalisation de la politique. Sauf exceptions très limitées, aucun élu de la nation ne pourra plus exercer qu’un seul mandat à la fois. Il sera mis au point très prochainement un « statut de l’élu », envisagé depuis les années 1980 et jamais produit, afin que tous les citoyens puissent accéder à un mandat électif et retrouver leur emploi ensuite sans préjudice professionnel.

- Suite à l’élection présidentielle française, le GEU, Gouvernement de l’Europe Unifiée, accueillera en son sein la présidente française, venant ainsi rejoindre les 28 autres chefs d’état européens. C’est le 29 avril qu’aura lieu le prochain conseil des ministres européens, au complet. Le GEU a révolutionné le fonctionnement de l’Europe et celle-ci peut maintenant prendre des décisions applicables pour toute l’Union.

- Le Comité pour l’Economie Equitable de l’ONU vient de supprimer le dernier paradis fiscal de la planète. Le territoire de celui-ci sera rattaché à l’Union Européenne et les 14 banques qu’il comportait encore seront dissoutes.

Bon d’accord, pour 2017, c’est un conte. Mais pour 2032, qui sait ?

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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 15:39

 

          Voilà bien longtemps déjà que le fossé se creuse entre les élites et les citoyens. Qu’il s’agisse de prospective climatique ou de gestion de la crise économique, le scepticisme s’installe. Sur le plan politique, c’est pire encore. Lorsque les affaires

récentes, touchant plusieurs membres du gouvernement, montrent à quel point la collusion est grande entre pouvoir et argent, le citoyen de base a du mal à accepter les restrictions liées à la rigueur. Par ailleurs, et quoi qu’en disent les statistiques officielles, chacun ressent l’insécurité qui se répand sur tout le territoire, y compris dans les villages, les délinquants n’hésitant plus à faire usage d’armes à feu. Quand, en plus, les plus hauts dirigeants du pays font l’amalgame entre délinquance et « Français d’origine étrangère », le discours politique devient inaudible.

Tout ce contexte d’une présidence de type berlusconien rend le climat politique assez irrespirable. A tel point que des policiers ont tourné le dos au président lors d’un hommage à un policier tué, au motif de trahison (Melun le 23-03-10) ; qu’un hebdomadaire a pu titrer, à propos du président, « Le voyou de la République » (Marianne du 07-08-10) ; que l’ONU a critiqué la France pour « recrudescence notable du racisme et de la xénophobie » (Le Monde, 13-08-10) ; qu’un chanteur de RAP a pu titrer un vidéo-clip « Tirer sur les keufs » (nouvelobs.com 13-08-10). Tous ces incidents disparates construisent une image de la France qui explique que leurs dirigeants soient devenus la risée d’une grande partie du monde, comme en témoigne la lecture de la presse internationale. Cette grande nation, celle des droits de l’homme, est encore une puissance économique, mais ce n’est plus qu’à peine 1 % de la population mondiale. Cela ne demande-t-il pas retenue, modération et humilité plutôt qu’arrogance…, Tout alors se déstabilise. De partout sont lancés des appels pressants. Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, s’inquiète : « La société est en grande tension nerveuse » (Le Monde, 22-02-10). Bastien François, universitaire : « Les gouvernants qui ne jouissent plus de la confiance des gouvernés… doivent quitter le pouvoir » (Le Monde 22-07-10). Michel Rocard, ancien premier ministre : « On n’avait pas vu ça depuis Vichy » (Marianne 07-08-10).

Dans une véritable démocratie, une telle confusion amènerait les dirigeants politiques à présenter leur démission sans délai, par honnêteté, sens de l’honneur et respect de la paix civile. Après quoi il faudrait reconstruire. L’hymne national, dont les paroles sanguinolentes auraient dû être changées depuis longtemps, dit : « Entendez-vous dans les campagnes, Mugir ces féroces soldats ? » Entendez-vous dans les campagnes cette clameur qui monte, annonciatrice de bien des tourments. Faisons, tous ensemble, que ce pressentiment ne soit qu’un mauvais rêve vite oublié…

Par Michel Lerond - Publié dans : Gouvernance
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 09:02

La réduction du mille feuilles administratif est en chemin et c’est une bonne nouvelle. Reste à préciser quelle sera la méthode et surtout quelles structures seront conservées et avec quelles fonctions. Dans ce pseudo débat, il semble que les Pays aient déjà été considérés comme inutiles… Qu’en sera-t-il demain des PNR, les parcs naturels régionaux (créés par décret du 1er mars 1967), dont les vocations sont si proches de celles des pays.

Certains acteurs locaux se prennent à rêver que, les pays étant à peine créé (loi Voynet de 1999), on pourrait profiter de l’opportunité pour mettre en place ici ou là un parc naturel régional afin d’assurer une meilleure prise en compte de l’environnement. Stratégie opportune ou fausse bonne idée ? En effet, on sait que si les PNR ont des objectifs pertinents et des réalisations souvent à la hauteur de leurs ambitions, ils sont aussi en proie au vertige du mille feuilles territorial. Il peut exister sur un PNR un ou plusieurs pays qui le recoupent en tout ou partie, bien sûr plusieurs communautés de communes qui ne recouvrent pas obligatoirement les pays, sans oublier une multitude de syndicats intercommunaux qui perdurent pour telle ou telle activité sectorielle. Dès lors, ce n’est plus un parc, mais un maquis… Si les praticiens de ces structures, les élus locaux, s’y retrouvent à peine, comment l’électeur moyen peut-il comprendre les inter-relations de cette nébuleuse ?

Les PNR ont été créés pour animer des « territoires d’expérimentation » puis sont devenus des « laboratoires du développement durable ». Soit l’expérience est râtée et il est grand temps de l’arrêter ; soit l’expérience est réussie (ce que je crois) et il faut l’étendre à tout le territoire régional. Alors que faire ? Profiter de la réforme en cours pour créer quelques PNR de plus, supprimer les Pays ou pas, ou bien… « fusionner » les PNR et les pays ? Dès lors chaque pays fonctionnerait comme un PNR, avec des objectifs identiques, en veillant à lui donner une unité et une cohérence territoriale et environnementale. Voilà peut être la clé de ce problème : fusionner les parcs naturels régionaux et les Pays pour davantage de cohérence dans l’aménagement du territoire.

Rêvons un peu : les Pays deviennent des collectivités territoriales à part entière, fonctionnent avec des objectifs de PNR, sont constitués de Communautés de Communes et sont coordonnés par le Conseil Régional. Dès lors la question récurrente de l’utilité des Départements ne trouverait-elle pas sa réponse naturelle ?

Avec une vraie décentralisation, la France gagnerait en lisibilité fonctionnelle, l’aménagement du territoire gagnerait en cohérence et l’environnement gagnerait en efficacité de gestion.

Par Michel Lerond - Publié dans : Gouvernance
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