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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 07:46

     C’est trop souvent lorsque l’on est la tête sur le mur que l’on commence à réagir efficacement. Mais mieux vaut tard que jamais et réjouissons-nous de cette ère nouvelle qui semble s’amorcer avec pour maître mot, la fusion des collectivités territoriales. Cela fait trop longtemps que les dépenses publiques ne cessent d’augmenter, parfois elles sont indispensables, mais parfois superflues et parfois mal contrôlées. Nous y voilà, la plupart des collectivités publiques sont dans le rouge, ne pouvant plus dépenser plus qu’elles ne perçoivent… Alors oui, fusionnons pour mieux rassembler et plus d’efficacité. C’est ainsi que les 36 000 communes françaises pourraient bien revenir à un nombre plus raisonnable. Au 1er janvier 2016, les « communes nouvelles » devraient voir le jour dans le cadre de la réforme territoriale en cours. Ces nouvelles communes vont prendre place au sein de « super intercommunalités » qui, elles aussi, sont encouragées à fusionner. Il ne s’agit pas de saborder les communes actuelles, mais de les rendre plus efficaces et moins dépensières. Les communes ainsi regroupées sous un nom unique, deviendront des communes déléguées, conservant leur nom d’origine, leurs limites géographiques et une mairie annexe.

     En Haute-Normandie, la réforme avance à grands pas à raison de 15 à 20 projets de communes nouvelles et plusieurs projets de fusion d’intercommunalités. C’est beaucoup plus qu’une réforme à laquelle nous assistons, c’est une véritable révolution. Il semble que la France, ce pays de tribus gauloises se réveille enfin pour prendre conscience du changement de siècle et d’époque. Tout n’est pas réglé et tout ne sera pas simple, mais voilà une avancée dont nous ne pouvons que nous réjouir, pour l’avoir beaucoup répété :

http://www.michel-lerond.com/article-29382753.html

http://www.michel-lerond.com/article-tout-va-mal-ne-changeons-rien-112153299.html

http://www.michel-lerond.com/article-nous-devons-faire-des-economies-124881968.html

http://www.michel-lerond.com/article-nous-citoyens-europeens-nous-123977952.html

     Il faudra aller encore un peu plus loin, comme l’a proposé par exemple le Conseil de développement du Pays de Bray depuis plusieurs années pour fusionner les 7 communautés de communes en une seule, comme cela se prépare autour de Buchy (76). Dès lors les pays n’ont plus d’utilité, pas plus que les parcs naturels régionaux, dans la mesure où l’intercommunalité ainsi créée a toutes facultés de remplir les missions à la fois d’une interco, d’un pays et d’un PNR.

     Une réforme pour rassembler plutôt que diviser, une révolution je vous dis.

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 07:15

     C’est en 1936 qu’apparaît en Allemagne la marque automobile Volkswagen, littéralement la voiture du peuple, créée par Ferdinand Porsche. Près de 80 ans plus tard, le célèbre groupe automobile a reconnu, après avoir été pris en flagrant délit, avoir fraudé en déjouant les contrôles anti-pollution sur… 11 millions de véhicules. En conséquence les actions de Volkswagen ont dévissé de 35 % en deux jours, le groupe pourrait « bénéficier » de 16 milliards d’euros d’amende aux Etats-Unis et le PDG a été prié de donner sa démission du mastodonte de 600 000 salariés et 12 marques de camions et voitures, avec toutefois une petite compensation personnelle de l’ordre de… 28 millions d’euros. Est-on bien sûr que nous vivons tous sur la même planète ?

     La fraude a consisté à optimiser le rejet de polluants, ce qui explique que certains véhicules émettaient, en conditions réelles, 10 à 40 fois le taux d’oxyde d’azote autorisé. Une pacotille…

     C’est peu dire que les médias ont relayé l’information. Mais on a peu (ou pas du tout ?) entendu que, finalement il y avait là une certaine logique : nous sommes dans une économie de marché, il faut donc vendre à tout prix, pour l’emploi, pour la compétitivité, pour la croissance et donc convaincre d’acheter. Voilà bien la logique du marché qui exige une certaine publicité, qui trouve elle-même quelques arrangements avec la réalité, en « l’embellissant » juste un peu…

     Oui, c’est vrai, j’ai l’esprit critique, mais… j’ai bien entendu que l’Etat, les états, un peu schizophrènes, sont écartelés entre le discours environnemental (bientôt la COP21) et le souci de protéger le secteur automobile ; que l’Union européenne, très schizophrène, assure faire le gendarme entre les évaluateurs et les évalués qui sont parfois… les mêmes, ou presque ; que tout cela est « commandité » par les lobbies qui ne comptent que 240 lobbyistes pour le secteur automobile à Bruxelles, dont 43 travaillant pour Volkswagen.

     Aïe, aïe, aïe, ça va pas être facile ! Peut-être faudrait-il enfin réaliser que nous avons changé de siècle et d’époque, que le 20ème siècle avait pour credo « avoir plus » et que maintenant, le fil conducteur sous-jacent de notre société mondialisée, c’est « être mieux » ! Mais où sont donc les politiques dignes de ce nom, soucieux du mieux-être commun ? Où sont donc les intellectuels qui pourraient reformuler l’avenir ? Où sont donc les économistes à même de sortir de la pensée unique ? Et pourtant il en existe, peut-être trop silencieux, des passeurs d’avenir. Quelle ne sera pas la surprise si la vague qui monte déferle sur les rivages de la bienpensance !

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 08:09

     Mais, qu’est-ce que j’entends ? Des grattements, des bruits sourds, des râles… Mais qu’est-ce donc ? Oh là là, voilà un revenant, mais oui c’est lui, le père Jules, mon grand-père, avec une voix d’outre-tombe, c’est le cas de le dire. Mais qu’est-ce qu’il marmonne ? Vous entendez, vous aussi : vaindieu de vaindieu, qui qu’vous foutez asteur ? V’la ty pas que vous venez d’inventer l’cochon bien élevé, qui bouffe dehors et dort su d’la paille. Du cochon dans qui qu’ tout est bon ! Est bé la peine qu’on vous a payé des études pou inventer tout’ ces conneries d’élevage en batteries qu’vous dites ! Bon allez grand père, tu as bien raison, ils n’ont pas encore tout compris, mais rendort toi, peut être qu’un jour…

     Si cette « résurrection » de mon grand-père était possible, il y aurait en effet de quoi s’agacer au regard de la situation actuelle : 95% de la viande de porc consommée en France provient de grandes structures industrielles et non de fermes… Dès lors, peut-on encore parler d’élevage ou plutôt de système de production, quasiment d’usine à viande ! Voilà bien une rupture profonde dans les rapports entre les hommes et les animaux qui ne sont plus considérés à proprement parler comme des êtres vivants, mais plutôt comme des machines à produire des matières comestibles. La rentabilité et la recherche de profit l’emportent totalement sur l’affectivité et les relations traditionnelles qui existaient autrefois, même avec des animaux destinés à être abattus et consommés. Ce système de production industrielle comprend alors de 500 à 5 000 truies, dans une concentration extrême pour augmenter les profits. Les animaux vivent sur des caillebotis, sans sortir de box plus ou moins obscurs. Les techniques de production sont « raffinées » pour qu’une truie produise de l’ordre de 30 porcelets par an, au lieu d’une quinzaine autrefois. Les animaux improductifs, ou pas assez, sont éliminés rapidement, comme des pièces mécaniques mal usinées… Cette organisation du travail, d’une certaine violence, peut générer des perturbations chez les salariés des porcheries.

     On est loin, très loin, d’un certain « vivre ensemble » des débuts de l’élevage du néolithique. Bien sûr, on ne va pas revenir aux techniques d’élevage ancestrales, mais on peut cependant s’interroger sur cette rupture anthropologique qui pourrait encore s’amplifier avec les biotechnologies, remplaçant progressivement nos relations de travail avec les animaux par des systèmes de fabrication de produits conditionnés par la spécialisation et la diminution des coûts de production. Au-delà de cette problématique de l’élevage porcin, c’est notre mode de relation avec la nature et le respect du vivant qui sont posés. Cela nous ramènera peut être au cochon qui vit dehors et dort sur la paille.

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 06:21

     Dans quasiment tous les pays d’Europe, depuis une vingtaine d’années, le numéro d’appel des secours est le 112, sauf… en France. Ici nous avons le 18 pour les pompiers, le 17 pour la police, le 15 pour le Samu, mais aussi le 191 pour les urgences aéronautiques, le 197 pour une alerte attentat, le 114 pour les malentendants… ce qui crée un peu de confusion. Ça c’est du made in France !!

     Actuellement, les pompiers gèrent une centaine de centres d’appel, la police et le Samu, environ 350, tout cela avec des doublons. Ainsi en 2013, les pompiers français ont reçu 24 millions d’appel, 56% sur le 18 et 44% sur le 112, provenant essentiellement d’étrangers en séjour en France. C’est pourquoi les pompiers souhaitent la mise en place d’un numéro unique, le 112, pour tous les secours, ceci afin de faire des économies et surtout optimiser les interventions, un dispatcheur permettant alors d’orienter les appels, selon les cas, vers les pompiers, la police ou le Samu. Ce nouveau dispositif permettrait une interconnexion entre les services, laquelle n’existe pas actuellement. Une seule plateforme d’appel permettrait de rediriger les appels vers le bon interlocuteur.

     Lors de leur congrès national d’Agen, en septembre dernier, les pompiers ont ainsi proposé la mise en place de 10 à 20 centres d’appel tout au plus. Par exemple un par région.

     Sans attendre, vous pouvez donc composer le 112, en cas d’urgence. Enfin une simplification !

     S’il s’agit d’une urgence vétérinaire, c’est tout autre chose, mais parfois des faits inattendus se rejoignent ! (http://www.michel-lerond.com/article-vous-avez-dit-urgences-46333406.html). Et comme les urgences sont multiples, n’oubliez pas les arbres : http://www.arehn.info/agenda/Menaces-sur-nos-arbres_ae368610.html 

 

     Mais qu’est-ce que j’apprends ? Que vous n’êtes toujours pas abonné à ce blog… C’est pourtant si simple :

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C’est simple, rapide, gratuit et sans publicité ! Merci par avance.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 07:29

     L’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen organisait un colloque les 9 et 10 octobre 2015 sur le thème « Rouen, quelle métropole ? ». L’objectif était de participer au débat sur l’avenir de la métropole rouennaise en abordant les aspects économie, environnement, enseignement et recherche, culture. Pour notre part, nous intervenions sur les aspects environnement et cadre de vie, en voici un condensé :

     Malgré une mauvaise réputation dans les années 1970-80 en raison de la pollution de l’air, l’agglomération de Rouen est sans doute en train de rattraper son retard pour faire valoir son cadre de vie. Du Schéma d’aménagement de la Basse Seine au Schéma de cohérence territoriale (SCoT) en passant par Drakkar 2000, c’est ainsi en 40 ans, une dizaine de « grand’ messes » qui ont mobilisé les acteurs locaux, démontré l’évolution des mentalités et suscité des décisions en faveur du cadre de vie des Rouennais.

     La Métropole rouennaise dispose d’atouts considérables pour, à la fois, offrir un cadre de vie agréable à ses habitants et redorer son image à l’extérieur : un patrimoine historique important, un patrimoine forestier sauvegardé et ouvert au public et un patrimoine fluvial en cours de valorisation dans toutes ses dimensions urbaines et festives, économiques et hydrologiques. Le centre de Rouen glisse doucement vers la Seine, qui retrouve ainsi sa vocation fédératrice, avec des projets de restructuration urbaine, d’éco-quartiers et d’espaces verts. Dans le même temps, la voiture individuelle laisse amplement la place aux piétons et transports en commun et la qualité de l’air s’améliore.

     Peut-être faut-il aller encore plus loin en faisant de toute la métropole un exemple d’innovation environnementale à grande échelle, comme le préconisait la charte de 1990 en imaginant Rouen Eurocité de l’environnement.

     Tout n’est pas réglé et de temps à autre des incidents rappellent que la proximité d’installations industrielles avec les habitations, n’est pas toujours simple à gérer. En conclusion, comment ne pas rappeler les efforts faits par les industriels depuis plusieurs décennies pour améliorer les process, réduire les pollutions et les déchets ? C’est un élément également important d’une conciliation entre environnement et activité économique.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 07:29

     Les paroles récentes, un peu maladroites et un rien provocatrices, d’un ministre ont réveillé un vieux débat franco-français à propos des fonctionnaires. Tous ces bons à rien, trop payés et qui ne font que retarder le progrès… La franchouillardise va bien, merci. Il y a bien trop de fonctionnaires, mais il faudrait davantage d’enseignants, d’infirmières ou de policiers… On paye trop d’impôts, mais il y a trop de choses qui ne sont pas faites ou qui attendent…

     Comme trop souvent dans notre pays de pleurnicheurs, certains sujets sont tabous et ne peuvent être abordés que par provocation pour bien souvent… retourner aux oubliettes. Et pourquoi un ministre ne poserait-il pas des questions qui fâchent et qui peuvent donner lieu à débat ?

     Pourquoi en effet toutes ces disparités de statuts entre les Français, pourquoi certains avantages à certains et pas d’autres, pourquoi ces régimes de retraite si différents, tout cela au nom de l’unité syndicale sans doute ou des valeurs de la gauche…

     Mon parcours personnel n’a sûrement pas valeur d’exemple, mais au moins je peux témoigner modestement : en 42 ans de vie professionnelle, je fus salarié de l’industrie, puis fonctionnaire d’Etat, puis fonctionnaire territorial, puis avec le même statut mis à disposition d’une association et enfin profession libérale. Cela ne vaut que pour moi bien sûr, mais là où j’ai le moins travaillé avec un respect scrupuleux des horaires, c’est dans le privé. Là où j’ai le plus travaillé avec des horaires élastiques et travail à la maison, c’est en tant que fonctionnaire territorial. Là où j’ai été le plus impliqué avec une responsabilité personnelle sur mon avenir professionnel, c’est en tant que profession libérale.

     Je me souviens de ce professeur de français qui, en classe de 5ème, nous expliquait que dorénavant ce ne serait plus comme avant, que nous allions exercer plusieurs professions au cours de notre vie et qu’il fallait se préparer à ces changements.

     Le problème, sans doute réel, a été mal posé comme trop souvent. Bien sûr, il ne s’agit pas de supprimer les fonctionnaires, ou de rompre brutalement leur statut actuel, mais peut être peut-on s’interroger sur des transitions possibles et des adaptations à imaginer. Il faudrait surtout rendre possibles et plus souples les changements de statuts, y compris au sein de la fonction publique. Il conviendrait d’être plutôt imaginatif que revendicatif, prospectif que conservateur pour assurer davantage de formation continue et de mobilité professionnelle afin de pouvoir alterner des emplois et des statuts.

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 08:01

     Les médias nous montraient des images de migrants embarquant sur des barcasses improbables, parfois tombant à la mer, les corps flottants sans vie, ou ce petit garçon face sur le sable… Puis on voyait ces files interminables de marcheurs vers une destination inconnue aux frontières encore ouvertes… Il y avait là des jeunes enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées, des étudiants, des enseignants, des médecins… et toutes sortes de gens fuyant leur pays en guerre ou dans la misère. On nous répétait toutes sortes de commentaires comme l’afflux de migrants en Europe et en France ressemble à l’invasion du IVème siècle, oubliant qu’il y a peu (70 ans) nous étions, nous Français, en situation inverse pour fuir devant l’envahisseur nazi.

     A l’évidence, le problème avait été traité à l’envers. Il eut fallu en premier lieu que l’ONU prenne les choses en main dans les pays concernés pour contrecarrer les despotismes en tous genres, répartir un peu mieux les moyens existants et remettre de l’ordre au sens propre du terme. Il eut fallu aussi que l’Europe, soit disant unie… élabore une politique étrangère commune pour participer de façon organisée et équitable à l’accueil des réfugiés. Il eut fallu enfin que les états-nations, cette survivance passéiste du chacun pour soi, deviennent majeurs pour ne pas tomber dans des surenchères délirantes : je vais accueillir 5 000 réfugiés, et moi donc 10 000, et moi qui suis plus généreux 30 000 en deux ans… quand le premier se ravise et finalement ferme ses frontières, ne sachant pas comment nourrir et loger toute cette foule. Environ 500 000 migrants sont parvenus aux frontières de l’Europe depuis le début 2015, pour autant qu’on puisse les compter par rapport au nombre de noyés. Le flot continue et ce n’est qu’un début, que l’on ne s’y trompe pas. Cette situation n’est que prémonitoire des migrations climatiques qui pourraient bien déferler un de ces jours, comme déjà dit à propos de migrants-ci, migrants-là. Malgré quelques initiatives généreuses d’élus et citoyens, voilà à nouveau la xénophobie qui monte, les murs qui s’érigent, les barbelés qui « protègent les frontières »…

     Justement, je suis assis au pied d’un arbre, à contempler le coucher de soleil, et voilà qu’un défilé de fourmis s’étire en un long ruban minuscule vers ce qu’il reste de lumière. Et puis un corbeau freux s’approche, tel la grande faucheuse, se pose et picore à tout va dans cette multitude au destin des plus hasardeux… Le défilé s’éclaircit et je me dis que décidément les hommes et les fourmis ont parfois des destinées ressemblantes… Comme toujours, les hommes peuvent être victimes d’atrocités ou auteurs de celles-ci, comme pouvait en témoigner Germaine Tillion dont Kouri était le nom de résistante (Kouri, par Dorothée Werner, chez J.C. Lattès, 2015).

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 07:33

     Dans cette grande maison, les projets allaient bon train et on décida vite de construire une usine de production d’énergie comme on n’en avait encore jamais vue ! Et c’est ainsi qu’en 2007 commença la construction d’un réacteur dit de « troisième génération » afin de répondre au triple objectif de coût de l’énergie, de sécurité et d’impact environnemental. Ils ont appelé cet engin du futur, un EPR (Réacteur Pressurisé Européen). Garanti, ce sera l’avenir du nucléaire, avec une livraison prévue pour 2012.

     Cette installation s’inscrit dans la continuité des techniques de sécurité existantes, mais en les renforçant encore, avec un niveau de sécurité dix fois supérieur aux réacteurs actuels, en réduisant les déchets radioactifs de 15 à 30 %. Garantie totale !

     Après quelques aléas de début de chantier, la construction va bon train, mais en 2008 apparaissent des fissures dans le bêton de la plateforme. Les travaux sont arrêtés, puis reprennent. Mais voilà qu’une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de cuve est décelée. Oh rien de grave, c’est juste que ce couvercle pourrait ne pas résister à des pressions trop fortes et qu’il s’agit du cœur du réacteur. Puis ce sont les soupapes de sûreté du réacteur qui rencontrent des difficultés de fonctionnement. La mise en service est reportée à 2017, puis en 2018.

       Cet EPR est commercialisé à l’échelle internationale et actuellement en construction en France, en Finlande et en Chine. C’est une garantie pour le développement durable, tant « il offre une résistance exceptionnelle aux risques internes et externes » !

Oui tout cela est formidable, mais… on a dû arrêter la construction de cet engin miraculeux en raison de soucis… de sécurité. Et aussi, accessoirement, parce que le coût prévu de 3 milliards d’euros devrait atteindre 10,5 milliards d’euros. On attend la suite pour la reprise du chantier.

        Tout cela est tellement formidable que le gouvernement a dû appeler EDF à la rescousse pour reprendre la division réacteurs du groupe et tenter de sauver les meubles.

         Ah rêvons qu’AREVA puisse nous garantir un avenir serein… Tiens au fait, si on économisait un peu l’énergie, par exemple en éteignant la lumière dans les locaux que l’on quitte ou l’éclairage public de certains villages allumé toute la nuit…

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 09:19

     Depuis quelques décennies, des centaines d’ouvrages ont été publiés sur la nature et l’environnement. Mais certains ont été plus marquants que d’autres, tel « Printemps silencieux » de Rachel Carson (1962) ou « Avant que nature meure » de Jean Dorst (1965), et tant d’autres. Un ouvrage qui marquera certainement le début du 21ème siècle est celui de Robert Barbault « Au nom du vivant » publié en 2014 chez Buchet-Chastel, peu après la mort de son auteur.

     Les huit chapitres de l’ouvrage se répartissent en deux thématiques, d’abord une présentation à base d’exemples de la biodiversité, source de notre existence, puis une réflexion sur la place de l’homme en tant que « compagnon voyageur des autres espèces dans l’odyssée de l’évolution ».

     Il n’est pas besoin d’interpréter les propos de Robert Barbault, de les traduire pour le profane, tout est clair et limpide.

     Extrait : « La biodiversité… c’est notre nature, nous vivons d’elle, avec elle. Que nous la transformions est dans notre vocation, comme pour toute espèce…. Tous nos paysages ne sont-ils pas le fruit d’une intime coévolution entre les milieux que nos ancêtres ont colonisés et nos pratiques, nos usages et nos intérêts culturels ? »

     Force est de reconnaître que nous autres humains, nous accrochons à cette utopie qu’est la permanence de notre espèce, alors que tout évolue, les milieux et les espèces et rien ne permet d’assurer que nous sommes… éternels.

     Mais Robert Barbault nous apporte dans son ouvrage la note d’espoir finale qui trace la voie :

     « Pour moi, et c’est le sens de ce livre, il est plus que temps de résister à la démesure qui nous précipitera dans le néant pour revenir à l’humilité qui sied à l’humain ; de réaliser que nous vivons dans un monde fini ; de retrouver nos racines. N’avons-nous pas enfin compris que la biodiversité, la nature, c’était le fondement même de notre existence – de notre nature ! »

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 07:11

     Que n’a-t-on pas dit à propos des 35 heures, à propos des difficultés de l’emploi. L’objectif, en passant de 39 à 35 heures devait permettre de partager le travail. La grosse erreur n’a pas été cette réduction d’horaires, mais son application, en faisant croire qu’en travaillant moins, on gagnait autant. Il fallait réduire le temps de travail ET les salaires. Qu’en est-il maintenant que le chômage continue à progresser malgré tous les bricolages tentés ?

     Il est temps, il est grand temps de s’interroger enfin sur le travail, sur le sens, l’utilité et le partage du travail. Autant de questions qui remettent en cause toute notre société selon les réponses que l’on apporte. En effet, à quoi ça sert de travailler ? Bien sûr, l’élaboration de produits ou services génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi ? A quoi peuvent bien servir des produits « consommables » surchargés en colorants, conservateurs ou pesticides, sinon à nuire à la santé. A quoi peuvent bien servir des véhicules « suréquipés », sinon à encombrer notre vie avec de la technologie inutile. A quoi peuvent bien servir des emballages multiples sur certains produits, sinon à remplir notre poubelle. A quoi sert la publicité pour vanter les « mérites » de tel objet qui ne sert à rien, sinon faire vendre. Il ne serait pas plus malin d’élaborer des produits dont on a réellement besoin, sains, non pollués ou polluants, qui apportent une réelle contribution à notre bien être ?

     Face à cette situation, il est grand temps de partager l’emploi ! Il y a moins de travail, partageons le travail. Diminuons le temps de travail pour maintenir le nombre d’emplois. Dans ce cas les 30 heures ne sont pas utopiques, seulement politiquement incorrectes, alors que la mécanisation à outrance pourrait bien amplifier le phénomène dans les années qui viennent. Cette règle est déjà en application chez Opel en Allemagne. On répartit alors le travail et on répartit les salaires. Certes, cette réduction hebdomadaire du travail est un slogan qu’il faudrait décliner : pourquoi la même règle pour tous, alors qu’il existe des types d’emplois très différents. De même il faudrait plutôt annualiser le temps de travail afin de libérer du temps libre.

     Il s’agit là d’un vrai choix de société à faire entre le partage et la situation actuelle, celle de la précarité pour certains… condamnés pour que perdure la société inégalitaire.

     Autant dire qu’il va falloir beaucoup d’imagination pour mener cette révolution du travail. Mais il y a des révolutions pacifiques et d’autres… moins !

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