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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 10:27

      L’accident grave survenu à l’usine Lubrizol de Rouen le 26 septembre 2019 a généré une situation qui pose de nombreuses questions quant à la gestion de crise, la culture du risque et les suites à donner.

La gestion de crise :

      Certes, la communication de crise n’a pas été du tout à la hauteur de l’évènement, c’est le moins que l’on puisse dire… La catastrophe fut plutôt la communication que l’incendie lui-même ! Cet amateurisme a généré de nombreuses questions, restées sans réponse ou avec des approximations et sans aucune pédagogie. Le doute fait naître la peur et mène à la psychose, et ce fut le cas… A ce stade, personne ne maîtrise plus la situation et on a entendu n’importe quoi, entre le censé et le stupide, avec qui plus est des commentaires totalement fantaisistes et pire encore des insultes pour les industriels, les élus, les services de l’Etat, en dehors de toute connaissance basique du fonctionnement de notre société… Les médias se sont régalés et quelques opportunistes se sont léchés les babines avec des élections prometteuses en vue… Les mesures prises ensuite, bien qu’opportunes, n’ont pas convaincu.

      Bien sûr la critique est aisée, mais a minima, il aurait tout de même fallu rappeler quelques notions de base afin de recadrer l’évènement dans son contexte historique. Même si l’urgence était, bien sûr, la protection des populations, que ce soit sur le plan sanitaire ou psychologique, il aurait été utile de rappeler d’où viennent les Rouennais, l’évolution de cette ville industrielle et de la vallée de la Seine. Certes l’histoire est vite oubliée, mais elle peut aider à relativiser les choses, sans pour autant minimiser le drame du moment.

      C’est dès le 17ème siècle que l’industrie s’installe en vallée de la Seine, en particulier autour de Rouen, avec l’utilisation de produits très nocifs, des explosions de poudrières ou des incendies d’usines textiles. Mais c’est seulement à partir des années 1960 que « les fumées noires, jaunes ou rousses, les mauvaises odeurs furent considérées comme des pollutions affectant environnement et santé » (J. Chaïb).

      Lors de l’accident Lubrizol, la polémique a été permanente quant aux informations relatives à la toxicité des produits. La situation était particulière, mais pour autant, on ne peut pas dire que « l’on nous cache tout »…  L’information générale sur les pollutions diverses est bien connue par le centre documentaire de l’Agence régionale de l’environnement, qui existe sous différentes formes depuis 1978… (inauguration par Jean Lecanuet, maire de Rouen et Jean Dorst, directeur du Museum de Paris) et la pollution de l’air particulièrement par ATMO Normandie, qui sous différentes formes encore, existe depuis 1973… ! On ne peut pas indéfiniment répéter que tout est truqué, et il faut se souvenir qu’est bien informé qui veut l’être !

      Il aurait été utile aussi de rappeler que cette vallée industrielle de la Seine, si elle ne date pas d’hier, préoccupe depuis longtemps et a considérablement évolué en termes de risques et de gestion de ceux-ci. La toxicité des produits émis par Lubrizol a beaucoup fait parler, mais là encore sans relativiser avec d’autres circonstances. Ainsi faut-il rappeler encore la pollution résultant des pesticides dont les conséquences sur la santé sont connues et sans doute bien plus importantes. Les premières études de la MSA (Mutualité sociale agricole) concluent qu’en France on constate entre 100 et 200 intoxications aiguës par an imputées aux pesticides.

      Faut-il rappeler aussi que si la pollution de l’air, à Rouen pour ce qui nous concerne ici, reste une préoccupation, on oublie vite que l’intérieur de notre voiture est souvent plus pollué que l’air extérieur et plus encore que les pollutions intérieures à la maison (en particulier dans notre salle de bain) sont bien plus redoutables que celles de dehors. On ne parlera pas des manifestations pendant lesquelles, assez systématiquement, sont brûlés des pneus…

      Quant à la cigarette… On compte de l’ordre de 4 000 substances différentes dans la fumée du tabac, dont des cancérigènes majeurs, de la dioxine, du plomb, mercure, ammoniac et même cyanure ! Dans le monde il y a de l’ordre d’un milliard de fumeurs, dont 15 millions en France, qui fument 12 à 15 cigarettes par jour et… rejettent leur fumée dans l’atmosphère. C’est ainsi que 90 % des cancers du poumon sont dus au tabac, cause de 73 000 morts prématurées par an en France.

     A suivre : La culture du risque, Les suites à donner.

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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 09:42

     Les plastiques sont devenus une préoccupation partout dans le monde, d’autant plus que les cours d’eau et courants marins ont tendance à les regrouper dans… un océan de plastique. Malgré cela et tous les dispositifs mis en place pour la collecte des déchets, ceux-ci prolifèrent allègrement, un peu partout, en ville et à la campagne…

     Il est donc urgent de sensibiliser la population en général et les jeunes en particulier pour que notre village, notre pays, notre planète ne deviennent pas une vaste poubelle.

     Cette sensibilisation peut se faire de différentes manières et on le voit de plus en plus avec des séances de ramassage de déchets ici ou là. Le collège Francis Yard de Buchy (Normandie) a innové à sa manière en mettant en place un flash mob (rassemblement public d’un groupe de personnes pour effectuer une courte action) spectaculaire. Le 9 octobre 2019, après une longue préparation minutieuse par tous les élèves et tous les personnels, avait lieu l’opération Life in Plastic, it’s fantastic ? Une démonstration internationale dans le cadre du projet Erasmus+ réunissait un peu plus de 650 personnes : les élèves du collège, près de 50 élèves de divers collèges européens, tous les professeurs et même le maire de la ville.

     Une vaste chorégraphie a réuni tout ce monde, avec force bouteilles en plastique, pour une longue chaîne jusqu’au lieu de stockage, en vue du recyclage. Tous ces élèves ont ainsi été sensibilisés à la nécessité de recycler et surtout de penser de nouvelles manières d’utiliser les plastiques.

     Cette sensibilisation sera poursuivie en classe pour des échanges sur ce sujet.

     On peut être sûrs que ceux-là, au moins, ne jetteront plus leurs canettes depuis le scooter ou la voiture !

     C’est un exemple des actions qu’il faudrait multiplier largement pour, enfin, apprendre la nature à tous, dès le plus jeune âge et à tous les niveaux de formation.

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 14:38

     Face à l’actualité brûlante concernant l’environnement, des solutions sont proposées pour refaire le monde dans « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement.

 

     FETE DE LA POMME : samedi 16 novembre 2019,

       de 10h à 18h au Château-lycée agricole de Merval

       à Brémontier-Merval, entre Argueil et Gournay-en- Bray (76)

 

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

- Acheter dès maintenant dans toutes les bonnes librairies.

- Ou à défaut, commander sur internet : https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo

 

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14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 14:47

La résilience :

     Dès lors la grande question est de savoir, s’il y a effondrement, ce qui viendra après, tout cela étant à imaginer et à créer. Voilà bien du nouveau ! Mais quel avenir proposer à nos enfants et petits-enfants si la fin de ce monde est inévitable ? Les survivalistes américains construisent déjà des bunkers et accumulent des conserves pour survivre tandis que les collapsologues essaient d’inventer des communautés locales fondées sur l’entraide. Si pour certains il est déjà trop tard pour la transition écologique, il faut, a minima, s’organiser pour surmonter cette crise de civilisation. Pour s’en sortir, il faudrait tout de suite une économie de guerre, un état d’urgence climatique, afin de rationner les carburants, les vivres et sans doute limiter les naissances dans un contexte planétaire. Tout cela étant bien éloigné des préoccupations liées au pouvoir d’achat… et pas très vendeur pour de prochaines élections ! Mais c’est cela la résilience.

     Nous voilà à la bifurcation où il faut choisir : tout faire pour empêcher cet effondrement ou admettre la fatalité et s’y adapter. Et ensuite ? Vivre dans des grottes, comme des chasseurs-cueilleurs primitifs ? Mais non, plutôt inventer une nouvelle civilisation, en ne répétant pas les erreurs du passé, en renouant une relation intime avec la nature, notre mère nourricière. Comme nous le répétons depuis des années, il faut refaire le monde, quel plus beau challenge peut-on espérer ? Le pire n’est jamais sûr, mais il est possible. Regardons les choses en face, avec réalisme et réagissons, avec résilience, afin de surmonter cette épreuve qui pourrait bien être redoutable de toute façon.

     Bien sûr les avis sont partagés entre imminence de l’effondrement ou délai d’une quinzaine d’années pour réagir. Mais d’ores et déjà, des citoyens s’organisent, seuls ou en communautés, pour retrouver des savoirs anciens, reprendre contact avec la nature à la campagne, pratiquer la permaculture… Une nouvelle vague de bobos écolos soixante huitards ? Peut-être, mais pas seulement. On rencontre dans cette mouvance aussi d’anciens banquiers ou informaticiens, lassés du « monde moderne » oppressant et anxiogène, soucieux de réinventer une vie collective.

     Mais alors quelles solutions envisager pour sortir de cette crise ? On retrouvera des pistes dans « Faire passer le message » pour orienter la construction de ce monde nouveau. A ces orientations générales, on peut ajouter quelques remarques telles que la nécessité urgente de revoir les bases de notre économie afin de privilégier les intérêts publics plutôt que les spéculations pour quelques-uns. Que faut-il gérer en commun si ce n’est ce qui correspond aux besoins primaires de la population, à savoir l’eau et l’alimentation en premier lieu. A titre d’exemple rappelons mes proposions faites en 2009, comme nationaliser l’eau. La gestion de l’eau est devenue un défi à relever pour garantir la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique de certaines régions. Il est urgent de considérer l’eau comme un bien essentiel, et l’accès à l’eau potable comme un droit fondamental, ce qui ne peut être un enjeu de marché. La propriété des réserves devrait pouvoir être « mondialisée » (avec la création d’une agence mondiale de l’eau) afin d’éviter les guerres de l’eau entre Etats et la gestion devrait être assurée par des régies publiques à différents niveaux. De même nous avons proposé de nationaliser l’agriculture vivrière. Aujourd’hui, l’agriculture traverse des difficultés, c’est le moins que l’on puisse dire. Par le biais des aides publiques la production agricole est largement financée par le contribuable, peu par le consommateur, elle est donc une production publique, de fait. Alors pourquoi ne pas nationaliser l’agriculture vivrière ? Il ne s’agit pas de recréer des kolkhoz d’un autre âge ou des kibboutz, ou de transformer les agriculteurs en fonctionnaires. L’agriculture a la grandeur de nous procurer la ressource la plus stratégique qui soit : notre alimentation. Alors, pourquoi ne pas aller au bout du raisonnement : l’Etat assure le « service public de l’alimentation » en contractualisant (via une agence de l’alimentation) avec les agriculteurs pour définir les productions, leur qualité et leur prix.

     Il s’agit là de ce que certains économistes nomment les biens communs, dont la gestion doit être harmonisée aux plans national et international et gérée au plan local. L’économie circulaire qui se développe de plus en plus s’inscrit dans ce registre. Voilà une voie de secours pour revenir à plus de respect de l’environnement et plus d’équité. Il devient évident que ces transformations en profondeur passent par une réorganisation de notre société, en particulier sur le plan politique pour les prises de décisions, la pédagogie que cela demande et la participation du public. D’innombrables initiatives sont prises en ce sens dans divers pays. Un élément nouveau est l’apport des femmes, trop longtemps tenues à l’écart, qui sont sensibles à ces problématiques et très déterminées.

     Par définition, l’avenir est incertain, ce dont nous sommes sûrs toutefois, c’est qu’il ne suffira pas de réformettes, c’est bien d’une révolution dont il s’agit. Le temps presse et nous devrons tous nous investir, individuellement et collectivement, en acceptant des restrictions inévitables et dans le respect d’autrui, faute de quoi…

     En conclusion : Nous sommes au seuil de l’effondrement de notre civilisation industrielle, ce dont nous sommes tous responsables. Ce n’est pas la fin du monde, grâce à la résilience dont nous saurons faire preuve. C’est le début d’un nouveau monde !

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 18:17

     Oh que voilà bien des choses compliquées ! Mais non, c’est très simple, juste un choix à faire pour chacun entre accepter l’effondrement de notre civilisation ou la volonté de réagir. Voilà bien le dilemme, mais il faut d’abord s’entendre sur les mots. La collapsologie désigne l’étude de l’effondrement de la civilisation, terme venant de l’anglais to collapse, s’effondrer. La résilience est un phénomène psychologique qui consiste à rebondir et surmonter les épreuves de la vie.

 

     L’idéologie la mieux partagée des 19e et 20e siècles était le progrès, surtout technologique et économique, avec un caractère quasi dogmatique, mais cette croyance est remise en question du fait de la crise écologique, climat et biodiversité. Nous éprouvons le besoin de nous projeter dans un avenir meilleur, pour nous-mêmes et nos enfants. Les 30 glorieuses (1945-1975) nous ont encouragés dans cette voie, persuadés que cela allait continuer. Pauvres naïfs nous étions. Pourquoi cette remise en cause maintenant ? Nous prenons conscience, avec retard certes, mais tout de même, du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité et, qui plus est, d’une démographie mondiale quasi incontrôlée qui remet tout en cause. C’est la désillusion. Si l’on prolonge les courbes relatives à la consommation d’énergie ou d’espaces agricoles en toute insouciance, il est clair qu’en quelques décennies la situation va devenir invivable. Plus nous attendrons pour réagir et plus il sera difficile de redresser la barre. Voilà bien le dilemme !

L’effondrement :

     C’est depuis 2015 que s’est développée la théorie de l’effondrement, suscitant controverses entre adeptes convaincus d’une certaine fin du monde et contestataires qui dénoncent un bluff scientifique. Parmi les premiers il est à noter la présence d’Yves Cochet, mathématicien né en 1946, membre des Verts, député puis ministre de l’environnement en 2001-2002. Il tente de faire prendre conscience d’un effondrement imminent de la civilisation industrielle et des moyens de réduire son ampleur. En 2018, 200 personnalités rejoignaient Yves Cochet dans un appel pour sauver la planète. Depuis on a vu des mouvements de jeunes marcher pour le climat, un succès des Verts aux élections européennes de 2019 et des sondages d’opinion en France qui placent les préoccupations environnementales au premier rang. Yves Cochet imagine un effondrement par la guerre liée au manque de ressources, ou par des épidémies, tout cela en lien avec le réchauffement du climat qui s’accélère et la pénurie d’eau potable. Dans cette hypothèse, au lieu d’être 10 milliards de Terriens en 2050, il se pourrait que nous ne soyons plus que 2 ou 3 milliards. Sans verser dans le catastrophisme, on peut en effet envisager un effondrement de notre civilisation industrielle à terme rapproché. L’utopiste d’aujourd’hui est celui qui croit que tout peut continuer comme depuis deux siècles alors que l’effondrement est notre horizon.

     Les hommes ont cru pouvoir être maîtres de la nature et en tirer profit indéfiniment, en lien avec des mythologies économiques et religieuses. Faut-il le rappeler encore, dès 1972, le rapport du Club de Rome mettait en garde, utilisant déjà le terme d’effondrement et préconisant des limites à la croissance… Il y a presque 50 ans ! Qui a entendu cet appel ? Maintenant, nous voilà face aux réalités. L’effondrement est bien un processus qui mène à une réduction de la fourniture des besoins de base à la population. Par exemple, en cas de catastrophe, Paris ne dispose que de trois jours d’autonomie alimentaire ! Et que penser des conséquences en cascade d’un « simple » accident comme celui de Lubrizol à Rouen survenu en septembre 2019 ? Il s’agit bien là d’un avertissement en termes de réactivité, de communication et d’efficacité des mesures prises. En noircissant juste un peu le tableau, la conjonction d’un effondrement environnemental, économique et social conduirait à une situation particulièrement alarmante. N’oublions pas qu’un effondrement du bloc asiatique pourrait engendre un flux de plusieurs millions de migrants.

     Sans dramatiser, soyons attentifs au moins aux réalités du présent :

     Dans son rapport du 25 septembre 2019 (établi par plus de 100 auteurs de 36 pays, à partir de plus de 7.000 références scientifiques récentes), le GIEC alerte sur « l’urgence à définir des mesures prioritaires pour faire face aux changements durables et sans précédent que subissent l’océan et la cryosphère (les régions gelées de la terre) ». Le niveau de la mer devrait augmenter, selon les hypothèses, de plus de 80 cm en moyenne d’ici 2100, menaçant environ 700 millions de personnes dont beaucoup sont concernées dès maintenant par cette menace sur les habitats côtiers. Sans oublier que la réduction en cours des glaciers d’Europe, et ailleurs, impacte la disponibilité en eau en aval, notamment pour l’agriculture et l’hydroélectricité. Dès maintenant les processus s’accélèrent et les évènements extrêmes, de rythme centennal, vont devenir progressivement annuels. Selon le GIEC, « le réchauffement et l’acidification de l’océan, la diminution de l’oxygène et les variations de l’approvisionnement en nutriments ont déjà des répercussions sur la répartition et l’abondance de la faune et de la flore marines dans les zones côtières, en haute mer et dans les profondeurs océaniques ». 

     Bien entendu, rien n’est sûr et personne n’est en mesure de prédire les échéances et l’intensité des phénomènes, mais il faut étudier les scénarios possibles et leurs conséquences, afin de les gérer au mieux. C’est tout l’intérêt de la collapsologie de nous inciter à tout mettre en œuvre pour éviter la catastrophe.

A suivre : la résilience.

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 14:04

     Un accident grave est survenu à l’usine Lubrizol de Rouen, un des 1 300 sites Seveso de France (dont 60 en Seine-Maritime), le 26 septembre 2019, entraînant l’incendie de 10% des installations. Le nuage de fumée et de suie, sous la poussée des vents dominants, a atteint 20 km de long et 6 km de large, quelque chose jamais vu ici.

     Les services de l’Etat ont donné l’alerte avec quelques heures de retard, avec des sirènes peu entendues, puis ont délivré des informations fragmentaires, approximatives et manquant singulièrement de pédagogie. Des cafouillages en ont suivi pour la rentrée des écoles, les départs au travail, etc. Une véritable psychose a résulté de cette situation anxiogène et les réseaux sociaux ont explosé sous les commentaires dont beaucoup étaient déplacés, voire stupides. Les jours qui ont suivi ont montré une surenchère invraisemblable : des journaleux (à ne pas confondre avec les vrais journalistes rigoureux) étaient en quête de sensationnel pour capter un peu d’audience et commentaient à tout va des faits non vérifiés ; des politicards (à ne pas confondre avec les femmes et hommes politiques tout à fait respectables) ne voulant rien rater en période électorale pour attirer l’attention, ont émis des hypothèses ou formulé des propositions dénuées de fondements sérieux ; des grincheux « montaient aux rideaux » avant de réfléchir un peu, lançant pétitions, déposant plaintes, on ne sait contre qui, ni pour quel objectif… Toute cette confusion a créé un climat assez effrayant, personne ne sachant plus très bien où était la vérité, s’il y avait danger réel ou pas… Comme un révélateur des dysfonctionnements de notre société ! Faut-il le redire, en environnement rien n’est jamais simple, ce n’est pas noir et blanc. Il n’y a eu ni morts ni blessés certes, mais la situation est grave, il faut donc rester calmes, pondérés et rechercher ensemble des améliorations pour éviter un renouvellement d’une telle situation.

     L’usine Lubrizol est installée à Rouen depuis 1954 pour fabriquer surtout des additifs pour les huiles moteurs, pionnière dans cette filière. Ces additifs ont permis d’améliorer les performances des moteurs, c’est ainsi que l’on fait une vidange de sa voiture maintenant tous les 25 000 km au lieu de tous les 5 000 km il y a 50 ans. C’est un gain à la fois économique et environnemental. Cette activité est dangereuse compte-tenu des produits utilisés, ce qui demande des précautions incessantes. Malgré ce risque (Seveso), l’entreprise Lubrizol est reconnue dans le milieu industriel pour être d’une grande rigueur, même si elle a connu plusieurs incidents, olfactifs notamment. Les exigences internes en matière de sécurité et d’environnement sont prédominantes, d’autant plus que les postes de direction comporte plusieurs femmes, souvent plus exigeantes encore que les hommes en ces domaines. Il faut tout de même rappeler les efforts faits par cette entreprise depuis plusieurs décennies pour réduire les pollutions et les déchets, mettre en place une instance de dialogue entre les riverains et la direction dès les années 1990 (cas unique en France), l’urbanisation n’ayant cessé de rejoindre l’usine, et mener une réflexion permanente entre l’entreprise et des personnalités extérieures à propos de ses impacts environnementaux. Mais le risque zéro n’existe pas...

     Dans la confusion de la communication de crise, on a « oublié » quelques questions, pourtant pertinentes… C’est plusieurs jours plus tard que l’on a entendu, ici ou là, une interrogation sur le devenir des 400 salariés de l’entreprise et des félicitations pour les 240 pompiers (y compris ceux de l’entreprise), qui eux, ont pris tous les risques… Il y a peu de temps encore, l’explosion d’un « pétard du 14 juillet » générait l’hypothèse « attentat ». Cette fois, rien… ni même sur l’hypothèse d’un acte de malveillance, évoquée plus tard. Il a été trop peu rappelé que les réglementations, les procédures, les organismes de contrôle de ce type d’installation existent depuis des décennies et sont exigeantes et globalement efficaces, mais perfectibles. Sans réduire l’importance de l’accident, il conviendrait peut être aussi de le replacer dans son contexte de la pollution de l’air : 48 000 morts par an en France à laquelle contribue notre voiture. Quant au tabac, pollution de l’air délibérément choisie, il occasionne 73 000 morts par an en France…

      Nous voilà bien au cœur du débat. Comment concilier les contraires ? Avoir besoin de certains produits mais refuser les usines qui les fabriquent. Ressusciter Alphonse Allais pour mettre les usines à la campagne et ainsi libérer les villes. Fermer l’usine mais garder des emplois et ses produits. Il est urgent de sortir de cette dualité pour prendre un peu de recul et agir de façon coordonnée. Les résultats attendus des analyses des produits émis commencent à être communiqués et sont assez rassurants, même si des questions persistent. C’est le moment d’en tirer les conclusions pour l’avenir, de réfléchir aux dysfonctionnements et contradictions de notre société pour remédier à d’éventuels futurs accidents :

     Quelques pistes s’offrent à nous pour améliorer les processus de prévention :

  • Avoir une totale transparence de l’information en prenant les gens pour des citoyens responsables et à même de comprendre si on leur explique bien les choses. Cela signifie aussi revoir le système d’alerte qui a montré, cette fois-ci, de réelles défaillances.
  • Prendre des mesures de précaution rapidement, expliquées, de façon collective, en évitant les accusations sans fondement.
  • Prévoir des expertises contradictoires des risques pour plus de rigueur et de crédibilité.
  • Associer le public, sous des formes diverses (comités de quartiers, réunions publiques, médias) afin de prendre des décisions comprises et acceptées.
  • Dès maintenant, en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire, revoir les conditions d’installation des entreprises à risques en proximité de l’habitat et des transports, avec un maximum de sécurité.

     Tout cela prendra nécessairement du temps. Il faut d’abord gérer le présent puis préparer l’avenir en ne perdant pas de vue que la mesure des impacts des polluants sur les organismes vivants est une science complexe et nécessite en amont une évaluation environnementale suivie.

     C’est toute la conception de notre civilisation industrielle qu’il faut maintenant repenser, en privilégiant l’Humain et l’Environnement, c’est-à-dire la Vie… avant l’argent.

     Même si personne ne le souhaite, qu’en serait-il en cas d’accident nucléaire ??

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24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 09:08

     L’odeur de mon pays était dans une pomme. Amis Normands, vous vous souvenez de ce poème de Lucie Delarue-Mardrus qui célébrait notre chère Normandie :

L'odeur de mon pays était dans une pomme.
Je l'ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un herbage vert.
L'herbe haute sentait le soleil et la mer,
L'ombre des peupliers y allongeait des raies,
Et j'entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,
Se mêler au retour des vagues de midi.
Je venais de hocher le pommier arrondi,
Et je m'inquiétais d'avoir laissée ouverte,
derrière moi, la porte au toit de chaume mou...

Combien de fois, aussi, l'automne rousse et verte
me vit-elle, au milieu du soleil et debout,
Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie
de tes prés, copieuse et forte Normandie!
Ah! Je ne guérirai jamais de mon pays !
N'est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans la fraîcheur, la paix et toute l'innocence!

Et qui donc a jamais guéri de son enfance ? 

     Lucie était infirmière à Honfleur pendant la première guerre mondiale, mais aussi poétesse, écrivaine, journaliste, historienne, romancière et sculptrice … rien que ça. Ses écrits expriment son désir d’évasion et son amour de sa Normandie natale.

     Cette fois-ci, ce sont Marie et Jean-Yves qui, amoureux de la Normandie et en particulier du Pays de Bray, s’expriment à leur manière avec un film en préparation sur la pomme. Après avoir produit les documentaires « La bergère et l’orchidée », « Des racines et des haies » puis « Demain l’abeille ; la dette humaine », Marie Benoit et Jean-Yves Ferret de Beaubec Productions vont bientôt tourner leur prochain documentaire « Tant qu’il y aura des pommes ». Ce film traitera essentiellement du verger conservatoire du lycée agricole de Brémontier-Merval, en Pays de Bray. Outre les aspects purement arboricoles, le film abordera aussi le thème de la ruralité en Pays de Bray, préoccupation montante.

     Rendez-vous donc à l’automne 2020 pour les premières projections.

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16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 17:19

En mars nous publions une chronique (www.michel-lerond.com/2019/03/jean-delacour-precurseur-de-l-ecologie.html) qui annonçait le colloque prévu pour commémorer le centenaire du Parc de Clères. Nous y voilà, c’est vendredi !

Créé  en 1919 par Jean Delacour, le parc  zoologique de Clères fêté, cette année,  son centenaire.  Cent années marquées par les évènements du XXe siècle mais aussi par les avancées de la recherche scientifique et l’évolution du rapport homme/animal.

Vendredi 20 septembre 2019   de 14 heures à 18 heures  à l'Hôtel des Sociétés Savantes, 190 rue Beauvoisine, Rouen. 

Accueil des participants à partir de 13h30

14 h Ouverture du colloque par M. Pascal Martin, président du Conseil Départemental de Séine Maritime et Madame  Nathalie Thierry, conseillère régionale, maire de Clères 

 

14 h 15 Introduction par M. Alain Bézu, président de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, lecture du début du discours de réception de Jean Delacour à l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen le 30 novembre 1934.

 

 14h30 : première partie : sous la présidence de Mme Anne  Dijon, directrice du Parc de Clères.

  1. h 45 Interview filmée de Jean Delacour en 1984

14h50  Les expéditions de Jean Delacour en Indochine  par Mme Adeline

Boinet-Delaplanche, chargée de développement du Parc de Clères. 

  1. h 10  Jean Delacour, précurseur de l'écologie par M. Michel Lerond, écologue et membre titulaire de l'Académie des Sciences, Belles-Lettrees et Arts de Rouen.

15h 40 Débat

  1. h Pause

16h15 : seconde partie : sous la présidence de M. Emmanuel Martin, docteur en ethnologie, spécialiste des relations homme-animal et membre titulaire de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen.

16 h 20 Le renouveau du domaine de Clères à l’époque de la famille de Béarn (1830—1919) par Mme Lise Auber, conservateur en chef honoraire du Patrimoine membre de la commission départementale des Antiquités.

  1. h 40 Les missions du Parc : l’exemple de la recherche scientifique à Clères par M.  Yannick Roman, vétérinaire du Parc de Clères.
  2. h 10  Le parc aujourd'hui par Mme Julie Levrier, biologiste, directrice adjointe du Parc de Clères

17 h 30 Débat

Conclusions par M. Emmanuel Martin : Quel avenir pour les zoos ?  

 

Samedi 21 septembre de 10h30  à 12h 

Une visite commentée du Parc de Clères est offerte aux participants au colloque.  

Elle sera suivie d'un pot amical au château.

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16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 15:33

     La fessée, même légère, est devenue incongrue et illégale. Pourtant un enfant trop turbulent en a peut-être besoin pour le ramener à la raison. Pas de violence bien sûr, mais une contrainte qui rappelle l’autorité et le devoir de respecter des règles de vie en commun. N’en serait-il pas de même pour une société qui dérive, devient insolente, indisciplinée, irrespectueuse… ?

     La France, vous savez ce grand pays des droits de l’homme, de la rigueur, des libertés, à l’histoire riche et exemplaire. La France, ce minuscule confetti sur la planète Terre, avec moins de 1 % de la population mondiale, a longtemps été un phare pour l’humanité. Est-ce que la lanterne du phare ne serait pas vacillante ?

     Il suffit de regarder et d’écouter autour de soi :

  • La négligence : les fils de téléphone qui traînent à terre depuis des mois ; les boîtiers EDF ou gaz dégradés, portes cassées, exposés à la pluie.
  • La dégradation des services publics : les retards incessants des trains sans information des voyageurs ; la robotisation des démarches les plus banales, sans contact humain.
  • Les incivilités : un Français sur trois jette des détritus par la vitre de sa voiture ; les déchets pullulent partout, en ville comme à la campagne ; l’irrespect des limitations de vitesse sur la route est quasi permanent avec une augmentation du nombre de morts.
  • L’irrespect du vivant : élevages d’animaux en « conserves » ; abandons d’animaux domestiques (la France est recordman d’Europe) avec parfois maltraitance.
  • Perte du sens de la démocratie : confusion récurrente entre manifestation et irrespect de la liberté d’autrui avec parfois vandalisme ; agressions de nos élus, parlementaires et surtout des maires.
  • Violence : entre gangs rivaux à propos de trafics divers, notamment de drogue archi banalisée ; agressions de policiers, de pompiers ou de personnels de santé, infirmières ou médecins ; 1 femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son conjoint…. et un enfant est tué tous les cinq jours sous les coups de ses parents…. !!

     On pourrait allonger la liste de ces exemples qui attestent d’une société qui a perdu ses repères, qui peut être va à la dérive… Notre société est de plus en plus marquée par la violence, que ce soit au niveau individuel ou collectif, en particulier à l’égard des institutions. Certes cela n’est pas tout à fait nouveau. Si l’on regarde le passé, il y eut maintes circonstances où la violence fut proche de la barbarie. Mais tout de même, au 21ème siècle, à l’époque de la mondialisation, dans le pays des droits de l’homme… quel étonnement ! Et pourquoi donc tant de haine ? Il serait bien téméraire de répondre à cette question, tant elle est complexe, mais n’y a-t-il pas à s’interroger sur des évolutions, somme toute assez récentes. Chacun sait que notre société est dominée par le « chacun pour soi », même si dans certaines circonstances on peut constater des élans de solidarité réconfortants. Il semble indéniable que chacun est très attaché à sa liberté, celle-ci étant d’une conception très individuelle. Par ailleurs notre société est construite sur le sentiment de compétition, que ce soit dans le milieu professionnel (obtenir le poste le plus élevé) ou la vie de tous les jours (posséder une voiture plus grosse ou plus rapide) ou même à l’école où on apprend trop souvent à être le « meilleur ». Quant aux sports, il n’en existe que bien peu qui ne soient pas de compétition, souvent entre nations. Les « autres » sont ainsi toujours des concurrents. Lorsque nous sommes confrontés aux réalités de la vie en société, tout individu qui fait obstacle à notre liberté individuelle est considéré comme responsable de cette amputation, devient coupable et mérite vengeance. Cela trop souvent. Ajoutons à cela que de nombreuses chaînes de télévision nous proposent chaque soir séries et polars expliquant comment commettre des crimes… il n’y a plus qu’à passer aux travaux pratiques !

     Remonter cette pente va prendre du temps et va nécessiter une nouvelle approche de la vie en société, un changement de culture vers plus d’Humanité. Faute de cette révolution nécessaire, notre démocratie pourrait bientôt être emportée, tout simplement... D’autant plus qu’avec les défis du climat et de la biodiversité, ce sont des millions de migrants qui vont se mettre en marche à travers le monde. Ce ne sera pas facile pour choisir entre les accueillir ou les rejeter à la mer…

     Pour nous ramener à la raison, je crains qu’une petite fessée ne suffise pas… Quant au grand coup de pied au cul, il serait salutaire que nous puissions nous le donner nous-mêmes pour nous réveiller. Sinon je crains que l’évolution de notre société ne soit très douloureuse !

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 18:12

     Nous avons déjà évoqué dans « Notre maison brûle… » les innombrables incendies de cet été 2019. Des centaines de milliers d’hectares ont été ravagé en Arctique, Groenland, Canada, Sibérie en relation avec les périodes très chaudes et très sèches que nous avons connues. A cela il faut ajouter les immenses incendies en Amazonie, très médiatisés, et ceux non moins inquiétants, de l’Afrique subsaharienne… passés sous silence, ou presque ! Chez nous, quelques feux de forêts ont été constatés aussi, mais ce sont surtout les feux de cultures qui ont retenu l’attention. Certes on se trouve dans une situation moins spectaculaire et moins préoccupante, mais tout de même… Plusieurs milliers d’hectares ont brûlé dans diverses régions dont la Normandie, en détruisant parfois quelques habitations.

 

En Normandie même, le département de l’Eure a été particulièrement touché, sur environ 1 600 hectares, soit 8 fois plus que d’habitude. En Seine-Maritime, c’est le Pays de Caux qui a été le plus concerné. Avec le dérèglement climatique, ce genre d’accident va se reproduire plus souvent encore. Les agriculteurs sont conscients de cette situation, ce qui est confirmé par la présidente de la Chambre d’agriculture de la Seine-Maritime qui a déclaré à la presse : « Le changement climatique, les agriculteurs en ont, depuis cinq-six ans, tous conscience… Il faut se préparer et mener des actions en préventif, ne pas exacerber les choses ». Des pistes vont être étudiées pour trouver des variétés de plantes moins gourmandes en eau et créer des réserves en vue d’irrigations.

     Peut-être faut-il aller un peu plus loin, par exemple en s’interrogeant sur les pratiques agricoles et notamment le contexte paysager dans lequel elles s’exercent. Ce n’est sans doute pas un hasard si les incendies se sont développés surtout dans les plaines de grandes cultures, comme le Vexin ou le Caux. Souvenez-vous, il y a quelques décennies, le paysage agricole était encore une mosaïque de cultures et prairies, délimités par des haies et des talus ou fossés. Mais les petites parcelles de quelques hectares ont fait place à des plaines de cultures qui mesurent maintenant couramment plusieurs centaines d’hectares, sans aucun obstacle. Certes, les aménagements anciens n’auraient pas permis de ralentir les dérèglements du climat ni d’arrêter totalement les incendies. Mais imaginons que, a minima, les grandes plaines de culture soient quadrillées par un maillage de bandes boisées, cela aurait une incidence évidente sur la biodiversité, pourrait constituer une transition vers l’agroforesterie, et surtout créer un ralentisseur d’incendies qui sont propagés à grande vitesse par les vents qui ne trouvent aucun frein sur leur passage.

     Ami agriculteur, cet hiver on commence avec une ou deux bandes boisées et ensuite on amplifie le mouvement. C’est cela aussi l’adaptation au monde nouveau !

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