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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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27 octobre 2023 5 27 /10 /octobre /2023 08:13

     Une année repère, il y a 50 ans ! C’est en 1972 qu’un groupe d’experts s’est réuni autour de Dennis Meadows pour publier leur rapport « The limits to growth », les limites de la croissance, et non pas « Halte à la croissance » comme il a été dit par les médias de l’époque… Ce petit livre de 125 pages décrivait l’impact destructeur des activités humaines sur notre planète : un rapport qui modélisait les futurs possibles de l’humanité et qui fut un signal d’alarme historique, traduit en 35 langues et vendu à quatre millions d’exemplaires ! Une alerte sur les limites de notre monde basé sur une croissance infinie… Meadows présentait ainsi son rapport : « Au vu des tendances actuelles, les limites physiques à la croissance seront atteintes au cours de la vie de nos enfants. Si nous ignorons cette limite, et que nous continuons une croissance fondée sur des politiques à court terme, nous atteindrons un point de non-retour qui conduira à un effondrement. »

     La publication de ce rapport, grand succès de l’édition… fut aussi accompagnée de critiques virulentes : toutes tendances politiques confondues, il était impensable de remettre en cause la croissance ! Mais voilà qu’un an après, le choc pétrolier de 1973 fait prendre conscience que le rapport Meadows n’était peut être pas une absurdité : bon sang mais c’est bien sûr, les énergies ne sont pas inépuisables ! Et là prennent naissance deux courants de pensée : on bloque tout et on passe à une croissance zéro, voire à la décroissance ou bien on revoit notre notion de la croissance et on passe à une croissance durable, donc adaptée aux ressources de la planète. Nous y voilà, on avance !

     En 1992, le sommet de Rio promeut le concept de « sustainable development », malencontreusement traduit par les médias français en « développement durable », expression ambiguë. Il apparaît alors assez évident que la croissance est disproportionnée par rapport à ce que la Terre peut fournir. Puis dès le début du 21ème siècle on prend conscience qu’après une poursuite irréfléchie de cette croissance à tout va, on pourrait aller vers un effondrement…, il est donc grand temps de bifurquer ! D’alerte en alerte, le GIEC nous a informés sur les risques encourus et notamment, que nous sommes en train de déterminer le futur des jeunes générations actuelles, en utilisant l’expression « guide de survie ». Eh oui, nous en sommes là… Le dérèglement climatique en lien direct avec une croissance abusive, va en effet frapper d’abord les populations les plus pauvres, les pays du Sud, et aussi de façon plus généralisée les jeunes nés après 2010 sur toute la planète. Beaucoup d’entre nous n’ont pas conscience de ce qui est en train de se passer, mais les plantes et animaux l’ont compris et on estime à la moitié des espèces celles qui recherchent des conditions de vie plus adaptées. Sans refaire la litanie des conséquences du réchauffement climatique, évoquons seulement la fonte de la banquise antarctique en cours et qui va avoir des conséquences lourdes sur toute le monde entier : montée du niveau des océans, modification des courants océaniques et de la distribution des écosystèmes dont nous dépendons pour notre alimentation, etc.

     2023, 51 ans plus tard… voilà un nouveau rapport pour actualiser les données : « Terre pour tous » (Editions Actes Sud, 2023, 303 p.) qui propose une feuille de route détaillée avec deux scénarios possibles, « Trop peu, trop tard » ou « Le pas de géant ». A chacun de nous de choisir… et en somme A demain… si vous le voulez bien !

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13 octobre 2023 5 13 /10 /octobre /2023 09:08

     Lecteurs, étudiants, candidats à refaire le monde, on se retrouvera avec plaisir le samedi 4 novembre, à la Librairie Colbert de Mont-Saint-Aignan (1 place Colbert – tel. 02 35 10 84 84) pour une dédicace de « A demain… si vous le voulez bien », mais aussi « Faire passer le message » et « Les clés de notre avenir », de 10h30 à 12h30 puis de 15h à 18h.

 

A demain… si vous le voulez bien - Persée, 2023.- 108 p.- 13€50.

Une réflexion sur notre avenir commun.

 

Faire passer le message - Persée, 2018.- 158 p. – 14€20

La biographie d’un lanceur d’alerte en environnement.

 

Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p. – 10 €

93 propositions concrètes pour « refaire le monde ».

 

 

 

Dédicace dans la Métropole de Rouen Normandie !
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29 septembre 2023 5 29 /09 /septembre /2023 08:13

     L’ambiance dans laquelle nous vivons, c’est d’abord le climat. Celui-ci est devenu délétère, mettant en danger notre santé et même notre vie. Cette ambiance délétère devient quelque peu étouffante, au sens propre parfois, et pesante. Un bref rappel des faits de ces derniers mois s’impose : Selon les climatologues, la Terre n’avait pas connu « depuis des centaines, voire des milliers d’années » un mois de juillet 2023 aussi chaud, soit 17°C de moyenne pour toute la planète. Les canicules se sont multipliées sur tous les continents, des incendies en ont résulté avec des millions d’hectares de forêts consumés et les océans n’ont jamais été aussi chauds. Environ 25 pays ont connu des températures supérieures à 50°C. En France, tous les records de température ont été battus, avec parfois plus de 30°C la nuit ! On est bien là face au dérèglement climatique et ses conséquences annoncées… depuis des décennies !

     Ces fortes températures ont entraîné un pic de mortalité dans les pays les plus touchés. Mais les impacts concernent également les écosystèmes, à moyen ou long terme. Si les effets sont bien visibles pour les incendies, ils le sont moins, mais redoutables, pour les écosystèmes marins, sources de vie inépuisable. Il est encore malaisé de prévoir avec exactitude les évènements à venir, mais il faut les envisager avec une approche écologique scientifique rigoureuse, et aussi avec humanisme, tant les individus et les peuples pourraient bien être inégaux devant ces modifications. Nous y voilà : Et vlan, dans le mur ! C’est bien en ce sens qu’il faut comprendre la réaction de Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU qui a exhorté les Etats à agir, après la canicule estivale de 2023. Face à cette situation, des mesures sont prises pour s’y adapter, telles que le ré-ombrage des villes, la réduction des véhicules thermiques ou le développement du co-voiturage. On avance lentement mais sans vraiment remédier aux causes du mal… De leur côté, certains jeunes remédient à l’éco-anxiété en s’engageant à leur manière, avec un retour vers le monde rural, en s’interrogeant « être ou ne pas être parent », en réinventant un monde du travail qui n’accepte plus de polluer ou de compromettre l’avenir. Il se pourrait que l’urgence écologique amène bientôt à des mesures politiques autoritaires qui auront pour fil conducteur la réduction des consommations de toutes sortes. Elles seront alors perçues comme liberticides, avec les remous sociaux que cela suscite.

     La transition écologique doit être mieux expliquée pour être comprise et acceptée, pour qu’elle devienne un véritable chantier collectif de construction du futur. Cela va comporter nécessairement des remises en cause fondamentales, économiques, techniques et philosophiques. Notre relation à la nature doit être repensée pour replacer l’espèce humaine en synergie avec les éléments naturels indispensables à la vie. La technologie doit être ramenée à sa juste place, en sortant du fantasme qui consiste à croire qu’elle va tout régler… Il faut aussi, et vite, repenser l’économie dont le but n’est pas la croissance infinie, au bénéfice de quelques uns avec un « ruissellement » sur les plus modestes, mais le partage des ressources avec un souci d’équité. Cela va supposer que soit revue la notion de propriété des ressources naturelles les plus courantes, l’eau, la nature en général et les énergies. Tout cela se réfléchit et s’enseigne, pourvu qu’on le veuille ! En somme, à demain… si vous le voulez bien !

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15 septembre 2023 5 15 /09 /septembre /2023 15:03

 On se retrouvera avec plaisir le dimanche 17 septembre 2023, de 10h à 18h : Salon du livre de Hodeng-Hodenger (76) pour « Hodeng fête le livre ».

 

Michel Lerond – « A demain… si vous le voulez bien » - Persée, 2023.- 108 p.- 13€50.

Une réflexion sur notre avenir commun.

 

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15 septembre 2023 5 15 /09 /septembre /2023 15:00

     La Normandie est la première région française pour sa part de surface agricole (70% de la surface régionale) : 2 millions ha concernant 29 000 fermes exploitées par 59 000 agriculteurs. Cette région est donc significative des évolutions en cours. La profession agricole, et en particulier les Chambres d’agriculture de Normandie, se préoccupent des conséquences du dérèglement climatique et ont entrepris un diagnostic pour estimer l’impact sur les cultures et les filières. C’est dans ce but que dès cette année 2023 ont été entrepris des tests pour travailler les sols différemment, choisir des variétés de cultures plus résistantes à la sécheresse ou encore concevoir autrement les bâtiments d’élevage. Ces tests concernent une cinquantaine d’agriculteurs normands et dès 2024, entre 500 et 1 000 expérimentations sont prévues. Ces évolutions visent aussi à décarboner l’activité agricole et favoriser la vente directe. En la circonstance, la technologie apporte une aide précieuse, en particulier avec la numérisation permettant la collecte des données et leur exploitation pour construire des outils d’aide à la décision. Par exemple les photos satellitaires permettent d’adapter les apports d’engrais en fonction des besoins réels au niveau des parcelles. Il convient maintenant que l’agriculture participe à enrayer le déclin de la biodiversité et la réduction des émissions de gaz à effet de serre (En France 20 % d’origine agricole). Les évolutions climatiques et la dégradation des sols sont des signes d’alerte, on constate tout de même une baisse de l’usage des pesticides et engrais chimiques, et c’est tant mieux !

     La bifurcation est donc en cours avec des changements de méthodes comme l’apport d’effluents d’élevage aux cultures plutôt que des engrais chimiques, la pratique d’intercultures pour piéger les nitrates ou encore en revendant du colza à une entreprise proche de fabrication de biocarburants. De plus la replantation de haies et d’arbres contribue à restaurer les milieux dégradés. En Normandie, comme ailleurs, les idées fusent et les expériences se multiplient : utiliser les prévisions météo fines pour ajuster les pratiques, adjoindre des ruches à l’exploitation, regrouper les petites exploitations pour travailler en harmonie entre voisins, avoir le souci permanent de nourrir plutôt que produire, etc. Comme dans bien d’autres domaines, en agriculture aussi il faut tout ré-inventer, et l’agroécologie pourrait bien être une solution d’avenir en produisant de manière durable : limiter les labours et les monocultures, varier les semis entre des parcelles de tailles raisonnables, améliorer la fertilité avec les déjections animales, etc.

     La démographie agricole est aussi une préoccupation quand on constate le vieillissement de la profession : on compte 400 000 agriculteurs de moins depuis 2019 ! Et la profession ne représentera plus que 2 % des actifs en 2030, contre 33 % en 1945 ! En conséquence le nombre de ferme diminue (-20 % en dix ans) et celles qui restent sont de plus en plus grandes, avec une orientation de plus en plus forte vers les grandes cultures mécanisées. Comment réorienter l’agriculture avec moins de bras, moins d’élevage, et plus de technologie ? L’agriculture, vecteur important de vie sociale et économique dans le monde rural, doit redevenir attractive. Cela nécessite, entre autres, de faciliter l’accès aux terres pour les « néo-paysans ». Là comme ailleurs, c’est au final le « consom’acteur » qui doit prendre son destin alimentaire en main en achetant un peu moins, mais à proximité et de qualité. Plutôt le mieux que le plus ! Nous sommes tous responsables !

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1 septembre 2023 5 01 /09 /septembre /2023 08:16

     On se retrouvera avec plaisir le dimanche 17 septembre 2023, de 10h à 18h : Salon du livre de Hodeng-Hodenger (76) pour « Hodeng fête le livre ».

 

Michel Lerond – « A demain… si vous le voulez bien » - Persée, 2023.- 108 p.- 13€50.

Une réflexion sur notre avenir commun.

 

 

Promotion du livre :

En projet :

Dimanche 17 septembre 2023, de 10h à 18h : Salon du livre de Hodeng-Hodenger (76) : Hodeng fête le livre.

Samedi 4 novembre 2023, de 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h : dédicace à la Librairie Colbert, Mont-Saint-Aignan (76).

Automne 2023 : Librairie Papiers et plumes, Buchy (76) : dédicace.

 

Promotion déjà réalisée :

Dimanche 2 juillet 2023 : Festival Climacoustique de l’écologie festive, Forges-les-Eaux (76) : conférence et dédicace.

- Juillet 2023 : Article dans Paris-Normandie Dieppe-Bray.

- Juin 2023 : Annonce dans le journal local Le Blainvillais (76).

- 30 juin 2023 : chronique « La Normandie se découvre » sur Horizon FM.

Dimanche 25 juin 2023 : Salon du livre de Bois-Héroult (76). Avec l’association Les Choucas Livres : échange avec l’auteur et dédicace.

- 7 juin 2023 : interview dans le cadre de l’émission « L’invité du soir » de RCF (Radio Chrétienne Francophone).

Samedi 13 mai 2023 : La Presse de Serqueux (76). Dédicace.

- 3 mai 2023 : article dans Côté Rouen « Réflexions sur l’avenir environnemental de Michel Lerond » page 8.

29 avril 2023 : dédicace à la Librairie Autres Rivages, Buchy (76).

- 25 avril 2023 : article dans L’Eclaireur – La Dépêche.

- 20 avril 2023 : interview dans le cadre de l’émission « Côté Experts » de France Bleu Normandie ) Adopter un comportement écologique est il à la portée de tous ? (francebleu.fr)

- 19 avril 2023 : mise en ligne d’un écho sur Voyager pratique (VOYAGERpratique.com: Résultats de recherche pour michel lerond).

- 18 avril 2023 : article dans Le Bulletin de l’arrondissement de Rouen.


 

Les livres de Michel Lerond en vente sur internet (10 titres encore disponibles, anciens et récents) :

https://www.wook.pt https://www.amazon.fr https://www.decitre.fr https://www.eyrolles.com

 

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19 août 2023 6 19 /08 /août /2023 07:45

      Etre auto-satisfait, ce n’est sans doute pas bien du tout, mais quand on rabâche les mêmes évidences depuis des années et que la réalité rattrape les annonces faites, on se dit content d’avoir eu raison… même si c’est bien dommage ! Pour ma part, depuis… quelques décennies, je n’ai rien inventé mais seulement transmis les savoirs de nombreux chercheurs, en étayant mes dires avec une expérience professionnelle. Alors permettez-moi quelques rappels en me répétant encore, avec une certaine hargne, pour insister sur les dangers du déni. Voici quelques phrases parmi les plus significatives, extraites des 800 chroniques de ce blog :

     As-tu vu Tuvalu

     - 2007, il y a 16 ans : première chronique de ce blog :  As-tu vu Tuvalu ?, extrait : Pourtant, c’est tout de suite que des mesures s’imposent face à ces risques. Pour contribuer au ralentissement du réchauffement climatique, il faut réduire de façon drastique la consommation de produits pétroliers, en particulier dans les transports…

     - 2008 : A quand les 200 dollars ?

     La progression démographique et le développement technologique nous ont amenés, lentement d’abord puis rapidement au cours du 20ème siècle, là où nous en sommes : la nécessité de choisir entre réduire nos consommations et survivre ou continuer sur notre lancée et … disparaître.

     Alerte rouge ?

Certes, depuis quelques années, nombre de dirigeants et de citoyens ont pris conscience des enjeux planétaires en matière de modification du climat. Mais le défi est devant nous : c’est dans la décennie qui vient que tout se joue !

     - 2009 : Qu’est-ce qu’on attend ?

     Allons-nous continuer, comme les passagers du Titanic, à attendre le choc pour être convaincus qu’il y avait bien un iceberg devant nous ? Il nous appartient de choisir entre le monde en crise actuel et un nouveau projet de société.

     Vous allez vous acclimater ?

     De toute part les scientifiques alertent les politiques sur les conséquences déjà constatées du réchauffement : augmentation du nombre de cyclones, tornades, incendies de forêts, inondations, sécheresses et tempêtes de neige qui frappent différentes zones de la planète.

     - 2011 : Le réchauffement va-t-il nous refroidir ?

     Nous devons donc nous attendre, en France aussi, à connaître le "toujours plus" : plus chaud, plus froid, plus sec, plus humide, tout cela dans un relatif désordre...

     Je ne suis pas à l’origine de ces informations qui émanent de scientifiques spécialisés dans les disciplines liées au climat , je n’ai fait que les diffuser, en tant que « lanceur d’alerte ». Maintenant nous en sommes là… où c’était annoncé !

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5 août 2023 6 05 /08 /août /2023 08:08

     La récente actualité climatique pourrait nous conduire à désespérer. Le dérèglement du climat nous a rattrapé, bien plus tôt que nous l’imaginions et avec une intensité qui ne laisse plus de doute sur les conséquences à en attendre. Face à une telle situation, les politiques, les dirigeants économiques et certains d’entre nous aussi, avons été un peu « dépassés par les évènements »… Il est bien tard déjà, mais jamais trop tard, pour gérer ces évènements en s’y adaptant au mieux et, plus encore, en prenant les mesures nécessaires pour ralentir puis stopper cette évolution, en prenant le recul scientifique nécessaire et sans dogmatisme. La prise de conscience est réelle et des mesures sont prises, parfois dans l’urgence, avec des hésitations et des reculs, mais malgré tout, on avance. Toutefois, ce processus de remise en cause du fonctionnement de notre société reste lent, beaucoup trop lent.

     Depuis l’été 2022, sous la pression des évènements climatiques, les médias se sont enfin réveillés sur cette préoccupation avec, hélas, parfois une amplification et un manque d’objectivité. Par exemple on nous a abreuvés de reportages sur la Grèce mais bien peu parlé de l’Algérie où la situation était bien plus dramatique encore. Face à cela il va falloir s’adapter bien sûr, et surtout changer ! Par exemple, gérons autrement les forêts pour leur permettre de survivre ; repensons l’agriculture pour choisir des variétés résistantes aux fortes chaleurs ; préparons les littoraux à la montée du niveau de la mer ; repensons les réseaux électriques pour préserver les câbles des défauts dus à la chaleur, ce qui concerne aussi ceux alimentant les trains ; trouvons des moyens adaptés pour refroidir les centrales nucléaires quand les eaux de proximité sont devenues trop chaudes ; revoyons l’aménagement des villes pour les rafraîchir ; repensons la conception des hôpitaux et Ehpad pour réduire la mortalité due aux fortes chaleurs ; accélérons le recrutement de pompiers pour faire face à la multiplication des incendies de forêts ou dus aux orages ; revoyons nos courses pour notre assiette quotidienne en favorisant les produits locaux et veillant à des emballages minimums ; etc. Tout cela pour parer au plus pressé, et appliquer l’expression maintenant répandue, « gérer l’inévitable et éviter l’ingérable ». S’adapter est nécessaire, mais il est impératif de bifurquer, changer d’orientation pour ne pas se trouver très vite devant l’ingérable.

     Les décisions à prendre doivent l’être aux niveaux local et régional, comme on vient de l’évoquer, mais aussi au niveau global, à l’échelle mondiale. Le monde est régi, au moins en partie, par les « G ». Les G8 et G20 désignent des sommets économiques mondiaux qui rassemblent les pays industrialisés dans un contexte de mondialisation économique. Les Chinois préconisent maintenant la création d’un G4 (Chine, USA, Europe et « Sud global ») qui deviendrait une sorte de gouvernance mondiale, ce qui est sans doute très discutable. Allons plus loin en créant un G1 qui réunirait UNE unité, la planète donc tous les Etats, pour réguler le climat, ses causes comme la surpopulation et la surconsommation, et ses conséquences comme l’immigration et la misère… Pour bifurquer pour de bon, nous devrons être les plus nombreux possibles, les plus solidaires possibles, les plus Humains possibles, sans quoi il se pourrait bien que nous devenions des bêtes sauvages avec tout ce que cela comporte de barbarie… C’est encore les vacances, que chacun en profite pour repenser sa propre vie et celle de ses descendants.

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19 juillet 2023 3 19 /07 /juillet /2023 09:01

     Nous avons vécu un printemps 2023 très original ! Certes le printemps est le plus souvent un moment agréable par la douceur du climat. Mais cette fois… c’était bien au-delà de ce que l’on pouvait attendre. Un peu partout sur la planète, le thermomètre s’est affolé, au risque de nous en faire souffrir. Les températures ont ainsi atteint des niveaux records avec 39,4° en Chine, 49,8° en Iran, 47,4° au Mexique, mais aussi 40° en Sibérie, à plusieurs reprises en juin ! En France dans l’Hérault aussi on a atteint les 40°.

     Records battus partout, avec des niveaux jamais enregistrés à cette date et des conséquences déjà visibles sur les habitants : coups de chaleur mortels et sécheresses intenses qui perturbent les cultures. Ces épisodes ont eu pour effet des feux de forêts parfois gigantesques comme au Canada (10 millions d’hectares brûlés !). Par ailleurs la fonte accélérée de la glace des pôles arctique et antarctique génère des modifications climatiques, donc un cercle vicieux. Le début de l’été a confirmé cette évolution, les 4 et 5 juillet 2023 la température moyenne de l’atmosphère de toute la planète a atteint 17,18°C, soit un record absolu, avec une amplification des conséquences sur tous les continents. C’est ainsi que l’on a pu constater des températures de 50° en Espagne, 52° en Chine et 53° dans la Vallée de la Mort aux Etats-Unis...

     Dans le même temps, les océans ont souffert en silence avec des températures qui ont dépassé, eux aussi, tous les records. Ces évènements historiques ont des répercussions importantes sur la biodiversité de la planète. L’Atlantique Nord a connu ce printemps une canicule marine sans précédent, avec des températures annonciatrices de pertes de biodiversité et de perturbations climatiques terrestres violentes. Les chercheurs en océanographie s’attendent à ce que les herbiers marins, importants puits de carbone, soient soumis à un stress qui va augmenter leur besoin en oxygène pour survivre, ce qui est impossible. De plus, les océans sont des vecteurs puissants de phénomènes climatiques extrêmes qui font craindre encore davantage d’inondations et de tempêtes.

     L’Europe est particulièrement concernée dans la mesure où, selon l’ONU, le vieux continent s’est réchauffé de 2,3°C depuis la période pré-industrielle, contre 1,2°C pour l’ensemble de la planète ! C’est depuis la fin du XXème siècle que le dérèglement climatique est devenu une réalité perceptible. Les années 2014-2019 ont été les plus chaudes jamais observées dans l’histoire depuis… 120 000 ans, c’est à dire le Paléolithique. A ce stade un petit retour en arrière s’impose, de seulement 50 ans. L’année 1972 a été marquée par un point de bascule dans la prise de conscience de notre avenir écologique. En effet c’est cette année-là que fut publié le fameux rapport Meadows « Les limites de la croissance » soulevant la question des limites physiques de notre planète quant à l’accroissement des consommations en tous genres. En juin de la même année se tenait le premier « Sommet de la Terre » à Stockholm alarmant sur le fait que « Nous n’avons qu’une Terre » comme l’a proclamé l’ONU. Dès lors tout est connu, les risques liés aux pesticides et la déforestation pour la biodiversité, le réchauffement climatique et ses conséquences redoutables, mais tout cela paraît lointain et incertain. Néanmoins, l’idée que notre Terre pourrait devenir un jour inhabitable est bien présente, au moins dans certains esprits. Et voilà que, cette année là encore, en 1972, le vice-président de la Commission européenne, Sicco Mansholt réagit au rapport Meadows en proposant une profonde réforme de notre économie qui passerait « par un net recul du bien-être matériel par habitant et par une limitation de la libre utilisation des biens. » Il propose aussi de passer du PIB (Produit intérieur brut) à l’Utilité Nationale Brute. Il y a 50 ans ! Et depuis ?

     Avec un prix des énergies qui reste bas, malgré les apparences, on constate une surconsommation qui n’en finit pas. De nouveaux besoins incessants annulent les efforts de sobriété, comme les climatiseurs, les écrans géants, les publicités lumineuses, l’internet, sans oublier les vacances aux antipodes ou les croisières… De ce fait la transition énergétique ressassée par les politiques semble bien vouée à l’échec. Les réformes à faire de toute urgence doivent bien prendre en compte une meilleure répartition des richesses afin que les plus démunis ne soient pas les seuls à être contraints à des efforts. Pour aller dans ce sens, l’ONU a voté le 18 avril 2023 une résolution exceptionnelle sur l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). Avec l’adoption de ce texte, la communauté internationale affirme que l’ESS est une source de transformation de nos modes de production et de consommation, c’est un acte puissant pour faire rayonner les valeurs de solidarité et d’humanisme. Mais pour ce qui nous concerne, en juin 2023, le Haut Conseil pour le climat juge que la France a été dépassée par les évènements climatiques extrêmes qui l’ont frappée en 2022 et appelle à accélérer l’action tant pour la réduction des émissions de GES que les adaptations au dérèglement climatique. Tout cela ne sera pas possible sans une révolution économique d’ampleur qui fait actuellement défaut.

     Nous disposons maintenant des savoir-faire et des technologies nécessaires pour surmonter les problèmes liés au dérèglement du climat et l’érosion de la biodiversité, mais ce qui manque c’est une volonté politique forte pour « renverser la table » afin de repartir sur une économie nouvelle, avec un large soutien des citoyens.

     Nous y sommes, le mur est là devant nous ! Alors que faisons-nous ? On succombe ou on bifurque ? Comme il a été dit : « A demain… si vous le voulez bien ». Il n’y aura un avenir… que si chacun y contribue.

 

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5 juillet 2023 3 05 /07 /juillet /2023 09:03

           L’Armada 2023 a marqué l’actualité rouennaise il y a quelques semaines. Cette Armada fut celle des plus grands voiliers du monde, mais ne fut-elle pas aussi celle du plus grand rassemblement de déchets fluviaux. Non pas que l’Armada fut la cause de cette marée immonde, mais un témoin d’une situation qui perdure depuis… des décennies.

C’est en 1997 que j’effectuais l’étude commandée par le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande pour établir un état des lieux précis. Le constat fut dramatique : 29 000 m3 de déchets, soit 9 000 tonnes, encombraient les berges, répartis sur 68 sites, sur un linéaire de 58 km pour 400 km de berges. De plus, 800 tonnes de déchets transitaient chaque année depuis l’amont, l’agglomération parisienne en particulier. A partir de 2001, sur une durée de sept ans, un nettoyage méthodique  a permis de procéder au ramassage de 4 000 tonnes de déchets, triés et évacués vers des filières de valorisation. Plusieurs sites ont été reconquis et restitués à la nature, soit 12 hectares de marais et 8 km de berges. Après trois rapports de 272 pages au total, toute cette aventure a donné lieu à une « mise en scène » par une quinzaine de médias régionaux et nationaux, écrits et télévisuels, qui ont relaté cette étude pour laquelle était décidée une concrétisation sur le terrain.

Mais 20 ans plus tard, en 2017, les déchets revenaient sur « le devant de la Scène » avec une enquête menée par le journaliste Thibaut Schepman pour le site d’information Les Jours révèlant que malgré les ramassages, « c’est le tonneau des Danaïdes » avec des arrivages en provenance de l’amont incessants, y compris des produits dangereux, et… sans solution. Par ailleurs, la journaliste Aurelia Morvan apportait sa contribution, dans 76actu en insistant sur le fait que le manque de financement était un obstacle à l’enlèvement des déchets. En 2023 on constate des améliorations… relatives. Romain Tramoy, géologue de l’Université de Paris-Est-Créteil, étudie depuis des années le cheminement des déchets jusqu’à la mer. Il semble bien que les plastiques les plus imposants aient diminué, grâce à des nettoyages réguliers et des barrages flottants, mais par contre les plastiques de moins de 5mm sont ballottés par les courants et s’accumulent en divers endroits, notamment dans l’estuaire de la Seine. Comme chacun le sait, tout cela finit à la mer avec des millions… ou des milliards, on ne sait plus très bien, de tonnes de déchets qui ont entraîné la destruction de 50 % des récifs coralliens. De plus, 90 % des poissons les plus consommés sont en voie d’extinction et 90 % des oiseaux marins sont contaminés par le plastique, mercure ou plomb ! Désespérant…

Tout cela peut être imputé à l’inconséquence des décideurs et des élus sans doute, mais aussi à nos propres comportements et notre état d’esprit vis-à-vis de l’état de la nature. A cet égard, je ne peux manquer de rappeler cette anecdote significative, vécue le jeudi 26 avril 2018 à 9h37 : une femme ordinaire, sur le parking d’une clinique rouennaise essuie méticuleusement la glace de sa voiture avec un mouchoir en papier, pour enlever une tâche inopportune et… jette le papier au sol ! Puis c’est le caniveau, la Seine et la mer… Je m’interrogeais alors sur mon blog : Alors, c’est qui le déchet ? Y en a marre de ces gestes répétés des milliards de fois sans se soucier des conséquences.

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