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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 08:11

           Par essence même la ville a toujours été peu ouverte à la nature. Les jardins et parcs urbains ont compensé ce manque, surtout à partir du 19ème siècle. Mais voilà que les choses changent : devant la demande des citadins et la nécessité de réduire les pollutions et freiner le dérèglement climatique, la nature revient en ville et progresse en étant une constituante forte de l’urbanisme. Les exemples se multiplient de villes qui annoncent un avenir meilleur en recherchant une cohabitation entre habitat et activités économique et nature.

La renaturation des villes est devenue une évidence parce que la plupart des citadins et des responsables de l’urbanisme sont conscients des services que nous rendent les végétaux, que ce soit dans le domaine de la santé, de la gestion de l’eau ou de la capture de gaz carbonique. L’impact positif le mieux perçu est certainement le rafraîchissement des villes qui, on en est sûr maintenant, vont être de plus en plus chaudes. Pour autant il n’est pas toujours simple de passer des intentions aux actes, le foncier urbain étant cher et la reprise d’aménagements anciens n’étant pas toujours aisée. Néanmoins les choses avancent et en quelques décennies on est passé des plates bandes géométriques à une végétation plus spontanée et diversifiée, en portant attention aux espèces locales plutôt qu’exotiques. C’est ainsi que la ville peut conserver un lien avec sa région.

Cette évolution demande des explications et de la concertation afin d’associer le plus possible les habitants, souvent conditionnés à une « ville propre ». La diversité des arbres ou les petites prairies de fauche avec coquelicots et graminées attirent les papillons et les oiseaux. On peut aller plus loin encore avec des corridors écologiques qui nécessitent un choix politique fort. C’est ainsi qu’à Rouen, dans les années 1990, j’avais essayé de convaincre de la nécessité de réaménager les axes routiers du Port sur la rive gauche pour en faire un élément d’une coulée verte qui traverserait l’agglomération rouennaise du nord-est vers le sud-ouest. L’idée fut accueillie… poliment. Depuis, le projet s’est concrétisé en partie, dans le Port lui-même, complété par l’aménagement des quais de la Seine dans Rouen et le parc naturel urbain sur les vallées du Robec et de l’Aubette. A Rouen encore, la Métropole est en train d’aider à la création d’une ceinture verte pour favoriser l’installation d’exploitations maraîchères avec l’objectif de relocaliser 10 % de la production de légumes sur son territoire, soit 900 hectares supplémentaires, bel exemple de cohabitation entre la ville et des cultures.

Dans la capitale, la ville de Paris vient de dévoiler son plan de transformation du boulevard périphérique afin de garantir une meilleure qualité de vie aux 500 000 riverains en réduisant les pollutions sonores et atmosphériques. Pour ce faire il est prévu de réserver une voie au covoiturage et végétaliser les talus, le terre plein central et les bretelles d’accès. 50 000 arbres au total seront plantés, dont 18 000 sont déjà en place depuis 2020. Des petites villes s’y mettent aussi, comme Gamaches dans la Somme qui crée un square et remet au jour la rivière la Vimeuse, avec un cordon végétal d’essences locales. Et quand, en plus, les jeunes s’y mettent, l’avenir devient vert. Ainsi des étudiants de l’Université de Rouen Viennent d’installer 80 nichoirs à oiseaux sur le campus pour sensibiliser à la nature et son rôle pour le retour de la faune sauvage.

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28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 08:14

     Comment imaginer la Normandie sans pommiers et sans pommes ? Tout simplement impossible. C’est bien le défi relevé par le Verger Conservatoire du Lycée Professionnel Agricole du Pays de Bray qui a pour objectif la sauvegarde et la valorisation de pommiers originaires de ce territoire. Implanté il y a 35 ans, le verger conservatoire de Merval est de la plus haute importance avec ses variétés anciennes de pommes. Après que des fonds européens aient permis de régénérer le verger avec des sujets jeunes se posait la question du relai de financement auprès des collectivités territoriales.

    Mais voilà que des donateurs, des mécènes et des collectivités territoriales concourent au sauvetage du verger ! C’est surtout la Région Normandie qui a mis au point une logistique de sauvetage de la pomme, sous le nom de « Pommes à cidre et à jus » pour concourir à un financement de 140 000 € (Fonds européen Leader, Région et autofinancement). C’est ainsi une vingtaine de variétés de pommes à cidre et à jus qui vont être mises à disposition des producteurs et transformateurs.

     A cette occasion, il peut être opportun de rappeler que c’est au 19ème siècle que la pomme normande a connu son apogée avec d’innombrables variétés et une consommation de cidre… abondante. Mais les guerres et le phylloxéra (reporté de la vigne sur les pommiers) ont engendré une mise en sommeil de la culture de pommes et l’abandon de nombreuses variétés, certaines définitivement disparues. C’est à l’initiative de pomologues comme Fernand Bazerque, un siècle plus tard au verger de Merval, que l’on a retrouvé l’intérêt de remettre en état les vergers cidricoles. La pomme a maintenant repris des couleurs et la filière cidricole a élevé des cidres typés selon les terroirs qui retiennent l’attention de chefs étoilés.

     Originaire d’Asie centrale au Néolithique, la pomme est arrivée avec la route de la soie chez les Arabes, les Grecs et les Romains pour arriver en Normandie via le Moyen Orient puis le Pays Basque. Avec le nouveau départ de la filière les Normands retrouvent leur emblême et sont sauvés, « Tant qu’il y aura des pommes » !

     Marie Benoit et Jean-Yves Ferret de Beaubec Productions ont réalisé un film documentaire qui traite essentiellement du verger conservatoire du lycée agricole de Brémontier-Merval. Outre les aspects purement arboricoles, le film aborde aussi le thème de la ruralité en Pays de Bray, préoccupation montante.

     L’odeur de mon pays était dans une pomme ! Et avec un bon coup de cidre… alors là, on se sent vraiment Normands !

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21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 08:12

          En Normandie, c’est à partir du XVIIIème siècle que les sciences de la nature ont pris de l’ampleur. A partir de cette période près de 80 naturalistes de différentes disciplines contribuent au progrès des connaissances pendant les 19ème et 20ème siècles. Les contours géologiques du Pays de Bray et sa richesse en paysages et biodiversité lui confèrent une identité forte. S’il en est ainsi du pays, il n’en est toutefois pas de même des naturalistes brayons. Peu sont de « vrais Brayons », ayant longuement vécus sur cette terre de bocage et coteaux. Ces naturalistes présentent des profils très différents mais sont souvent des botanistes. Nous en avons identifié 12 auxquels il convient d’ajouter les nombreux naturalistes amateurs actuels, regroupés au sein des associations brayonnes qui militent pour l’environnement ou le patrimoine.

Au 18ème siècle, on retient Sébastien VAILLANT et Antoine Tristan DANTY D’ISNARD surtout pour leur Journal de voyage en Normandie effectué en 1707 qui décrit bien le Pays de Bray.

Pour le 19ème siècle, Joseph-Alexandre LE TURQUIER DE LONGCHAMP publie en 1816 son plus important ouvrage la Flore des environs de Rouen qui couvre une bonne partie de la Normandie orientale, dont le Pays de Bray. Puis Jean-Baptiste Joseph BEHERE publie, entre 1824 et 1826 un Tableau analytique des mousses qui se rencontrent aux environs de Rouen et un Tableau analytique des genres et des espèces de lichens découverts jusqu’à ce jour aux environs de Rouen. En 1869, Dieudonné DERGNY publie Le Pays de Bray. Communes et paroisses qui témoigne de son intérêt pour les choses de la nature, en particulier pour les arbres, et se présente comme un précurseur de la protection de la nature.

Au cours du 20ème siècle, Charles JANET fut géologue, paléontologue, entomologiste, biologiste et chimiste, la figure type de l'amateur éclairé, avec une polyvalence de très haut niveau. Ernest Marius NOURY, attiré simultanément par la botanique et l'entomologie fut un précurseur de la cécidologie, l’étude des galles des plantes provoquées par des insectes. De Albert-Félix DE LAPPARENT nous retiendrons surtout ses travaux en matière de géologie concernant le Bassin parisien et incluant le Pays de Bray. Joël POURREAU s’est surtout investi en ornithologie, même s’il était aussi spécialiste des chiroptères, il fut un grand pédagogue de la nature qui a su partager ses passions. Fernand BAZERQUE, en 1990, implante une collection de 350 variétés de pommiers au château de Brémontier-Merval pour accumuler maintenant 6 000 pommiers de 420 variétés.

         Au 21ème siècle, on peut retenir Pierre-Noël FRILEUX pour ses nombreux travaux, notamment sur les tourbières du Pays de Bray. Il fut un pionnier de la défense de l’environnement. Jean-Pierre VALET a assuré, de fait, la gestion d’une réserve génétique en cultivant de nombreuses plantes légumes dans son propre jardin.

Tous ces travaux, seulement évoqués ici, constituent des témoins de notre environnement et, en particulier, de la biodiversité du Pays de Bray. Ils constituent une matière importante pour effectuer des comparaisons avec la situation actuelle et devraient donc être valorisés. Ces naturalistes Brayons furent, en majorité, des enseignants intéressés surtout à la botanique. Ils ont constitué des collections diverses, dont la plupart se sont trouvées détruites… Par contre, ils ont produit de nombreuses publications qui pourraient être rassemblées, au moins en termes de bibliographie brayonne.

Cette publication pourra bientôt être lue dans son intégralité dans le volume 5 de « La Boutonnière de Bray », la publication périodique de la Société d’Histoire du Pays de Bray qui rassemble Normands et Picards pour la restauration du patrimoine de ce territoire à cheval sur les départements de Seine-Maritime et de l’Oise, doté d’une identité commune.

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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 09:03

     La vie n’est pas un long fleuve tranquille et parfois les repères nous manquent. En un siècle, le monde et la vie ont considérablement changé et les plus anciens peuvent témoigner de ces évolutions, et en tirer des enseignements pour les plus jeunes. Les centenaires étaient une centaine en 1900 en France, autant dire une infime minorité. Ils sont maintenant un peu plus de 26 000 ! S’il fallait une preuve de l’allongement de l’espérance de vie… L’intergénérationnel peut avoir son intérêt pour construire l’avenir, le sien propre et celui de la société. Ecoutons les anciens, ils peuvent éveiller la conscience des jeunes pour les aider à baliser leur avenir.

     De multiples enquêtes interrogent les anciens pour leur faire dire ce qui a marqué leur vie et ce qu’ils retiennent comme stratégie du bonheur. Ainsi certaines études démontrent qu’un engagement, la poursuite assidue d’un objectif, maintient en vie. Tout est possible, certaines personnes âgées par exemple, se maintiennent grâce à l’écriture, faisant « leur page » chaque matin, avec biographie ou simple carnet de notes. Avoir un but dans la vie, quel qu’il soit et à tout âge, est une première nécessité. Inversement, on peut penser que renoncer nous affaiblit. Les optimistes auraient 40 % de risques en moins de contracter des maladies cardio-vasculaires. Le premier objectif de la vie, c’est de survivre. Comme dit l’autre « si tu aimes la vie, elle t’aimera ».

     Une bonne garantie du prolongement de la vie, c’est aussi la contemplation de la beauté. Ce peut être la beauté de la poésie, mais aussi bien sûr de la nature avec les arbres, les fleurs ou les papillons. Si la religion peut constituer un bon antidépresseur, la nature est bien le créateur premier et éternel de toute chose. Pour supporter la vie, avec ses heurts et malheurs, sans doute faut-il « organiser sa mort », préparer son départ, c’est à dire savoir ce que l’on a vécu de beau, ce que l’on a fait de bien et ce qu’on laisse derrière nous à nos successeurs. Pour cela nombreux sont les anciens qui ont recours à la méditation. Ils méditent pour tirer le meilleur d’eux-mêmes, et sans égoïsme, rester attentif aux autres sans rien en attendre. Repenser à ses bonheurs passés permet de vivre encore heureux. Cette méditation peut être accompagnée d’exercices de respiration pour « reprendre son souffle ». Comme disait le dramaturge René de Obaldia : « Pour devenir centenaire, il faut commencer jeune »… La vie est aussi une contemplation.

     Devant les bouleversements de la société opérés en un siècle, les anciens ne peuvent cependant pas rester figés sur leur passé. Il est advenu de belles choses « mieux qu’avant », mais aussi des moins belles, comme des évolutions sociétales qui nous font souvent penser au « Meilleur des mondes », le roman d’Huxley publié en 1931, où tout est programmé avec des hommes déconnectés de leur humanité. Les plus âgés, qui ont vécu bien des périodes difficiles, avec la grippe espagnole, la guerre mondiale ou d’Algérie se désespèrent des Français râleurs qui ne savent que quémander auprès de l’État pour plus de pouvoir d’achat mais sans se poser la question de ce qu’ils apportent, eux.

     Avoir un objectif, contempler la beauté et repenser à ses bonheurs passés, voilà un bon guide ! Ainsi les plus âgés nous font bénéficier d’un regard rétrospectif qui peut guider les plus jeunes dans un monde complexe peu propice à trouver facilement la bonne voie.

 

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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 08:36

     Les défis qui sont devant nous en matière d’environnement nécessitent réflexion et prospective afin de remédier au mieux aux problèmes posés, sans en rajouter et sans mettre en œuvre de fausses bonnes idées, comme c’est parfois le cas… Il y a bien des façons de prendre du recul, l’une d’entre elles consiste à regarder la Terre depuis l’espace.

     C’est en 1944 que commence l’ère spatiale, avec le lancement d’un missile V2 par les Allemands à une altitude de 100 km, limite entre l’atmosphère et l’espace. Peu glorieux… Plus positivement, trois évènements marquent la « conquête » de l’espace : le premier vol spatial orbital, le 4 octobre 1957, par le satellite soviétique Spoutnik 1 ; puis le premier vol habité par un humain, le 12 avril 1961, avec le soviétique Youri Gagarine ; et surtout le premier pas sur la Lune, le 20 juillet 1969 par l’Américain Neil Armstrong et ses coéquipiers. Depuis 50 ans, les technologies spatiales ont consisté essentiellement en l’exploration scientifique des planètes et en télécommunications. Aujourd’hui, l’exploration spatiale est d’abord scientifique et commerciale avec un début de tourisme spatial.

     L’astronaute Thomas Pesquet, par sa sensibilité personnelle, nous apporte maintenant un autre regard sur cette exploration, en regardant précisément… la Terre ! Revenant de sa mission de sept mois à bord de l’ISS début novembre 2021, il a pu témoigner de la beauté fragile de notre planète en constatant l’impact des pollutions et l’ampleur des phénomènes climatiques, avec notamment les ouragans dans le golfe du Mexique ou les incendies gigantesques dans le bassin méditerranéen ou en Amérique du Nord, la Californie n’étant plus visible sous une épaisse couche de fumée… Voilà les choses vues avec recul ! Ces expériences scientifiques ont un coût élevé qui se justifie si elles profitent à la communauté, avec des débouchés vers une meilleure gestion de la planète. Par exemple, une découverte approfondie de la planète Mars pourrait nous apprendre beaucoup sur la place de l’Homme dans l’univers, l’apparition de la vie et son devenir, l’existence ou pas d’autres créatures vivantes. Quant à envoyer dans l’espace des milliardaires pour les distraire… Sachant toutefois que les budgets en question n’ont rien à voir avec, par exemple, les dépenses militaires. En France, le Centre national des études spatiales (CNES) a coûté 2,3 milliards d’euros en 2021, contre 55 milliards d’euros pour la défense nationale. Dans ce domaine, comme tant d’autres, il serait toutefois temps de passer de la compétition à la coopération, pour tirer un maximum de profit collectif de ces découvertes.

     Sans aller toujours vers des missions complexes et longues, il faut bien comprendre que de « simples » satellites apportent à chaque instant d’innombrables données pour apprendre et lutter contre la dégradation de notre environnement, que ce soit le dérèglement climatique ou l’érosion de la biodiversité. Pour cerner au mieux l’évolution du climat, rien de tel que l’espace pour avoir une vision globale, ce que ne manque pas de faire le GIEC dont les indicateurs reposent sur des observations spatiales. Ce recul permet aussi de suivre l’évolution des glaciers, et en particulier ceux des pôles, et l’élévation du niveau des mers. Concernant la biodiversité, c’est depuis l’espace que l’on voit le mieux l’évolution des forêts et leur fragmentation, avec les opportunités de recréer des corridors boisés pour relier les fragments et ainsi reconstituer les circulations des animaux sauvages et augmenter leurs chances de survie. C’est aussi de « là-haut » que l’on observe le mieux les migrations et leurs évolutions avec le dérèglement climatique, la régression du plancton dans les océans, ce qui compromet la vie marine et donc notre approvisionnement en poisson… Ce ne sont là que quelques exemples parmi beaucoup d’autres. Plus près de nous encore, les techniques d’imagerie satellite contribuent à l’évolution des pratiques agricoles en permettant plus de précision sur le terrain pour caractériser les sols et les cultures les mieux adaptées.

     Dans ce contexte scientifique, les vieux fantasmes humains reprennent vite le dessus, en termes de concurrence et de profit. C’est ainsi que les Etats-Unis ont rompu le traité de l’espace des Nations Unies de 1967 fondé sur la non-appropriation et la non-militarisation de l’espace. Au moment du dérèglement climatique il est primordial que l’espace, comme les pôles de la Terre, reste un bien commun de l’humanité, un lieu de recherches. Son exploration doit se faire avec des coopérations internationales et des finalités qui concernent toute la planète et la survie de l’Humanité !

 

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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 08:07

     Devant les défis qui nous attendent en matière d’environnement, bien entendu la première chose à faire est de s’informer. La récente élection présidentielle a montré l’importance du décalage qui existe entre les vrais enjeux et les attentes du public… Pour ma part, je me suis employé à diffuser l’information le plus largement possible, cela depuis une cinquantaine d’années avec un peu plus de 1 200 publications (articles, rapports, brochures et ouvrages).

     Parmi ces publications retenons simplement quelques livres récents, les plus adaptés au grand public, en relation avec les thèmes de notre actualité :

- Publié en 2020 : Les clés de notre avenir.- Editions Persée.- 108 p.

- 2018 : Faire passer le message.– Editions Persée.- 160 p.

- 2016 : Quel foutoir la nature ! Mini-nouvelles (2008-2016).- Les impliqués éditeur.- 170 p.

- 2013 : C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- L’Harmattan.- 156 p.

- 2010 : Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009).- L’Harmattan, 2010.- 149 p.

- 2007 : avec Georges LANMAFANKPOTIN - Le développement soutenable. Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud.- L’Harmattan.- 187 p.

- 2003 : avec Corinne LARRUE, Patrick MICHEL, Bruno ROUDIER et Christophe SANSON - L’évaluation environnementale des politiques, plans et programmes. Objectifs, méthodologies et cas pratiques.- Editions Tec et Doc.- 314 p.

     On peut se procurer ces ouvrages dans les « bonnes » librairies en priorité et à défaut sur le site des éditeurs ou les sites de vente en ligne.

     Bonnes lectures, sans oublier ce blog qui continue depuis 15 ans et garde une actualité très forte. Ainsi, relisez donc ma chronique d’il y a 13 ans... Il me semble bien que le propos reste d’une actualité brûlante !

     Et pour recevoir directement et gratuitement chaque chronique sur les questions d’actualité et développement durable, c’est très simple : aller sur www.michel-lerond.com , colonne de gauche, case « newsletter », vous inscrivez votre adresse mail et cochez « s’abonner ». Vous recevez un mail de confirmation que vous validez. Vous êtes abonné et recevez directement chaque nouvelle publication. Bonnes lectures !

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 08:37

            Bien qu’éphémère, la vie est une aventure extraordinaire qui ne cesse de nous interroger quant à sa signification, son but. Pourquoi donc cette multitude d’espèces animales, avec des comportements si différents, des relations intra et interspécifiques si complexes, souvent antagonistes ? Parmi toutes ces espèces animales, l’espèce humaine n’est pas la moins étrange.

On peut répondre à la question en disant « parce que Dieu l’a voulu ainsi », ce qui ne fait qu’éroder un peu l’angoisse existentielle, sans toutefois éclairer le « pourquoi »… L’espèce humaine a fait beaucoup progresser les sciences, ce qui apporte des réponses au « comment ». On sait maintenant, et comprenons mieux, les modes de fonctionnement de nombreuses espèces animales, notamment leur mode de reproduction, sexuée avec des comportements agressifs entre rivaux ou au contraire quasi « sentimentaux », homosexuelle avec garde partagée des jeunes, ou même hermaphrodites qui sont à la fois mâle et femelle et peuvent ainsi féconder et procréer. Une diversité inouïe du monde animal, que l’on retrouve, au moins en partie, chez l’espèce humaine.

Mais pourquoi donc ? Voilà bien la question, et pour longtemps sans doute, pour toujours peut être. Dès lors on voit bien chez la plupart des animaux que la question est résolue de fait : le but, c’est la vie, donc assurer la continuité de l’espèce par la reproduction, sous toutes ses formes possibles. Pour cela il faut en premier lieu survivre, c’est-à-dire trouver la nourriture nécessaire au maintien de l’organisme. L’espèce humaine n’échappe pas à ce schéma avec le but d’assurer sa succession et donc d’abord de se nourrir.

Les Hommes étant une espèce « supérieure », le trajet est le même que pour les autres espèces animales, mais en ajoutant aux bases biologiques des éléments culturels un peu plus sophistiqués. On comprend mieux alors la volonté de domination, toutes ces rivalités, ces guerres, pour assurer la « nourriture » qu’elle soit physique ou intellectuelle, afin de pouvoir assurer la continuité de l’espèce par des enfants. Le but, c’est la vie, donc de transmettre la vie en faisant des enfants, mais aussi de transmettre des éléments de contexte qui assureront une vie meilleure ou plus facile. Vous avez fait des enfants et/ou vous avez transmis vos connaissances, vos compétences et savoir-faire pour assurer de meilleures conditions de vie à vos successeurs ? Alors, même si cet apport est infime, vous avez réussi votre vie et atteint son objectif. Voilà le pourquoi. Si en plus vous avez agi avec tolérance et empathie pour vos congénères de toutes espèces, alors c’est le bonheur !

Raisonnement simpliste ? Sans doute, mais n’est-ce pas une nécessité d’être simple pour revenir à l’essentiel dans un monde qui, par sa complexité, a tendance à tout embrouiller.

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16 avril 2022 6 16 /04 /avril /2022 08:14

           C’est au cœur de la vallée de la Varenne, à Saint-Saëns (76) qu’est cultivé le « chou de Saint-Saëns », variété locale devenue rare de ce légume ancien que Gérard Mallet, horticulteur et fleuriste, s’efforce de sauvegarder.

C’est depuis 64 ans que Gérard Mallet, alors âgé de 14 ans, est amoureux de cette variété de chou. C’est trop chou ! Cette mission lui a été confiée par son employeur lorsqu’il a commencé sa carrière. Gérard Mallet s’y est attaché toute sa vie afin de préserver ce patrimoine vivant de son village.

Cette variété de chou, qui a bien failli disparaître, est facilement reconnaissable à son feuillage bleuté avec des veines roses. Il a un goût très doux et Gérard Mallet assure que c’est une des meilleures variétés de chou blanc. Le chou de Saint-Saëns peut atteindre 1,30 m de diamètre ! On trouve la trace de ce légume en 1854 dans le traité de culture potagère publié par le Cercle d’horticulture et botanique du département de la Seine-Inférieure. Après la Seconde Guerre mondiale, il est passé de mode et a été menacé de disparition, mais sauvé par Gérard Mallet !

La graine de ce chou est récoltée fin juillet et semée durant la deuxième quinzaine d’août. Les petits choux sont ensuite repiqués un mois plus tard, tous les 10 cm. Fin mars, les jeunes pieds sont définitivement mis en place, espacés de 80 cm à 1 m. En septembre, il fait sa pomme, bon à être consommé.

Conserver les légumes anciens est nécessaire car ils servent de souches, grâce auxquelles on peut améliorer les variétés existantes ou en créer des nouvelles. Gérard Mallet espère que quelqu’un puisse reprendre le flambeau. Le chou de Saint-Saëns est inscrit au catalogue officiel des graines françaises et depuis 24 ans, Gérard Mallet est le fournisseur officiel de graines pour le concours national des jardins potagers organisé par la société nationale d’horticulture de France.

À l’occasion de la Fête du chou, organisée par la municipalité et les artisans commerçants de Saint-Saëns chaque année en septembre, Gérard Mallet est bien sûr présent. Cette variété régionale continue d’être cultivée, notamment dans le nord-ouest de la France, particulièrement en Normandie, mais aussi en Martinique ou à l’étranger. 

Merci monsieur Mallet de participer ainsi à la sauvegarde de notre patrimoine. C’est trop chou !

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9 avril 2022 6 09 /04 /avril /2022 08:17

Allez on y va

Les trois crises que nous traversons, la pandémie, la guerre et le dérèglement climatique sont d’une pédagogie on ne peut plus claire.

La pandémie de Covid-19 nous a rappelé que nous sommes une espèce très fragile et responsable de nos malheurs sanitaires en étant, par nos actions destructrices des milieux naturels, une des causes de la propagation des virus. Elle nous a appris aussi qu’une mobilisation planétaire, comme ce fut le cas pour les mesures de confinement et la vaccination, porte ses fruits en limitant les conséquences, donc les décès. Cette épidémie, selon les comptes officiels, aurait fait de l’ordre de 6 millions de morts, et 18 millions selon l’étude américaine de la revue The Lancet !

La guerre en Ukraine nous a replongé dans l’ambiance anxiogène, voire la terreur, qu’avaient connu nos parents ou grands parents pendant la seconde guerre mondiale. Décidément les humains ont beaucoup de mal à résoudre leurs conflits, parfois même assez anodins, autrement que par la violence, voire la barbarie. Mais cette guerre nous montre aussi des conséquences heureuses avec une compassion et une solidarité rarement vue à ce niveau. Cette guerre nous ramène aussi aux réalités écologiques, en particulier pour ce qui touche à la consommation de produits d’importation. L’import-export est souvent bon pour le business, certes, mais si on peut limiter les échanges de marchandises, produits alimentaires et énergies pour s’approvisionner localement, on évite que la situation socio-économique ne devienne très compliquée en cas de conflit.

Quant au dérèglement du climat, à la fois il résulte de ces divers dysfonctionnements ou s’en trouve amplifié. Préserver les écosystèmes nous met à l’abri, pour partie, de grandes épidémies. S’approvisionner localement, plutôt que dans des contrées à faible coût de main d’oeuvre, nous préserve de pénuries dramatiques. Cela signifie, qu’en matière d’énergie notamment, il est grand temps d’innover pour ne pas mettre toute une population en péril, en cas de crise.

Allez on y va ! Les actions à mener, tant au plan individuel que collectif, sont connues, il « suffit » de les appliquer et d’abord d’aller voter les 10 et 24 avril pour un président français qui soit à la hauteur du défi. De nombreux guides existent pour savoir que faire et en particulier, il faut lire ou relire Les clés de notre avenir  : 93 propositions relatives au climat, la biodiversité, les ressources, l’économie et la gouvernance.

Ce ne sera pas facile, cette évolution indispensable va nous demander des renoncements, des évolutions, des partages, mais au stade où nous en sommes, le choix est simple : changer ou crever !… A bon entendeur !

 

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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 08:23

Nous sommes devant le mur

Les pertes et dommages du dérèglement climatique sont d’ores et déjà avérées. Nombre d’espèces animales et végétales sont à leurs limites d’adaptation possible, parfois déjà au-delà. Certaines petites îles sont devenues inhabitables en raison de l’élévation du niveau de la mer. Ces exemples montrent combien il est urgent de rechercher les adaptations possibles, faute de pouvoir remédier au vrai problème dans des temps à l’échelle humaine… S’adapter signifie choisir l’endroit où l’on vit, modifier nos habitations et nos villes, revoir nos modes de déplacements, nos loisirs, etc. en somme faire une révolution personnelle et collective, un sacré défi ! Face à cela on constate un faible sentiment d’urgence du public, un manque de volonté politique et un engagement marginal des citoyens. Autant dire que les conséquences déjà visibles du changement climatique vont s ‘amplifier. La chaleur d’abord avec son cortège de canicules, sécheresses et mortalité humaine, et aussi avec modification des écosystèmes et incendies, ceux-ci menaçant les « puits de carbone », ce qui va encore amplifier le phénomène. Ces évolutions du climat vont aussi engendrer des pertes agricoles qui pourraient générer des pénuries importantes de denrées alimentaires. Le recours à l’irrigation sera limité du fait du manque d’eau disponible. Inversement les inondations vont provoquer des dégâts sur les infrastructures, habitations et aussi les cultures. De même la montée du niveau de la mer va menacer l’habitabilité de certaines zones côtières. Il ne s’agit pas là de faits qui concerneraient des contrées lointaines, mais la France métropolitaine. Certains départements d’Outre-mer pourraient même pâtir de risques encore augmentés, avec une habitabilité en sursis dans certains cas.  Ainsi en Guyane, on craint une expansion des maladies virales du fait de la dégradation de la forêt amazonienne.

Au terme de son rapport, le GIEC estime que plus de trois milliards de personnes sont déjà très vulnérables, prévoit des extinctions d’espèces et plus de maladies… et craint des impacts irréversibles comme la disparition des récifs coralliens, des glaciers de montagne et des calottes glaciaires, avec leurs conséquences. Le GIEC s’inquiète du fait que le réchauffement va plus vite que les mesures d’adaptation et que le monde n’est pas prêt à changer.

Si les états bougent peu, les régions françaises s’efforcent de développer des projets respectueux du climat. C’est le cas de la Normandie qui fut avec la Nouvelle-Aquitaine la première à se lancer dans ce combat, maintenant suivies par six autres régions.

En ce domaine du dérèglement climatique, on s’exprime souvent à l’horizon 2050 ou 2100, ce qui paraît bien lointain et qui nous concerne peu. Mais les faits sont déjà là et s’amplifient bien plus vite que prévu. En 2050, mes petits enfants auront entre 40 et 50 ans… Ils sont devant le mur !

A suivre : 4/4 Allez on y va

 

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