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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 09:04

Dès le début de ce blog nous avons attiré l’attention sur l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Les crises sont là pour nous rappeler qu’il faut assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, d’un territoire, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, notamment dans les pays du Sud. Il est urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques afin d’assurer le besoin primaire de nourriture, en soutenant notamment la petite agriculture familiale. C’est en effet la petite exploitation qui nourrit d’abord ses gestionnaires, qui s’adapte le mieux à la demande locale et crée des emplois stables. L’évolution du comportement des consommateurs pour privilégier les produits locaux de saison est très encourageante à cet égard.

L’agriculture a la grandeur de nous procurer la ressource la plus stratégique qui soit, notre alimentation. Le regard de la société sur l’agriculture est en train de changer et de plus en plus d’agriculteurs prennent conscience de la nécessité à la fois économique et écologique de changer de méthode. Les mesures actuelles visent à renforcer les filières courtes et à encourager la contractualisation entre producteurs et industriels. Allons au bout du raisonnement en nationalisant l’agriculture vivrière : l’Etat pourrait assurer le « service public de l’alimentation » en contractualisant (via une agence de l’alimentation) avec les agriculteurs pour définir les productions, leur qualité et leur prix. Quelle agriculture voulons-nous ? Des exploitations concentrées de caractère industriel ou une agriculture de territoire qui garantit la diversité, la qualité et le respect de l’environnement. C’est le consommateur qui reste le principal décideur !

Quel est le bilan réel de l’agriculture française ? Quel bilan écologique et quel bilan économique ? Combien coûte et combien rapporte  l’agriculture à l’environnement et à l’économie ? Pour y voir plus clair et sortir des débats biaisés, il faut mettre en œuvre une évaluation complète et objective de l’activité agricole, en considérant toute la chaîne et pas seulement le maillon qui nous convient. C’est une condition première pour repenser l’agriculture pour le futur.

L’objectif central de l’agriculture est bien maintenant de réinscrire les processus culturaux dans le fonctionnement des écosystèmes, comme cela se pratiquait spontanément autrefois. Le principe est toujours le même : composer avec la nature, plutôt que s’y opposer, même si ce n’est pas toujours simple. Cela suppose également de revoir le relationnel sociologique et économique entre les acteurs des territoires : agriculteurs entre eux, agriculteurs et industriels et aussi agriculteurs et semenciers. A cet égard, l’agro-écologie semble entrer dans les mœurs et est de plus en plus prise en compte par la PAC (Politique agricole commune). La permaculture, bien adaptée au maraîchage sur des petites surfaces, y compris en milieu urbain, peut répondre aux besoins de consommation de proximité.

Pour l’avoir souhaité depuis longtemps, je me suis réjoui du lancement début 2020, par la Commission nationale du débat public (CNDP) d’un grand débat national sur l'agriculture. Hélas, la pandémie est passée par là et le débat n’a eu, semble-t-il, que bien peu d’écho. Mais les choses bougent et c’est la première fois qu’un grand débat public est organisé en France sur l’agriculture.

Dans les années 1950, l’agriculture a connu une révolution technologique qui a rendu les agriculteurs dépendants des banques, industriels et semenciers. Tout cela s’est fait ensuite aux dépens de… 700 000 km de haies, pour rechercher des rendements de plus en plus élevés. Il aura fallu un demi-siècle pour que l’on estime à leur juste valeur les services rendus par les haies et bocages aux agriculteurs. La biodiversité hébergée par les haies compte nombre d’espèces utiles à l’agriculture, régulatrices des ravageurs, et les haies sont aussi un régulateur des vents et des ruissellements des eaux de pluie. Là encore, les choses bougent avec l’appel à projet pour replanter des haies (https://draaf.normandie.agriculture.gouv.fr/Mesure-5-2-appels-a-projet) lancé en début de cette année. L’Etat prévoit d’apporter un soutien à la plantation de 7 000 km de haies en France d’ici 2022, afin de recréer des refuges de biodiversité, stocker l’eau et retenir les sols.

Le bon sens semble de retour avec ces plantations de haies et la reconnaissance de l’agro-écologie. Encore faut-il que les jeunes, non issus du monde agricole, qui souhaitent se reconvertir dans ce type d’activité puissent le faire. En effet, les terres sont de plus en plus accaparées par d’importantes sociétés agricoles qui augmentent encore leurs centaines d’hectares avec les conséquences que l’on sait sur le retournement des prairies, l’arrachage des haies, l’érosion des sols et l’appauvrissement de la biodiversité… Sans parler du bilan carbone de ces exploitations qui recourent à des engins agricoles qui s’apparentent à de véritables monstres… et aussi un peu préjudiciables au réseau routier rural.

Les choses bougent. Une révolution positive est possible. Le voulons-nous vraiment ? L’Europe s’engage de plus en plus vers un soutien des formes d’agriculture respectueuses de l’environnement. La décision finale nous appartient, en tant que consommateurs !

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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 09:31

Malgré les nobles intentions, il est avéré que l’enseignement des sciences à l’école a de grandes marges de progrès… Il semble que 20 % seulement des professeurs des écoles traitent le programme scolaire en totalité. Mais pourquoi donc ? Tout simplement parce que les enseignants sont majoritairement des littéraires peu formés aux sciences. Leur formation initiale ne compte que quelques heures de sciences et depuis 2014, l’épreuve de sciences et techniques n’est plus obligatoire au concours de professeur des écoles. Il n’est donc pas surprenant que dans le classement des pays de l’UE, la France soit avant dernière pour le niveau scientifique des élèves. Pourtant, les connaissances scientifiques sous-tendent de nombreuses questions d’avenir de notre société : énergie, environnement, santé. Alors que la crise de la Covid-19 a mis en avant les scientifiques, ceux-ci sont souvent décrédibilisés au regard du public, ce qui atteste d’une crise de la culture scientifique. Faut-il rappeler que la science consiste à analyser des faits pour leur donner une interprétation rationnelle. Enseigner la science, c’est apprendre à raisonner, apprendre la vie.

Parmi les questions scientifiques à enseigner, la priorité devrait revenir au développement soutenable et ses composantes. Comme nous l’avons souvent rappelé, si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/environnement/développement soutenable le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/comportement individuel/gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature.

Cela signifie que plutôt que d’accumuler les savoirs, il convient d’apprendre la curiosité, la rigueur et l’esprit critique. C’est dans cet esprit qu’à la rentrée prochaine, près de Fécamp, va ouvrir l’école maternelle de la forêt, inspirée des Forest School des pays nordiques. L'association MAVD (Mouvement actif pour une vie durable) intervient dans les écoles pour expliquer l'environnement et le développement soutenable à travers des ateliers qui ont accueillis 2 000 élèves en 2019. En guise de classe, des yourtes  vont accueillir dix enfants de 3 à 6 ans, entourés d'un enseignant et d’une animatrice pour viser à plus d’épanouissement et de confiance en soi. Par ailleurs, après avoir abondamment bétonné et asphalté les cours d’école, un mouvement prend de l’ampleur en France, pour revégétaliser les cours de récréation. C’est un bon signe pour remettre un peu de nature, science et poésie, dans la vie des enfants.

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 09:10

Pandémie, couvre-feu, confinement… Le printemps doit nous aider à surmonter cette situation anxiogène. Au-delà de la pandémie, il est grand temps de bien analyser ses origines et de faire en sorte qu’elle ne se renouvelle pas. Pour cela, il faut Faire passer le message et se donner les Clés de notre avenir : un duo de petits livres « grand public » pour analyser la situation et « refaire le monde » !

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p.14€20

Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p. – 10 €.

En priorité chez votre libraire : https://lalibrairieautresrivages.com/

Ou https://www.facebook.com/papier.et.plumes/

Ou https://www.facebook.com/dominique.godefroy.92  

Ou https://www.armitiere.com/

Ou à défaut : https://www.editions-persee.fr/ 

 

Quelques avis de lecteurs sur « Faire passer le message » :

- Robert Meyer, professeur émérite : "La deuxième partie est une bonne vision synthétique de ce qu’il faudrait faire … ça devrait faire partie du programme des lycées … En tout cas ça ne peut qu’aider les gens qui se posent des questions."

- Jean-Paul Léger, retraité de la Défense : « Ton approche scientifique et pragmatique de l'écologie, à mille lieues de ces positions trop souvent sectaires qui la déconsidèrent dans bien des esprits, est à mon avis la seule véritablement sérieuse et digne de considération. »

- Jean-Paul Thorez, ancien directeur de l’AREN : « Un grand professionnel normand nous raconte son parcours… Le livre fourmille d’anecdotes qui intéresseront, voire amuseront, les lecteurs connaisseurs de la vie régionale… (Le message est) le bilan d’une riche carrière d’environnementaliste, doublé d’une réflexion développée au cours d’une intense activité de blogueur ».

- François-Xavier Lauch, Chef de Cabinet du Président de la République : « Le Président m'a confié le soin de vous remercier pour cette contribution et pour les propositions qu'elle comporte dont il a été pris connaissance avec le meilleur intérêt ».

- Christine Dhenain, correspondante de presse : « Des propositions concrètes laissant présager l’espoir d’une nouvelle ère entre l’homme et son environnement, ou l’ère d’une civilisation toute entière qui doit se renouveler à échelle planétaire ».

- Nicolas Gaillard, journaliste Le Bulletin : « Dans ce livre, Michel Lerond souhaite ouvrir des pistes pour porter un message d’espoir, auprès du grand public et notamment des jeunes ».

- Agnès Poli, avocate : « (Ce livre) se déguste comme un bonbon, à toute vitesse et succulent ».

- Marie-France Ramelet, ancienne restauratrice : « Plus on avance dans la lecture et plus on se dit que Michel avait tout compris et étudié avant tout le monde. On peut dire que "Faire passer le message "est d'une actualité brûlante ».

- Joce Hue, journaliste Paris-Normandie-Dimanche : https://www.paris-normandie.fr/accueil/figures-de-style--michel-lerond-la-science-de-l-urgence-ecologique-CJ13920772

- Jacques Calu, médecin ORL retraité : « Grâce à ton livre je cerne mieux aujourd'hui cette nébuleuse qu'était pour moi le mot écologie ».

- Richard Gauthier, France Bleu : https://www.francebleu.fr/emissions/france-bleu-et-vous-l-invite/normandie-rouen/michel-lerond-faire-passer-le-message

- Anne Rubinstein, cheffe de cabinet de Nicolas Hulot : « Le ministre a pris connaissance de ce livre avec intérêt… Il vous félicite pour votre engagement et pour votre contribution ».

- Yvon Robert, maire de Rouen : « Vous avez eu la gentillesse de m’offrir votre livre intitulé « Faire passer le message ». C’est avec beaucoup de plaisir que je vous adresse mes remerciements pour cette délicate attention ».

- Bernard Boullard, professeur émérite : « (votre livre) transpire de sincérité, de sensibilité. Il est riche de mille facettes qui situent excellemment l’homme et son œuvre. Il clame votre attachement à la nature. Il hurle (et le mot est de circonstance) votre inquiétude devant le comportement de l’Homme face à la nature. Il regorge de judicieuses suggestions ».

 

Quelques avis de lecteurs sur « Les clés de notre avenir » :

- Brice Blondel, Chef de Cabinet du Président de la République : « Vous pouvez être sûr du plein engagement du Chef de l’Etat et du Gouvernement sur ce sujet (du dérèglement climatique), comme sur celui de la préservation de la biodiversité. »

- Danielle Biron, professeur en retraite, présidente d’Evreux Nature Environnement : « Je vous souhaite une bonne continuation dans votre "croisade" espérant que vous serez entendu et suivi par le plus grand nombre. »

- Jacqueline Fihey, professeur en retraite, engagée pour la protection de l’environnement et les droits de l’homme : « Votre ouvrage est incontestablement d'une actualité brûlante… Vos livres successifs plaident dans le même sens, c'est pourquoi nous tenons à les faire connaître. »

- Philippe Fajon, archéologue du paysage à la DRAC - Normandie : « Mon ami Michel Lerond possède une longue expérience d'observateur. Il poursuit son travail de publication de ses réflexions, très personnelles mais toujours plein de bon sens. Son dernier ouvrage est paru : juste 10 euros pour enrichir votre réflexion ... prendre des décisions ... constater que vous n'êtes pas seul ... devenir acteur de votre avenir ! »

- Jacques Calu, médecin ORL retraité : « Je suis ravi de tout ce que j'ai trouvé (dans ce livre) et que je vais relire. Bien des réflexions sont prémonitoires de ce que nous vivons avec la Covid 19. »

- Robert Meyer, professeur émérite à l’Université de Rouen : « Je te félicite d’abord pour avoir osé aborder le problème de la transition environnementale « dans son ensemble ». La tâche est énorme, et il faut oser … J’ai lu tes 93 propositions, aucune ne m’a parue farfelue ou inutile ; rien n’est à côté de la plaque. Tu n’as pas éludé certains problèmes que beaucoup de militants environnementaux qui écrivent sur le sujet laissent pudiquement de côté »

- Yvon Gervaise, ingénieur chimiste : « Ce Nouvel ouvrage, agréable à lire, très enrichissant, comporte un éclairage très pertinent sur la question actuelle du rapport entre écologie et économie. Bravo Michel, je conseille à tous mes amis la lecture de tes 93 propositions. »

- Bertrand Bellanger, Président du Département de Seine-Maritime : « Le Département, en tant que collectivité de proximité, est particulièrement attentif aux contributions que peuvent apporter les habitants de Seine-Maritime, notamment sur le sujet de l’environnement. Ainsi, votre ouvrage permet de poursuivre la réflexion. »

- Georges Lanmafankpotin, professeur associé écoconseil à l’Université du Québec à Montréal : « Merci de tenir le cap ! Et, merci de mettre à notre disposition ces 93 clés pour décoder les enjeux actuels et ouvrir les portes de l'avenir ! »

- Bernard Boullard, professeur émérite à l’Université de Rouen : « Vous vivez votre livre, vous vous exprimez en souffrant devant la situation actuelle et en vous demandant si les « décideurs » auront l’énergie requise pour stopper (??) ou au moins freiner (!!) la dérive. »

 

 

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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 09:00

Le taux de recyclage des déchets papier, en France, est de l’ordre de 57 % et en progrès grâce à la mobilisation des citoyens et l’amélioration des dispositifs de collecte. La quasi-totalité des papiers sont recyclables et peuvent l’être de 3 à 7 fois pour fournir de nouvelles feuilles, du papier hygiénique ou des matériaux d’isolation. Pourtant, la filière française de recyclage des déchets-papier est peut-être en péril… Un de ses acteurs principaux est l’entreprise Chapelle-Darblay, située dans la métropole Rouen-Normandie. Le finlandais UPM, propriétaire du site, fabrique du papier journal à partir de recyclé selon un procédé qu’il a inventé en 1985. Ces dernières années, 480 000 tonnes de déchets-papier par an ont été recyclées pour produire 250 000 tonnes de papier journal. En juillet 2020, UPM a annoncé la fermeture du site et la suppression de 228 postes, sans trouver de repreneur, ceci afin de mettre fin aux profits d’exploitation trop faibles de la filière.

Alors que la France croule sous 1,6 million de tonnes/an de déchets-papier, ce manque de recyclage contraint certaines collectivités à incinérer des stocks de papier. Certes le numérique fait baisser la consommation de papier de 10 % par an, mais… la distribution d’imprimés publicitaires est repartie de plus belle : 40 kg par foyer et par an ! La fermeture de la Chapelle-Darblay pose la question du devenir du papier trié par 24 millions de citoyens, ce qui s’avère impossible avec les seules papeteries française restantes. Il faudrait donc exporter le papier à recycler, et une fois de plus sans doute très loin par cargos, ou dans les pays voisins par camions, ce qui a un fort coût environnemental et social. Comme toujours, cette problématique n’est pas simple et demande à être appréhendée dans sa globalité, alors que la dimension économique l’emporte largement sur les préoccupations environnementales. Il paraît inimaginable que la collecte des papiers s’arrête faute de recyclage possible. La filière qui était en place présentait les performances requises pour « refaire » du papier journal, mais aussi envisager d’autres productions. Cette filière est aussi créatrice d’emplois, sans doute plus utiles que les prétendus milliers d’emplois affectés à la distribution de publicités dans les boîtes aux lettres… Il est temps aussi de faire des choix en matière d’emploi !

La fermeture de la Chapelle-Darblay pose la question du devenir des déchets-papier. Dans le cadre d’une approche globale, il convient d’harmoniser prévention et recyclage : la loi climat en préparation prévoit d’inverser la demande des citoyens en affichant : « oui à la pub » plutôt que « stop pub ». Il ne reste plus qu’à pérenniser la filière de recyclage et encore l’améliorer. C’est un enjeu de société et l’opportunité de montrer que l’économie circulaire n’est pas que des discours, mais une réalité !

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 08:53

Et maintenant, debout les jeunes ! :

Il est sûr que l’année 2020 apparaîtra comme une année charnière dans l’histoire de notre civilisation, celle qui a mis fin à deux siècles d’accélérations économique et démographique au-delà du raisonnable. Ce coup de massue de la Covid-19 nous a fait prendre conscience de la fragilité des humains et des civilisations. Notre monde hyper technologique s’est trouvé démuni face à un « simple » virus. Nos systèmes administratifs, financiers, sanitaires se sont révélés assez défaillants. Désormais la croissance obsessionnelle et la consommation à tout-va, c’était hier.

C’est la jeunesse qui va devoir changer de paradigme pour un retour à la prise en compte de la nature dans la vie quotidienne, pour une construction sociale plus solidaire et un souci prioritaire de qualité de vie avec une hybridation culturelle. Les jeunes vont avoir à redéfinir les systèmes de production et de consommation, en fait inventer une nouvelle économie. Pour cela l’enseignement va devoir faire sa révolution et là encore il y a des raisons d’être optimistes lorsque l’on constate qu’une grande majorité d’étudiants souhaitent un premier emploi dans une entreprise respectueuse de l’environnement et au contraire refusent de travailler dans une entreprise polluante ou fortement émettrice de GES. Le changement n’est plus seulement à inventer, il est déjà en cours.

Face au dérèglement climatique, les jeunes doivent remettre en cause les dogmes économiques, les bases d’hier étant devenues une croyance qui s’est avérée dangereuse pour l’Homme. L’économie d’hier a privilégié le profit plutôt que la personne, c’est une forme d’intégrisme qui s’est révélée mortifère. La géopolitique en est aussi toute bouleversée. L’Occident a perdu la main avec une Amérique attaquée de toutes parts et une Europe hors-jeu. Pourtant l’Europe a une grande responsabilité dans la défense de la démocratie. Il serait temps de s’intéresser plus à l’avenir et moins au passé. Que l’Europe se réveille !

La population de la Chine d’aujourd’hui est égale à la population terrestre de 1900 et la durée de vie s’est allongée de 20 à 30 ans selon les pays, ce qui explique qu’actuellement 3 ou 4 générations cohabitent. Avec la fulgurance des progrès techniques, ce sont donc les jeunes qui forment les plus anciens à l’utilisation des nouveaux outils numériques. Le monde s’est inversé et les jeunes sont donc bien les maîtres du monde. Même si l’époque est plutôt morose, avec des relents de « fin du monde » parfois, il faut croire que notre civilisation a encore de l’avenir pourvu qu’on s’attelle à le reconstruire.

Les jeunes vont refaire le monde, nous y croyons ! Ils en ont la volonté et la compétence.

 

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 08:36

La Covid-19, une épidémie révélatrice :

Il a suffi d’un virus pour que le monde se retrouve sans dessus-dessous. Toute affaire cessante, notre univers a muté en un monde étrange, avec rien d’autre que le désarroi et l’angoisse. Désabusés ou rebelles, tous ont fini par admettre que cette crise sanitaire et écologique planétaire marque un coup d’arrêt au « monde d’avant ». Si l’on continue sur les mêmes bases, les mêmes causes vont produire les mêmes effets et nous n’en sommes pas sortis !... On a peine à y croire, mais il faut bien l’admettre, ce Coronavirus a franchi la barrière des espèces et s’est propagé très vite à toute la planète, résultat de la pression humaine sur les espaces naturels.

Bien que ce risque potentiel soit annoncé depuis des décennies, tous ou presque nous avons préféré ne pas regarder la réalité et continuer comme avant. Et donc quel réveil brutal en 2020 avec de vastes territoires confinés, des villes désertées, une économie au ralenti, des responsables politiques, économiques, sanitaires déboussolés et une improvisation qui laisse songeur face à un état d’urgence généralisé. La sacro-sainte croissance s’est effondrée, la précarité a augmenté et nous avons enfin pris conscience de la vulnérabilité de notre société. Avec cette crise de la Covid-19 nous sommes entrés dans l’ère des phénomènes globaux et planétaires, un monde nouveau vraiment.

On ne va pas se réjouir de cette crise de la Covid-19, mais il est possible que cette « répétition générale » ait aussi un impact salutaire en nous ramenant à plus de raison. Voilà bien la leçon : apprendre des crises passées pour éviter leur reconduction et au moins savoir mieux les gérer. Profitons de cette occasion pour corriger nos modes de vie et réorganiser la société. Faire face à ces évolutions suppose que l’on dépasse la vision du court terme lié au fonctionnement économique de nos sociétés pour considérer le long terme lié aux évolutions de la nature. Voilà bien le défi à relever par la génération Covid !

L’espoir est là quand on constate que les jeunes sont très exposés et impactés par la pandémie et ses conséquences, certains même déprimés, mais nombreux sont ceux qui ne sont ni abattus, ni en colère, et se disent prêts à rebondir en comptant d’abord sur eux-mêmes. Cette génération Covid est lucide, consciente de l’ampleur des difficultés, mais reste optimiste. De nombreuses enquêtes montrent à quel point les jeunes sont à la recherche de sens, conscients de l’urgence à faire évoluer le monde économique et le respect de notre environnement.

A suivre : Et maintenant, debout les jeunes !

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 08:25

Une sociologie de la jeunesse :

Les sociologues ont pris l’habitude de caractériser les générations qui se suivent par rapport au contexte de leur époque. L’important est sans doute de comprendre, à travers cette approche sociologique, comment évolue le monde et vers quoi il tend. Ainsi nous nous accordons sur deux générations de transition qui marquent l’après-guerre et le début du 21ème siècle.

La génération d’après-guerre est celle du « Baby-boom », composée des personnes nées entre 1945 et 1955, elle a connu les « Trente glorieuses » (1945-1975, période de relance économique), puis les « Trente piteuses » (1975-2005, avec une relative stagnation économique mais aussi une prise de conscience des atteintes à l’environnement). Les petits enfants des « baby-boomers » sont nés à partir de 2000, ils seront aux commandes professionnelles et politiques à partir de 2025-2030. Quel héritage va-t-on leur laisser ? Il n’y a plus qu’à tout reconstruire, mais en auront-ils la possibilité ? En auront-ils vraiment envie ? Oui c’est l’angoisse devant ce qui pourrait devenir les « Trente anxieuses », avec dérèglement climatique et érosion de la biodiversité, des crises qui se multiplient, écologiques, sanitaires, sociales et politiques. C’est l’angoisse devant un futur plus qu’incertain…

Ces deux générations marqueront l’histoire du fait des transformations marquantes de l’humanité qu’elles auront connues. La première, les « baby-boomers », est celle qui a « explosé » la technologie, la planétarisation, la communication. La seconde, les « petits-enfants-baby-boomers », est celle qui va réinventer le monde avec une société planétaire apaisée et enfin Humaine, ou bien elle sera celle qui va achever la tâche de leurs grands-parents en… faisant s’effondrer l’Humanité ! Entre ces deux grandes étapes, la génération appelée génération Y par certains, est celle des enfants des « baby-boomers » qui vit une situation inconfortable dans un monde en perte de repères.

Comme nous l’avons souvent répété, la génération actuelle (les personnes nées après 2000), que certains nomment déjà la génération Covid, a le devoir impérieux de reconstituer le climat, restaurer la biodiversité, préserver les ressources, inventer une social-économie et organiser la société planétaire. C’est un défi immense, mais aussi un objectif enthousiasmant. Cette génération Covid est sans doute aussi la génération espoir dans la mesure où si certains sont prêts à la révolte, la plupart des jeunes ont d’ores et déjà entrepris de reconstruire la société. N’y a-t-il pas là une reprise en main de son propre avenir qui lève un immense espoir à l’horizon de la jeunesse d’aujourd’hui ?

A suivre : La Covid-19, une épidémie révélatrice.

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 10:08

La société numérique dans laquelle nous vivons procure maintenant des possibilités extraordinaires. Elle interroge aussi par sa dimension planétaire qui efface parfois les frontières entre le personnel et le collectif. C’est par humour que j’ai pu dire qu’un jour nous aurions tous une puce greffée sur le corps permettant d’accéder à toutes les données nous concernant… Mon fantasme personnel est dépassé par la réalité, puisque Microsoft envisage, depuis environ un an, de faire implanter des puces dans notre corps avec un identifiant numérique. Ce programme baptisé ID2020 vise à donner à chaque être humain de la planète une identité numérique, afin de conserver, et si besoin surveiller, une connection avec chaque individu. Ces puces permettraient de téléphoner, faire des achats sur le net, etc. Ainsi nous serions tous connectés en permanence. Nous sommes là dans un scénario de science-fiction ? Pas tout à fait puisque certaines entreprises américaines ont déjà pucé leurs employés et cela depuis 2017 ! Cette micropuce, de la taille d’un grain de riz, implantée dans la main permet ainsi de payer ses achats, de fournir son code d’identification ou encore de remplacer les clés pour ouvrir une porte. C’est bien pratique et des employés de plus en plus nombreux se font pucer. La multiplication de ce procédé n’est pas sans soulever quelques questions de sécurité et de confidentialité. Les hakers ont encore de l’avenir !

Pour peu qu’un régime politique s’accapare ce genre de procédé, cela peut donner le contrôle social chinois, utilisant le numérique pour surveiller la population, au moyen d’une technique d’identification faciale. Dès les années 1990, la Chine a mis en place ce contrôle sous forme d’un « permis à points citoyen ». Selon leurs comportements, les Chinois peuvent ainsi perdre des points ou en gagner, ce qui conditionne leur accès à la crèche ou un logement social par exemple. Toutes les données numériques, issues des téléphones ou internet, peuvent être croisées et regroupées dans le cadre du SCS (Système de crédit social chinois). De ce fait, il y a moins d’accidents de la route, plus de civilité et de solidarité, et plus besoin de clé pour rentrer chez soi. Le bonheur ! Le SCS n’est pas que chinois et tend, insidieusement, à se banaliser. Que savons-nous de l’usage qui est fait de nos commandes en ligne, ou de la consultation du net ? Ne sommes-nous pas en train de préparer un avenir numérique désuhumanisé ? A propos de l’ère de la communication, nous évoquions sur ce blog le livre « Homo deus » publié par l’israélien Harari, en 2017, dans lequel il envisage que, grâce à des manipulations génétiques et l’intelligence artificielle, les hommes vont être dotés de pouvoirs incommensurables. Harari pense en effet que l’on pourrait s’affranchir des lois de la biochimie en fabriquant des êtres non organiques et en remplaçant les neurones par l’intelligence artificielle. Le bonheur, je vous dis !

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 08:35

De 7 milliards de Terriens en 2011, nous en sommes déjà à quasiment 8 milliards en 2021. Pour mémoire, nous étions environ 650 000 vers 1700, 1 milliard en 1800, 4 milliards en 1970 et on prévoit 10 milliards de Terriens en 2050. Les démographes précisent toutefois que le taux de fécondité peut varier et surtout que des crises de différentes natures pourraient rendre caduques les prévisions. On a bien conscience que l’humanité consomme plus que la Terre ne peut produire, soit 1,6 planète, avec des disparités entre riches et pauvres. Pour rééquilibrer les choses, il faudrait donc que la population soit moindre, de 5 milliards de Terriens seulement. Cela signifie que la régulation des naissances est incontournable. Malgré bien des alertes, le sujet reste tabou. Nous sommes une espèce très féconde, certes, mais peut-être faudrait-il songer à nous reproduire un peu moins si nous voulons éviter que des régulations beaucoup plus cruelles ne se mettent en place, par les Hommes eux-mêmes, à moins que la nature ne s’en charge…

Il est donc urgent d’en revenir aux théories de l’économiste anglais Malthus (1766-1834) qui préconisait une limitation des naissances pour les accorder avec la disponibilité des ressources. Pour réduire le nombre d’habitants sur la Terre, il « suffit » de faire moins d’enfants. Si l’on tient compte de la fécondité, le contrôle des naissances vise plutôt les pays pauvres, mais les pays riches peuvent montrer l’exemple en instituant une décroissance démographique. De toute façon, les blocs asiatiques et africains vont demeurer largement majoritaires pour des décennies. Il va de soi qu’une telle démarche doit être régie par l’ONU relayé par les grands blocs, pour nous par l’Europe.

Faute de ces mesures urgentes, la régulation démographique pourrait se faire de manière incontrôlée par une déstabilisation majeure liée à des pénuries alimentaires et en eau ou à des pandémies. Sur ce registre les possibilités sont nombreuses :

- Le dérèglement climatique va induire des sécheresses, inondations ou tempêtes qui vont mettre en péril certaines populations, réduire les rendements agricoles et aussi générer des migrations porteuses de conflits.

- Si la Covid-19 n’a fait « que » 2 millions de morts pour le moment, on peut rappeler que le Sida a causé 35 millions de décès depuis 1980 ou que la grippe espagnole du début du 20ème siècle a fait de l’ordre de 50 millions de morts.

Voilà bien des soucis pour les générations à venir et en premier lieu pour nourrir tout le monde ! Dans l’immédiat, il convient surtout d’alerter sur cette situation, ne plus se voiler la face et prendre au niveau mondial les mesures pour reconstituer le climat et la biodiversité, principales sources des désagréments qui nous attendent.

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 08:25

Nous avons souvent évoqué les dérives langagières. Il en fut ainsi dès 1972 lorsque le Club de Rome publia son rapport « The limits to growth » traduit par « Halte à la croissance » au lieu de « Les limites de la croissance », ce qui ne signifie pas tout à fait la même chose ! Plus tard, en 1987, le rapport Brundtland emploie pour la première fois l’expression « sustainable development » traduit par « Développement durable » au lieu de « Développement soutenable », ce qui est absurde puisque justement, le développement actuel ne peut pas durer !... Ces erreurs de traduction peuvent résulter d’une mauvaise maîtrise de la langue anglaise, mais ce peut être aussi pour « arranger » la réalité… En matière d’énergie, le solaire, l’éolien, l’hydraulique, la biomasse et la géothermie sont considérés comme énergies renouvelables puisque inépuisables et disponibles. Affirmation un peu péremptoire et qu’il faut nuancer fortement.

Quant à la « transition écologique »… réalité ou « green washing » ? L’évolution de notre société et le développement des énergies dites renouvelables nécessite de grandes quantités de terres rares pour la fabrication des batteries de voitures électriques, les éoliennes, les panneaux photovoltaïques, et aussi bien sûr les ordinateurs et smartphones. Or ces terres rares, très peu présentes en Europe, sont importées à 99 % de Chine, alors que nos besoins explosent. Cette situation peut évoluer avec la réouverture de certaines mines en Europe, mais sans illusion puisque le sous-sol européen est très pauvre en terres rares, ce qui nous place en situation de dépendance forte.

Dans ce contexte l’énergie nucléaire reste au centre d’un dilemme quasi insoluble. Certes la production d’énergie nucléaire offre de gros avantages en matière de faibles rejets de CO2 et donc de contribution minime aux modifications climatiques. Mais… la question des déchets reste entière, de même que le démantèlement des centrales obsolètes. Les Japonais ont peut-être trouvé la solution après l’accident de Fukushima en 2011, en prévoyant de rejeter dans le Pacifique le million de mètres cubes d’eau radioactive accumulée sur le site ! En France, pas de souci, tout est sous contrôle… bien qu’il n’y ait plus d’uranium en France depuis belle lurette, que les « incidents » se multiplient dans de nombreuses centrales et que l’EPR de Flamanville, prévu en 2006 pour un coût de 3,3 milliards d’euros, va coûter… 19 mds €, avec un retard à la construction de … 11 ans, si toutefois il fonctionne un jour ! Vous avez dit transition écologique ?

Après des décennies de tergiversations, la question centrale est toujours la même : c’est la sous-utilisation des outils d’évaluation environnementale, sociale et économique de ces nouvelles énergies, afin de pouvoir décider en connaissance de cause. A force de dénis, le mur se rapproche et il faudra bien un jour, réduire nos consommations de façon drastique, qu’on le veuille ou non !

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