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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 08:53

Et maintenant, debout les jeunes ! :

Il est sûr que l’année 2020 apparaîtra comme une année charnière dans l’histoire de notre civilisation, celle qui a mis fin à deux siècles d’accélérations économique et démographique au-delà du raisonnable. Ce coup de massue de la Covid-19 nous a fait prendre conscience de la fragilité des humains et des civilisations. Notre monde hyper technologique s’est trouvé démuni face à un « simple » virus. Nos systèmes administratifs, financiers, sanitaires se sont révélés assez défaillants. Désormais la croissance obsessionnelle et la consommation à tout-va, c’était hier.

C’est la jeunesse qui va devoir changer de paradigme pour un retour à la prise en compte de la nature dans la vie quotidienne, pour une construction sociale plus solidaire et un souci prioritaire de qualité de vie avec une hybridation culturelle. Les jeunes vont avoir à redéfinir les systèmes de production et de consommation, en fait inventer une nouvelle économie. Pour cela l’enseignement va devoir faire sa révolution et là encore il y a des raisons d’être optimistes lorsque l’on constate qu’une grande majorité d’étudiants souhaitent un premier emploi dans une entreprise respectueuse de l’environnement et au contraire refusent de travailler dans une entreprise polluante ou fortement émettrice de GES. Le changement n’est plus seulement à inventer, il est déjà en cours.

Face au dérèglement climatique, les jeunes doivent remettre en cause les dogmes économiques, les bases d’hier étant devenues une croyance qui s’est avérée dangereuse pour l’Homme. L’économie d’hier a privilégié le profit plutôt que la personne, c’est une forme d’intégrisme qui s’est révélée mortifère. La géopolitique en est aussi toute bouleversée. L’Occident a perdu la main avec une Amérique attaquée de toutes parts et une Europe hors-jeu. Pourtant l’Europe a une grande responsabilité dans la défense de la démocratie. Il serait temps de s’intéresser plus à l’avenir et moins au passé. Que l’Europe se réveille !

La population de la Chine d’aujourd’hui est égale à la population terrestre de 1900 et la durée de vie s’est allongée de 20 à 30 ans selon les pays, ce qui explique qu’actuellement 3 ou 4 générations cohabitent. Avec la fulgurance des progrès techniques, ce sont donc les jeunes qui forment les plus anciens à l’utilisation des nouveaux outils numériques. Le monde s’est inversé et les jeunes sont donc bien les maîtres du monde. Même si l’époque est plutôt morose, avec des relents de « fin du monde » parfois, il faut croire que notre civilisation a encore de l’avenir pourvu qu’on s’attelle à le reconstruire.

Les jeunes vont refaire le monde, nous y croyons ! Ils en ont la volonté et la compétence.

 

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 08:36

La Covid-19, une épidémie révélatrice :

Il a suffi d’un virus pour que le monde se retrouve sans dessus-dessous. Toute affaire cessante, notre univers a muté en un monde étrange, avec rien d’autre que le désarroi et l’angoisse. Désabusés ou rebelles, tous ont fini par admettre que cette crise sanitaire et écologique planétaire marque un coup d’arrêt au « monde d’avant ». Si l’on continue sur les mêmes bases, les mêmes causes vont produire les mêmes effets et nous n’en sommes pas sortis !... On a peine à y croire, mais il faut bien l’admettre, ce Coronavirus a franchi la barrière des espèces et s’est propagé très vite à toute la planète, résultat de la pression humaine sur les espaces naturels.

Bien que ce risque potentiel soit annoncé depuis des décennies, tous ou presque nous avons préféré ne pas regarder la réalité et continuer comme avant. Et donc quel réveil brutal en 2020 avec de vastes territoires confinés, des villes désertées, une économie au ralenti, des responsables politiques, économiques, sanitaires déboussolés et une improvisation qui laisse songeur face à un état d’urgence généralisé. La sacro-sainte croissance s’est effondrée, la précarité a augmenté et nous avons enfin pris conscience de la vulnérabilité de notre société. Avec cette crise de la Covid-19 nous sommes entrés dans l’ère des phénomènes globaux et planétaires, un monde nouveau vraiment.

On ne va pas se réjouir de cette crise de la Covid-19, mais il est possible que cette « répétition générale » ait aussi un impact salutaire en nous ramenant à plus de raison. Voilà bien la leçon : apprendre des crises passées pour éviter leur reconduction et au moins savoir mieux les gérer. Profitons de cette occasion pour corriger nos modes de vie et réorganiser la société. Faire face à ces évolutions suppose que l’on dépasse la vision du court terme lié au fonctionnement économique de nos sociétés pour considérer le long terme lié aux évolutions de la nature. Voilà bien le défi à relever par la génération Covid !

L’espoir est là quand on constate que les jeunes sont très exposés et impactés par la pandémie et ses conséquences, certains même déprimés, mais nombreux sont ceux qui ne sont ni abattus, ni en colère, et se disent prêts à rebondir en comptant d’abord sur eux-mêmes. Cette génération Covid est lucide, consciente de l’ampleur des difficultés, mais reste optimiste. De nombreuses enquêtes montrent à quel point les jeunes sont à la recherche de sens, conscients de l’urgence à faire évoluer le monde économique et le respect de notre environnement.

A suivre : Et maintenant, debout les jeunes !

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 08:25

Une sociologie de la jeunesse :

Les sociologues ont pris l’habitude de caractériser les générations qui se suivent par rapport au contexte de leur époque. L’important est sans doute de comprendre, à travers cette approche sociologique, comment évolue le monde et vers quoi il tend. Ainsi nous nous accordons sur deux générations de transition qui marquent l’après-guerre et le début du 21ème siècle.

La génération d’après-guerre est celle du « Baby-boom », composée des personnes nées entre 1945 et 1955, elle a connu les « Trente glorieuses » (1945-1975, période de relance économique), puis les « Trente piteuses » (1975-2005, avec une relative stagnation économique mais aussi une prise de conscience des atteintes à l’environnement). Les petits enfants des « baby-boomers » sont nés à partir de 2000, ils seront aux commandes professionnelles et politiques à partir de 2025-2030. Quel héritage va-t-on leur laisser ? Il n’y a plus qu’à tout reconstruire, mais en auront-ils la possibilité ? En auront-ils vraiment envie ? Oui c’est l’angoisse devant ce qui pourrait devenir les « Trente anxieuses », avec dérèglement climatique et érosion de la biodiversité, des crises qui se multiplient, écologiques, sanitaires, sociales et politiques. C’est l’angoisse devant un futur plus qu’incertain…

Ces deux générations marqueront l’histoire du fait des transformations marquantes de l’humanité qu’elles auront connues. La première, les « baby-boomers », est celle qui a « explosé » la technologie, la planétarisation, la communication. La seconde, les « petits-enfants-baby-boomers », est celle qui va réinventer le monde avec une société planétaire apaisée et enfin Humaine, ou bien elle sera celle qui va achever la tâche de leurs grands-parents en… faisant s’effondrer l’Humanité ! Entre ces deux grandes étapes, la génération appelée génération Y par certains, est celle des enfants des « baby-boomers » qui vit une situation inconfortable dans un monde en perte de repères.

Comme nous l’avons souvent répété, la génération actuelle (les personnes nées après 2000), que certains nomment déjà la génération Covid, a le devoir impérieux de reconstituer le climat, restaurer la biodiversité, préserver les ressources, inventer une social-économie et organiser la société planétaire. C’est un défi immense, mais aussi un objectif enthousiasmant. Cette génération Covid est sans doute aussi la génération espoir dans la mesure où si certains sont prêts à la révolte, la plupart des jeunes ont d’ores et déjà entrepris de reconstruire la société. N’y a-t-il pas là une reprise en main de son propre avenir qui lève un immense espoir à l’horizon de la jeunesse d’aujourd’hui ?

A suivre : La Covid-19, une épidémie révélatrice.

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 10:08

La société numérique dans laquelle nous vivons procure maintenant des possibilités extraordinaires. Elle interroge aussi par sa dimension planétaire qui efface parfois les frontières entre le personnel et le collectif. C’est par humour que j’ai pu dire qu’un jour nous aurions tous une puce greffée sur le corps permettant d’accéder à toutes les données nous concernant… Mon fantasme personnel est dépassé par la réalité, puisque Microsoft envisage, depuis environ un an, de faire implanter des puces dans notre corps avec un identifiant numérique. Ce programme baptisé ID2020 vise à donner à chaque être humain de la planète une identité numérique, afin de conserver, et si besoin surveiller, une connection avec chaque individu. Ces puces permettraient de téléphoner, faire des achats sur le net, etc. Ainsi nous serions tous connectés en permanence. Nous sommes là dans un scénario de science-fiction ? Pas tout à fait puisque certaines entreprises américaines ont déjà pucé leurs employés et cela depuis 2017 ! Cette micropuce, de la taille d’un grain de riz, implantée dans la main permet ainsi de payer ses achats, de fournir son code d’identification ou encore de remplacer les clés pour ouvrir une porte. C’est bien pratique et des employés de plus en plus nombreux se font pucer. La multiplication de ce procédé n’est pas sans soulever quelques questions de sécurité et de confidentialité. Les hakers ont encore de l’avenir !

Pour peu qu’un régime politique s’accapare ce genre de procédé, cela peut donner le contrôle social chinois, utilisant le numérique pour surveiller la population, au moyen d’une technique d’identification faciale. Dès les années 1990, la Chine a mis en place ce contrôle sous forme d’un « permis à points citoyen ». Selon leurs comportements, les Chinois peuvent ainsi perdre des points ou en gagner, ce qui conditionne leur accès à la crèche ou un logement social par exemple. Toutes les données numériques, issues des téléphones ou internet, peuvent être croisées et regroupées dans le cadre du SCS (Système de crédit social chinois). De ce fait, il y a moins d’accidents de la route, plus de civilité et de solidarité, et plus besoin de clé pour rentrer chez soi. Le bonheur ! Le SCS n’est pas que chinois et tend, insidieusement, à se banaliser. Que savons-nous de l’usage qui est fait de nos commandes en ligne, ou de la consultation du net ? Ne sommes-nous pas en train de préparer un avenir numérique désuhumanisé ? A propos de l’ère de la communication, nous évoquions sur ce blog le livre « Homo deus » publié par l’israélien Harari, en 2017, dans lequel il envisage que, grâce à des manipulations génétiques et l’intelligence artificielle, les hommes vont être dotés de pouvoirs incommensurables. Harari pense en effet que l’on pourrait s’affranchir des lois de la biochimie en fabriquant des êtres non organiques et en remplaçant les neurones par l’intelligence artificielle. Le bonheur, je vous dis !

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 08:35

De 7 milliards de Terriens en 2011, nous en sommes déjà à quasiment 8 milliards en 2021. Pour mémoire, nous étions environ 650 000 vers 1700, 1 milliard en 1800, 4 milliards en 1970 et on prévoit 10 milliards de Terriens en 2050. Les démographes précisent toutefois que le taux de fécondité peut varier et surtout que des crises de différentes natures pourraient rendre caduques les prévisions. On a bien conscience que l’humanité consomme plus que la Terre ne peut produire, soit 1,6 planète, avec des disparités entre riches et pauvres. Pour rééquilibrer les choses, il faudrait donc que la population soit moindre, de 5 milliards de Terriens seulement. Cela signifie que la régulation des naissances est incontournable. Malgré bien des alertes, le sujet reste tabou. Nous sommes une espèce très féconde, certes, mais peut-être faudrait-il songer à nous reproduire un peu moins si nous voulons éviter que des régulations beaucoup plus cruelles ne se mettent en place, par les Hommes eux-mêmes, à moins que la nature ne s’en charge…

Il est donc urgent d’en revenir aux théories de l’économiste anglais Malthus (1766-1834) qui préconisait une limitation des naissances pour les accorder avec la disponibilité des ressources. Pour réduire le nombre d’habitants sur la Terre, il « suffit » de faire moins d’enfants. Si l’on tient compte de la fécondité, le contrôle des naissances vise plutôt les pays pauvres, mais les pays riches peuvent montrer l’exemple en instituant une décroissance démographique. De toute façon, les blocs asiatiques et africains vont demeurer largement majoritaires pour des décennies. Il va de soi qu’une telle démarche doit être régie par l’ONU relayé par les grands blocs, pour nous par l’Europe.

Faute de ces mesures urgentes, la régulation démographique pourrait se faire de manière incontrôlée par une déstabilisation majeure liée à des pénuries alimentaires et en eau ou à des pandémies. Sur ce registre les possibilités sont nombreuses :

- Le dérèglement climatique va induire des sécheresses, inondations ou tempêtes qui vont mettre en péril certaines populations, réduire les rendements agricoles et aussi générer des migrations porteuses de conflits.

- Si la Covid-19 n’a fait « que » 2 millions de morts pour le moment, on peut rappeler que le Sida a causé 35 millions de décès depuis 1980 ou que la grippe espagnole du début du 20ème siècle a fait de l’ordre de 50 millions de morts.

Voilà bien des soucis pour les générations à venir et en premier lieu pour nourrir tout le monde ! Dans l’immédiat, il convient surtout d’alerter sur cette situation, ne plus se voiler la face et prendre au niveau mondial les mesures pour reconstituer le climat et la biodiversité, principales sources des désagréments qui nous attendent.

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 08:25

Nous avons souvent évoqué les dérives langagières. Il en fut ainsi dès 1972 lorsque le Club de Rome publia son rapport « The limits to growth » traduit par « Halte à la croissance » au lieu de « Les limites de la croissance », ce qui ne signifie pas tout à fait la même chose ! Plus tard, en 1987, le rapport Brundtland emploie pour la première fois l’expression « sustainable development » traduit par « Développement durable » au lieu de « Développement soutenable », ce qui est absurde puisque justement, le développement actuel ne peut pas durer !... Ces erreurs de traduction peuvent résulter d’une mauvaise maîtrise de la langue anglaise, mais ce peut être aussi pour « arranger » la réalité… En matière d’énergie, le solaire, l’éolien, l’hydraulique, la biomasse et la géothermie sont considérés comme énergies renouvelables puisque inépuisables et disponibles. Affirmation un peu péremptoire et qu’il faut nuancer fortement.

Quant à la « transition écologique »… réalité ou « green washing » ? L’évolution de notre société et le développement des énergies dites renouvelables nécessite de grandes quantités de terres rares pour la fabrication des batteries de voitures électriques, les éoliennes, les panneaux photovoltaïques, et aussi bien sûr les ordinateurs et smartphones. Or ces terres rares, très peu présentes en Europe, sont importées à 99 % de Chine, alors que nos besoins explosent. Cette situation peut évoluer avec la réouverture de certaines mines en Europe, mais sans illusion puisque le sous-sol européen est très pauvre en terres rares, ce qui nous place en situation de dépendance forte.

Dans ce contexte l’énergie nucléaire reste au centre d’un dilemme quasi insoluble. Certes la production d’énergie nucléaire offre de gros avantages en matière de faibles rejets de CO2 et donc de contribution minime aux modifications climatiques. Mais… la question des déchets reste entière, de même que le démantèlement des centrales obsolètes. Les Japonais ont peut-être trouvé la solution après l’accident de Fukushima en 2011, en prévoyant de rejeter dans le Pacifique le million de mètres cubes d’eau radioactive accumulée sur le site ! En France, pas de souci, tout est sous contrôle… bien qu’il n’y ait plus d’uranium en France depuis belle lurette, que les « incidents » se multiplient dans de nombreuses centrales et que l’EPR de Flamanville, prévu en 2006 pour un coût de 3,3 milliards d’euros, va coûter… 19 mds €, avec un retard à la construction de … 11 ans, si toutefois il fonctionne un jour ! Vous avez dit transition écologique ?

Après des décennies de tergiversations, la question centrale est toujours la même : c’est la sous-utilisation des outils d’évaluation environnementale, sociale et économique de ces nouvelles énergies, afin de pouvoir décider en connaissance de cause. A force de dénis, le mur se rapproche et il faudra bien un jour, réduire nos consommations de façon drastique, qu’on le veuille ou non !

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 07:55

C’est en 2016 que la Ville de Paris, la Métropole Rouen Normandie et la Communauté de l’agglomération havraise ont lancé un appel à projet « Réinventer la Seine » pour réaménager 35 sites avec des usages innovants. C’est dans ce contexte qu’il était prévu de reconvertir le chai à vin de Rouen (près de l’esplanade Saint- Gervais) en casino. Ce projet est finalement abandonné, au motif qu’il supposerait des évolutions juridiques quasi impossibles. Peu importe l’argument, c’est une bonne nouvelle ! Quoi de plus représentatif, en effet, du monde d’avant qu’un casino, symbole de l’addiction aux jeux d’argent et de la cupidité…

Ce chai à vin a été construit au début des années 1950, sur la presqu’île de Waddington, entre la Seine et le bassin Saint-Gervais. Il fut le plus grand chai à vin d’Europe ! Ce bâtiment est maintenant désaffecté et muré.

Pour être innovant, pourquoi ne pas imaginer à cet endroit une « maison du futur » ? Une maison qui serait un lieu de rencontre, de réflexion, exposition et expérimentation sur le futur qu’il convient d’inventer pour l’agglomération de Rouen. La crise de la Covid-19 a bouleversé le monde et accéléré une prise de conscience salutaire sur la nécessité de changer nos façons de penser et agir.

Pour réaliser cette « maison du futur », il « suffirait » de reprendre le projet initial de casino, en l’inversant. Le lieu, le bâtiment et les aménagements prévus offrent un fort potentiel pour regarder l’avenir, plutôt que le passé !

Ce bâtiment du chai à vin est construit en briques et béton et compte trois étages desservis par des passerelles. Situé, si l’on peut dire « au milieu » de la Seine, le chai à vin bénéficie d’un emplacement emblématique pour Rouen. Le projet initial de transformation prévoyait d’envelopper le bâtiment d’un « nuage évanescent formé de panneaux de verre sertis d’une maille métallique translucide ». Il était prévu encore d’ajouter une grande terrasse belvédère, avec deux restaurants panoramiques et l’intérieur offre la possibilité une multitude d’espaces récréatifs. En somme, voilà un lieu magique pour regarder… le futur de Rouen !

Bref, ne changeons rien au projet initial… si ce n’est son objectif : inventer le futur !

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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 09:33

En 2017 le Museum national de Paris publiait le Manifeste du Museum en posant la question : Quel futur sans nature ? La conclusion était que « De nouvelles pages pourront alors s’ajouter à l’histoire naturelle qui pourrait devenir un « code civil naturel », un pacte de non-agression, comme l’évolution en a produit par nécessité chez de nombreuses espèces d’un écosystème. »

En 2021, le Museum a renouvelé cette expérience avec un nouveau manifeste : « Manifeste du Museum - Face aux limites – Facing the limits » (Editions Reliefs – Museum). Comme pour le précédent, ce petit livre est bilingue français-anglais, il compte 43 pages et 7 figures. La rédaction est le fait d’un comité pluridisciplinaire composé de 15 personnes dont des écologues, mais aussi historien, démographe, économiste, philosophe…

         Après un rappel sur ce que nous apprend l’histoire naturelle sur les limites de la nature, sont abordés les comportements humains face à ces limites et les conséquences à en attendre, en évoquant les différences culturelles sur la finitude individuelle et… des espèces.

          Bien sûr, des pistes sont proposées pour changer la culture scientifique, mais aussi vivre avec sobriété et se projeter dans le futur, plutôt que s’enfermer dans le déni.

          La conclusion invite à la réflexion, tant individuelle que collective. En voici un extrait : « Nous sommes aujourd’hui face à nous-mêmes et à nos propres limites. L’addiction expansionniste d’une grande partie d’entre nous semble toucher à sa fin, au moins dans sa forme destructrice. » C’est un constat alarmiste, mais aussi un sacré espoir : « L’époque paraît prête à comprendre le caractère intenable de l’anthropocentrisme, de l’idée d’une croissance matérielle infinie, et de l’idée d’un humain possesseur de la nature face à un environnement disponible qu’il suffit de maîtriser. »

          Je suis tenté de reprendre ma propre conclusion, lors de la parution du premier manifeste : Tout est dit, il n’y a plus qu’à agir pour que survive aussi… l’espèce humaine ! Pour ceux qui n’auraient toujours pas compris les origines de la Covid-19 et des autres pandémies à venir… il est plus que temps de repenser l’avenir !

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 09:03

En cette période troublée, chacun y va de son discours sur la transition énergétique, la nécessité de remédier au dérèglement climatique, etc. Que de nobles intentions ! Dans ces circonstances, il est utile de remonter un peu le temps pour mieux appréhender le présent et… anticiper un avenir plus réfléchi.

Un exemple m’est revenu à l’esprit à l’occasion de la publication de « Faire passer le message ». En voici un extrait à propos de mon parcours professionnel :

« …procéder à des expertises sur des politiques environnementales publiques et par là même contribuer à la mise au point de méthodologies d’évaluation m’a enthousiasmé. Ces approches ont concerné aussi bien des méthodes d’auto-évaluation des installations de campings que l’évaluation des contrats de plan Etat-Régions. Comme toujours, certaines prestations rappellent des souvenirs qui, parfois, éclairent certains débats actuels… Ainsi pour l’évaluation des fonds européens, concernant l’estuaire de la Seine, prestation très importante puisqu’elle conditionnait les financements de l’Europe pour la création de Port 2000 au Havre. Après appel d’offres et tergiversations diverses, je reçus la commande le 31 décembre 1999 et fut prévenu immédiatement que, quoi qu’il arrive, le préfet devait remettre cette évaluation à la DATAR pour le 15 mars 2000 et à Bruxelles pour le 15 avril. J’ai travaillé non-stop du 2 janvier au 15 avril, tous les jours sauf un seul dimanche après-midi… Au cours de cette prestation, j’ai été amené à interroger mon interlocuteur, le Sous-Préfet, pour m’inquiéter du raccordement de Port 2000 à la voie ferrée, qui n’était pas prévu. Il rétorqua que j’avais été retenu pour m’occuper d’environnement et non d’autre chose ! En 2018, ce raccordement n’est toujours pas opérationnel et la majorité des conteneurs transitent sur environ 5 000 camions par jour ! Soyons patients ! »

Aujourd’hui, début 2021, après trois ans de travaux et quelques retards dus à la Cobvid19, les essais sont en cours pour les futurs trains de la ligne Serqueux-Gisors, permettant le transport ferroviaire du fret venant de Port 2000 au Havre vers Paris. La mise en service est prévue pour mi-2021, ce qui ne fera que 21 ans après ma question incongrue !

Rien n’est désespéré pour qui sait attendre…

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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 09:15

Oui je sais, je me répète. Mais je ne résiste pas à cette tentation, que voulez-vous… Ce n’est pas pour me vanter d’avoir eu raison depuis longtemps, mais pour attirer votre attention sur le déni qui nous caractérise. Ainsi le 29 janvier 2013, je publiais sur ce blog la chronique « Laissez refroidir le thé, mais pas trop longtemps ». Merci de la relire. No comment… Et bonne année tout de même !

Laissez refroidir le thé, mais pas trop longtemps

      Le ciel était légèrement voilé en cette fin d’après-midi et la lumière moins intense que d’habitude. Dans le salon ils s’étaient réunis à quelques-uns, plus ou moins affalés dans d’immenses fauteuils autour d’un thé. Il en est souvent ainsi lors des grands colloques, un peu harassants, ce qui permet des contacts inattendus. Ce fut le cas ce jour-là. 

      L’un d’entre eux interrogea ses compagnons à propos de la communication d’un Japonais qui rappelait que lors de la dernière déglaciation, il y a 14 500 ans, le niveau moyen des océans était monté de 16 mètres en trois siècles. Ce qui relativise fortement les discours actuels sur le réchauffement du climat… Encore un climato-sceptique, rétorqua un participant. 

      Un Américain fit remarquer que la grande sécheresse de l’été et l’Ouragan Sandy avaient interpelé sacrément l’opinion publique et que le lien avec le réchauffement semblait bien établi. 

      Ces propos laissèrent un peu sceptique un Indien : nous n’avons pas de preuves formelles. Seule l’expérience nous permettra d’être sûr, vers 2080 peut être. Le problème, c’est qu’à cette date, nous serons tous morts…

      Une jeune femme précisa que les émissions de gaz carbonique ont augmenté de 58 % entre 1990 et 2011, cela ne peut être sans conséquences.

      Un quinquagénaire, un peu hautain, prit alors la parole d’un ton cérémonieux, tenant sa tasse avec une grande dextérité : Vous avez raison madame, et aucun pays ne sera à l’abri de ces changements climatiques. Ainsi, sous les tropiques, les très hautes températures auront des effets terribles sur l’agriculture. Sans oublier une montée des eaux qui pourrait renforcer les dégâts des cyclones à attendre. Mais on verra aussi en Russie, en Amérique du Sud ou en Afrique des incendies dévastateurs. Tout cela aura des conséquences sur l’accès à l’eau potable en beaucoup d’endroits et inversement des précipitations très abondantes pourront entraîner des inondations qui vont accentuer la diffusion de polluants. La question majeure est de savoir si l’humanité sera capable de s’adapter à de tels changements. Pour notre part, nous sommes très pessimistes…

     - Mais au fait, dit l’un, on ne s’est pas présenté. Je suppose que vous, Monsieur, avec les propos que vous venez de tenir, vous représentez une ONG écologiste. 

     - Pas du tout, je représente la Banque mondiale. Nous avons publié un rapport fin 2012 à propos des conséquences dramatiques qui nous attendent si nous ne prenons pas des mesures drastiques dès maintenant.

     Plusieurs « colloquistes » se redressèrent, stupéfaits. L’un d’entre eux voulut reprendre sa tasse de thé, se pris les pieds dans le tapis, renversant tout le contenu de sa tasse sur les pieds de ses collègues… En somme un début d’inondation pour des gens qui n’avaient pas voulu voir les réalités ? C’était à Doha, au Qatar, fin 2012, lors de la conférence des Nations Unies sur le climat.

          Cette chronique a été publiée, avec bien d’autres, dans Quel foutoir la nature ! - Mini-nouvelles (2008-2016).- Les impliqués éditeur, Paris, 2016, 170 p.

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