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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 17:23

     On se répète, on se répète encore, on se répète toujours et de plus en plus fort. Pourtant, il semble que l’indifférence soit la réponse la plus fréquente ! Alors, faut-il vous le dire plus fort ? Ou bien vous le dire encore plus chaud ?

     L’année 2015 avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée, mais en 2016, tous les records ont été battus, selon l’OMM, l’Organisation météorologique mondiale, qui a publié son dernier bilan climatique le 21 mars. Le réchauffement a été constaté par la hausse du mercure bien sûr, mais aussi par l’élévation des océans et la régression des surfaces de banquises. La température moyenne de la planète a été supérieure de 1,1° à la moyenne de l’époque préindustrielle. Sur une partie de l’Arctique, la température moyenne 2016 a été supérieure de 3° à la moyenne 1961-1990. Au nord, au Spitzberg, cette même hausse a été de 6,5° !

     Si cette situation peut avoir des effets plutôt sympathiques (pour le moment) pour nous en zones tempérées, il n’en est pas de même partout : l’Afrique et l’Asie ont connu des canicules extrêmes, avec un record absolu de 54° au Koweit en juillet, la température la plus élevée jamais enregistrée en Asie. L’Afrique de l’Est a connu simultanément des températures élevées et des précipitations faibles, générant ainsi l’insécurité alimentaire pour 20 millions de personnes, situation encore aggravée début 2017.

     Les températures des océans ont également été les plus élevées jamais relevées, contribuant ainsi à la remontée du niveau de la mer, soit 1,5 cm entre novembre 2014 et février 2016, soit en seize mois l’équivalent des quatre à cinq ans précédents. Les températures élevées des océans ont aussi contribué à blanchir les coraux des eaux tropicales, avec des impacts lourds sur la chaîne alimentaire marine et les écosystèmes. Fin 2016, la banquise, au niveau mondial, avait perdu 4 millions de kilomètres carrés, anomalie sans précédent.

     Ces conditions climatiques extrêmes se poursuivent en 2017. Des études récentes invitent à penser que le réchauffement des océans pourrait être plus prononcé que prévu et montrent, incidemment, que nous touchons aux limites de notre connaissance sur le climat. De l’aveu même de certains scientifiques, nous « avançons maintenant en territoire inconnu », alors que les concentrations de C02 dans l’atmosphère ne cessent de monter…

     Au-delà de ces perturbations du climat qui vont engendrer aussi chez nous sécheresses, inondations et canicules, il faudra s’attendre à quelques famines et amplification des migrations. Cela ne va pas se faire à très court terme, quoique. Je n’aurai pas trop à en souffrir personnellement, mes enfants sans doute et mes petits enfants à coup sûr. Merci aux politiques et responsables économiques pour leurs belles promesses et décisions rapides et efficaces ! Pfff…

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 21:23

     L’agriculture a considérablement évolué ces dernières décennies, mais pas toujours comme l’auraient souhaité les consommateurs, et a fait l’objet de critiques répétées. Mais de nombreux indices annoncent d’autres évolutions vers un plus grand respect de l’environnement (http://www.michel-lerond.com/2017/01/agriculture-la-revolution-en-marche-1/4.html). Parmi ces évolutions le concept de permaculture, la culture permanente, fait son chemin. Il s’agit en effet de replacer l’homme au cœur de son environnement, de protéger les ressources naturelles et la biodiversité en pratiquant une agriculture paysanne qui parvienne à nourrir les populations locales. Ces grands principes valent aussi bien pour les pays développés ou les pays en développement, les grandes surfaces agricoles ou notre jardin potager !

     L’agriculture doit permettre à toutes les populations de se nourrir par elles-mêmes, d’autant plus que 80% des personnes souffrant de la faim sont des ruraux souvent spoliés de leurs productions compte-tenu des exportations vers les pays les plus développés. La permaculture doit donc prendre en compte les territoires pour mieux répartir les richesses.

     Inventé en Australie dans les années 1970, ce concept s’inspire tout simplement de la  nature. Plutôt que de faire appel à des intrants, la permaculture « copie » la nature, et exploite les capacités des plantes et des micro-organismes à créer de l’humus, elle utilise au mieux les ressources : l’énergie du soleil, l’azote, l’eau, etc. Elle ne rejette pas les « mauvaises herbes » mais cherche à composer avec elles, elle favorise les interactions, prends soin du sol, associe des cultures et gère leur succession. Elle repose sur un principe essentiel : positionner au mieux chaque élément de façon qu’il puisse interagir positivement avec les autres. La permaculture, une technique mais aussi une philosophie qui veut prendre soin de la Terre et des Hommes, en partageant équitablement les ressources. De ce fait elle est bien adaptée pour les petites surfaces pourvu que l’on ait une bonne connaissance du fonctionnement du vivant. Bien adaptée, la permaculture rejoint l’agriculture biologique pour une pratique durable, économe et productive.

     Bien que pratiquée, sans le savoir, depuis la nuit des temps, la permaculture, science, philosophie et art de vivre tout à la fois, est une révolution , une réconciliation de l’Homme et de la Terre.

     Pour vous initier, nous recommandons l’ouvrage de Joseph Chauffrey : Mon petit jardin en permaculture. Durable, esthétique et productif ! Editions Terre vivante, 2016. 120p.

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 07:47

      On ne cesse de le répéter, je sais, mais on sera bientôt dans l’urgence par rapport aux modifications climatiques, si l’on continue… à ne pas faire grand-chose pour en limiter les impacts. Le réchauffement est maintenant deux fois plus rapide que ce que prédisaient les climatologues il y a quelques années. En novembre 2016 en Arctique, la température est montée de 20° au-dessus de la normale, ce qui est sans précédent ! Ceci sans prendre en compte la déforestation en milieu tropical ou la montée en puissance de certains pays comme l’Inde, ou encore l’incertitude relative à un gros émetteur de CO2 comme les Etats-Unis du fait que le nouveau président a promis un nouvel âge d’or aux énergies fossiles. En 2015, le niveau de CO2 atmosphérique était 44% au-dessus des niveaux préindustriels, soit le niveau le plus élevé depuis… 800 000 ans. Ceci sans oublier que les bilans actuels ne prennent pas en compte tous les gaz à effet de serre, le plus « efficace » étant le méthane dont les émissions continuent d’augmenter.

     Pour rester sur l’objectif des 2° maximum de réchauffement global, il est nécessaire de réduire drastiquement les émissions. C’est là que la technologie vient à notre secours, à moins que ce ne soit le business… L’énergie nucléaire présente le gros avantage, c’est vrai, de ne pas émettre de CO2 et pourrait passer ainsi pour une énergie « écolo », s’il n’y avait pas, entre autres, les grosses difficultés liées au stockage des déchets radioactifs. Mais que diable, il n’y a qu’à « enterrer » les déchets. Le site de stockage retrouve un niveau de radioactivité normal au bout d’un million d’années, pour un coût, comme le stockage de Bure (Meuse) estimé à 35 milliards d’euros (la construction d’une centrale nucléaire coûte de l’ordre de 2 milliards d’euros). Il y a des affaires à faire !

     Pour limiter l’impact du réchauffement, on peut aussi séquestrer le dioxyde de carbone (CO2), en stockage géologique, dans les fonds océaniques, par des micro-organismes, ou autres méthodes. Là encore, il y a des affaires juteuses en perspective, plus que si l’on développe le piégeage par la végétation, comme les parcs urbains, les forêts péri-urbaines, l’agroforesterie ou les forêts tropicales…

     Enfin, on peut aussi recongeler l’Arctique ! C’est la dernière trouvaille d’un physicien américain qui propose d’installer 10 millions de pompes fonctionnant au vent sur la banquise, pour ramener l’eau en surface et la laisser geler naturellement pour épaissir la calotte glaciaire et ainsi l’empêcher de disparaître. Pourquoi pas, si ce n’est que le projet est estimé à 470 milliards d’euros, rien que ça et que la somme a été estimée faramineuse.

     Notre culture très réduite du risque nous conduit presque toujours à chercher à réduire ou compenser les inconvénients plutôt qu’à les prévenir. Il est encore temps de prévenir, après…

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 07:54

     Pierre Teilhard de Chardin continue ses explications et insiste sur une phase décisive : A un certain moment la matière atteint un certain indice de « complexité » et elle devient vivante :

  •  « Du point de vue évolutif où nous nous plaçons, un des caractères les plus curieux des molécules est la façon dont elles se montrent capables d’apparaître, de « germer », absolument partout sur le monde des atomes. »

      La complexification des molécules génère des protéines. Cette fois la vie est apparue et se répand partout sur la terre et forme autour de la sphère matérielle une sphère biologique, la biosphère. Cette matière vivante évolue et conquiert l’eau, la terre et l’air. Dès lors naissent les poissons, les oiseaux, puis d’autres animaux.

  • … « Où nous tourner pour apercevoir la mutation fondamentale qu’il faut bien imaginer s’être produite, quelque jour et quelque part, dans la masse des molécules carbonées terrestres pour avoir donné à certaines protéines, plutôt qu’à d’autres, l’extraordinaire chance de déclencher la prise de la biosphère ? »

     Du poisson au mammifère le cerveau grossit et s’enfle :

  • « Rameau terminal, dernier né de la branche des vertébrés, le vaste faisceau des mammifères est en même temps, de beaucoup, le plus cérébralisé. »

     Les primates ont évolué et se sont diversifiés. Les anthropoïdes sont les plus évolués des mammifères et voilà qu’à un moment une espèce particulière a passé le pas de la réflexion. L’homme était né. La matière vivante est devenue matière pensante. Alors à la biosphère s’est ajoutée une sphère pensante, la noosphère :

  • « Le remarquable pouvoir d’expansion caractéristique du groupe zoologique humain est évidemment lié chez lui aux progrès de la socialisation. C’est pour être devenue capable, par accès à la réflexion, d’assembler et d’arcbouter indéfiniment entre eux les éléments qui la composent, que l’humanité, dernière-née de l’évolution, a pu si rapidement faire sa place à travers, et finalement par-dessus, tout le reste de la biosphère.

     Et maintenant ?

  • Bien loin donc de plafonner (ou même de rétrograder) comme on l’entend trop souvent dire, l’homme est présentement en plein essor. Et, sous condition que les réserves planétaires de tous ordres ne viennent pas à lui manquer, le mouvement d’ultra-hominisation en cours… semble échapper aux menaces habituelles de la sénescence. »       

     Mais… :

  • Si, avant que l’humanité n’arrive à maturation, la planète devenait inhabitable… alors, évidemment, ce serait le raté de la vie sur terre. »

     Pour ce qui est de la place de l’homme dans la nature, c’est à peu près clair. Quant à l’origine du monde…

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 07:27

     Teilhard de Chardin fut paléontologue, philosophe, mais aussi prêtre jésuite. Né en 1881 dans le Puy de Dôme, il est mort à New York en 1955. Ce fut un scientifique de renommée internationale, théoricien de l’évolution. Il vécut sa foi chrétienne à la dimension de la cosmogénèse et non pas à l’échelle d’un cosmos statique comme le proclame la Bible, et connut pour cette raison quelques troubles avec le Vatican. Il poursuivit sa carrière scientifique, ponctuée de nombreux voyages d’études, et fut gratifié de nombreux diplômes et promotions telles que la Légion d’honneur, l’élection à l’Académie des sciences ou la nomination de directeur de recherche au CNRS.

     Après sa mort, c’est sa secrétaire et collaboratrice Jeanne Mortier, qui fait publier l’intégralité de son œuvre, ce qui attire les foudres du Vatican contre « les dangers de ces ouvrages » qui offensent la doctrine catholique, notamment « en remettant en cause la nature spirituelle de l’âme humaine ». Cependant, en 1981, le centenaire de la naissance de Teilhard est célébré à l’Unesco en présence d’un représentant du Vatican. Pas facile de concilier science et religion… même si l’on est un peu jésuite. C’est ainsi que le pape Benoît XVI a pu écrire : « Dieu a pu, au-delà de la biosphère et de la noosphère, comme le dit Teilhard de Chardin, créer encore une nouvelle sphère dans laquelle l’homme et le monde ne font qu’un avec Dieu. » Ainsi tout le monde est content et chacun sauve la face.

     Bien entendu, c’est l’ouvrage « La place de l’homme dans la nature »,  écrit en 1949 et publié en 1956 la première fois (Editions Albin Michel), qui a retenu le plus notre attention. Teilhard retrace l’histoire de la terre de l’origine à maintenant en partant du moment où la terre est formée, sans se soucier de l’origine de notre planète. Cependant à la fin de son livre, il n’exclut pas l’hypothèse selon laquelle l’univers entier serait né d’un seul atome !

     Au départ donc, avant l’apparition de la vie, la terre est une sphère matérielle. Mais l’auteur met en évidence l’existence d’une troisième grandeur, en plus de l’espace et du temps, la « complexité ». En effet, au fur et à mesure que le temps s’écoule, la matière évolue dans l’espace, elle est en expansion et en même temps, elle se « complexifie » :

  •  La complexité, c’est « la combinaison, c’est-à-dire cette forme particulière et supérieure de groupement dont le propre est de relier sur soi un certain nombre fixe d’éléments… tels l’atome, la molécule, la cellule, le métazoaire, etc. »

       Cette complexité ne va pas sans questions… métaphysiques, c’est le cas de la dire :

  • « Qu’il y ait eu, et qu’il y ait encore, une genèse des atomes, personnes n’en doute plus. Mais de quel type peut bien être cette genèse ? Sur ce point il semble bien qu’astronomes et physiciens soient encore loin d’être unanimes. »
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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 07:33

     On a souvent comparé la médecine et l’étude de l’environnement dans leurs démarches assez parallèles. En médecine il existe des généralistes qui « font la synthèse » à partir de leur propre diagnostic, complété de ceux des spécialistes s’il y a besoin. En écologie, il en est de même, l’écologue fait la synthèse à partir de son diagnostic, complété par les spécialistes de divers domaines (http://www.michel-lerond.com/article-33539231.html).

     Ce constat prend toute sa signification lorsque médecine et écologie se rejoignent pour démontrer à quel point la santé des humains dépend de celle des écosystèmes. Des chercheurs de plus en plus nombreux démontrent que les pressions exercées par l’homme sur les écosystèmes pèsent au final sur sa propre santé.

     Parmi les relations les plus évidentes, on peut noter que la progression démographique de la planète exerce une pression pour nourrir tout le monde qui va devenir insoutenable. Le besoin de protéines végétales et animales demande de plus en plus de terres cultivables, donc des défrichages qui compromettent l’avenir de la biodiversité, rompant ainsi des équilibres qui peuvent favoriser la prolifération de parasites redoutables pour l’homme. De même, les modifications climatiques réchauffent les océans et font émerger des pathogènes à cycles courts qui s’adaptent à une évolution rapide.

     On en vient, de plus en plus, à parler de « santé des écosystèmes » ou de « l’écologie de la santé », ce qui montre bien l’osmose existante entre les deux concepts. Pour progresser dans cette voie, il subsiste un besoin important de recherche pour mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes et les possibilités de transferts vers l’organisme humain. On a encore beaucoup à apprendre sur les alertes que peuvent nous donner le développement de certaines plantes ou animaux, afin de prévenir des risques importants pour les populations humaines.

     Nous faisons partie de la nature, en dépendons et devons donc être attentifs à son évolution, pour notre propre bien. Il ne s’agit pas de sauver la planète, mais de sauver l’homme.

C‘est la 1000ème !

     Cette chronique est ma 1000ème publication, je n’en reviens pas moi-même… 1000 publications entre 1972 et 2017, soit en 45 ans. Parmi celles-ci on note une bonne dizaine d’ouvrages, de nombreux articles scientifiques ou de vulgarisation, des rapports d’études et de conseil et 488 chroniques de ce blog. Cette bibliographie a déjà fait l’objet d’une mention (http://www.michel-lerond.com/article-ma-bibliographie-125324108.html) en 2015.

     Par ailleurs, mes archives personnelles et professionnelles, de 1972 à maintenant, ont fait l’objet d’un don aux Archives Départementales de Seine-Maritime en 2015 (http://www.michel-lerond.com/2015/04/mes-archives.html).              

     Tout au long de ces années, j’aurai été animé essentiellement par la volonté de « faire passer le message » (http://www.michel-lerond.com/article-18951863.html), d’essayer de convaincre que nous devons nous réconcilier avec la nature.

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 17:50

     Quelle banalité que d’annoncer ce fait ! Oui mais… En effet il y a un mais, si l’on précise qu’il s’agit du grand sud, l’Antarctique, là où normalement il ne pleut jamais, mais il neige. Dé-Trumpez vous, le changement climatique est bien là et avance… plus vite que prévu !

     Regardons d’abord notre sud à nous, le milieu méditerranéen. L’intensification des précipitations est une tendance observée depuis quelques années et serait imputable, au moins en partie, au réchauffement climatique. De ce fait le GIEC considère les rives de la Méditerranée comme un point chaud au niveau mondial, dans un contexte de changement qui s’accentue. On a pu, ces derniers temps, constater des cumuls de pluie inquiétants, jusque 200 mm en 24 heures parfois, soit l’équivalent de 2 mois et demi de précipitations.

     Si l’on va beaucoup plus au sud, on constate que les modifications du climat produisent des bouleversements en Antarctique qui inquiètent les scientifiques, avec hausse des températures, fonte des glaciers et pluie qui remplace la neige. Il pleut en Antarctique, ce qui est nouveau ! Auparavant il ne pleuvait jamais, il neigeait. Aujourd’hui, il pleut régulièrement, la température a augmenté de 2,5 degrés en un siècle et les paysages laissent apparaître les flancs de montagne, ce qui est nouveau. En plus de ces bouleversements immédiatement visibles, la fonte des glaces modifie la salinité de l’eau de mer et change ainsi le milieu de vie des micro-organismes (comme les mini-crevettes, le krill) en nombre moindre aux dépens des mammifères marins qui s’en nourrissent. En résumé, moins de krill, c’est moins de baleines, manchots ou phoques.

     Tout cela peut paraître assez exotique, mais n’oublions pas que la fonte des banquises fait monter le niveau des océans. Négligeable ? Pas sûr. En France même, le cinquième des côtes est en recul, avec une perte de 26 km2 en 50 ans. Avec un recul du trait de côte de l’ordre d’un mètre par an, le Pas-de-Calais est le département le plus touché, mais la Gironde suit de près, tout comme la Charente-Maritime, le Gard, les Bouches-du-Rhône et la Manche. Rien de grave à cela tant que l’on n’est pas concerné, mais quand cela arrive et qu’il faut évacuer des habitations… Ainsi au Havre, les responsables du Port et de la Ville s’interrogent sur l’opportunité de surélever les infrastructures existantes. Rotterdam s’est déjà engagé dans cette voie en surélevant la nouvelle zone portuaire de Maasvlakte de 2m ! Quant à continuer à construire en zones inondables, près du littoral, dès à présent, c’est bien sûr un manque d’anticipation, mais aussi d’une irresponsabilité notoire. Il est vrai que la notion de temps n’est pas la même selon que l’on parle de nature, de société ou… de politique. Une fois de plus, on voit bien que l’on ne peut pas décider de l’aménagement du territoire sans une prise en compte forte de la nature.

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 07:27

     La biodiversité est sérieusement menacée sur l’ensemble de la planète, chacun le sait. Parmi les dernières menaces on peut noter l’impact du commerce mondial. Par exemple, pour produire du café ou du soja, des forêts entières ont été rasées en Indonésie ou au Brésil, menaçant ainsi des dizaines d’espèces végétales et animales de ces régions en détruisant leurs habitats. Certains produits manufacturés nécessitent des matières premières (notamment des coupes de bois) dont l’exploitation contribue au déclin d’environ 7 000 espèces selon l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

     La Terre est confrontée à la sixième extinction de masse, la précédente ayant eu lieu il y a 500 millions d’années. La faune et la flore de la planète Terre s’éteignent 1 000 fois plus rapidement qu’il y a quelques siècles… en conséquence de l’urbanisation, de l’agriculture intensive, des pollutions, des modifications climatiques, sans oublier le commerce illégal d’animaux. Il y a comme une urgence à agir !

     Parmi ces espèces, les primates apparaissent maintenant plus menacés que l’on ne pensait. Trente et un primatologues ont lancé un appel en janvier 2017 pour attirer l’attention sur le fait que les 504 espèces de primates vivant dans le monde sont en grand danger. Une découverte récente renforce nos craintes pour l’avenir en établissant que les grands fonds marins sont aussi très pollués. En dessous de 6 000 mètres, on ne connait quasiment rien de la biodiversité, mais on vient de découvrir que ces fonds marins constituent des pièges à contaminants chimiques, dont les PCB, qui sont stockés par les invertébrés, premiers maillons des chaînes alimentaires.

     Récemment, en février 2017, plus de 400 baleines ont échoué sur une plage de Nouvelle-Zélande. On ne connaît pas précisément la cause de cet échouage et près des 3/4 des animaux sont morts. Mais c’est là que renaît l’espoir, en constatant que de très nombreux volontaires ont réussi à renflouer la plupart des baleines survivantes et ont formé une chaîne humaine pour les empêcher de s’échouer à nouveau. L’Homme n’est pas que désespérant. Certains parmi nous ont bien compris que nous faisons partie de la nature, que nous ne pouvons pas vivre sans et qu’il faut en sauver le maximum. Il y a de l’espoir !

 

Pour détailler un peu plus ces questions :

- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016

- C’est bientôt la Renaissance ? Pour sortir de la crise écologique

- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009)

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 08:00

2. Faites l’amour, pas la guerre

     Les robots peuvent aussi servir à faire la guerre, ce n’est plus de la science-fiction. Des drones, par exemple, peuvent être programmés pour sélectionner et tuer ou blesser des cibles, sans intervention humaine. Aux Etats-Unis, par exemple, des drones peuvent être équipés de lance-grenades, fusil laser ou armes pour « seulement » blesser. Mais voilà, les robots tueurs posent des problèmes… juridiques et une démarche internationale est en cours pour interdire les robots létaux autonomes. En effet, ces robots étant autonomes, aucun humain ne pourra être tenu pour responsable et ne pourra rendre compte des morts… C’est embêtant !

     Un traité international sur le sujet est en cours de préparation, avec difficulté, certains pays étant réticents pour interdire ce type d’armes, dont la Russie. La discussion est ardue dans la mesure où ces robots ne sont pas conformes aux normes internationales relatives aux droits humains et au maintien de l’ordre. Qu’en serait-il de l’usage de ces armes, même non létales, en cas de manifestations syndicales, ou autres. Par ailleurs il existe des « lois de la guerre », même si cela paraît un peu surréaliste, qui exigent des ripostes proportionnées, un jugement humain et la distinction entre combattants et civils. Cependant certains pays, dont la Chine, Israël, Russie, Corée du Sud, Etats-Unis et Royaume-Uni développent actuellement des machines de combat autonomes qui peuvent, entre autres, projeter des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc ou des aiguillons à impulsions électriques. On va bien rigoler ! L’histoire ne dit pas, pas encore, ce qu’il en adviendra avec des terroristes.

     Faites donc l’amour, ce sera plus cool. D’autant plus que les premiers robots sexuels arrivent, comme annoncé lors du congrès « Love and Sex with the Robots », oui oui cela existe, c’était à Londres en décembre 2016. Ces machines permettront d’avoir des relations sexuelles et même d’avoir de « véritables discussions »… Vous pourrez satisfaire toutes vos envies, par exemple faire l’amour avec un robot à l’image de son actrice fétiche (ou acteur bien sûr). Des jouets sexuels connectés vont vous permettre de garder un lien avec votre partenaire à distance, de l’embrasser à distance et même de reproduire le mouvement de ses lèvres sur les vôtres ! Si vous en voulez davantage vous pourrez utiliser un casque qui vous plonge dans la peau d’un acteur pornographique. Pour rester simple et modeste, vous pourrez vous contenter d’une poupée silicone grandeur nature dotée d’intelligence artificielle, cela ne coûtant que de l’ordre de 30 000 €. La première de ces poupées sortira au printemps 2017, livrée à votre convenance, timide, intellectuelle ou autre.

     Profitez bien de la vie ! Nous vivons une époque formidable !

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 07:45
  1. Des robots plutôt que des abeilles

     La révolution numérique et internet nous ont familiarisés avec l’intelligence artificielle, mais il se pourrait bien que nous n’ayons vu que le début de cette nouvelle étape de l’humanité. Depuis peu, par exemple, les drones ont démultiplié les possibilités de prise de vue, de surveillance discrète, voire d’actes de guerre. Les robots, déjà existants depuis un certain temps, profitent de cette avancée technologique pour devenir des auxiliaires super-doués des hommes, voire des concurrents redoutables, qui cependant peuvent les soulager de tâches ardues.

     C’est en 1956, aux Etats-Unis, qu’est admis le principe d’enseigner à une machine un comportement « intelligent ». C’est 60 ans plus tard, en 2016, que deux réseaux d’intelligence artificielle ont réussi à communiquer entre eux sans intervention humaine… De quoi frémir ? Comme toujours, ces avancées technologiques visent d’abord une amélioration des conditions de vie. Par exemple, c’est le cas lorsque l’Ecole polytechnique de Lausanne projette la construction de spatioports pour drones en Afrique afin de permettre des livraisons de médicaments ou autres par des drones autonomes. On a beaucoup entendu, ces derniers temps, l’inquiétude que suscite cette révolution industrielle en matière de suppression d’emplois, même s’il faut aussi des emplois pour concevoir et fabriquer les robots. Certains économistes estiment cependant à 5 millions le nombre d’emplois détruits par les robots, à l’échelle mondiale d’ici 2020. Les taxis-robots sont déjà là, les voitures sans chauffeur arrivent et tout cela va impacter le transport urbain, les parkings, les voies de circulation… avec des conséquences encore bien difficiles à estimer.

     Les robots, de plus en plus performants, pourraient-ils aussi corriger nos erreurs ? Nous avons évoqué à plusieurs reprises sur ce blog les inquiétudes concernant la disparition des abeilles. Celles-ci sont essentielles à la pollinisation alors que leur nombre ne cesse de chuter, à l’échelle mondiale, à un rythme sans précédent, du fait de maladies parasitaires et de l’utilisation abusive de pesticides. C’est environ le tiers de notre nourriture que nous devons aux abeilles : cultures, fruits et légumes. Mais plus d’inquiétude, des ingénieurs d’Harvard sont en train de mettre au point les RoboBees des robots pour remplacer les abeilles ! Ces mini machines de 3 cm et pesant 80 mg seraient capables de battre des ailes 120 fois par seconde pour suppléer aux abeilles, ce qui n’est pas sans poser de questions sur la relation homme-nature. Des chercheurs japonais ont inventé un mini drone équipé d’un gel spécial qui permet de polliniser les fleurs en pratiquant comme les abeilles. Les robots nous sauveront-ils si nous persistons dans nos erreurs ? La question peut angoisser un peu, mais ce n’est encore rien… par rapport à ce qui suit !

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