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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 08:10

     Nous n’avons cessé de le répéter, au risque de devenir lassant, de nombreuses préoccupations existent en matière d’environnement, face auxquelles il est urgent de réagir. Il va falloir changer bien des choses, pas dans un siècle, pas dans dix ans, mais maintenant ! Il en est ainsi des modifications climatiques qui confirment d’année en année les prévisions du GIEC, et souvent en les amplifiant. De même pour la biodiversité, malgré les actions entreprises, l’appauvrissement se poursuit. Il y a donc « le feu au lac » !

     Les décisions prises, lors de la COP21 par exemple, témoignent d’une prise de conscience au niveau mondial, bien que celle-ci reste lente et timorée. Mais au niveau du grand public, le doute reste le plus fort : tout cela paraît bien lointain, incertain ou inéluctable avec un sentiment d’impuissance. Les plus conscients de nos contemporains ne voient pas toujours ce que ces changements pourraient impliquer pour chacun de nous dans notre quotidien et surtout ne voient pas ce qu’ils pourraient faire eux-mêmes. Comme il a été dit depuis des décennies, les solutions passeront nécessairement par davantage de vie collective et de démocratie, à tous les niveaux, du village à la planète, pour synchroniser décisions collectives et petits gestes individuels. Il s’agit bien d’une mutation, non seulement économique et sociale à faire, mais aussi philosophique : comment habiter le monde ensemble de façon durable, ou bien laisser faire et advienne que pourra. Ainsi par exemple, au niveau des régions qui viennent de se mettre en place en France, faudrait-il créer une culture collective qui s’appuie sur un débat informé et transparent pour préparer la population aux impacts de ces modifications profondes de notre monde et accepter les adaptations très contraignantes qui seront nécessaires. Il n’est plus temps de se préoccuper de croissance, de développement, des actionnaires et du marché à terme, mais de l’avenir de l’Humanité. Veut-on un avenir ou on s’en fout ? C’est un choix à faire.

     Le futur, par définition, est toujours imprévisible. L’espèce humaine, comme toutes les espèces, peut aussi mourir, mais on ne sait ni quand, ni comment. Peut-être peut-on éviter seulement que cette disparition soit de notre propre fait, sachant que l’Homme n’a pas l’aptitude à devenir le maître souverain de sa planète. IL faut donc en priorité définir cette philosophie du futur. Pour cela des hommes comme Edgar Morin, un des philosophes français les plus marquants pendant tout un siècle, peuvent nous y aider. Comme il l’a souvent rappelé, « il n’y a pas de solution, mais il y a une voie ». Cette voie, ce peut être la Renaissance. Certes il va falloir changer les politiques incompétents, sortir de la société dominée par l'argent. Mais pour cela il va falloir que nous-mêmes, d’abord, changions. En tant que consommateurs et citoyens, c’est nous qui avons le vrai pouvoir de décision ; ça va être dur…

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 11:59

     Dans le domaine de l’environnement, les bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes, réjouissons-nous lorsqu’elles arrivent. La Convention internationale sur les zones humides a été adoptée en 1971 à Ramsar en Iran et regroupe 159 pays. Cette Convention concerne les zones humides prises au sens large et constitue un label qui récompense et valorise les actions de gestion durable de ces milieux naturels. A ce jour, la Convention regroupe 1 800 sites dans le monde, dont 44 en France pour une superficie de 3,5 millions d’hectares. Et voilà que la 44ème zone inscrite le 18 décembre 2015 se situe en Normandie : le Marais Vernier et la vallée de la Risle maritime sur 9 500 hectares.

      Le Site est un grand complexe estuarien composé de marais alluvionnaires, vasières, eaux estuariennes, rivières, tourbières ainsi qu’un réseau de fossés et de pièces d’eau qui convergent vers l’étang naturel de la Grand’ Mare, porté par la Communauté de communes de Quillebeuf-sur-Seine et le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande. Le Marais Vernier, méandre mort de la Seine, accueille le plus important gisement de tourbe de France. Quant à la Risle maritime, c’est une zone de transition entre eaux salées et douces qui accueille des migrateurs et de nombreuses espèces pour leur reproduction. Le site compte 43 espèces de poissons, dont 32 indigènes, c’est un lieu de reproduction de l’Anguille européenne (espèce en danger), du Brochet et de la Lamproie de Planer. Parmi les oiseaux, on y observe le Pluvier doré et le Vanneau huppé, notamment. En plus de son intérêt écologique, le site offre un aspect socio-culturel associé à un passé de gestion des milieux par des pratiques traditionnelles qui ont permis de maintenir des espaces ouverts avec une mosaïque d’habitats favorable à la biodiversité. Les chaumières présentes sur le site reflètent également l’usage traditionnel des ressources offertes par le marais.

     Cette reconnaissance a été rendue possible grâce à l’action coordonnée des acteurs locaux : élus, agriculteurs, chasseurs, naturalistes, services de l’Etat, PNR et associations. Bien sûr une action de cette ampleur ne va pas à terme sans l’implication forte d’un acteur particulier, ce qui fut le cas avec l’association Courtils de Bouquelon et son instigateur Thierry Lecomte. C’est un aspect d’autant plus important à souligner qu’il n’a pas pu en être de même juste à côté, sur l’estuaire de la Seine en raison des conflits répétés.

 

A noter : Manifestation régionale au Marais Vernier le 26 avril 2016 ; Journées nationales Ramsar à Pont-Audemer (27) du 19 au 21 octobre 2016 ; et dès maintenant le jus de pomme Courtils de Bouquelon est le premier produit labellisé Ramsar pour valoriser les producteurs locaux.

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 07:28
  • La nature de l’Homme

     Il n’est pas certain que l’Homme n’ait jamais vécu en pleine harmonie avec la nature, mais il est clair qu’au stade d’évolution où nous sommes, l’Homme est en train de scier la branche sur laquelle il est assis… L’être humain est un animal, certes, mais pas tout à fait comme les autres, au moins par son refus de considérer les faits biologiques à leur juste niveau, ayant la certitude d’être doué d’une intelligence qui le place au-dessus de ces basses considérations.

     Outre se massacrer en quasi permanence entre eux, les humains ne seraient-ils pas suicidaires, prenant le risque d’une disparition collective par destruction systématique de leur milieu de vie. Les exemples historiques ne manquent pas de civilisation disparue après le massacre de l’environnement. Ce n’est pas faire du catastrophisme que d’envisager que l’Homme puisse épuiser les ressources indispensables à sa survie (c’est déjà bien avancé), que les modifications climatiques amplifient cet état de fait (nous y sommes), que les rivalités entre « survivants » génèrent des guerres sans merci (les « migrants » actuels nous donnent un petit aperçu), que les dirigeants politiques soient complètement dépassés et impuissants, laissant la place aux extrémistes en tous genres et aux communautaristes (regardez la France de 2015…) ; ce n’est que réalisme. Le pire n’est jamais sûr, heureusement, mais il est possible. Ce qui est nouveau par rapport à des époques anciennes, c’est la dimension globale du problème, concernant toute la planète et non plus seulement telle ou telle contrée. Bien sûr ces sujets sont très anxiogènes et ne sont pas développés comme il conviendrait en termes d’information. Mieux vaut continuer à répéter des concepts aussi stupides que celui de la croissance éternelle dans un monde fini, ce qui est tout simplement impossible ! Décidément, si l’Homme est de nature animale, il peut être aussi de nature stupide.

      Mais le propre du génie humain, c’est aussi de réagir, même in extremis, aux dangers et de prendre dans l’urgence les mesures qui s’imposent. La nature peut devenir un sujet éthique, tout simplement parce qu’il y va de notre survie. Une nouvelle morale est donc à inventer à cet égard. Prenons garde toutefois à ne pas chercher à échapper à ce destin funeste en « améliorant » la nature humaine par des voies scientifiques douteuses qui viseraient à modifier le génome humain, au stade de l’embryon par exemple. Nous irions là directement vers une robotisation de l’Homme, confondant éventuellement drone-robot et humains comme semble l’annoncer le robot militaire habilité à tuer de façon autonome… Décidément, quelle drôle de nature que celle de l’Homme !

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 07:09

 

  • L’Homme dans la nature

     Ne l’a-t-on assez répété, la nature s’appauvrit et le phénomène s’amplifie. Ainsi, on sait maintenant que les populations mondiales d’animaux marins, toutes familles confondues, ont chuté de moitié depuis les années 1970, sous la pression des pollutions, des modifications climatiques et de la surpêche. Dans le même temps, la consommation de poisson est passée de 10 à 20kg par habitant et par an. Comme si cela ne suffisait pas, certains experts craignent la disparition des récifs coralliens d’ici 2050, alors qu’ils abritent le quart de toutes les espèces marines… La surexploitation (il faut bien nourrir les populations) conduit à ce qu’en Méditerranée 90 % des stocks sont épuisés… Durant ces 40 dernières années, les espèces terrestres mondiales ont également décliné d’environ 40 %. Quant aux espèces d’eau douce, leur déclin est estimé à 80 % ! La pression de l’Humanité sur la biodiversité va croissante, du fait de l’augmentation de la population, et nécessiterait dès maintenant une Terre et demi pour satisfaire les besoins humains en ressources naturelles. Souvenons-nous que la population mondiale a quasiment triplé depuis 1950 et que l’on prévoit de passer des 7 milliards actuels à 9 en 2050, soit 3,6 fois plus en un siècle.

     Certes des mesures sont prises pour enrayer ces phénomènes, mais trop timides et trop lentes, elles ne parviennent pas à inverser le phénomène. Bien que les écologues aient commencé à tirer la sonnette d’alarme dès les années 1970, la biodiversité reste mal connue et mal comprise compte-tenu de sa complexité. Ceci alors même que les hommes dépendent beaucoup plus qu’ils l’imaginent des écosystèmes, ce qui pose la question du devenir, non seulement de la nature, mais de l’Humanité. Comme l’a souvent répété Robert Barbault, l’homme est dans la nature, c’est plus que jamais indispensable de s’en souvenir. Toutes les tentatives de protection et de restauration des espèces et des écosystèmes doivent être encouragées. Les trames vertes et bleues mises en place en France depuis quelques années ont un intérêt primordial pour relier les îlots de nature avec des corridors écologiques. Bien sûr pour parvenir à des résultats concrets, il faut sensibiliser les populations afin de faire comprendre, accepter et réaliser toutes ces actions de sauvegarde… de notre espèce, nous les Humains. Il va nous falloir aussi très vite économiser l’espace en évitant une artificialisation trop poussée des milieux naturels. Et puis surtout, il va falloir produire autrement, notamment dans les domaines agricole et énergétique.

     Gageons que l’espèce humaine saura réagir tant qu’il en est encore temps, elle qui a encore beaucoup à apprendre sur la nature puisque son tube digestif abrite environ un millier d’espèces de bactéries dont on en connaît que 480…

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 17:49

     Faudra-t-il bientôt renommer le Mont Blanc Mont Vert ? En effet, les glaciers régressent et la célèbre Mer de glace du Mont Blanc a perdu 3,5 m d’épaisseur et a reculé de 2,3 km en un peu plus d’un siècle. Au cours de la dernière décennie, les glaciers alpins ont fondu quatre fois plus vite, devenant ainsi des témoins « privilégiés » de l’évolution du climat. Cette nouvelle donne va modifier certaines activités liées à l’exploitation touristique et sportive de la montagne et aussi la répartition de la biodiversité. Au-delà de ces considérations « locales » est-il utile de rappeler que la fonte de glace du Groenland est en cours. Si d’aventure, cette calotte venait à disparaître entièrement, le niveau des océans s’élèverait de l’ordre de 7 mètres, de quoi modifier quelque peu la répartition de la population sur le globe… Encore une fois, tout cela n’annonce pas la fin du monde, mais à l’évidence des changements importants auxquels il faudra bien s’adapter. C’est bien la question centrale, comment s’adapter ? Depuis la COP21, il semble admis qu’il n’est plus temps de tergiverser sur la réalité des évolutions climatiques ou sur la part des activités humaines dans cette évolution, les faits sont là, il faut bien les gérer.

     On peut, comme souvent, spéculer sur des progrès technologiques qui permettront de juguler le phénomène : par exemple extraire le CO2 de l’atmosphère et le stocker, injecter du soufre dans la haute atmosphère pour stabiliser la température, ou encore réduire l’ensoleillement de la surface terrestre. L’avenir dira si ces idées sont réalistes ou des fantasmes stupides, sachant qu’au-delà de la prouesse technologique éventuelle, se posera la question du coût économique de ces processus, de leurs dérives éventuelles et des conséquences en cas de ratés… Tout cela à un moment où la population terrestre ne cesse de croître, avec une partie qui s’appauvrit, un système économique mondial à bout de souffle et au bord du délire…

     Comme l’a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, en clôture de la COP21 La catastrophe climatique nous guette. Le Forum économique mondial  en « remet une couche » en annonçant juste avant son sommet annuel de Davos que Le réchauffement climatique pourrait être la plus grande menace pour l’humanité en 2016 ! La catastrophe est évitable, soyons-en sûrs, si toutefois l’Homme devient un peu plus raisonnable, s’il sait faire preuve d’un peu plus d’Humanité. En clair, cela veut dire des renoncements, des changements drastiques, en mettant fin à toutes sortes de gaspillages, en choisissant d’être mieux plutôt qu’avoir plus, en pratiquant une solidarité mondiale au-delà des divisions communautaristes sous l’égide d’une gouvernance mondiale… Bon courage la génération Z !

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 06:24

     Elle se lève tôt pour partir au travail chaque matin. Aujourd’hui, elle commence chez madame Langlois à 7h30, il s’agit de l’aider à se lever, se laver et préparer son petit déjeuner : mission de 30 minutes. Puis elle va à 7 km aider monsieur Boniface à prendre sa douche et faire un peu de ménage dans la maison. Il est 9h15, elle se rend au domicile de madame Hervé à 13 km pour faire le repassage et préparer le déjeuner. A 11h, c’est au tour de monsieur et madame Douchet, situés à 9km, d’accueillir l’auxiliaire qui va nettoyer les vitres et préparer un dessert pour le repas de midi. Puis à 12h, elle retourne chez madame Langlois pour l’aider à prendre son déjeuner. Elle a enfin une pause de 12h45 à 14h, pour retourner chez elle prendre son propre déjeuner, à 17 km de sa dernière prestation, autant dire que le repas est avalé. Elle repart pour un après-midi aussi varié, avec une pause de 16h30 à 18h et continue ainsi de maison en maison jusque 20h30. Ouf, c’est fini pour aujourd’hui pour l’auxiliaire de vie, mais demain elle recommence avec, pour partie les mêmes personnes et pour partie des nouvelles. Le rythme sera aussi soutenu mais selon une chronologie différente. De même, la semaine prochaine ressemblera à celle-ci mais avec bien des différences. En effet, madame Langlois a dû être hospitalisée, par contre le retour à la maison de monsieur Etienne, non prévu, a nécessité une intervention urgente pour l’aider à redécouvrir son appartement en fauteuil roulant. Et ainsi de suite, sachant qu’un week-end par mois, c’est chaud puisqu’il faut remplacer les autres auxiliaires en repos.

     L’auxiliaire de vie accompagne les personnes dépendantes, fragilisées ou handicapées pour les aider à rester à leur domicile. Elle (rarement il) les aide dans les actes de leur vie quotidienne : repas, toilette, ménage, démarches administratives, courses, etc. L’auxiliaire de vie doit savoir aussi réconforter, distraire, ce qui suppose, au-delà de cette multi-compétence, une bonne condition physique (il faut parfois soulever des personnes invalides), ne pas être rebuté par des tâches ménagères et des toilettes intimes, et tout cela avec tact, respect et discrétion. C’est un métier difficile, particulièrement en milieu rural.

     Autant dire que l’auxiliaire de vie fait preuve de qualités humaines rares pour être au service des personnes en difficulté, avec une empathie remarquable. C’est pourquoi lorsque l’auxiliaire arrive à la maison, malgré les difficultés pour la personne assistée ou son conjoint, c’est comme un cadeau de Noël tombé du ciel.

     Les auxiliaires de vie sont de l’ordre de 180 000 en France, il en manque quasiment 10 000. Alors oui, vraiment, cette profession est peu connue et peu reconnue. Pourtant l’auxiliaire, c’est vraiment essentiel !

 

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 18:03

     Voilà des décennies, peut-être davantage, que l’objectif essentiel de la plupart des Humains est l’enrichissement matériel, pour toujours avoir plus. C’est ce qui a donné son sens à l’économie bien sûr, mais aussi à notre société, à la vie en somme… Toutefois on commence à comprendre que le consumérisme ne répond pas à tout et qu’il faut réinventer notre sens du « vivre ensemble », pour accomplir notre Humanité, pour être mieux. Les défis écologiques auxquels nous sommes confrontés nous donnent l’occasion de repenser ces questions majeures. Ainsi le climat qui est perçu, sans doute plus par la société civile que les Etats, comme un « bien commun » que nous devons gérer ensemble, faute de quoi le monde deviendra vite intenable.

     A la base de cette réflexion, c’est l’économie qui doit être repensée de fond en comble. Peut-on considérer le profit comme légitime quand il ne prend pas en compte les coûts sociaux et environnementaux ? L’économie est profondément humaine, ni divine, ni naturelle, elle est l’image de l’Humanité. Quand on sait qu’en 2016, 1 % de la population terrestre va cumuler 99 % du patrimoine mondial… avec les pouvoirs économique, politique et médiatique qui vont avec, on se dit que le monde est fou !

     Mais l’espoir reste permis, notamment avec l’arrivée de la génération Z, née avec les nouvelles technologies et en interconnexion dans une société du collectif. En effet, les générations se suivent et… ne se ressemblent pas forcément. C’est ainsi que depuis la seconde guerre mondiale, les sociologues distinguent la génération des baby-boomers (nés entre 1943 et 1959) : ils s’accomplissent dans le travail, sont réformateurs et quelque peu rebelles. Puis vient la génération X (1960-1977) : ils apprécient les défis, remettent en question l’autorité, recherchent un équilibre entre travail et famille et découvrent l’écologie. La génération Y (1978-1994) vit parmi les médias envahissants, désire un équilibre travail-famille-loisirs et est adepte de l’hyperconsommation. Enfin, la génération Z (1995- ?) est connectée en permanence sur les réseaux sociaux, ne sépare plus vies professionnelle et personnelle et aspire à toujours plus de liberté. La « Gen Z » est très mobile à l’international, change volontiers de poste de travail, privilégie la vie privée, elle est « cool » et délibérément optimiste. Les Z ne sont pas prêts à rentrer dans le rang, mais lucides sur le monde, ils s’adaptent à la réalité. Ils se réfèrent à des valeurs universalistes comme l’égalité, le respect des différences ou de la justice sociale et le droit à un environnement sain.

     En somme, le meilleur est à venir, nous voulons y croire !

 

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 07:17

     Jean-Marie Pelt, une grande figure de l’écologie, nous a quittés le 23 décembre 2015. Biologiste et pharmacien agrégé, botaniste-écologue, professeur honoraire des universités et surtout « passeur de messages », Jean-Marie Pelt a mené une vie bien remplie que ce soit en termes de recherche scientifique, en politique à la mairie de Metz, dans les médias en multipliant rencontres et conférences ou encore en humaniste.

     Entre autres, il a fondé l’Institut européen d’Ecologie à Metz en 1971, fut premier adjoint de Jean-Marie Rausch à la mairie de Metz de 1971 à 1983,  mettant ainsi en pratique l’écologie urbaine.

     Né en 1933, Jean-Marie Pelt a effectué des études brillantes, a mené de nombreuses missions scientifiques par le monde, en relation notamment avec les pharmacopées traditionnelles. Dès 1977, il exprime sa vision du futur et sa sagesse en proclamant dans son ouvrage, L’Homme re-naturé : « Il paraît chaque jour plus évident que la croissance économique ne se poursuit qu’au prix d’une décroissance écologique, tout comme une tumeur cancéreuse ne s’alimente qu’au détriment de l’organisme qu’elle épuise : dans les deux cas, le bilan final est désastreux. »

     Bien sûr il fut très honoré par de multiples distinctions dont des prix de l’Académie française ou de l’Académie des sciences morales et politiques, entre autres, pour son œuvre consacrée à la défense de l’environnement. Il a publié de multiples ouvrages et participé à de très nombreuses émissions de radio (dont la célèbre CO2 mon amour sur France Inter) ou télévision, ce qui l’a fait connaître du grand public.

     Pour notre part nous avons eu le plaisir et l’honneur de faire venir Jean-Marie Pelt à Rouen en 1987, dans le cadre du forum « L'environnement : un enjeu européen pour la Haute Normandie », que nous organisions entre l’Observatoire régional de l’environnement et le journal Paris-Normandie, en compagnie de Philippe Saint-Marc, une autre notoriété de l’environnement. Nous avons eu aussi le privilège d’intervenir sur « les lichens bioindicateurs de pollution de l’air » dans le cadre du DEA de toxicologie pour l’Université de Metz de 1982 à 1987. Jean-Marie Pelt venait m’accueillir à la gare et nous déjeunions ensemble afin d’échanger sur une multitude de sujets. Quel grand Monsieur que Jean-Marie Pelt.

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 07:16

     La fin d’année 2015, en France, a été catastrophique : le 13 novembre, une série d’attentats d’une sauvagerie extrême frappait la population et le 6 décembre le premier tour des élections régionales annonçait une arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Deux séismes majeurs en moins d’un mois !

     Mais… les résultats des élections régionales du 13 décembre ont montré un repli relatif de l’extrême droite qui ne pourra gouverner aucune région. L’avertissement a été fort et les élus affirment l’avoir bien entendu.

     Rien n’étant jamais désespéré, dans le même temps se tenait la COP21 à Paris et les résultats furent prononcés le 12 décembre. Ce fut un grand succès diplomatique : signer un accord sur le climat entre 195 pays, ce n'est pas rien. Mais sur le plan technique, c'est une autre affaire. Très vite vont apparaître les contraintes économiques et sans doute que les réalisations vont suivre ... à petite vitesse.

     Même si cet accord comporte de nombreuses lacunes, il constitue néanmoins une avancée en matière de lutte contre les modifications climatiques. Certes, c’est un accord qui ne sera guère contraignant sur le plan juridique, mais qui pourrait l’être sur le plan politique pour les états qui ne respecteraient pas les dispositions prises, face à leur opinion publique, comme en Chine par exemple. L’accord sera signé en avril 2016 et devra entrer en vigueur entre 2018 et 2020, après quoi les engagements seront revus tous les cinq ans.

     En 2099, à la fin de ce siècle, ma dernière petite fille, Louise, aura 88 ans, elle sera encore en pleine forme et fière du déroulement de toute sa vie, ayant participé à la Renaissance de l’Humanité. C’est notre souhait le plus cher pour elle qui est née quelques jours après le fameux accident de Fukushima en 2011 (La planète en fusion)…

     Bonne année 2016 donc, mais plus largement bon siècle à toutes et tous, avec un climat apaisé !

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 12:10

     En huit ans, 422 chroniques et micro nouvelles ont été publiées sur ce blog, avec 1 144 commentaires. La fréquentation totale a été de 38 598 visiteurs pour 69 361 pages vues, avec 193 abonnés. Voici le rappel des titres pour 2015 :

  • Huit ans et 422 articles, déjà 29-12-15
  • En 2016, l’écologie aura 150 ans ! 22-12-15
  • Vive la voiture nucléaire ? 15-12-15
  • 200 000, 20 000, 10 000, et après ? 08-12-15
  • Une Humanité est-elle possible ? 2/2 01-12-15
  • Une Humanité est-elle possible ? 1/2 24-11-15
  • Fusionnez 17-11-15
  • La voiture du peuple nous mène en bateau ! 10-11-15
  • C’est du hard ou du cochon ? 03-11-15
  • Il y a urgence 27-10-15
  • La métropole Rouen Normandie et l’environnement 20-10-15
  • Fonctionnaire un jour, fonctionnaire toujours ! 13-10-15
  • Défilé de fourmis 06-10-15
  • Ah, rêvons ! 29-09-15
  • « Au nom du vivant » 22-09-15
  • Vivement les trente heures ! 15-09-15
  • Exister, vivre et survivre ! 08-09-15
  • Il y a peut-être une légère confusion ! 2/2 01-09-15
  • Il y a peut-être une légère confusion ! 1/2 25-08-15
  • Le Marais de l’Aulnay, aux portes de Rouen 18-08-15
  • Amour, amour toujours ! 4/4. 11-08-15
  • Amour, amour toujours ! 3/4. 04-08-15
  • Amour, amour toujours ! 2/4. 28-07-15
  • Amour, amour toujours ! 1/4. 21-07-15
  • Crime contre l’humanité ? 14-07-15
  • François, papécolo ! 07-07-15
  • Le jeu de l’été ! 2/2. 30-06-15
  • Le jeu de l’été ! 1/2. 23-06-15
  • Courtisons les petits jardins, les Courtils ! 16-06-15
  • Liberté, liberté chérie ! 09-06-15
  • Que mon fric soit renouvelable ! 02-06-15
  • Tu zozotes à l’azote ! 26-05-15
  • Le soleil de mars rend fou, en mai il rend gai ! 19-05-15
  • Migrants-ci, migrants-là ! 12-05-15
  • Révolution silencieuse ! 05-05-15
  • Mes archives. 28-04-15
  • Rafales sur le développement soutenable. 21-04-15
  • Nous avons besoin d’herbes ! 14-04-15
  • Vite, le grand ménage ! 07-04-15
  • Agriculture et santé, une réconciliation possible ! 31-03-15
  • Journal de voyage en Normandie en 1707. 24-03-15
  • Anthropocène, la nouvelle donne ! 17-03-15
  • Et si le futur était printanier ! 10-03-15
  • Super nanas ! 03-03-15
  • Les cinq dernières minutes ! 24-02-15
  • Nicole a fait son école. 17-02-15
  • Pierre-Noël Frileux, maître ès-environnement. 03-02-15
  • Réconcilier l’homme et la nature ! 27-01-15
  • Vous aussi, vous aimez les arbres. 20-01-15
  • Moi Grand Humain, toi petit singe. 13-01-15
  • Ma bibliographie. 06-01-15

     Merci encore pour vos commentaires toujours nombreux. Bonne année 2016 à toutes et tous. Par ailleurs, au cours de l’année 2015, nous avons participé à un certain nombre d’activités :

Publications :

  • 52 publications : 1 article et 51 chroniques du blog
  • Dédicace des derniers ouvrages. Université d’automne du Mouvement Européen France

Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen : membre titulaire

  • Communication au colloque « Rouen : quelle métropole ? » sur le thème « Quelle politique en matière d’environnement au sein de la métropole ? »

Assistance conseil et représentation :

  • Comités de Pilotage des sites Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray et du Bray humide. Préfecture de Haute-Normandie
  • Participation au tournage du film « Des racines et des haies » et co-animation des débats à Neufchâtel-en-Bray, Gournay-en-Bray, Forges-les-Eaux et Rouen. ARBRE et Beaubec Productions
  • Contribution à l’Educ’tour sur le thème de la trame verte et bleue dans le Pays de Bray. Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie
  • Contribution à l’inventaire des lichens de France métropolitaine pour le Service du Patrimoine Naturel. Museum national de Paris
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