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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 06:48

     Zozoter, c’est comme zézayer, dire Ze manzerai au lieu de Je mangerai, ou encore L’azote, ze connais pas, au lieu de L’azote, j’en fous partout !

     L’azote, sous différentes formes, est en effet devenu une préoccupation forte en matière de pollution. Sans entrer dans le détail de cette question complexe, comme toujours, rappelons que ce sont les oxydes d’azote qui sont préoccupants : le monoxyde d'azote, NO ; le dioxyde d'azote, NO2 et le protoxyde d'azote, N2O. Ces gaz peuvent être émis de façon naturelle ou par les activités humaines : combustion, moteurs et agriculture principalement. Bien que des progrès aient été enregistrés sur les émissions de dioxyde d’azote, la prise de conscience de l’impact de ces gaz est lente, désespérément lente… Les nitrates, autres dérivés polluants de l’azote, sont très suivis et réglementés dans l’eau, beaucoup moins dans l’air. C’est le protoxyde d’azote qui interpelle le plus, produit surtout lors de la transformation des engrais azotés en agriculture. C’est en effet le second gaz à effet de serre (GES) après le C02, avec un potentiel de réchauffement global 310 fois plus élevé que le C02. Et c’est celui dont les modalités d’émission par les sols agricoles sont les plus mal connues. Quand on préfère ne pas savoir, n’est-ce pas…

     Les impacts de ces dérivés de l’azote sur l’environnement sont multiples : outre la contribution à l’effet de serre, ils acidifient les milieux naturels ; et sur la santé, ils engendrent des difficultés respiratoires. Je me souviens d’un appel téléphonique d’un chercheur d’une station INRA de l’ouest de la France, au début des années 1990, il cherchait quelqu’un qui pourrait doser les nitrates dans l’air, à l’aide des lichens par exemple, pour confirmer les mesures, inquiétantes, qu’il venait de faire et qui étaient… interdites de publication. Je me souviens aussi de cette collaboration avec la presse agricole régionale en 1997 afin de publier régulièrement des articles de sensibilisation à l’environnement jusqu’à ce que je propose un article sur la pollution d’origine agricole : refusé et fin de la collaboration ! Quand on préfère ne pas savoir, n’est-ce pas…

     Mais rien n’est désespéré : l’INRA vient de mettre en œuvre une étude en Eure-et-Loir pour mesurer les émissions de N20 en continu afin d’élaborer un dispositif prévisionnel. De façon plus abordable et empirique, regardez les clochers d’église en pierre calcaire qui deviennent vert jaunâtre du fait du développement de plantes nitrophiles : des algues comme le Pleurocoque ou des lichens comme le Xanthoria. Ce n’est pas une preuve, pas une inquiétude, mais un bon indice de la présence probable de composés azotés dans l’atmosphère de façon significative.

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 06:19

     Après 2014, année la plus chaude, mars 2015 fut le mois le plus chaud jamais enregistré, soit depuis 1880. Dans le même temps que la plupart des régions du monde ont connu un mois de mars particulièrement doux, l’est du Canada et des Etats-Unis subissaient un hiver plus froid, confirmant ainsi les disparités climatiques et le dérèglement… La paléoclimatologie confirme bien que l’évolution actuelle du climat s’accélère depuis le XIXème siècle avec l’avènement de l’ère industrielle. Certaines contrées peuvent être plus impactées que d’autres. Ainsi craint-on que d’ici la fin du siècle, New York puisse connaître une montée des eaux de 1,80 mètre et une hausse des températures de 7 degrés ! La parade doit être pensée dès maintenant pour éviter des inondations récurrentes dès 2020. Quant aux Etats d’Océanie, les plus vulnérables, ils plaident pour une « révolution » sur le climat.

     Plus globalement, nourrir la planète va devenir un défi colossal puisque l’on attend 2 milliards de plus de Terriens d’ici 2050 et que les modifications du climat accroissent la vulnérabilité de l’agriculture avec sécheresses et pluies de plus en plus irrégulières, inondations et cyclones plus fréquents. Bref, comme le dit Martin Schulz, président du Parlement européen, il est minuit moins cinq pour la survie de l’humanité. Et  Barak Obama ajoute qu’il n’y a pas de plus grande menace pour notre planète que le changement climatique. De quoi devenir fou !

     Mais cela c’était en mars. La France ayant été nommée pays hôte pour accueillir la 21ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Paris en décembre 2015, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, se démène pour courir le monde et convaincre qu’un accord devra être trouvé entre 195 pays. Vaste programme ! Sans doute un sommet qui va réunir 47 000 personnes, et qui sera le plus grand évènement diplomatique jamais organisé en France, représente-t-il un challenge formidable pour un homme politique ; mais retenons la progression de la pensée fabiusienne depuis 1992 où Laurent Fabius, en réunion publique, m’avait contredit pour assurer que la prise en compte de l’environnement était une contrainte… Et voilà qu’en plus, le parti socialiste français vient d’inventer l’éco-socialisme, synthèse entre la social-démocratie et l’écologie politique. Nous sommes sauvés ! Je vous le dis, le soleil de mai est gai !

     Mais bien sûr, on peut toujours craindre que la situation se dégrade à une vitesse telle que cela entraînerait des solutions imposées autoritairement par des états désemparés, faute d’anticipation (voir http://www.michel-lerond.com/article-31873331.html de… mai 2009), ce serait moins gai…

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 08:04

     Le début d’année 2015 a connu une série de naufrages de migrants en Méditerranée à un niveau jamais atteint. Alors qu’en 2014 il était arrivé 240 000 réfugiés en Europe, les premiers mois de 2015 on en a compté davantage. Venus de l’Afrique subsaharienne et du Proche-Orient, ces migrants transitent nombreux par la Lybie, déjà déchirée par la guerre civile… L’ampleur du drame est telle que l’on a compté 120 300 migrants sauvés par l’opération de secours Mare Nostrum en un an, mais aussi de l’ordre de 1 500 noyés en deux mois…

     Devant ce désastre humanitaire, l’Europe est montrée du doigt dans la mesure où seulement 5 états sur 28 accordent l’asile politique aux migrants. L’Europe ne se précipite pas sur les mesures à prendre, même si elle prévoit de renforcer la surveillance en Méditerranée. Mais les dirigeants sont à l’écoute des citoyens européens qui ne sont pas vraiment mobilisés... La solidarité recule et la xénophobie monte, notamment dans les pays du nord de l’Europe, comme la Finlande où le racisme ordinaire va bon train. Le déséquilibre entre les pays du Nord, plutôt nantis, et les pays du Sud, plutôt en proie à la misère, s’est accru ces dernières années, ce qui rend plus difficile encore le recours à l’empathie et la solidarité. Tout cela ressemble un peu à une guerre inavouée, pour laquelle il est bien difficile de trouver des solutions adaptées.

     Pourtant, nous n’avons là qu’un aspect de l’immigration, liée aux difficultés politiques et économiques, mais qu’en sera-t-il quand nous devrons, bientôt peut-être, faire face aux migrations climatiques ?... La montée des eaux est une réalité qui fait craindre des menaces sérieuses sur les grandes villes situées sur les côtes. Cette montée des eaux, couplée à des problèmes de surpopulation et de pollution, va générer des migrations importantes. Il est grand temps de s’en préoccuper pour s’y préparer. Certes les Hollandais maîtrisent cette adaptation à la mer et multiplient les projets d’habitats flottants. Mais les choses seront plus ardues pour certaines contrées, comme l’Inde ou le Bangladesh par exemple, qui connaissent une élévation du niveau de la mer préoccupante. En France même, le recul de la côte sableuse en Aquitaine a pu atteindre 20 mètres lors de tempêtes récentes dont les conséquences se trouvent amplifiées.

     Le cyclone Pam qui a ravagé l’archipel de Vanuatu en mars dernier était, somme toute assez classique, si ce n’est que ses conséquences ont été amplifiées par le dérèglement climatique et un accroissement urbain incontrôlé. Tirons les leçons de ce drame pour qu’il ne soit pas une préfiguration d’un drame environnemental planétaire !

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 07:34

     Le tintamarre médiatique nous assomme parfois sur des sujets qui ne sont pas obligatoirement de première importance. Inversement, certains évènements sont sous-médiatisés, alors que… Ainsi, nous sommes nombreux, moi le premier, à regretter le non renouvellement de la « classe » politique. Et pourtant, si l’on y regarde bien, il s’est opéré sous nos yeux une révolution depuis quelques années. Combien de fois n’avons-nous pas regretté l’âge trop avancé de nos élus, le manque de femmes en politique ou la non-représentation de la diversité sociologique française ?

     Les dernières élections départementales, bien que mal préparées et encore plus mal expliquées, ont permis malgré tout la mise en place de ces binômes homme-femme qui ont assuré enfin une parité des élus. Cela a permis l’accès à des mandats politiques pour des personnes nouvelles, aux regrets de certains, mais ce qui est une vraie opportunité de renouvellement.

     Certes peu de femmes ont obtenu une présidence de département, mais le plus jeune président, Sébastien Lecornu dans le département de l’Eure, n’a que 28 ans. Un peu plus tôt, lors du renouvellement des conseils régionaux, Nicolas Mayer-Rossignol devenait président de Haute-Normandie à 36 ans. Né à Bamako au Mali, ce nouveau président amenait avec lui de la nouveauté puisqu’il est simultanément agrégé de sciences de la vie et de la terre et ingénieur du corps des mines, entre autres.

     On peut citer aussi Anne Hidalgo, inspectrice du travail née près de Cadix en Espagne, élue première femme maire de Paris à 55 ans. Ou encore Bruno Julliard, ancien militant étudiant, devenu son premier adjoint à 33 ans.

     En remontant un peu le temps, on peut évoquer Dominique Voynet, anesthésiste, députée européenne à 33 ans, ministre à 39 ans et sénatrice à 46 ans. Certes le Sénat ne compte toujours que 23 % de femmes, seulement 2 anciens ouvriers et une moyenne d’âge de 65 ans… Mais le Sénat est condamné à disparaître !

     Souvenons-nous aussi de Rama Yade, née à Dakar et diplômée d’études politiques, nommée secrétaire d’Etat à 31 ans ou de Rachida Dati, diplômée de sciences économiques, première personnalité née de parents immigrés à être nommée garde des sceaux à 42 ans. Ou encore de Eric Piolle, diplômé en génie industriel, élu maire de Grenoble à 41 ans, le premier maire écologiste d’une grande ville.

     Bien sûr tout cela n’est pas parfait et ni l’âge, ni le sexe ne garantissent la compétence et la rigueur. Ainsi Sébastien Lecornu a-t-il quelques soucis avec son cumul de mandat entre le conseil départemental et la mairie de Vernon… Mais on avance !

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 13:54

De 1972 à maintenant, mes archives personnelles et professionnelles ont consisté essentiellement en un herbier de lichens, des publications et divers documents souvenirs.

 

L’herbier de lichens comporte plusieurs centaines d’échantillons provenant essentiellement de Normandie, mais aussi de toute la France. Cet herbier a été déposé au Museum de Rouen vers 2005. Il est stocké dans les réserves du musée et peut être consulté sur demande auprès du chargé de conservation : tel. 02 76 52 80 55.

 

Les publications et souvenirs professionnels comporte près de 1 000 documents qui ont fait l’objet d’un don aux Archives Départementales de Seine-Maritime en 2015. Il s’agit de près de 900 publications et documents relatifs aux Naturalistes Bucheois, la correspondance, les différents postes de travail, notamment le Museum de Rouen, l’Observatoire régional de l’environnement et la vie de consultant. Enfin quelques documents ont trait à l’Académie des Sciences, Belles lettres et Arts de Rouen.

Tous ces documents peuvent être consultés en salle de lecture du pôle des archives historiques : 42 Rue Henri II Plantagenêt, Pôle culturel Grammont, 76100 Rouen - Tél. : 02 35 03 54 95 / Fax : 02 35 03 56 89 / Mail : archives@cg76.fr

 

Par ailleurs, certaines des publications sont directement accessibles sur le site de la Bibliothèque Nationale de France : http://data.bnf.fr/11912582/michel_lerond/       

 

Enfin la bibliographie complète, au format pdf, peut être obtenue sur demande à michel.lerond@orange.fr. Concernant le thème spécifique de l’étude des lichens, une bibliographie régionale, en cours d’actualisation, est disponible sur le site de l’Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie : http://arehn-asso.superdoc.com/Documents/pdf/Bibliographie/Lichens.pdf  et aussi : http://www.arehn.asso.fr/publications/cpa/cpa29.pdf

 

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:38

Il était une fois… C’est comme cela que commencent les contes, ou les histoires vraies qui ressemblent à des contes, à moins que ce ne soit une histoire un peu sombre. Il était une fois donc, un haut responsable d’un grand pays (presque 1,3 milliard d’habitants), en l’occurrence M. Narendra Modi premier ministre indien, fut reçu par le président de la République française pour annoncer la vente de 36 Rafale. « Excellente nouvelle pour l’industrie française de l’armement, pour l’économie tricolore et pour l’emploi. » Après la vente de 24 Rafale à l’Egypte, voilà un gros succès pour l’entreprise Dassault Aviation dont tout le monde se réjouit. Concerts de louanges dans les médias, satisfaction du monde du travail et de la Bourse où les actions de Dassault Aviation augmentent de près de 3 %.

Ce 11 avril 2015 fut quasiment une journée historique. Le chef de l'État français « a rendu un vibrant hommage aux qualités du Rafale, à ses technologies, à sa «flexibilité» d'emploi ainsi qu'au savoir-faire des 500 entreprises sous-traitantes, des 7 000 techniciens, compagnons engagés sur le programme ». La plus grande des qualités de l'avion de combat français est sans doute l’ultrapolyvalence en étant capable de remplir plusieurs missions : défense aérienne, reconnaissance, attaque de précision air-sol et air-mer, missions nucléaires…

Seuls bémols à cet enthousiasme débordant : certains militaires et médias indiens s’étonnent de cette « petite commande » alors que les besoins seraient plutôt de 130 appareils ! Et puis il y a au contraire quelques journalistes indiens, un peu grincheux, qui tiennent à rappeler que l’Inde a d’autres urgences, souffrant de quelques pénuries d’eau, d’alimentation et d’énergie, entre autres…

Mais comme annoncé, un conte peut aussi ressembler à une histoire sombre. En effet, le même jour, en l’Hôtel de Région à Rouen madame Nicole Notat, ancienne responsable syndicale, donnait une excellente conférence pour l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen, sur le thème de la RSE (Responsabilité Sociétale et Environnementale) de l’entreprise. Discours très construit, volontaire, généreux et optimiste qui laisse augurer d’évolutions positives vers le développement soutenable.

Mais au fait, à quoi ça sert un Rafale ? A tuer qui ? Des mouches, des rats ? Non, des hommes bien sûr, des Terriens comme vous. Pourtant Dassault Aviation a une politique RSE très avancée et la justifie : « Notre vision et notre pérennité se fondent sur des choix techniques et industriels audacieux et réalistes, qui respectent les impératifs éthiques, sociaux et environnementaux. »

Ce jour-là, ce fut comme des rafales sur le développement soutenable. C’est bien le mot qui convient car il ne faut vraiment pas que ça dure…

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 07:36

Le recours aux plantes médicinales est vieux comme le monde et l’herboristerie en France existe depuis le 14ème siècle. On estime que dans le monde, actuellement, les ¾ de la population ont recours à ces plantes. Celles-ci sont souvent récoltées dans la nature, ce qui nécessite certaines précautions pour s’assurer de leur qualité, en n’oubliant jamais que « naturel » ne signifie pas pour autant « bon pour la santé » : certaines plantes peuvent être, en partie ou en totalité, très toxiques. Par contre cette toxicité peut être utilisée comme base de médicaments, l’if par exemple, pour le traitement de certains cancers.

Tous ces aspects nécessitent donc des connaissances sérieuses et un vrai professionnalisme. L’exposition « Les plantes médicinales » organisée par le Museum de Rouen en 1976 attirait déjà l’attention sur cette question. En effet, le diplôme d’herboriste a été supprimé en 1941 par le gouvernement de Vichy, en laissant aux professionnels en place le droit d’exercer jusqu’à leur mort, la commercialisation étant réservée aux pharmaciens. Cette question revient périodiquement dans l’actualité sans que des décisions soient prises. Sous réserve de modifications récentes, puisque la réglementation en ce domaine a la bougeotte, les plantes sont réparties entre différentes catégories dont une liste comprenant 454 plantes médicinales utilisées en allopathie et certaines en homéopathie ; et une liste de 73 plantes dont « l’évaluation du rapport bénéfice / risque est négatif pour une utilisation traditionnelle en préparation magistrale. En effet, ces plantes peuvent présenter des effets secondaires ou toxiques indésirables. Par contre, en dilution, ces plantes peuvent servir à la préparation de médicaments homéopathiques et sont vendues exclusivement par les pharmaciens. » On voit bien que… ce n’est pas simple !

Par contre 34 plantes sont en vente libre pour tout commerce à condition de ne pas comporter d’indications thérapeutiques. Reste à préciser les frontières entre complément alimentaire, condiment ou… médicament, avec les enjeux économiques colossaux qui en découlent pour certains groupes de l’industrie agro-alimentaire ou médicale. La législation française est d’une telle complexité (tiens donc !...) qu’elle est souvent inapplicable. Pas simple, d’autant plus qu’il n’existe quasiment pas de formation d’herboriste en France alors que celles-ci prospèrent en Europe. Pendant ce temps les savoirs-faire se perdent, alors même que l’on en aurait un grand besoin pour appréhender ces « produits de la biodiversité » qui ne sont pas à confondre avec une banale molécule de synthèse.

Une proposition de loi sur l’herboristerie a été déposée en 2011, mais elle avance à un pas… de sénateur. Serait-ce que ce recours aux plantes à faible coût chagrinerait quelques lobbies ?

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 07:46

L’actualité ne cesse de nous le rappeler, la France va mal. Les élections récentes ont mis en évidence, une fois de plus, la déconnexion qui s’accentue entre les citoyens et le pouvoir. Ces aller-retour entre une soit disant gauche et une soit disant droite ouvre la route aux extrêmes qui, curieusement, se rejoignent sur leurs programmes… Les citoyens surtout soucieux de leur emploi, de leur revenu, de leur bien-être, ne s’y retrouvent plus, n’essaient plus de comprendre, confondent parfois élections départementales et régionales… et s’abstiennent de voter.

L’absentéisme de trop de parlementaires, souvent en liaison avec les cumuls de mandats, la connexion trop fréquente entre pouvoir et affairisme, la multiplication des « réglements » en tous genres qui créent des rideaux de fumée sont autant de dysfonctionnements qui ruinent la démocratie. Le système politique est à bout de souffle, sans projet ni méthode… et devenu une sorte d’embrouillamini désespérant !

Il se pourrait bien que notre pays soit un cas unique, si l’on considère qu’en 2012 les préfets ont reçu 20 000 pages de circulaires de l’Etat central, soit 220 par jour. Voilà un pays où l’on ne rigole pas, où tout est écrit, consigné, enregistré. Et record du monnnnnde ! Dans ce même pays, les services de l’Etat et des collectivités ont parfois en charge les mêmes domaines, en se doublant, parfois même se contredisant. Il y aurait ainsi environ 50 000 personnes employées en doublon… Voilà un pays où l’on n’hésite pas à créer des emplois en nombre, même s’ils sont en surnombre. Et record du monnnnnde ! Toujours dans ce pays, le code du travail compte 10 628 articles, il existe aussi 400 000 normes et 360 impôts et taxes différents. Et record du monnnnnde ! Quand l’Allemagne compte 12 536 communes et la Grande Bretagne seulement 409, nous en comptons en France… 36 769 dont un certain nombre de moins de 100 habitants… Toutes ces collectivités requièrent pour fonctionner (ou au moins essayer) 618 384 élus. Et record du monnnnnde !

La France représente environ 1 % de la population mondiale, il se pourrait bien qu’elle soit au même niveau pour ce qui est de la lucidité sur elle-même et le savoir vivre ensemble… Et record de France…

Vite, il y a urgence pour sauver la démocratie, réformer avec lucidité, courage et pédagogie et ainsi refonder le pays sur des bases crédibles, compréhensibles et opérationnelles. A de multiples reprises nous avons fait des propositions dans ce sens, notamment fin 2014 : http://www.michel-lerond.com/article-nous-devons-faire-des-economies-124881968.html

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 08:18
Lorsque l’on interroge une personne du monde médical sur le pourquoi de tous ces cancers, la réponse est souvent évasive : on ne sait pas, il faut se méfier des statistiques, le dépistage précoce modifie notre perception… Certains cependant sont plus affirmatifs : c’est simple, la pollution et l’alimentation sont devenus des facteurs de risques considérables !
C’est un secret de polichinelle que l’agriculture intensive, suivie par le secteur agro-alimentaire, réunissent ces deux types de risques à l’origine de bien des interrogations quant à notre santé. Lorsqu’un leader syndical commence la présentation de l’agriculture française par mettre en avant le chiffre d’affaires, on se dit que, peut-être, faudrait-il mieux se donner pour objectif de nourrir sainement la population pour lui permettre de rester en bonne santé, et maintenir les paysages et la biodiversité, matière première de l’agriculture.
On comprend le ressenti des agriculteurs, qui souffrent d’être de plus en plus montrés du doigt par toute une société. Ils seraient pourtant valorisés par un travail au service de la santé humaine, tant sur le plan intellectuel que économique. L’agriculteur est un acteur primordial de notre santé, c’est pourquoi nous avons proposé, à plusieurs reprises, un débat national sur cette question des plus importantes.
Des espoirs existent cependant, tel que cet amendement voté, enfin, par l’Assemblée nationale le jour du printemps (!) pour interdire les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, bien que ni les sénateurs, ni le gouvernement ne soient favorables à cette mesure… sous la pression des lobbies de l’industrie agrochimique.
Des pistes sont explorées, comme cette possibilité de contractualisation entre le monde agricole et les collectivités pour préserver les ressources en eau. La logique du productivisme agricole, couplée à une logique curative, plutôt que préventive, permet de régler le problème de la pollution de l’eau aux frais des usagers plutôt que des pollueurs… L’état des nappes phréatiques ne s’est guère amélioré, mais la qualité de l’eau est satisfaisante parce que l’on investit massivement dans la dépollution. Tout cela dans le non respect des directives européennes, ce qui génère des sanctions de Bruxelles à la France pour mauvaise qualité des eaux brutes. Les trames verte et bleue qui se mettent en place au niveau régional sont, à cet égard, un élément de réponse très important pour tenter de reconstituer des réseaux écologiques efficaces.
Enfin, que le président de la République ait reçu les élèves de lycées agricoles (dont celui du Pays de Bray) travaillant sur le thème de l’agro-écologie et l’alimentation le 18 mars est également un signe des plus encourageants.

Lorsque l’on interroge une personne du monde médical sur le pourquoi de tous ces cancers, la réponse est souvent évasive : on ne sait pas, il faut se méfier des statistiques, le dépistage précoce modifie notre perception… Certains cependant sont plus affirmatifs : c’est simple, la pollution et l’alimentation sont devenus des facteurs de risques considérables !

C’est un secret de polichinelle que l’agriculture intensive, suivie par le secteur agro-alimentaire, réunissent ces deux types de risques à l’origine de bien des interrogations quant à notre santé. Lorsqu’un leader syndical commence la présentation de l’agriculture française par mettre en avant le chiffre d’affaires, on se dit que, peut-être, faudrait-il mieux se donner pour objectif de nourrir sainement la population pour lui permettre de rester en bonne santé, et maintenir les paysages et la biodiversité, matière première de l’agriculture.

On comprend le ressenti des agriculteurs, qui souffrent d’être de plus en plus montrés du doigt par toute une société. Ils seraient pourtant valorisés par un travail au service de la santé humaine, tant sur le plan intellectuel que économique. L’agriculteur est un acteur primordial de notre santé, c’est pourquoi nous avons proposé, à plusieurs reprises, un débat national sur cette question des plus importantes.

Des espoirs existent cependant, tel que cet amendement voté, enfin, par l’Assemblée nationale le jour du printemps (!) pour interdire les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, bien que ni les sénateurs, ni le gouvernement ne soient favorables à cette mesure… sous la pression des lobbies de l’industrie agrochimique.

Des pistes sont explorées, comme cette possibilité de contractualisation entre le monde agricole et les collectivités pour préserver les ressources en eau. La logique du productivisme agricole, couplée à une logique curative, plutôt que préventive, permet de régler le problème de la pollution de l’eau aux frais des usagers plutôt que des pollueurs… L’état des nappes phréatiques ne s’est guère amélioré, mais la qualité de l’eau est satisfaisante parce que l’on investit massivement dans la dépollution. Tout cela dans le non respect des directives européennes, ce qui génère des sanctions de Bruxelles à la France pour mauvaise qualité des eaux brutes. Les trames verte et bleue qui se mettent en place au niveau régional sont, à cet égard, un élément de réponse très important pour tenter de reconstituer des réseaux écologiques efficaces.

Enfin, que le président de la République ait reçu les élèves de lycées agricoles (dont celui du Pays de Bray) travaillant sur le thème de l’agro-écologie et l’alimentation le 18 mars est également un signe des plus encourageants.

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 18:09

C’est en 1707 que messieurs Vaillant et Danty d’Isnard ont effectué ensemble un voyage sur les côtes de Normandie et Bretagne afin d’y rechercher des animaux, des végétaux et des minéraux. Ils ont relaté leurs découvertes dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale de France, non publié à ce jour. C’est Théodore Monod qui m’avait signalé ce travail remarquable, à l’occasion d’un courrier du 20 juin 1979 :

« J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre étude sur la botanique en Normandie. J’avais eu, pour la préparation de ma thèse (…) sur la basse Seulles, à consulter un manuscrit intéressant et qui mériterait certainement d’être édité et commenté. Il se trouve à la BN, MS pr., nouv. acq. N° 7520 : Journal du voyage de messieurs Sébastien Vaillant et Antoine Tristan Danty d’Isnard… etc. Il y a un catalogue des espèces récoltées… Ne pensez-vous pas que les naturalistes normands, et en particulier les botanistes, pourraient s’intéresser à ce manuscrit ».

Voilà maintenant quinze ans que Théodore Monod s’est éteint à Versailles, le 22 novembre 2000, âgé de 98 ans. Il est né à Rouen, rue Henri Lafosse et fut un scientifique naturaliste et explorateur, l'un des plus grands spécialistes du Saharaau XXe siècle et produisit environ 1 200 publications, considérées comme des références. Il garda toujours cependant un intérêt pour l’histoire naturelle normande : http://www.michel-lerond.com/article-theodore-monod-dix-ans-deja-61032232-comments.html#anchorComment 

Depuis cet échange, j’ai acquis le manuscrit, avec l’espoir de pouvoir un jour procéder à quelques comparaisons entre 1707 et maintenant… Mais le temps a passé et l’expérience reste à faire par qui voudra bien s’y aventurer. Avec trois siècles de décalage, il y a là matière à comparaisons significatives. Partis de Paris le 17 septembre 1707, les auteurs décrivent leurs observations naturalistes jusqu’à leur retour le 18 octobre 1707, après être allés jusqu’à Granville.

Le Pays de Bray est particulièrement bien décrit et je connais des lecteurs de ce blog qui seraient ravis de lire les propos sur la canneberge des marais de Forges ou les orchidées rencontrées entre Sommery et les Hayons !

Il y a là un magnifique sujet de thèse pour un(e) étudiant(e) naturaliste ou matière à un travail collectif conséquent et riche d’enseignements. Que les naturalistes intéressés se manifestent. Merci par avance.

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