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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 07:06

        Le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio est devenu le pape François, en référence à François d’Assise, le saint le plus populaire du catholicisme. L’encyclique sur l’écologie Laudato si’ que le pape vient de publier veut assurer « la sauvegarde de la maison commune » en marquant une rupture avec la doctrine dominatrice de la nature. C’est au début du XIIIème siècle que François d’Assise affirme que les hommes ne doivent pas dominer la Terre mais que c’est elle qui nous gouverne. Huit siècles plus tard, le pape François reprend cette affirmation en une magistrale synthèse, mais toutefois… 50 ans après que nombre d’écologues aient répété inlassablement cette impérieuse nécessité de développement soutenable, même si le vocable n’est pas utilisé et remplacé par « l’écologie humaine ». Laissons aux religieux et théologiens le soin de s’exprimer sur la signification réelle des textes bibliques, pour retenir cette avancée indiscutable dans l’expression religieuse : la Terre est en danger, du fait des activités humaines et il faut s’en préoccuper d’urgence. On reconnaît bien là la faculté des religions à s’adapter à leur époque avec beaucoup d'opportunisme et une certaine hypocrisie, mais c’est une avancée.

          Le pape oublie toutefois de rappeler que si on en est là quant à notre relation à la nature, on le doit pour une large part aux religions et en particulier à la religion catholique ! Voilà en effet deux mille ans que l'on nous répète "croissez et multipliez", et que la religion n'a cessé d'encourager à une exploitation maximale de la nature. Mais il n'est jamais trop tard pour se repentir ! Il évoque aussi, en termes justes, le rôle des forces d'argent et il a bien raison. A n’en pas douter, il va remettre de l’ordre dans les finances du Vatican et son immense patrimoine immobilier…

          Néanmoins les propos sont justes et le pape François en appelle aux croyants et non croyants dans un esprit œcuménique tout à fait louable, afin d’encourager à construire une société qui s’appuie sur l’épanouissement humain et le respect de la biosphère : http://www.michel-lerond.com/article-il-ne-vous-reste-plus-qu-a-prier-123090064.html. Cette initiative papale prend d’autant plus de sens qu’elle est relayée par la déclaration du CRCF (Conférence des responsables de cultes en France) qui souligne que l’humanité s’est fourvoyée dans un rapport de domination et d’exploitation mortifère de l’environnement.

          Après cette encyclique, les hommes auront-ils la sagesse de remettre l’humain à sa juste place, sans être dominateurs absolus de la planète, jusqu’à l’épuiser et mettre en péril leur propre survie. Les Hommes devraient toutefois parvenir à réguler leur vie et leur survie en accord avec leur milieu d'origine, sans avoir besoin de religion. Mais je le sais, je rêve ! Et Dieu dans tout çà ? : http://www.michel-lerond.com/article-et-dieu-dans-tout-ca-59667710.html

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 18:48

     Et voici, comme annoncé, notre second jeu de l’été, destiné cette fois-ci aux citoyens que nous sommes. En effet, on peut faire des reproches aux politiques, certes, mais peut être faut-il que nous autres citoyens nous remettions en cause également. Comme pour le précédent jeu, il suffit de répondre à quelques questions, la réponse devant toujours être OUI, sinon vous avez perdu !

     Vous êtes donc un(e) citoyen(ne) attaché à la République et la Démocratie :

  • Participez-vous à toutes les consultations électorales ?
  • Avant de voter, vous assurez-vous que le candidat que vous avez choisi exercera un mandat départemental, régional, national ou européen exclusif et que ce mandat sera son premier ou second, mais pas plus ?
  • De même, vous assurez-vous que le candidat que vous avez choisi n’exercera pas plus de deux mandats locaux et que ces mandats seront ses premiers ou seconds, mais pas plus ?
  • Si aucun candidat ne répond à ces critères, avez-vous décidé de voter blanc ?

     Vous avez répondu OUI aux questions qui vous concernent, bravo. Vous êtes dignes de la République et il ne vous reste plus qu’à exercer pleinement votre rôle de citoyen(ne).

     Si une seule des réponses est NON, vous devez revoir votre conception de la Démocratie. Faute de quoi, le système en place de professionnalisation de la politique perdurera.

     Ce jeu vous permet de contribuer à restaurer la République et la Démocratie, c’est votre premier rôle de citoyen(ne). Bonnes vacances !

 

     Si vous souhaitez plus d’informations, vous pouvez revoir notre chronique du 23 juin 2014 : http://www.michel-lerond.com/article-nous-citoyens-europeens-nous-123977952.html qui vous incitera à être plus vigilant quant à la formation civique des jeunes, les conceptions économiques de notre société ou l’organisation territoriale de notre pays. N’hésitez pas à transmettre ces informations à vos élus, ils en seront ravis !

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 07:35

     Les vacances sont en vue et avec elles la possibilité de se poser, de réfléchir, de faire le point et éventuellement se remettre en cause. Cela vaut pour chacun d’entre nous et en particulier pour les femmes et les hommes politiques dont nous avons dit à plusieurs reprises à quel point leur autisme s’amplifie. C’est pourquoi je vous propose pour cet été deux jeux simples : le premier est destiné aux élus et le second aux citoyens. Il suffit de répondre à quelques questions, la réponse devant toujours être OUI, sinon vous avez perdu !

     1er jeu destiné aux politiques :

     Si vous êtes un(e) élu(e) départemental(e), régional(e), national(e) ou européen(ne) :

  • Vous êtes-vous assuré que votre mandat électif est exclusif ?
  • Sinon avez-vous démissionné de tous les autres mandats ?
  • Avez-vous bien conscience que ce mandat ne pourra être renouvelé qu’une seule fois ?

     Si vous êtes un(e) élu(e) local(e) :

  • Vous êtes-vous assuré que vous n’exercez que deux mandats au maximum ?
  • Sinon avez-vous démissionné de tous les autres mandats ?
  • Avez-vous bien conscience que ces mandats ne pourront être renouvelés qu’une seule fois ?

     Vous avez répondu OUI aux trois questions qui vous concernent, bravo. Vous êtes dignes de la République et il ne vous reste plus qu’à assurer votre(vos) mandats(s) dans l’esprit de la Démocratie.

     Si une seule des réponses est NON, vous devez vous mettre en conformité avec les règles de base de la Démocratie. Faute de quoi, le peuple ne manquera pas de vous le rappeler, de manière courtoise d’abord, puis…

     Ce jeu nous permet de contribuer à restaurer la République et la Démocratie, dans la bonne humeur.

     Bonnes vacances !

     Le second jeu la semaine prochaine.

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 16:31

     Courtil est un mot dérivé de l’ancien français court, qui signifie jardin attenant à la ferme, ou petit jardin. C’est une des caractéristiques paysagères du Marais Vernier situé au sud de l’estuaire de la Seine. Ces lanières de terrain longues de 1 200 mètres sont séparées par des drains, la partie haute étant autrefois consacrée aux cultures maraîchères. Cela subsiste notamment à Bouquelon, sur la réserve naturelle des Courtils.

     Cette réserve naturelle est le résultat d’une persévérance à toute épreuve, alliée à une compétence très élevée ; c’est l’œuvre de Christine Le Neveu et Thierry Lecomte, deux passionnés de nature, aussi bien dans leur activité professionnelle que dans leur vie personnelle. Partis avec 4 hectares en 1979, Christine et Thierry ont réussi à agrandir progressivement cet espace protégé, fédérer les acteurs locaux et les soutiens institutionnels et financiers pour parvenir à une réserve naturelle régionale, véritable joyau de la biodiversité, au sein de la vaste zone humide du Marais Vernier. Au fil du temps, Christine et Thierry ont pu acquérir d’autres courtils qui se trouvaient en déprise agricole et souvent menacés par l’invasion arbustive des milieux ou des projets de peupleraies ou terrains de loisirs. C’est en 1995 que les Courtils deviennent réserve naturelle volontaire (RNV) avec déjà 20 hectares. C’est alors la première RNV de Haute-Normandie. Entre temps, l’association « Courtils de Bouquelon » est créée afin d’associer une cinquantaine de personnes qui disposent ainsi d’un outil de gestion. En associant d’autres propriétaires privés et le Conservatoire du Littoral, la réserve compte maintenant 77 hectares !       

     L’évolution de la législation va transformer le nom d’origine en réserve naturelle régionale (RNR) avec le soutien du Conseil régional depuis 2009. L’Agence de l’Eau restant le soutien financier le plus important. Les Courtils abritent un patrimoine naturel très riche et diversifié tant pour la flore que la faune (plus de 150 espèces patrimoniales !) grâce aux initiateurs de ce beau projet qui ont su mettre en œuvre un mode de gestion adapté avec les emblématiques bœufs d’Ecosse, chevaux de Camargue ou moutons Shetland. Des visites sont régulièrement organisées pour des naturalistes, élus, aussi bien que le grand public. Quelques heures passées dans les Courtils, avec un vol de cigognes au-dessus de vos têtes et des plantes carnivores à vos pieds vous convaincront que, décidément, il y a parmi les Humains des gens plus humains que d’autres parce qu’ils ont compris que nous appartenons, nous aussi, à la nature. (https://courtilsdebouquelon.wordpress.com/). Merci Christine et Thierry de cette belle leçon.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 14:31

     Vous avez vu comme les Français sont blasés, saturés de discours aussi stupides que vides de sens. On annonce la suppression des départements puis on élit des conseillers… départementaux. On va élire les conseillers régionaux et ensuite on définira les missions des régions… On voit un réinventeur de la République venir de Paris au Havre… en jet privé, pendant que son chauffeur emprunte l’autoroute pour le recueillir à la descente de l’avion ! Les politiques ne voient plus et n’entendent plus. Comme déjà dit sur ce blog, la « classe politique » est autiste…

     Pourtant, on peut voir ici ou là que les peuples reprennent la main. Ainsi en Espagne où le parti Podemos est peut-être en train de changer la donne, à l’occasion des élections municipales et régionales récentes. Les « indignés » de 2011 arrivent ainsi au pouvoir avec pour objectif de recadrer les banques et réinventer la démocratie et deviennent ainsi quasiment la première force politique en Espagne. Cette montée en puissance, peut-être un peu artificielle, est due notamment aux turpitudes et à la corruption des politiques… Cette victoire des « indignés » espagnols dépasse les frontières et marque l’éveil d’une nouvelle génération à la politique, ouvrant la voie à une Europe des peuples plutôt qu’à une Europe des marchés. L’électorat de ce parti est surtout urbain et jeune et participe davantage aux consultations électorales. L’arrivée des « sans voix » au pouvoir constitue un quasi tremblement de terre. Un sacré vent de liberté !

     Dans un autre registre, en Irlande, la contraception, le divorce ou l’homosexualité ont longtemps été « contrôlés » par l’Eglise. Et voilà que le divorce est légalisé et l’homosexualité décriminalisée. Le mariage pour tous, décidé en mai 2015 par 62 % des Irlandais, balaye des décennies de mainmise de l’Eglise sur la société. L’Irlande devient même le premier pays au monde à prendre cette décision dans le cadre d’un référendum, avec le soutien de tous les principaux partis politiques irlandais, laissant l’Eglise seule face à son conservatisme d’un autre temps. Que l’on soit pour ou contre le mariage pour tous, quel vent de liberté !

     En France, on déplore depuis des décennies déjà le peu d’intérêt des jeunes pour le fonctionnement démocratique de nos institutions. Mais les jeunes, même s’ils paraissent « en dehors du coup » écoutent, observent et se font une idée de la société dans laquelle ils souhaitent vivre. Attention au réveil brutal d’une jeunesse qui a le sentiment d’être abandonnée.

     Vous voilà prévenus mesdames et messieurs les politiques, votre prochain dilemme pourrait bien être : changer ou disparaître !

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 07:15

     Comme pour la plupart des gens, mon argent est à la banque. Même si ce n’est pas beaucoup, chacun dépose son argent à la banque, « en toute confiance ». Oui, mais voilà la question : que devient mon argent, à quoi sert-il ? Même si mon argent est « placé » « en toute sécurité », et que la banque le fait « travailler » pour qu’il me rapporte, il peut être pertinent de se demander, mieux encore de demander à sa banque, à quoi servent tous ces dépôts sur les comptes-courants, comptes-épargnes et même LDD (livrets de développement durable). Ne servent-ils pas, par exemple, à financer des investissements pour des fabrications d’armement, des industries polluantes, ou même des énergies fossiles qui vont contribuer à amplifier les modifications climatiques…

     Et voilà que cette question saugrenue est posée par des fondations, des institutions qui attendent des banques une certaine éthique et des actes plutôt que des discours… Ce mouvement, parti des universités américaines il y a 5 ans, gagne du terrain et s’amplifie. Cela nous rappelle une vieille histoire, quand dans les années 1960 naissait aux Etats-Unis le mouvement New Age, précurseur du courant écologiste et… des « évènements de mai 68 » en France.

     Le but de cette contestation est d’amener les grands actionnaires à ne plus investir dans les énergies fossiles, première cause des modifications climatiques. Les résultats de cette campagne de désinvestissement restent modestes pour le moment, mais cela amène au moins certains financiers à s’interroger sur la rentabilité réelle à long terme des énergies renouvelables par rapport aux énergies fossiles classiques. C’est ainsi que BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole se sont engagés à se retirer de projets miniers australiens. Le Crédit Agricole vient d’annoncer qu’il ne financera plus de projets liés à l’extraction de charbon, il est ainsi la première banque française à prendre un tel engagement.

     Encore faut-il bien sûr que les actions des entreprises et des états soient en cohérence avec celles des banques. Mais là aussi les choses évoluent et c’est ainsi que les grands groupes industriels mondiaux, réunis à l’UNESCO à Paris fin mai se sont déclarés en faveur d’une économie bas carbone, coordonnée avec les gouvernements. En Europe apparaissent des « territoires à énergie positive », innovation remarquable. La France ambitionne 200 territoires de ce type qui permettront de valoriser les ressources locales et l’accès à l’énergie à un coût maîtrisé. Mais cela demande… de la solidarité entre territoires voisins autour de projets communs et pour cela il faudrait que les Français sortent de leurs cabanes de Gaulois !

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 06:48

     Zozoter, c’est comme zézayer, dire Ze manzerai au lieu de Je mangerai, ou encore L’azote, ze connais pas, au lieu de L’azote, j’en fous partout !

     L’azote, sous différentes formes, est en effet devenu une préoccupation forte en matière de pollution. Sans entrer dans le détail de cette question complexe, comme toujours, rappelons que ce sont les oxydes d’azote qui sont préoccupants : le monoxyde d'azote, NO ; le dioxyde d'azote, NO2 et le protoxyde d'azote, N2O. Ces gaz peuvent être émis de façon naturelle ou par les activités humaines : combustion, moteurs et agriculture principalement. Bien que des progrès aient été enregistrés sur les émissions de dioxyde d’azote, la prise de conscience de l’impact de ces gaz est lente, désespérément lente… Les nitrates, autres dérivés polluants de l’azote, sont très suivis et réglementés dans l’eau, beaucoup moins dans l’air. C’est le protoxyde d’azote qui interpelle le plus, produit surtout lors de la transformation des engrais azotés en agriculture. C’est en effet le second gaz à effet de serre (GES) après le C02, avec un potentiel de réchauffement global 310 fois plus élevé que le C02. Et c’est celui dont les modalités d’émission par les sols agricoles sont les plus mal connues. Quand on préfère ne pas savoir, n’est-ce pas…

     Les impacts de ces dérivés de l’azote sur l’environnement sont multiples : outre la contribution à l’effet de serre, ils acidifient les milieux naturels ; et sur la santé, ils engendrent des difficultés respiratoires. Je me souviens d’un appel téléphonique d’un chercheur d’une station INRA de l’ouest de la France, au début des années 1990, il cherchait quelqu’un qui pourrait doser les nitrates dans l’air, à l’aide des lichens par exemple, pour confirmer les mesures, inquiétantes, qu’il venait de faire et qui étaient… interdites de publication. Je me souviens aussi de cette collaboration avec la presse agricole régionale en 1997 afin de publier régulièrement des articles de sensibilisation à l’environnement jusqu’à ce que je propose un article sur la pollution d’origine agricole : refusé et fin de la collaboration ! Quand on préfère ne pas savoir, n’est-ce pas…

     Mais rien n’est désespéré : l’INRA vient de mettre en œuvre une étude en Eure-et-Loir pour mesurer les émissions de N20 en continu afin d’élaborer un dispositif prévisionnel. De façon plus abordable et empirique, regardez les clochers d’église en pierre calcaire qui deviennent vert jaunâtre du fait du développement de plantes nitrophiles : des algues comme le Pleurocoque ou des lichens comme le Xanthoria. Ce n’est pas une preuve, pas une inquiétude, mais un bon indice de la présence probable de composés azotés dans l’atmosphère de façon significative.

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 06:19

     Après 2014, année la plus chaude, mars 2015 fut le mois le plus chaud jamais enregistré, soit depuis 1880. Dans le même temps que la plupart des régions du monde ont connu un mois de mars particulièrement doux, l’est du Canada et des Etats-Unis subissaient un hiver plus froid, confirmant ainsi les disparités climatiques et le dérèglement… La paléoclimatologie confirme bien que l’évolution actuelle du climat s’accélère depuis le XIXème siècle avec l’avènement de l’ère industrielle. Certaines contrées peuvent être plus impactées que d’autres. Ainsi craint-on que d’ici la fin du siècle, New York puisse connaître une montée des eaux de 1,80 mètre et une hausse des températures de 7 degrés ! La parade doit être pensée dès maintenant pour éviter des inondations récurrentes dès 2020. Quant aux Etats d’Océanie, les plus vulnérables, ils plaident pour une « révolution » sur le climat.

     Plus globalement, nourrir la planète va devenir un défi colossal puisque l’on attend 2 milliards de plus de Terriens d’ici 2050 et que les modifications du climat accroissent la vulnérabilité de l’agriculture avec sécheresses et pluies de plus en plus irrégulières, inondations et cyclones plus fréquents. Bref, comme le dit Martin Schulz, président du Parlement européen, il est minuit moins cinq pour la survie de l’humanité. Et  Barak Obama ajoute qu’il n’y a pas de plus grande menace pour notre planète que le changement climatique. De quoi devenir fou !

     Mais cela c’était en mars. La France ayant été nommée pays hôte pour accueillir la 21ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Paris en décembre 2015, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, se démène pour courir le monde et convaincre qu’un accord devra être trouvé entre 195 pays. Vaste programme ! Sans doute un sommet qui va réunir 47 000 personnes, et qui sera le plus grand évènement diplomatique jamais organisé en France, représente-t-il un challenge formidable pour un homme politique ; mais retenons la progression de la pensée fabiusienne depuis 1992 où Laurent Fabius, en réunion publique, m’avait contredit pour assurer que la prise en compte de l’environnement était une contrainte… Et voilà qu’en plus, le parti socialiste français vient d’inventer l’éco-socialisme, synthèse entre la social-démocratie et l’écologie politique. Nous sommes sauvés ! Je vous le dis, le soleil de mai est gai !

     Mais bien sûr, on peut toujours craindre que la situation se dégrade à une vitesse telle que cela entraînerait des solutions imposées autoritairement par des états désemparés, faute d’anticipation (voir http://www.michel-lerond.com/article-31873331.html de… mai 2009), ce serait moins gai…

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 08:04

     Le début d’année 2015 a connu une série de naufrages de migrants en Méditerranée à un niveau jamais atteint. Alors qu’en 2014 il était arrivé 240 000 réfugiés en Europe, les premiers mois de 2015 on en a compté davantage. Venus de l’Afrique subsaharienne et du Proche-Orient, ces migrants transitent nombreux par la Lybie, déjà déchirée par la guerre civile… L’ampleur du drame est telle que l’on a compté 120 300 migrants sauvés par l’opération de secours Mare Nostrum en un an, mais aussi de l’ordre de 1 500 noyés en deux mois…

     Devant ce désastre humanitaire, l’Europe est montrée du doigt dans la mesure où seulement 5 états sur 28 accordent l’asile politique aux migrants. L’Europe ne se précipite pas sur les mesures à prendre, même si elle prévoit de renforcer la surveillance en Méditerranée. Mais les dirigeants sont à l’écoute des citoyens européens qui ne sont pas vraiment mobilisés... La solidarité recule et la xénophobie monte, notamment dans les pays du nord de l’Europe, comme la Finlande où le racisme ordinaire va bon train. Le déséquilibre entre les pays du Nord, plutôt nantis, et les pays du Sud, plutôt en proie à la misère, s’est accru ces dernières années, ce qui rend plus difficile encore le recours à l’empathie et la solidarité. Tout cela ressemble un peu à une guerre inavouée, pour laquelle il est bien difficile de trouver des solutions adaptées.

     Pourtant, nous n’avons là qu’un aspect de l’immigration, liée aux difficultés politiques et économiques, mais qu’en sera-t-il quand nous devrons, bientôt peut-être, faire face aux migrations climatiques ?... La montée des eaux est une réalité qui fait craindre des menaces sérieuses sur les grandes villes situées sur les côtes. Cette montée des eaux, couplée à des problèmes de surpopulation et de pollution, va générer des migrations importantes. Il est grand temps de s’en préoccuper pour s’y préparer. Certes les Hollandais maîtrisent cette adaptation à la mer et multiplient les projets d’habitats flottants. Mais les choses seront plus ardues pour certaines contrées, comme l’Inde ou le Bangladesh par exemple, qui connaissent une élévation du niveau de la mer préoccupante. En France même, le recul de la côte sableuse en Aquitaine a pu atteindre 20 mètres lors de tempêtes récentes dont les conséquences se trouvent amplifiées.

     Le cyclone Pam qui a ravagé l’archipel de Vanuatu en mars dernier était, somme toute assez classique, si ce n’est que ses conséquences ont été amplifiées par le dérèglement climatique et un accroissement urbain incontrôlé. Tirons les leçons de ce drame pour qu’il ne soit pas une préfiguration d’un drame environnemental planétaire !

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 07:34

     Le tintamarre médiatique nous assomme parfois sur des sujets qui ne sont pas obligatoirement de première importance. Inversement, certains évènements sont sous-médiatisés, alors que… Ainsi, nous sommes nombreux, moi le premier, à regretter le non renouvellement de la « classe » politique. Et pourtant, si l’on y regarde bien, il s’est opéré sous nos yeux une révolution depuis quelques années. Combien de fois n’avons-nous pas regretté l’âge trop avancé de nos élus, le manque de femmes en politique ou la non-représentation de la diversité sociologique française ?

     Les dernières élections départementales, bien que mal préparées et encore plus mal expliquées, ont permis malgré tout la mise en place de ces binômes homme-femme qui ont assuré enfin une parité des élus. Cela a permis l’accès à des mandats politiques pour des personnes nouvelles, aux regrets de certains, mais ce qui est une vraie opportunité de renouvellement.

     Certes peu de femmes ont obtenu une présidence de département, mais le plus jeune président, Sébastien Lecornu dans le département de l’Eure, n’a que 28 ans. Un peu plus tôt, lors du renouvellement des conseils régionaux, Nicolas Mayer-Rossignol devenait président de Haute-Normandie à 36 ans. Né à Bamako au Mali, ce nouveau président amenait avec lui de la nouveauté puisqu’il est simultanément agrégé de sciences de la vie et de la terre et ingénieur du corps des mines, entre autres.

     On peut citer aussi Anne Hidalgo, inspectrice du travail née près de Cadix en Espagne, élue première femme maire de Paris à 55 ans. Ou encore Bruno Julliard, ancien militant étudiant, devenu son premier adjoint à 33 ans.

     En remontant un peu le temps, on peut évoquer Dominique Voynet, anesthésiste, députée européenne à 33 ans, ministre à 39 ans et sénatrice à 46 ans. Certes le Sénat ne compte toujours que 23 % de femmes, seulement 2 anciens ouvriers et une moyenne d’âge de 65 ans… Mais le Sénat est condamné à disparaître !

     Souvenons-nous aussi de Rama Yade, née à Dakar et diplômée d’études politiques, nommée secrétaire d’Etat à 31 ans ou de Rachida Dati, diplômée de sciences économiques, première personnalité née de parents immigrés à être nommée garde des sceaux à 42 ans. Ou encore de Eric Piolle, diplômé en génie industriel, élu maire de Grenoble à 41 ans, le premier maire écologiste d’une grande ville.

     Bien sûr tout cela n’est pas parfait et ni l’âge, ni le sexe ne garantissent la compétence et la rigueur. Ainsi Sébastien Lecornu a-t-il quelques soucis avec son cumul de mandat entre le conseil départemental et la mairie de Vernon… Mais on avance !

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