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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 13:54

De 1972 à maintenant, mes archives personnelles et professionnelles ont consisté essentiellement en un herbier de lichens, des publications et divers documents souvenirs.

 

L’herbier de lichens comporte plusieurs centaines d’échantillons provenant essentiellement de Normandie, mais aussi de toute la France. Cet herbier a été déposé au Museum de Rouen vers 2005. Il est stocké dans les réserves du musée et peut être consulté sur demande auprès du chargé de conservation : tel. 02 76 52 80 55.

 

Les publications et souvenirs professionnels comporte près de 1 000 documents qui ont fait l’objet d’un don aux Archives Départementales de Seine-Maritime en 2015. Il s’agit de près de 900 publications et documents relatifs aux Naturalistes Bucheois, la correspondance, les différents postes de travail, notamment le Museum de Rouen, l’Observatoire régional de l’environnement et la vie de consultant. Enfin quelques documents ont trait à l’Académie des Sciences, Belles lettres et Arts de Rouen.

Tous ces documents peuvent être consultés en salle de lecture du pôle des archives historiques : 42 Rue Henri II Plantagenêt, Pôle culturel Grammont, 76100 Rouen - Tél. : 02 35 03 54 95 / Fax : 02 35 03 56 89 / Mail : archives@cg76.fr

 

Par ailleurs, certaines des publications sont directement accessibles sur le site de la Bibliothèque Nationale de France : http://data.bnf.fr/11912582/michel_lerond/       

 

Enfin la bibliographie complète, au format pdf, peut être obtenue sur demande à michel.lerond@orange.fr. Concernant le thème spécifique de l’étude des lichens, une bibliographie régionale, en cours d’actualisation, est disponible sur le site de l’Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie : http://arehn-asso.superdoc.com/Documents/pdf/Bibliographie/Lichens.pdf  et aussi : http://www.arehn.asso.fr/publications/cpa/cpa29.pdf

 

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:38

Il était une fois… C’est comme cela que commencent les contes, ou les histoires vraies qui ressemblent à des contes, à moins que ce ne soit une histoire un peu sombre. Il était une fois donc, un haut responsable d’un grand pays (presque 1,3 milliard d’habitants), en l’occurrence M. Narendra Modi premier ministre indien, fut reçu par le président de la République française pour annoncer la vente de 36 Rafale. « Excellente nouvelle pour l’industrie française de l’armement, pour l’économie tricolore et pour l’emploi. » Après la vente de 24 Rafale à l’Egypte, voilà un gros succès pour l’entreprise Dassault Aviation dont tout le monde se réjouit. Concerts de louanges dans les médias, satisfaction du monde du travail et de la Bourse où les actions de Dassault Aviation augmentent de près de 3 %.

Ce 11 avril 2015 fut quasiment une journée historique. Le chef de l'État français « a rendu un vibrant hommage aux qualités du Rafale, à ses technologies, à sa «flexibilité» d'emploi ainsi qu'au savoir-faire des 500 entreprises sous-traitantes, des 7 000 techniciens, compagnons engagés sur le programme ». La plus grande des qualités de l'avion de combat français est sans doute l’ultrapolyvalence en étant capable de remplir plusieurs missions : défense aérienne, reconnaissance, attaque de précision air-sol et air-mer, missions nucléaires…

Seuls bémols à cet enthousiasme débordant : certains militaires et médias indiens s’étonnent de cette « petite commande » alors que les besoins seraient plutôt de 130 appareils ! Et puis il y a au contraire quelques journalistes indiens, un peu grincheux, qui tiennent à rappeler que l’Inde a d’autres urgences, souffrant de quelques pénuries d’eau, d’alimentation et d’énergie, entre autres…

Mais comme annoncé, un conte peut aussi ressembler à une histoire sombre. En effet, le même jour, en l’Hôtel de Région à Rouen madame Nicole Notat, ancienne responsable syndicale, donnait une excellente conférence pour l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen, sur le thème de la RSE (Responsabilité Sociétale et Environnementale) de l’entreprise. Discours très construit, volontaire, généreux et optimiste qui laisse augurer d’évolutions positives vers le développement soutenable.

Mais au fait, à quoi ça sert un Rafale ? A tuer qui ? Des mouches, des rats ? Non, des hommes bien sûr, des Terriens comme vous. Pourtant Dassault Aviation a une politique RSE très avancée et la justifie : « Notre vision et notre pérennité se fondent sur des choix techniques et industriels audacieux et réalistes, qui respectent les impératifs éthiques, sociaux et environnementaux. »

Ce jour-là, ce fut comme des rafales sur le développement soutenable. C’est bien le mot qui convient car il ne faut vraiment pas que ça dure…

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 07:36

Le recours aux plantes médicinales est vieux comme le monde et l’herboristerie en France existe depuis le 14ème siècle. On estime que dans le monde, actuellement, les ¾ de la population ont recours à ces plantes. Celles-ci sont souvent récoltées dans la nature, ce qui nécessite certaines précautions pour s’assurer de leur qualité, en n’oubliant jamais que « naturel » ne signifie pas pour autant « bon pour la santé » : certaines plantes peuvent être, en partie ou en totalité, très toxiques. Par contre cette toxicité peut être utilisée comme base de médicaments, l’if par exemple, pour le traitement de certains cancers.

Tous ces aspects nécessitent donc des connaissances sérieuses et un vrai professionnalisme. L’exposition « Les plantes médicinales » organisée par le Museum de Rouen en 1976 attirait déjà l’attention sur cette question. En effet, le diplôme d’herboriste a été supprimé en 1941 par le gouvernement de Vichy, en laissant aux professionnels en place le droit d’exercer jusqu’à leur mort, la commercialisation étant réservée aux pharmaciens. Cette question revient périodiquement dans l’actualité sans que des décisions soient prises. Sous réserve de modifications récentes, puisque la réglementation en ce domaine a la bougeotte, les plantes sont réparties entre différentes catégories dont une liste comprenant 454 plantes médicinales utilisées en allopathie et certaines en homéopathie ; et une liste de 73 plantes dont « l’évaluation du rapport bénéfice / risque est négatif pour une utilisation traditionnelle en préparation magistrale. En effet, ces plantes peuvent présenter des effets secondaires ou toxiques indésirables. Par contre, en dilution, ces plantes peuvent servir à la préparation de médicaments homéopathiques et sont vendues exclusivement par les pharmaciens. » On voit bien que… ce n’est pas simple !

Par contre 34 plantes sont en vente libre pour tout commerce à condition de ne pas comporter d’indications thérapeutiques. Reste à préciser les frontières entre complément alimentaire, condiment ou… médicament, avec les enjeux économiques colossaux qui en découlent pour certains groupes de l’industrie agro-alimentaire ou médicale. La législation française est d’une telle complexité (tiens donc !...) qu’elle est souvent inapplicable. Pas simple, d’autant plus qu’il n’existe quasiment pas de formation d’herboriste en France alors que celles-ci prospèrent en Europe. Pendant ce temps les savoirs-faire se perdent, alors même que l’on en aurait un grand besoin pour appréhender ces « produits de la biodiversité » qui ne sont pas à confondre avec une banale molécule de synthèse.

Une proposition de loi sur l’herboristerie a été déposée en 2011, mais elle avance à un pas… de sénateur. Serait-ce que ce recours aux plantes à faible coût chagrinerait quelques lobbies ?

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 07:46

L’actualité ne cesse de nous le rappeler, la France va mal. Les élections récentes ont mis en évidence, une fois de plus, la déconnexion qui s’accentue entre les citoyens et le pouvoir. Ces aller-retour entre une soit disant gauche et une soit disant droite ouvre la route aux extrêmes qui, curieusement, se rejoignent sur leurs programmes… Les citoyens surtout soucieux de leur emploi, de leur revenu, de leur bien-être, ne s’y retrouvent plus, n’essaient plus de comprendre, confondent parfois élections départementales et régionales… et s’abstiennent de voter.

L’absentéisme de trop de parlementaires, souvent en liaison avec les cumuls de mandats, la connexion trop fréquente entre pouvoir et affairisme, la multiplication des « réglements » en tous genres qui créent des rideaux de fumée sont autant de dysfonctionnements qui ruinent la démocratie. Le système politique est à bout de souffle, sans projet ni méthode… et devenu une sorte d’embrouillamini désespérant !

Il se pourrait bien que notre pays soit un cas unique, si l’on considère qu’en 2012 les préfets ont reçu 20 000 pages de circulaires de l’Etat central, soit 220 par jour. Voilà un pays où l’on ne rigole pas, où tout est écrit, consigné, enregistré. Et record du monnnnnde ! Dans ce même pays, les services de l’Etat et des collectivités ont parfois en charge les mêmes domaines, en se doublant, parfois même se contredisant. Il y aurait ainsi environ 50 000 personnes employées en doublon… Voilà un pays où l’on n’hésite pas à créer des emplois en nombre, même s’ils sont en surnombre. Et record du monnnnnde ! Toujours dans ce pays, le code du travail compte 10 628 articles, il existe aussi 400 000 normes et 360 impôts et taxes différents. Et record du monnnnnde ! Quand l’Allemagne compte 12 536 communes et la Grande Bretagne seulement 409, nous en comptons en France… 36 769 dont un certain nombre de moins de 100 habitants… Toutes ces collectivités requièrent pour fonctionner (ou au moins essayer) 618 384 élus. Et record du monnnnnde !

La France représente environ 1 % de la population mondiale, il se pourrait bien qu’elle soit au même niveau pour ce qui est de la lucidité sur elle-même et le savoir vivre ensemble… Et record de France…

Vite, il y a urgence pour sauver la démocratie, réformer avec lucidité, courage et pédagogie et ainsi refonder le pays sur des bases crédibles, compréhensibles et opérationnelles. A de multiples reprises nous avons fait des propositions dans ce sens, notamment fin 2014 : http://www.michel-lerond.com/article-nous-devons-faire-des-economies-124881968.html

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 08:18
Lorsque l’on interroge une personne du monde médical sur le pourquoi de tous ces cancers, la réponse est souvent évasive : on ne sait pas, il faut se méfier des statistiques, le dépistage précoce modifie notre perception… Certains cependant sont plus affirmatifs : c’est simple, la pollution et l’alimentation sont devenus des facteurs de risques considérables !
C’est un secret de polichinelle que l’agriculture intensive, suivie par le secteur agro-alimentaire, réunissent ces deux types de risques à l’origine de bien des interrogations quant à notre santé. Lorsqu’un leader syndical commence la présentation de l’agriculture française par mettre en avant le chiffre d’affaires, on se dit que, peut-être, faudrait-il mieux se donner pour objectif de nourrir sainement la population pour lui permettre de rester en bonne santé, et maintenir les paysages et la biodiversité, matière première de l’agriculture.
On comprend le ressenti des agriculteurs, qui souffrent d’être de plus en plus montrés du doigt par toute une société. Ils seraient pourtant valorisés par un travail au service de la santé humaine, tant sur le plan intellectuel que économique. L’agriculteur est un acteur primordial de notre santé, c’est pourquoi nous avons proposé, à plusieurs reprises, un débat national sur cette question des plus importantes.
Des espoirs existent cependant, tel que cet amendement voté, enfin, par l’Assemblée nationale le jour du printemps (!) pour interdire les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, bien que ni les sénateurs, ni le gouvernement ne soient favorables à cette mesure… sous la pression des lobbies de l’industrie agrochimique.
Des pistes sont explorées, comme cette possibilité de contractualisation entre le monde agricole et les collectivités pour préserver les ressources en eau. La logique du productivisme agricole, couplée à une logique curative, plutôt que préventive, permet de régler le problème de la pollution de l’eau aux frais des usagers plutôt que des pollueurs… L’état des nappes phréatiques ne s’est guère amélioré, mais la qualité de l’eau est satisfaisante parce que l’on investit massivement dans la dépollution. Tout cela dans le non respect des directives européennes, ce qui génère des sanctions de Bruxelles à la France pour mauvaise qualité des eaux brutes. Les trames verte et bleue qui se mettent en place au niveau régional sont, à cet égard, un élément de réponse très important pour tenter de reconstituer des réseaux écologiques efficaces.
Enfin, que le président de la République ait reçu les élèves de lycées agricoles (dont celui du Pays de Bray) travaillant sur le thème de l’agro-écologie et l’alimentation le 18 mars est également un signe des plus encourageants.

Lorsque l’on interroge une personne du monde médical sur le pourquoi de tous ces cancers, la réponse est souvent évasive : on ne sait pas, il faut se méfier des statistiques, le dépistage précoce modifie notre perception… Certains cependant sont plus affirmatifs : c’est simple, la pollution et l’alimentation sont devenus des facteurs de risques considérables !

C’est un secret de polichinelle que l’agriculture intensive, suivie par le secteur agro-alimentaire, réunissent ces deux types de risques à l’origine de bien des interrogations quant à notre santé. Lorsqu’un leader syndical commence la présentation de l’agriculture française par mettre en avant le chiffre d’affaires, on se dit que, peut-être, faudrait-il mieux se donner pour objectif de nourrir sainement la population pour lui permettre de rester en bonne santé, et maintenir les paysages et la biodiversité, matière première de l’agriculture.

On comprend le ressenti des agriculteurs, qui souffrent d’être de plus en plus montrés du doigt par toute une société. Ils seraient pourtant valorisés par un travail au service de la santé humaine, tant sur le plan intellectuel que économique. L’agriculteur est un acteur primordial de notre santé, c’est pourquoi nous avons proposé, à plusieurs reprises, un débat national sur cette question des plus importantes.

Des espoirs existent cependant, tel que cet amendement voté, enfin, par l’Assemblée nationale le jour du printemps (!) pour interdire les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, bien que ni les sénateurs, ni le gouvernement ne soient favorables à cette mesure… sous la pression des lobbies de l’industrie agrochimique.

Des pistes sont explorées, comme cette possibilité de contractualisation entre le monde agricole et les collectivités pour préserver les ressources en eau. La logique du productivisme agricole, couplée à une logique curative, plutôt que préventive, permet de régler le problème de la pollution de l’eau aux frais des usagers plutôt que des pollueurs… L’état des nappes phréatiques ne s’est guère amélioré, mais la qualité de l’eau est satisfaisante parce que l’on investit massivement dans la dépollution. Tout cela dans le non respect des directives européennes, ce qui génère des sanctions de Bruxelles à la France pour mauvaise qualité des eaux brutes. Les trames verte et bleue qui se mettent en place au niveau régional sont, à cet égard, un élément de réponse très important pour tenter de reconstituer des réseaux écologiques efficaces.

Enfin, que le président de la République ait reçu les élèves de lycées agricoles (dont celui du Pays de Bray) travaillant sur le thème de l’agro-écologie et l’alimentation le 18 mars est également un signe des plus encourageants.

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 18:09

C’est en 1707 que messieurs Vaillant et Danty d’Isnard ont effectué ensemble un voyage sur les côtes de Normandie et Bretagne afin d’y rechercher des animaux, des végétaux et des minéraux. Ils ont relaté leurs découvertes dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale de France, non publié à ce jour. C’est Théodore Monod qui m’avait signalé ce travail remarquable, à l’occasion d’un courrier du 20 juin 1979 :

« J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre étude sur la botanique en Normandie. J’avais eu, pour la préparation de ma thèse (…) sur la basse Seulles, à consulter un manuscrit intéressant et qui mériterait certainement d’être édité et commenté. Il se trouve à la BN, MS pr., nouv. acq. N° 7520 : Journal du voyage de messieurs Sébastien Vaillant et Antoine Tristan Danty d’Isnard… etc. Il y a un catalogue des espèces récoltées… Ne pensez-vous pas que les naturalistes normands, et en particulier les botanistes, pourraient s’intéresser à ce manuscrit ».

Voilà maintenant quinze ans que Théodore Monod s’est éteint à Versailles, le 22 novembre 2000, âgé de 98 ans. Il est né à Rouen, rue Henri Lafosse et fut un scientifique naturaliste et explorateur, l'un des plus grands spécialistes du Saharaau XXe siècle et produisit environ 1 200 publications, considérées comme des références. Il garda toujours cependant un intérêt pour l’histoire naturelle normande : http://www.michel-lerond.com/article-theodore-monod-dix-ans-deja-61032232-comments.html#anchorComment 

Depuis cet échange, j’ai acquis le manuscrit, avec l’espoir de pouvoir un jour procéder à quelques comparaisons entre 1707 et maintenant… Mais le temps a passé et l’expérience reste à faire par qui voudra bien s’y aventurer. Avec trois siècles de décalage, il y a là matière à comparaisons significatives. Partis de Paris le 17 septembre 1707, les auteurs décrivent leurs observations naturalistes jusqu’à leur retour le 18 octobre 1707, après être allés jusqu’à Granville.

Le Pays de Bray est particulièrement bien décrit et je connais des lecteurs de ce blog qui seraient ravis de lire les propos sur la canneberge des marais de Forges ou les orchidées rencontrées entre Sommery et les Hayons !

Il y a là un magnifique sujet de thèse pour un(e) étudiant(e) naturaliste ou matière à un travail collectif conséquent et riche d’enseignements. Que les naturalistes intéressés se manifestent. Merci par avance.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 07:26

Compte-tenu des évolutions de notre société, chacun a conscience que nous avons changé d’ère, mais peut être pas à un tel niveau. En effet, bien que cette vision des choses ne soit pas encore tout à fait homologuée, les géologues considèrent que nous avons changé d’ère géologique, en passant de l’Holocène (datant de 10 000 ans, c’est la dernière période interglaciaire du Quaternaire) à l’Anthropocène, rien que çà ! Cette nouvelle époque de la Terre est en effet caractérisée par le fait que c’est désormais l’homme qui façonne la planète avec le plus d’ampleur.

Anthropocène, mot constitué à partir de deux racines grecques « homme » et « récent », est apparu à la fin du 20ème siècle, après que l’on ait pris conscience de cette évolution vers 1950, après l’explosion de la première bombe atomique. La dissémination des matières radioactives qui en est résulté a concerné la planète entière suite à une intervention humaine, une grande première ! Pour notre part, totalement convergent dans l’analyse, nous avions appelé cette ère (de 1969 à 2050 approximativement), l’ère de la communication ( http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=24878). 

Même si cette révélation paraît énorme, il faut bien se rendre à         

l’évidence : la planète a d’ores et déjà dépassé certaines limites, que ce soit en matière de climat bien sûr, mais aussi de pollution, de consommation des ressources… Quant à la biodiversité, dont nous puisons tout ou presque : les chercheurs estiment que la planète peut surmonter la disparition de 10 espèces par an, sur un capital d’un million. Actuellement, le taux d’érosion de la biodiversité est 10 à 100 fois supérieur à ce seuil, jugé maximal ! Jusque quand pourrons-nous tenir ?

C’est un défi pour l’ensemble de la civilisation qui est devant nous. Il nous faut maintenant aller au-delà de la simple connaissance des phénomènes pour inventer une nouvelle relation entre la vie humaine et la vie de la planète. Cela suppose une révolution culturelle et une gouvernance planétaire pour gérer, a minima, ce qui conditionne notre survie. Ce processus de la dernière chance passe nécessairement par l’éducation, la sensibilisation et la formation, processus déjà largement entamé depuis, précisément les années 1960-70, mais qui doit être poursuivi avec âpreté et rapidité.

Les 50 ans qui viennent seront décisifs, soit en inventant le bon compromis entre nature et culture, soit en sombrant dans un grand effondrement de l’espèce humaine… Gageons que, au bord du précipice, l’Homme saura réagir et que l’Anthropocène n’aura été alors qu’une courte période géologique marquée par l’invention d’une civilisation possible, réconciliée avec la nature.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 18:04

Dans dix jours, le calendrier nous annonce le printemps, au moment où les esprits sont chagrins, moroses, angoissés parfois devant tant de difficultés économiques, sociales, politiques. Bref, rien ne va plus… Parmi d’autres signaux d’alerte, un tiers des jeunes s’est abstenu de voter lors des dernières élections présidentielles françaises. Combien cette fois aux élections départementales ? Il faut dire qu’appeler à voter pour des représentants de cantons qui n’ont pas grand sens dans le contexte de départements appelés à disparaître, on peut faire mieux en matière de redynamisation de la démocratie !

Pourtant les jeunes justement, se sentent très concernés par les défis à long terme, beaucoup plus que par la délégation de pouvoirs à des adeptes du court terme. L’abstention peut être, parfois, un mode d’expression politique. Les jeunes ne se mobilisent plus guère pour les traditionnels partis ou syndicats, mais plutôt de façon intermittente et spontanée à travers les réseaux sociaux. Cette manière de faire comporte des risques d’exagération et de dérive, mais parvient souvent à permettre le débat sans agressivité. Les jeunes n’ont pas renoncé à faire évoluer leur quotidien, mais ils le font surtout à partir d’initiatives individuelles, dans un monde en réseau qui privilégie l’échange et la coopération plutôt que la concurrence.

Maintenant, l’information est accessible sur tout sujet, partout et en tous temps. Si ce n’est pas une révolution cela ? Malgré elle peut être, l’école est en train de s’adapter et les enseignants doivent faire leur propre révolution, inventer de nouvelles manière d’enseigner, en n’étant plus le pivot de la classe, mais l’animateur qui suscite la motivation, assisté de l’ordinateur. Il faut amener de l’émulation chez les élèves plutôt que de la compétition. Ce, phénomène n’est pas seulement français ou européen, mais quasi mondial. L’école doit toujours enseigner les bases, lire-écrire-compter, certes, mais l’enseignant devient un coach, un guide plus qu’un « maître », il évolue vers un partenariat avec les élèves travaillant en équipe, pour eux-mêmes et avec une assistance technologique. Cette nouvelle donne peut déstabiliser les has been qui ne voient là que passivité et individualisme, alors que c’est le contraire qui est en train de s’opérer.

Comme le souligne très bien Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, « Nous ne vivons pas une crise, mais une métamorphose de notre société ». C’est ainsi que les défis du développement soutenable motivent les jeunes et que certains s’engagent dans la création d’entreprises relatives à la transition écologique, par exemple. Jean-Paul Delevoye ajoute que « L’innovation est une contestation. C’est une désobéissance réussie. » Voilà tout est dit, le printemps pointe son nez !

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 07:32

Dans les années 1960-1970, on parlait de libération sexuelle. Maintenant, il semble que l’on ait franchi une nouvelle étape. Il faut dire que la sexualité s’affiche partout, provocante, directe ou sous-entendue, mais omni-présente. C’est devenu un « produit d’appel » pour vendre des denrées ou prestations qui n’ont souvent aucun rapport avec le sexe. En somme, tu baises et après on cause !

Comment alors rester insensible, pour un homme notamment, à ces formes qui apparaissent, ces attitudes qui se profilent, ces « jeunes filles en fleurs » qui séduisent, voire qui provoquent…

Oui, mais voyez-vous, le problème est que ces « jeunes femmes » dont on parle n’ont parfois que 10 ans, voire moins. Ce que l’on appelle « puberté précoce » commence à préoccuper sérieusement le monde médical et aussi les parents des enfants concernés, surtout des filles. L’évolution des conditions de vie, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, ou ailleurs dans le monde, a fait avancer l’âge de la puberté d’un an en moyenne depuis le milieu du 20ème siècle, soit vers 10 ans pour les filles et 11 ans et demi pour les garçons. Lorsqu’il y a précocité, la puberté peut se manifester dès l’âge de 8 ans, ou avant. Cela peut aboutir à des choses curieuses, avec des fillettes à tête de bébé, qui ont des attentes et des comportements de jeunes filles. Pas facile à gérer pour les parents ! D’autant plus que puberté précoce veut dire aussi sexualité précoce et éventuellement grossesses, parfois chez des gamines de l’école primaire !

Le phénomène s’accroit au point de devenir préoccupant, soit une multiplication par 7 du nombre de cas observés au cours des 20 dernières années.

Mais pourquoi donc une telle évolution ? Les quelques études menées sur ce thème tendent à monter que des facteurs environnementaux néfastes seraient responsables, comme certains aliments (trop sucrés), les perturbateurs endocriniens (emballages, cosmétiques, etc.) et les pesticides. A ce titre voyez-vous, les enfants d’agriculteurs, exposés de façon chronique aux produits phytosanitaires, semblent particulièrement concernés… et plus encore les enfants de viticulteurs du midi de la France !

La communauté scientifique internationale étudie cette question depuis une vingtaine d’années, mais en France voyez-vous, on ne dispose que de très peu de données… comme sur d’autres questions, comme par exemple l’irradiation des aliments. Etonnant le nombre d'autruches qui existent dans notre pays, la tête dans le sable. A moins qu’il ne s’agisse de singes : rien vu, rien entendu et donc rien dit.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:37

Le GIEC a publié fin 2014 son 5ème rapport de 5 579 pages, que les politiques… ne liront pas. Comment contredire un tel rapport, fruit du travail de 800 scientifiques qui se sont appuyés sur un total de 30 000 études passées en revue ! Une synthèse (116 pages) résume le propos et rappelle inlassablement les mêmes choses depuis des années, à savoir que le changement climatique a commencé et que nous en voyons déjà les effets.  

Il reste donc peu de temps pour juguler la hausse des températures et la maintenir sous les 2°, considérés comme le seuil à ne pas franchir. Pour atteindre cet objectif, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 70 % d’ici 2050. Vaste programme !

Le rapport du GIEC précise que la concentration de GES dans l’atmosphère atteint actuellement les niveaux les plus élevés depuis 800 000 ans. L’année 2014 a été l’année la plus chaude mesurée depuis 1880 (13,8° de moyenne pour la France, soit 1,2° de plus que la normale).

Il y a donc urgence à agir. Bien entendu, personne ne doute de la sagesse des dirigeants et de notre volonté à nous de modifier notre façon de vivre. Et sinon ? Sinon, on peut s’attendre à quelques modifications de notre train-train quotidien, par exemple :

-      Elévation du niveau des océans (de 26 à 82 cm attendus d’ici 2100), et recul des côtes, amplifié par des facteurs liés à l’urbanisation,

-      Banalisation des canicules, ce qui fera de celle de 2003 un épiphénomène et carence d’eau dans les zones plus vulnérables, avec des risques forts de guerre de l’eau,

-      Augmentation des incendies de forêts par l’action conjuguée de l’assèchement du milieu forestier et de l’augmentation des coups de foudre,

-      Records de pluies avec des inondations exceptionnelles,                               

-      Raréfaction de certains produits de la mer à cause du réchauffement des océans, etc.

Combien même les pays du Nord parviendraient-ils à réduire leurs émissions de GES, elles sont largement compensées par celles des pays émergents.

Tout a été dit, la planète atteint sous nos yeux des points de rupture à partir desquels le réchauffement peut devenir hors de contrôle. Le sommet de Paris aura lieu dans 9 mois, juste le temps « d’accoucher » d’un plan d’action rigoureux et contraignant, faute de quoi nos petits enfants… pourraient avoir de gros soucis !

En somme ce sont les cinq dernières minutes…

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