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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 08:27

Bernard Boullard, né en 1927, est fils de paysans, et a toujours été fasciné par la nature. Il a commencé sa carrière comme instituteur de campagne dans le Calvados, puis a ensuite gravi les échelons universitaires, à Caen puis à Rouen, jusqu'au grade de professeur de biologie végétale. Pendant 40 ans il a donné des cours et des conférences, guidé des excursions et publié une bonne vingtaine d’ouvrages scientifiques, tout ceci lui conférant une notoriété nationale et internationale. Il est, entre autres, membre de l'Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen et de l'Académie d’Agriculture de France. Il est aussi Commandeur dans l’ordre des palmes académiques et officier dans l’Ordre national du mérite.

Et voilà que la revue anglaise "The New Phytologist" vient de publier un article  sur les associations de champignons des couches fossilifères de la commune de Rhynie, en Ecosse. Cette découverte demande quelques explications que le professeur Boullard nous livre volontiers, en langage courant :

« Hormis quelques végétaux dont le « célibat » s’explique pour des raisons biochimiques, on peut affirmer que 95 % des plantes croissant actuellement sur notre planète contractent une « union » intime avec des champignons. Il ne s’agit pas là d’une galanterie, mais d’une absolue nécessité pour permettre le développement normal de la plante considérée. Ce phénomène de vie « ensemble » (on dit de symbiose) est particulièrement bien connu chez les Orchidées, les Bruyères, les ligneux de nos forêts… pour ne citer qu’eux ! C’est à l’étude de telles associations que nous avons consacré plusieurs décennies de notre carrière universitaire. En 2011, des chercheurs français et anglais ont uni leurs efforts pour reprendre l’étude de fossiles végétaux encore plus anciens du site de Rhynie, datant d’environ 400 millions d’années. Le succès étant au rendez-vous, les six chercheurs associés viennent de publier en 2014, une note relative aux associations de champignons et ils ont du attribuer un nom aux deux nouvelles espèces qu’ils ont observées. »

A l’une de ces deux nouveautés, ils ont donné le nom de Palaeomyces boullardii et s’en expliquent en ces termes : le nom spécifique (boullardii) honore le professeur Boullard qui fut parmi les pionniers dans l’étude des champignons associés à des plantes de Rhynie. Voilà une belle reconnaissance de la qualité scientifique de notre savant botaniste rouennais, d’autant que ce sera la troisième espèce de champignon à porter son nom ! Ajoutons que ce passage à la postérité est aussi un témoignage de l’engagement pédagogique du professeur Boullard et de sa très aimable bienveillance à l’égard de ceux qui ont la chance de l’approcher.

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 08:16

Selon le rapport annuel des Nations Unies sur le bonheur, le Danemark conserve sa première place mondiale ! Il en est ainsi depuis plus de 30 ans et nous l’évoquions déjà en 2009 : Alors heureux ?ni Ce petit pays de 5,5 millions d’habitants nargue ainsi les « grands » pays comme le nôtre. Mais quel est donc le secret de ce bonheur, puisqu’enfin, n’est-ce pas là l’objectif prioritaire pour un état que d’apporter la joie de vivre à ses habitants.

Il y a bien des raisons à cet état d’esprit, mais certaines devraient nous inspirer, en observant le comportement des Danois comme on ferait une séance de relaxation. Une des raisons les plus importantes est que, bien que le Danemark soit le pays qui paie le plus d’impôts au monde (60 % d’impôts sur le revenu et TVA à 25 %), les Danois sont contents d’en payer autant. Ils sont fous ces Danois ? Mais non, ils sont contents de payer des impôts et de bénéficier en retour d’un système social généreux et équitable, d’autant plus qu’il existe en ce pays une belle égalité des chances. D’ailleurs l’école prépare les Danois en ce sens en leur enseignant l’estime de soi, ce qui peut expliquer le sens de l’autonomie chez les jeunes qui quittent la maison parentale entre 18 et 24 ans, aidés pour cela par une bourse de 760 € mensuels versée à chaque étudiant, sans condition de ressource.

Cela crée un climat de confiance entre les gens dans un pays qui a horreur de la corruption et où les gens se sentent en sécurité, sachant qu’ils seront pris en charge s’il leur arrive de grosses difficultés. Il en résulte une atmosphère détendue qui permet à des personnes de conditions bien différentes de se retrouver dans des clubs ou associations sans complexes. D’autant plus que les Danois disposent de beaucoup de temps libre, en travaillant en moyenne 33 heures hebdomadaires, ce qui permet de concilier emploi et prise en charge des enfants après l’école, par exemple, dans le contexte d’une égalité hommes-femmes. Et les 35 heures, alors ? Trop forts les Danois !

Il y a aussi une explication très importante à ce sentiment de bonheur. Les Danois, conscients d’habiter un petit pays d’influence restreinte, sont des gens modestes. Pas d’arrogance, pas de leçon à donner aux autres. Juste se contenter de ce que l’on a, et en profiter au mieux avec un souci de répartition ! L’argent n’est pas un objectif dans la vie. Le but n’est pas d’être riche, mais de se réaliser le mieux possible.

Mais rien n’étant parfait les Danois ont placé en tête aux élections européennes le Parti du peuple danois, le DF, parti d’extrême droite… Certains prétendent que ce serait par souci de préserver la souveraineté nationale et même que le DF serait devenu un parti « radical-démocrate alternatif »… Quelle confusion !

 

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 09:12

Chacun connaît ce slogan « Fumer tue », d’un cynisme absolu puisque le tabac est vendu avec 80 % de taxes au « bénéfice » de l’Etat qui dépense largement plus en frais médicaux résultant du tabagisme… Dans le même esprit, peut être faudrait-il mettre à l’ordre du jour le slogan « Respirer tue » !...

L’approche de cette question est, bien sûr, très polémique entre chercheurs, lobbyistes et politiques qui défendent chacun leur vérité. Pourtant, c’est l’Organisation Mondiale de la Santé qui l’affirme, la pollution de l’air tue davantage que le tabac, rien que 3,7 millions de personnes sur la planète en 2012 ! L’OMS ajoute même, dans son communiqué de mars 2014, que la mauvaise qualité de l’air est désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde, avec des chiffres qui ont quasiment doublé en une dizaine d’années.

Si l’Asie est de loin la zone la plus touchée, l’Europe est également concernée selon l’Agence Européenne de l’Environnement, avec notamment Luxembourg, Autriche, Allemagne, Belgique, Irlande et France qui sont les mauvais élèves, dépassant souvent les seuils d’oxyde d’azote (NOx) dont le transport routier est responsable à 40 %, selon l’EEA. C’est pourquoi, 200 villes européennes ont décidé de restreindre leur accès aux véhicules polluants en instituant des LEZ (Zones à faibles émissions) interdites aux véhicules les plus polluants, comme à Berlin (88 km2), Londres (1 600 km2), mais pas à Paris, la France n’ayant pas opté pour ce dispositif.

Mais consolons-nous… il y a bien pire que l’Europe ! Ainsi, à Sao Paulo, au Brésil, la mégapole de 11 millions d’habitants, 30 millions avec l’agglomération, voit son parc automobile augmenter de 500 véhicules par jour, 700 000 véhicules circulant en permanence, et tuant, accessoirement, 15 000 personnes en 2011… A Xingtai, la ville la plus polluée de Chine… on ne voit plus le ciel. Le niveau de particules fines PM 2,5 est souvent au-dessus de 300µg/m3 d’air, la norme OMS étant de 25. Quant à prendre des mesures drastiques, il n’en est pas question pour l’instant, cela porterait un coup à l’emploi local…

En France, on enregistre des progrès dans la mesure où les pollutions aiguës sont globalement moindres, mais elles ont été remplacées par une pollution chronique, ce qui n’est guère mieux. Quant à respecter les normes européennes, c’est au-dessus de nos forces, on préfère payer les sanctions financières à la Cour de justice de l’Union Européenne. Malgré ces aspects révoltants, ne désespérons pas, ici ou là les opinions publiques commencent à réagir, y compris là où l’on ne s’y attend pas : ainsi en Iran, un des pays où l’air est le plus vicié selon l’OMS, de plus en plus d’habitants participent à des manifestations contre la pollution de l’air !

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 17:30

Après le « séisme » des élections européennes, j’ai mal à mon Europe ! Comment réagir à cette évolution en profondeur de notre société et de notre démocratie ? Avant toute chose faisons le point et essayons de comprendre ce qui se passe. Il y a bien une responsabilité collective à cette montée du populisme européen dans des proportions assez inquiétantes, même si les conséquences en seront limitées pour l’instant en termes de décisions. On peut envisager quatre faisceaux de causes, notamment en France :

1 - Les Politiques ont été assez nuls sur l'Europe, en s’attachant surtout à des considérations nationales, sans aborder les vrais enjeux européens.

2 - Les médias n'ont pas fait leur travail d'information, en restant toujours à la surface des choses et sur le petit évènementiel.

3 - Des lacunes anciennes trouvent là leur conséquence : malgré les évolutions, l'instruction civique, citoyenne, reste insuffisante à l’école puisque l’on peut constater que des étudiants ignorent à peu près tout du fonctionnement de nos institutions.

4 - Nous devons aussi nous interroger sur nos comportements, nous les Français, schizophrènes et monarchistes…

          Sans doute les partis de la droite populiste vont-ils, à leur tour, décevoir leurs électeurs, puisqu’ils n’auront que la possibilité de nuire, mais sans vraiment décider de nouvelles orientations. Dans ce contexte morose, il y aussi une bonne nouvelle, une partie du peuple se réveille, y compris les jeunes, et ceux qui sont prêts à refaire le monde sont déjà à l’œuvre. En effet, dans notre société contemporaine la politique devrait d’abord s’assurer du bien être des citoyens. L’Europe semble à l’écart de ces préoccupations, ce qui l’affaiblit considérablement aux yeux du public. Pourtant, les enjeux de l’Union visent à une transition vers des sociétés du bien vivre, plaçant au cœur du projet politique la qualité des rapports entre les humains et entre eux et la nature. C’est donc une société plus conviviale, une économie plus solidaire qui s’élaborent doucement, trop doucement sans doute pour être bien perçues par tous. Il est temps de corriger la trajectoire européenne, avec plus de démocratie, et certains s’y emploient activement, pour redonner à l’argent et au pouvoir leur statut de moyens et non pas de fin en soi. C’est en tous cas ce que préconisent un certain nombre de mouvements sociaux, à travers l’Europe, pour réinventer de nouvelles manières de consommer, se déplacer ou travailler.

Dès lors, Il est temps que nous nous prenions vraiment en charge. Le « Moi, président de la République, je… » doit être remplacé au plus vite par un « Nous citoyens européens, nous… » pour engager les réformes en profondeur qui s’imposent. Beaucoup a déjà été écrit sur ce blog depuis sept ans en matière de gouvernance, récapitulons :

Nous citoyens européens, nous engagerons sans tarder, avec une concertation ouverte sur un temps limité, la refonte de l’organisation politique et administrative de la France.

Il devient impératif, à défaut de supprimer purement et simplement des collectivités, de les regrouper en quatre pôles aux niveaux local, régional, national et européen en appliquant le principe de subsidiarité(allouer la responsabilité publique à la plus petite entité capable de résoudre le problème).

D’abord, nous réduirons le rôle de l’Etat aux missions régaliennes dans un contexte de gouvernement européen. Les autres missions doivent être transférées aux Régions. Une dizaine devrait suffire amplement, sous contrôle de l’Assemblée nationale. Les Départements deviennent des subdivisions des Régions et l’ensemble est géré par les conseillers régionaux. Au sein des Départements, le territoire est structuré en Communautés de communes, élargies, afin de donner de la cohérence aux actions liées à l’utilisation de l’espace notamment. Dès lors les Pays et les Parcs naturels régionaux, territoires d’expérimentation, n’ont plus lieu d’être puisque leurs politiques innovantes sont désormais appliquées sur tout le territoire régional. Tous les syndicats intercommunaux disparaissent et leurs missions sont reprises par les Communautés ou les Départements, en fonction de la cohérence territoriale. Les grandes communautés urbaines deviennent Métropoles. Les Communes sont conservées, en tant que micro-territoires de proximité, assurant les missions d’animation locale et de citoyenneté rapprochée.

Nous citoyens européens, nous instituerons le non-cumul des mandats et l’appliquerons immédiatement.

La réforme des collectivités territoriales devra être accompagnée d’une relance démocratique pour régler la question du cumul des mandats, appliquer la parité, rajeunir la classe politique, et préciser le statut de l’élu, notamment lorsqu’il n’est pas issu de la fonction publique.

Pour ce faire, nous appliquerons la solution du « 11 », un et un, soit un seul mandat à la fois, renouvelable une seule fois. Ce principe simple aura la vertu de répartir les pouvoirs de décision sur un nombre de personnes beaucoup plus grand, donc de permettre une expression réellement démocratique. La mise en œuvre du 11 constituera une révolution démocratique qui nécessitera des innovations, en particulier inventer un temps civique pour que chacun puisse participer à la vie démocratique de la société s’il le souhaite, sans pénalité économique.

 

Nous citoyens européens, nous instituerons une nouvelle gouvernance au niveau central français.

 

Le gouvernement de la France comportera quatre ministres : Environnement, Social, Economie et Gouvernance. Chacun de ces quatre ministres, deux hommes et deux femmes, désigneront à leur tour les quatre ministres-adjoints de chacun de leurs ministères. Le gouvernement de 20 membres sera ainsi au complet. Il restera à chaque ministre-adjoint à mettre en place un Conseil de la république, pour chacune de ses attributions. Cette nouvelle donne a pour objet de mettre le ministre en contact direct et permanent avec la société civile, de façon à ce que les décisions gouvernementales soient prises au plus près des préoccupations des Français.

 

Nous citoyens européens, nous ferons évoluer le fonctionnement de l’Europe.

 

Le système vertical ne fonctionne plus et doit laisser place progressivement à une approche plus horizontale, avec des comités de citoyens  organisés en relation avec des élus qui auront mission de prendre des décisions répondant à l’intérêt collectif. Il faut surtout que les politiques soient réajustées et les lobbies « recadrés », mais aussi  que les citoyens soient pleinement responsables en plaçant le sens du collectif au-dessus des intérêts individuels.

C’est à l’Europe que reviendra une part importante de la réglementation communautaire : la monnaie, la défense, la politique étrangère. Le Gouvernement de l’Europe sera constitué des présidents des divers états européens. 

 

Nous citoyens européens, nous assurerons une meilleure formation civique aux jeunes et une intégration plus forte des problématiques environnementales dans les cursus de formation.

 

Nous créons un service civil pour tous les jeunes européens. Ce service sera accompli sur quelques semaines pour que ce temps citoyen permette de constituer une force d’intervention disponible lors des catastrophes naturelles en Europe d’abord et sur tout théâtre planétaire où l’urgence le demande. Ce service pour tous les jeunes, garçons et filles, sans aucune dispense, permettra aussi de retisser des liens dans une société qui perd le sens du collectif.

Par ailleurs, des mesures seront prises pour que l’éducation à la nature trouve sa place dans tous les cursus de formation. Si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/ environnement/ développement soutenable le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/ comportement individuel/ gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature.

 

Nous citoyens européens, nous ferons évoluer les conceptions économiques.

 

L’économie, c’est l’administration de la maison ; l’écologie, c’est l’étude des êtres vivants dans leur milieu, y compris les Hommes. Notre préoccupation sera d’abord l’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, on « administrera la maison ».

Nous envisagerons une autre finalité de l’emploi, non plus la compétitivité ou le profit, mais le bien être et la satisfaction que cela apporte. Les entreprises seront contraintes de revoir leurs objectifs, non pas seulement pour « maintenir l’emploi », mais aussi pour élaborer des produits et services dont on a vraiment besoin, qui ne compromettent ni la santé ni l’environnement, en prenant en compte les coûts environnementaux réels. Nous devrons passer de l’économie de « l’avoir plus » à celle de « l’être mieux ».

Le modèle linéaire actuel produire-consommer-jeter a atteint ses limites. L’économie circulaire inversera le raisonnement actuel en passant d’une logique de gestion des déchets à une logique de gestion des ressources.

L’Europe devra faire cette révolution : s’occuper de la biodiversité, du climat, de l’énergie, de l’économie en gardant l’Humain comme priorité absolue. En premier lieu, nous organiserons un débat européen sur la principale politique de l’Union, celle de l’agriculture. Que sommes-nous prêts à accepter, ou pas, en matière de pratiques agricoles et qui rémunère les agriculteurs, les contribuables (par la PAC) ou les consommateurs, au prix réel ?

 

Tout cela restera une utopie, sauf si Nous citoyens européens, nous le voulons vraiment !

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 08:21

Pour oublier un peu les déboires d’une récente élection dans le village, ils avaient décidé d’organiser une fête des voisins et amis. Ils étaient tous là, Serge et Nadine, Christiane, Jacques, Geneviève, Stéphane, Sylvie, Pascal, Agnès, Edmond, Liliane, Christian et bien d’autres encore. Nicole était là aussi, arrivée un peu tardivement et péniblement, mais présente et visiblement ravie de retrouver toutes ces personnes qu’elle n’avait pas revues depuis un bon moment pour certaines.

Comme le veut cette tradition de la fête des voisins, chacun avait apporté son repas et un peu plus pour les autres convives, les voisins justement. Et on trinquait, et on plaisantait, et on riait. Une bonne ambiance, d’autant plus que les organisateurs avaient choisi un endroit insolite : la stabulation d’une ferme, mais sans les vaches tout de même ! Dans cet endroit, on pouvait s’en donner à cœur joie, avec la musique à tue-tête et des rigolades à n’en plus finir.

Passé minuit, Nicole se hasarda à quelques pas de madison, avec un succès très limité… mais elle pouvait prétendre qu’elle avait dansé, depuis si longtemps… A ce moment tout de même, elle se sentit fatiguée et fit signe à son mari que c’était l’heure de rentrer à la maison. Elle se leva pour dire au revoir aux amis qu’elle connaissait le mieux. Il y eut alors des sourires, des bisous, des encouragements, des propositions de se revoir, de faire ensemble des activités, de continuer à redresser le bateau ! Ce fut comme une vague, une déferlante peut être même, d’amour. Un amour pudique, celui qui caractérise la grandeur d’âme des Humains quand ils se comportent vraiment en Humains.

Nicole repartit donc vers la maison avec son cancer qui ne la quittait pas depuis des années… Mieux que la chimiothérapie, mieux que la radiothérapie, mieux que l’hormonothérapie, cette soirée lui fit le plus grand bien et elle sentit dans sa tête comme une brise légère avant de s’endormir dans les nuages.

Il se trouve que ce jour-là, c’était aussi l’anniversaire de son mari. Il eut le plus beau cadeau !

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 08:44

A bien y regarder, le monde actuel nous offre peu d’occasions d’être optimiste sur l’avenir. Ceci est d’autant plus vrai si l’on s’attache aux problématiques écologiques, environnementales et sociétales, comme nous le faisons sur ce blog. On pourrait résumer la situation en sauvons la forêt, sauvons l’eau, sauvons l’air, sauvons la planète, etc. Ou bien sauvons nous !

L’actualité, plus ou moins déformée par les médias, nous invite à penser bien souvent que c’est comme la fin du monde qui se profile à l’horizon, comme le prophétisent nombre de penseurs. Peut être, les scientifiques n’ont-ils pas su convaincre de l’urgence, en matière de climat notamment. Sans doute les politiques n’ont-ils pas compris quelle est la hiérarchie des questions. C’est vrai que bien des raisons objectives invitent à cette désespérance. Mais il y a aussi des signes encourageants que nous avons évoqués parfois, comme récemment avec la Génération espoir.

Nous voulons croire en effet, qu’il ne s’agit pas de la fin du monde, tout au plus de la fin d’UN monde. Plus encore, nous voulons croire qu’il s’agit du début d’un nouveau monde. Cette réflexion, nous la portons depuis plus de quarante ans, littéralement fasciné que nous sommes par la relation entre l’homme et la nature. Sans relâche, nous avons essayé de comprendre pourquoi cette relation est aussi souvent antagoniste, conflictuelle, pour en arriver à la ligne de rupture devant laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Nous avons nourri cette réflexion d’innombrables lectures sur le sujet, pendant des décennies pour réunir tous les éléments qui nous permettraient de comprendre cette relation difficile, de la transcender afin de pouvoir en proposer une synthèse sur laquelle s’appuyer pour reconstruire une relation durable entre les hommes et la nature. Nous comprenons la désespérance de certains devant cette débâcle, mais c’est une chance à saisir pour les plus jeunes. Le monde, après avoir été défait, doit être refait !

Nous n’avons pas la prétention de refaire le monde à nous seul, ni même donner des leçons à ceux qui voudraient s’y lancer. Seulement ouvrir des pistes, des voies pour porter un message d’espoir, auprès du grand public et notamment des jeunes. Le monde est en panne, en panne de sens ! Avec tsunamis, ouragans, crise du pétrole et terrorisme, le 20ème siècle s’est achevé dans le désenchantement. Maintenant commence un nouveau monde, différent du précédent, dans lequel tout est à reconstruire. Pour les anciens, tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à écouter les prévisions dès les années 1970. Pour les jeunes, c’est une chance, un challenge immense que de ... refaire le monde !

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 08:52

Eh oui, le temps passe et vite encore. Quelle banalité. Il est des moments où les déboires ou maladies, d’amis chers ou de parents, nous rappellent cette évidence et suscitent la réflexion sur le temps qui s’écoule inexorablement. Ainsi avons-nous échangé quelques courriers avec Lucie et Gérard, voici le plus récent :

Merci donc Lucie et Gérard de votre lettre qui n’avait pour but que de nous dire que vous pensiez à nous. Merci beaucoup de cette délicate attention. Certes, « à la miaou, il y a de la joie pour les matous », mais nous avons bien senti dans ce courrier comme un rien de nostalgie, de fatigue, d’ennui… Mais comment ne pas éprouver ces sentiments quand vient l’âge, voire le grand âge et que l’un de nous ne « pète plus le feu », qu’il faut composer avec la fatigue, l’inaction, l’embrouille des neurones qui se mélangent un peu les pinceaux, sans compter la douleur que l’on ne peut pas partager ni soulager. Ainsi va la vie, moment éphémère dans un univers dont on ne voit ni les limites physiques, ni les limites temporelles. Ah bien sûr, ceux qui « croient » sont rassurés puisque c’est le paradis qui les attend (naïfs qu’ils sont !) ou 70 vierges pour leur plaisir (mais quel boulot !), selon les croyances… Mais nous, qui n’avons pas besoin de cet anti-dépresseur, savons que cette vie éphémère aura bien servi pour prendre plaisir « aux choses de la vie » et aussi pour apporter ce que l’on pouvait « aux autres », à nos enfants, notre famille, notre clan, notre tribu, nos « confrères » Terriens, ceux qui ne savent ni d’où ils viennent, ni où ils vont mais qui transmettent pour la suite, pour ceux qui viendront après.

Alors oui, il y a des moments de « vague à l’âme » que l’on peut comprendre, mais il reste de beaux jours encore, ensoleillés, fleuris, embaumés, et pourquoi pas… amoureux !

Même à un rythme plus lent, en sélectionnant les bons moments et laissant de côté les mauvais, il y a encore tant à faire, à goûter, à apprécier, à aimer.

Merci Lucie et Gérard de votre belle lettre qui nous permet, à nous aussi, de méditer sur le temps qui passe.

A bientôt, avec toute notre affection.

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 08:00

VERS QUOI ?

 

Le réchauffement de la planète est donc avéré. Les conséquences en sont prévisibles, même s’il y a encore beaucoup d’incertitudes. On commence à savoir ce qu’il conviendrait de faire pour inverser le processus, ou au moins pour en réduire les conséquences. La situation, aussi grave qu’elle soit, n’est pas forcément désespérée, pourvu que l’on agisse fortement et rapidement.

Le GIEC a bien insisté le 13 avril 2014, lors de la publication finale de son 5ème rapport : le temps est compté ! Il faut donc agir vite et fort pour atténuer le changement climatique. Pour limiter le réchauffement à 2°, il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 70 % d’ici 2050 et les réduire à zéro d’ici 2100. Vaste programme !

C’est ainsi que les Américains, jusque là peu enclins à prendre des mesures, envisagent des décisions drastiques pour réduire les émissions, adapter les villes aux conséquences attendues et assurer la transition vers une économie propre. Le sénateur Al Gore, quant à lui, insiste sur le fait que « l’atmosphère est un égout à ciel ouvert », mais il reste optimiste tant les gens ont été frappés par la multiplication des ouragans et inondations, ce qui les amènent à soutenir le président Obama dans ses initiatives. Tout ceci suppose un peu plus de coordination entre les membres du GIEC « qui savent, mais ne décident pas » et les politiques qui « décident, mais ne savent pas », ou n’ont pas envie de savoir…

Pour ce qui est de l’Europe, la Commission vient de présenter le « paquet énergie-climat 2030 » qui envisage de réduire les émissions de GES de 40 % d’ici cette date. Cet objectif, pourtant bien indispensable, paraît ambitieux dans la mesure où les objectifs 2020 ne seront sans doute pas atteints… Lors de leur réunion du 21 mars 2014 à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernements des 28 états membres ont décidé… de reporter à octobre 2014, voire début 2015, leur décision relative aux objectifs annoncés ! On peut espérer tout de même que ces discussions constitueront une opportunité pour repenser notre modèle de développement, notamment en ce qui concerne la sacro-sainte croissance. Ce sera particulièrement vrai pour le secteur agricole, puisque l’on prévoit une perte de production de blé de 20 % d’ici 2030.

En décembre 2015, la France sera « le centre du monde » puisqu’elle accueillera à Paris la 21ème Conférence de la convention des Nations Unies sur les changements climatiques, qui devrait sceller l’accord le plus ambitieux jamais pris pour limiter le réchauffement. Il y a du chemin à parcourir, mais espérons que la croisière, au moins un instant, s’arrêtera de chanter et danser pour regarder le gros obstacle qui est devant nous.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:59

CONSEQUENCES SUR LES HOMMES AUSSI

 

Au-delà des modifications que le réchauffement climatique va engendrer pour la nature, qu’en sera-t-il pour les Hommes ? Les mêmes causes auront des effets différents selon les endroits. Ainsi en Europe la pluviométrie abondante aura tendance à générer des inondations, alors qu’en zones tropicales ou équatoriales, il faudra concevoir des systèmes d’irrigation très performants. La terre ne deviendra pas invivable pour autant, pourvu que l’on prenne les problèmes à bras le corps pour se préparer à ces changements. Toutefois il faut s’attendre, outre les inondations ou sécheresses, à des maladies, des migrations, des pénuries alimentaires ou des conflits qu’il faudrait mieux anticiper dès maintenant.

Les vagues de chaleur intense vont générer des problèmes sanitaires, d’autant plus si dans le même temps, on est en présence de malnutrition ou de contaminations de l’eau. Ceci sera surtout le fait des pays en développement, mais l’Europe n’en sera pas forcément dispensée… L’agriculture va devoir s’adapter à cette nouvelle donne, avec sans doute moins d’eau disponible et des rendements moindres. Les modifications des écosystèmes vont générer une répartition différente des espèces sauvages, notamment des poissons, ce qui sera très dommageable pour certaines populations humaines dont c’est la nourriture principale.

Des ressources plus rares, comme l’eau ou le poisson, risquent d’être à la base de conflits. Ceci d’autant plus que l’on peut prévoir des migrations, venant notamment des pays en partie submersibles, et a fortiori, d’îlots du Pacifique par exemple, qui vont tout simplement disparaître dès les prochaines décennies. Faut-il rappeler que la première chronique de ce blog, le 4 décembre 2007, évoquait précisément cette question à propos de Tuvalu. Ainsi en Inde, le flux des « déplacés climatiques » est devenu une réelle préoccupation, et plus encore au Bangladesh. Même si le réchauffement n’est pas seul en cause, en 2012, ce sont 32 millions de personnes sur la planète qui ont dû être déplacées en raison d’évènements météorologiques extrêmes, plus de 80 états étant concernés.

C’est Mohamed Nasheed, ancien président des Maldives, qui déclarait en 2010 : Pour comprendre la réalité du réchauffement, il faut avoir de l’eau dans son salon. Une façon de dire qu’il est difficile de convaincre, et encore plus d’agir ! Mais s’il est plus que temps, il est encore temps…

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 07:54

CONSEQUENCES SUR LA NATURE

 

Le réchauffement climatique, est donc avéré, ainsi que les désordres qui vont avec. Il faudra s’y faire ! Mais à quoi faut-il s’attendre ? On sait maintenant que les rapports successifs du GIEC ont souvent été « optimistes » et que les constatations s’avèrent plus aiguës que les prévisions.

Ainsi la température  a augmenté de 0,8 ° en moyenne entre 1901 et 2010. Elle pourrait augmenter encore dans la fourchette de 0,3 à 4,8° entre 2081 et 2100. Comprenons bien que cette augmentation est celle de la moyenne terrestre. Il va sans dire que celle-ci va fluctuer avec une amplitude bien plus importante, selon les saisons et selon les régions. C’est pourquoi la banquise arctique a diminué, en surface, d’un peu plus de 10 % depuis 30 ans et que les experts n’excluent pas qu’elle ait complètement disparu avant la fin du siècle. L’Antarctique est soumis à des phénomènes comparables, de même que les glaciers de montagne qui reculent de l’ordre de 11 % par décennie.

Tout cela contribue fortement à faire monter le niveau des océans. A cet égard le GIEC a revu ses prévisions de 2007 (élévation de 18 à 59 cm d’ici la fin du siècle) pour considérer que la mer pourrait monter de 26 à 82 cm d’ici 2100, en n’excluant pas que cette élévation moyenne puisse atteindre le mètre. « Accessoirement » les océans accumulent de plus en plus de carbone, ce qui les acidifie et modifie de façon significative les caractéristiques du milieu de vie, entraînant des migrations de poissons.

Ces évolutions vont générer des fluctuations climatiques qui pourraient être intenses dans certains cas, sous réserve de la difficulté de faire des prévisions précises à terme sur toute la planète. Ce qui est quasi certain, par contre, c’est l’amplification des épisodes climatiques. On a commencé à constater que certaines régions humides reçoivent de plus en plus de pluies et, inversement que les régions sèches sont de plus en plus sèches, comme en Australie ou en Californie où la sécheresse de début 2014 était la plus sévère depuis cinq siècles... Il y a donc une amplification des écarts, ce qui va faire de la ressource en eau un enjeu de première importance. Pour faire simple, on peut considérer qu’à chaque élévation moyenne d’un degré de température correspondra une réduction de la ressource en eau de 20 % ! D’où une certaine insécurité…

Ces modifications, parfois radicales, vont réduire les aires de répartition de certaines espèces végétales et animales et donc vont éroder la biodiversité, y compris pour les espèces communes et donc les services écosystémiques qu’elles nous procurent.

Et les populations ? Qu’en sera-t-il des terres submersibles par exemple ?

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