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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 08:21

UNE LONGUE HISTOIRE                

 

Voilà maintenant 26 ans, déjà, que le GIEC alerte sur les changements climatiques, avec un… relatif succès, si l’on peut dire, faute d’être vraiment écouté. C’est en 1988 que le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat a été créé par l’Organisation Météorologique Mondiale pour évaluer les informations du monde entier sur le climat. Dès 1992, lors du Sommet de la terre de Rio, le GIEC préconise de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui n’entraîne pas de perturbations dangereuses du climat.

En 2001, le GIEC en est à son troisième rapport qui apporte la preuve que le réchauffement observé depuis 50 ans est imputable à l’activité humaine. Le protocole de Kyoto vise à réduire les émissions de CO2 et entre en vigueur en 2005 : il concerne 36 pays développés et 107 en développement, mais l’efficacité du traité international est… très limitée. En 2006, Al Gore aux Etats-Unis fait le tour du monde avec son film « Une vérité qui dérange » et l’économiste Nicholas Stern assure que, faute de mesures adaptées, le réchauffement pourrait coûter 7 000 milliards de dollars à l’économie mondiale ! Les politiques, au niveau mondial, s’inquiètent et prennent conscience de l’urgence. En 2007, Nicolas Hulot parvient à faire signer son pacte écologique à tous les candidats à l’élection présidentielle en France. Beau succès médiatique, mais résultats modérés… La même année, dans son rapport, le GIEC monte d’un ton et s’inquiète de la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes. En 2009, l’échec de la conférence onusienne de Copenhague est retentissant et le discours des climato-sceptiques prend de l’ampleur.

Le 31 mars 2014, le GIEC publie son rapport le plus complet et le plus alarmiste et là plus personne ne rigole ! Le réchauffement est plus important que prévu et les risques vont être difficiles à gérer. Les conséquences sont déjà là, devant nous, dans toutes les régions du monde, elles concernent l’agriculture, les écosystèmes, l’approvisionnement en eau, et donc la santé. Il est encore possible de s’adapter et d’atténuer le réchauffement en cours, si l’on prend des mesures rapidement.

Les faits sont là : l’année 2013 a été la 6ème année la plus chaude depuis 1850. En France, janvier 2014 a été le mois le plus chaud depuis 1900. On peut donc s’attendre à ce que des mesures radicales soient prises sous peu. D’ailleurs, en France, on a déjà commencé : on va « remettre à plat l’écotaxe » !

L’obstacle est devant nous, mais nous continuons à chanter et danser… La croisière s’amuse !

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 09:24

Mais pourquoi donc travailler ? A cette question saugrenue, la plupart des gens répondent pour gagner sa vie. Mais est-ce aussi simple et évident ?

Le travail permet de cultiver la terre et produire des denrées alimentaires, de construire des habitations et leur donner tout le confort voulu, ou encore enseigner les jeunes, maintenir la bonne santé de nos concitoyens, etc. En général, le travail présente une utilité directe parce qu’il sert à quelqu’un en répondant à l’un de ses besoins. Tout cela est assez simple lorsqu’il y a du travail pour tout le monde et que chacun y trouve son compte. Lorsque la situation économique est moins stable, les choses peuvent être d’une autre nature. La priorité devient alors l’emploi, justement pour gagner sa vie. Mais que penser si le travail a cette seule justification alors que, dans certains cas, il ne sert à rien, voire il va à l’encontre des besoins réels.

Ainsi à quoi peuvent bien servir des produits « consommables » surchargés en colorants, conservateurs ou autres arômes, sinon à nuire à la santé. A quoi peuvent bien servir des véhicules « suréquipés », ce qui signifie « équipés à l’excès, plus qu’il n’est nécessaire » (pauvres publicitaires qui n’ont pas eu l’idée d’ouvrir un dictionnaire !), sinon à encombrer notre vie avec de la technologie inutile. A quoi peuvent bien servir des emballages multiples sur certains produits, sinon à remplir notre poubelle et créer des emplois de recyclage. A quoi sert la publicité pour vanter les « mérites » de tel objet qui ne sert à rien, sinon faire vendre, dans le contexte des divagations psychotiques liées à la croissance et la domination du marché. A quoi peut bien servir une raffinerie obsolète, polluant l’air, l’eau et le sol depuis des décennies, ou une centrale nucléaire devenue dangereuse, que certains s’acharnent à défendre pour « sauver l’emploi ». Etc.

Bien sûr, l’élaboration de ces produits, ou services, génère de l’emploi. Mais à quoi bon travailler pour fabriquer des produits inutiles, voire nuisibles, pour le simple fait qu’ils génèrent de l’emploi et donc « font vivre ». ? Il ne serait pas plus malin d’élaborer des produits dont on a réellement besoin, sains, non pollués ou polluants, qui apportent une réelle contribution à notre bien être ?

Facile à dire ! Quant à le faire ? Mais enfin, qui va un jour poser ces questions ? Comment sortir de cette situation absurde de dichotomie dominants/dominés, riches/pauvres, pollueurs/payeurs, etc. Puissions-nous un jour devenir des Hommes, des vrais, qui auraient le sens inné du partage, de l’équité, de la fraternité ? Qui posera ces questions, des politiques, syndicalistes, associatifs, pour repenser la notion de travail, son utilité et sa place dans la recherche de la plénitude de chacun ? Brrr… je m’ébroue et me dis que je fais de drôles de rêves en ce moment. C’est à se demander d’ailleurs si ce sont des rêves ou des cauchemars…

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 14:42

Tout se perd, surtout avec les jeunes qui sont très individualistes, ne veulent plus travailler et se foutent de tout… Et si c’était le contraire ? A chaque génération, la jeunesse est souvent perçue en opposition et inapte à assurer le relais de ceux qui précèdent. Mais dans une génération, comme dans tout groupe humain, une partie des individus ne comprend pas grand-chose au contexte, une autre partie est « au-dessus de la mêlée » et la grande majorité est constituée de « ventres mous » qui essaient de suivre comme ils peuvent, ceci étant une loi sociologique non écrite, mais souvent vérifiée…

Il est vrai que les récentes élections municipales ont mis en évidence un certain mépris de la société par une abstention très forte chez les jeunes. La récente enquête « Génération quoi ? », organisée par France Télévisions, Le Monde et Europe 1, éclaire le débat à cet égard : les jeunes de 18-34 ans ont répondu à 70 % qu’ils se sentent rejetés par la société française et que 61 % sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur, sachant que pour un jeune sur deux, ce sont les générations précédentes qui sont responsables de leurs difficultés.

N’y aurait-il pas dans tout cela un énorme malentendu ? En effet, les jeunes se revendiquent altruistes et militants, notamment à travers les réseaux sociaux, alors que les politiques ne leur demandent jamais leur avis… Ces enfants de la mondialisation cernent mal cet ennemi lointain et insaisissable qu’est la finance. Mais pour autant cette défiance vis-à-vis de la société ne réduit pas leur désir d’engagement. Ainsi, à y regarder de plus près, l’abstention record au 1er tour des élections municipales a été de 40 % globalement, mais de 72 % pour les jeunes sans diplômes ! Et de 31,5 % pour les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, soit 40 points d’écart entre les deux catégories.

A force de se complaire dans notre petit microcosme hexagonal, le « projet » de la France est devenu totalement inaudible. Les uns sont donc prêts à la révolte, tandis que d’autres ont d’ores et déjà entrepris de reconstruire cette société qui refuse le monde tel qu’il est. C’est ainsi que se développent les pratiques collaboratives, que ce soit pour le partage de biens : vélib, autolib, co-voiturage, habitat coopératif, achats d’occasion plutôt que du neuf, vente de produits de proximité, partage de connaissances, etc. Chacun devient davantage acteur de sa vie et participe aux décisions collectives, dans une économie circulaire et solidaire où l’usage prime sur la consommation. Bien sûr que ce ne sera pas facile, et même peut être utopique, mais n’y a-t-il pas là une reprise en main de son propre avenir qui lève un immense espoir à l’horizon de la jeunesse d’aujourd’hui ?

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 08:22

Ce fut un congrès très curieux. En effet, cette grande conférence internationale de 2072 réunissait, pour la première fois, différentes espèces d’Hominidés. La date n’avait pas été choisie au hasard, c’était le centenaire de la conférence de Stockholm, la première conférence qui plaçait les questions environnementales au rang des préoccupations internationales, afin de faire le point sur l’état de dégradation de la planète, notre milieu de vie. Cette fois-ci, participaient donc, en plus des habitués de ce genre de manifestation, quelques Bonobos, Chimpanzés et autres Orang-outang ou Gorilles.

Depuis le début du 21ème siècle, les neurosciences avaient fait des progrès considérables et on avait pu mettre au point un « décodeur de neurones » pour interpréter la pensée de différents cerveaux de façon compréhensible, y compris par une autre espèce d’Hominidé. Un dispositif permettait alors, par exemple à un Chimpanzé de s’exprimer de façon sommaire, avec un langage quasiment humain, ou dans les cas plus complexes de projeter sa pensée sur un écran numérique. Ce dispositif fonctionnait dans un sens ou l’autre, traduit dans la langue souhaitée par les Humains.

Au cours de ce congrès donc, les Humains firent état d’un certain nombre de dégradations importantes de l’environnement, qui n’avaient fait qu’empirer depuis un siècle, malgré toutes les avancées ici ou là. Puis un Bonobo s’exprima, par l’intermédiaire du « décodeur de neurones » et livra son sentiment : Vous les Humains, vous connaissez des problèmes depuis que vous avez quitté vos forêts primitives. Vous avez commencé par vous vêtir, puis vous installer dans des demeures fixes, et très vite vous vous êtes pris pour les rois de la Terre, oubliant vos origines animales et votre dépendance obligée à la nature. Par tribus, puis par pays vous avez souhaité avoir plus que les autres, ce qui n’a pas manqué de vous créer quelques soucis… Ceci jusqu’à aujourd’hui où vous vous sentez bien démunis.

Un Humain pris la parole pour reconnaître le bien fondé de ce qui venait d’être « dit », et pour annoncer que dorénavant nous allions connaître une révolution planétaire quant à la place de l’humanité puisque nous avons enfin pris conscience, par la force des choses, des vrais enjeux et allons chercher à y remédier, tous les Hominidés ensemble.

Aujourd’hui, en 2137, la population humaine a bien régressé. Après avoir frisé les 10 milliards d’individus, voilà que suite aux modifications climatiques, à la dégradation de la biodiversité, à de graves accidents nucléaires et à quelques pandémies, le nombre d’Humains sur la planète n’atteint guère qu’un petit milliard. Pendant ce temps, les autres espèces d’Hominidés, plus adaptables, ont proliféré. En somme c’est la planète des singes

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 08:20

Bon sang, mais c’est bien sûr. Et si on partageait l’emploi. Le chômage n’en finit pas d’augmenter. A chaque publication de statistiques, tout le monde espère une « inversion de la courbe »…, mais celle-ci est toujours ascendante. Que faire ? Mais que faire quand « on a tout essayé » ? Quelles que soient les bonnes ou mauvaises raisons de cet état de fait : la croissance trop faible, le manque de compétitivité, les charges trop lourdes et autres élucubrations, il faudra bien trouver une issue un jour.

Mais vous avez entendu ce silence assourdissant. Ce silence de tous les politiques, ce silence de tous les syndicalistes, ce silence de tous les gens de gauche, ce silence de tous les bien-pensants toujours prêts à faire l’obole. Mais quel silence !

Et si on partageait l’emploi ! Il y a moins de travail, partageons le travail. Diminuons le temps de travail pour maintenir le nombre d’emplois. Bien sûr, s’il y a moins de travail, il y a moins de salaire. On répartit le travail et on répartit les salaires. Certes, on limite alors le pouvoir d’achat, on précarise la société, on appauvrit tout le monde… C’est un choix à faire entre le partage et la situation actuelle : moins de travail, on licencie ; les uns au boulot, les autres au chômage ; les uns restent à l’aise, les autres dans la mouise ; les riches et les pauvres…

Et si on partageait, bien sûr c’est une loi générale qui s’applique aussi aux cadres de l’entreprise, a fortiori aux dirigeants. On a sans cesse remis sur le tapis « les 35 heures » comme si cette mesure expliquait tout, ou presque. Mais les 35 heures, c’était une excellente idée qui allait dans le sens du partage. Passer de 39 heures à 35 heures permettait de partager le travail. L’erreur, la grosse erreur, ce n’est pas cette réduction d’horaires, mais son application démagogique, en faisant croire qu’en travaillant moins, on gagnait autant. Il fallait réduire le temps de travail ET les salaires. Le partage c’est pour tous et c’est maintenant ! Entreprise par entreprise d’abord, là où il y a des difficultés. Mais très vite, il faut élargir à l’ensemble du monde du travail, y compris aux catégories qui ont le privilège d’un emploi garanti, aux parlementaires, aux retraités. « Tous ensemble, tous ensemble » ! Oh, bien sûr, une idée aussi saugrenue n’est pas très porteuse politiquement. Mais c’est quoi la gauche ?

Mais qui donc va oser sortir de ce silence assourdissant pour nous rappeler que la gauche, c’est d’abord le partage.

Ah, j’entends déjà un murmure, c’est un espoir. Le murmure enfle, il devient un brouhaha, il enfle encore, c’est un tumulte ! Ouais, on va y arriver ! Ah non, pas toute de suite : ce mec est fou, pendez-le !

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:05

Le parlement, le 23 janvier 2014, a interdit les pesticides dans les espaces verts publics et les jardins particuliers. Mais l’application n’interviendra qu’en 2020 et 2022 et fort heureusement ils resteront autorisés en agriculture, sous le nom de « produits phytosanitaires ». Les « phytos » représentent un marché important en France, environ 110 000 tonnes par an, dont 100 000 tonnes pour l’agriculture, soit un chiffre d’affaires de 6 milliards € pour l’Europe, la France étant le premier utilisateur. La vigne, qui occupe un peu moins de 4 % de la surface agricole utile, consomme 20 à 30 % des pesticides. Bien que la sophistication poussée des substances actives fasse craindre une diminution des doses, les tonnages utilisés continuent d’augmenter. Nous sommes face à une industrie florissante, élément déterminant pour la compétitivité de la France et donc facteur de croissance. 

Bien sûr, les « phytos » ont une incidence sur la santé des utilisateurs, ou des consommateurs de produits traités. L’étude épidémiologique de la Mutualité Sociale Agricole révèle que certains agriculteurs « bénéficient » d’un cancer de la prostate, ou des poumons, on d’une maladie de Parkinson. Mais il faut positiver et voir tout cela comme un élément dynamisant pour le secteur médical, surtout les laboratoires pharmaceutiques. Les viticulteurs sont tout particulièrement concernés par des troubles de la reproduction ou des malformations congénitales qui n’ont pas encore trouvé de solutions thérapeutiques. C’est un fort encouragement à la recherche médicale, qu’elle soit publique ou privée. Tout ceci est bon pour l’économie, sans compter que la mortalité s’en trouve augmentée et que les prévisions de croissance du secteur funéraire se situent aux alentours de 2 % pour atteindre 2 milliards €/an, un marché promis à un bel avenir !

C’est une sage décision que de retarder les décisions autoritaires sur l’usage des « phytos ». Il ne faut pas entraver le développement de secteurs aussi importants que ceux là. On peut donc comprendre que plusieurs dizaines de produits soient maintenus sur le marché malgré un avis défavorable de l’ANSES. Après tout, ces produits servent à protéger les récoltes, par exemple les insecticides éradiquent les insectes vecteurs de maladies ou de dégâts comme les cicadelles, il est donc bien normal qu’un viticulteur « résistant », parce que soit disant « bio », connaisse quelques démêlés avec la justice ! 

Mais que dites-vous, je vous entends mal. Vous êtes agriculteur en mode intensif et vous avez un cancer du poumon. Vous êtes en chimio et ne pouvez plus travailler. Votre fils n’est pas disposé à reprendre l’exploitation et votre fille est stérile. Tout çà est bien embêtant effectivement, mais on ne peut tout de même pas sacrifier l’intérêt collectif à des intérêts personnels ! Allons voyons, pensez à la croissance tout de même !


Et pour en sortir, n’oubliez pas la publication d’une centaine de chroniques  2010-2012, pour esquisser des propositions d’action : LEROND, Michel.- C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- Paris : l’Harmattan, 2013.- 156 p.

Editions l’Harmattan http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=result&ntable=0&andor=OR&artiste=michel%20lerond&motExact=0&orderby=titre&ordermode=ASC et dans toutes les bonnes librairies.

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 08:33

« L’envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète » en appelle aux autorités religieuses devant l’inertie des dirigeants politiques. Celui-ci craint, en effet, que les négociations sur le climat devant se tenir à Paris en 2015, n’échouent. Voilà bien une information surprenante !…

Mais qui est donc cet envoyé spécial ? Nicolas Hulot, le président de la Fondation pour la Nature et l’Homme. Cet envoyé spécial a été nommé par François Hollande fin 2013 afin de mobiliser la communauté internationale sur la crise écologique et promouvoir les valeurs de la France en matière de protection de la planète, la mission étant bénévole. Cette mission prend un sens particulier dans la perspective de 2015, année où la France doit accueillir la 21ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur le Changement climatique.

De retour de la conférence de Varsovie sur le climat, un échec, Nicolas Hulot se rendait au Vatican fin 2013 où il a évoqué avec la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège les questions d’environnement, et notamment la perspective de la conférence sur le changement climatique.

En amont de cette rencontre, Nicolas Hulot avait déclaré à L'Osservatore Romano, que La crise climatique conditionne tous les enjeux de solidarité humaine auxquels l’Eglise est très attachée. Les Eglises, et l’Eglise catholique en particulier, peuvent nous aider à démontrer la dimension humaniste par excellence de cette cause. Je souhaite par mes rencontres appeler l’attention du Saint-Siège sur la nécessité urgente d’un acte symbolique qui porte ces écrits à la connaissance des chrétiens et des opinions publiques à travers le monde.

Nicolas Hulot ne croit plus aux responsables politiques et espère que les autorités religieuses pourront susciter un sursaut de conscience. Il convient que c’est une démarche, à la fois, d’espoir et de désespoir… en tenant, toutefois à s’adresser à toutes les religions, persuadé que les écologistes et les églises peuvent se rejoindre sur la dénonciation du consumérisme.

Il se trouvera bien une religion pour nous inventer un enfer écologique, qui peut-être, contribuera à ramener les brebis égarées vers une nature sacralisée !

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 08:14

A tort ou à raison, le futur apparaît anxiogène, notamment pour les Français. Cette situation ne manque pas de paradoxes, au moment où, certes la précarité s’étend et la pauvreté gagne du terrain dans notre pays, mais la grande majorité des gens dispose de tout ce qui est nécessaire à son confort et ses loisirs, sans toujours en avoir une conscience claire. Cette situation est certainement à l’origine de radicalisations diverses, qu’il s’agisse de syndicats, partis politiques extrêmes, ou religions.

On rabâche à tout va que notre société est de plus en plus égoïste, ce qui est vrai parfois, mais aussi contredit chaque fois que se manifeste un élan de solidarité après une catastrophe, par exemple. Trop souvent, chacun dans sa sphère se sent contraint, brimé, voire martyrisé, ce qui génère des réflexes de défense, de revendication, parfois bien au-delà des réalités ou du simple bon sens.

C’est qu’en fait, chacun se fait une idée de sa vie, de la société, qui soit le plus possible à son avantage, et donc avec un certain égoïsme, c’est vrai. S’il en est ainsi c’est sans doute parce que nous manquons d’un projet commun qui permettrait à chacun de se sentir impliqué, acteur et bénéficiaire à la fois. Il nous faut repenser la vie en société, le vivre ensemble, le sens du travail, les relations de voisinage, le partage des richesses afin de se sentir solidaires d’un destin commun. Pourquoi donc toujours opposer le centre ville et les banlieues, Paris et la « Province », l’urbain et le rural, les riches et les pauvres… Ne serait-il pas possible de trouver des synergies, des complémentarités entre les composantes de notre société ? Cela s’amorce ici ou là sur le plan économique avec l’économie circulaire, ou l’économie sociale et solidaire, montrant parfois que des formes d’économie non marchandes peuvent générer d’autres systèmes. Cette évolution passe nécessairement par l’école qui doit s’ouvrir davantage plutôt que faire le photocopieur du système existant…

Il faudrait aussi faire davantage, notamment sur le plan de la culture, des cultures devrait-on dire dans une France, justement multiculturelle. L’humain doit être central dans ce projet commun, et pour cela il y a peut être des préalables si l’on songe qu’actuellement sur la planète, 1 % de l’humanité possède de l’ordre de 80 000 milliards d’euros, c'est-à-dire autant que les 99 % restants…

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 10:48

Les discours finissent par nous fatiguer. C’est l’apanage du monde politique et particulièrement de nos présidents. Un ouvrage (Marc-Ambroise Rendu, Des cancres à l’Elysée : 5 présidents face à la crise écologique, Jacob Duvernet, 2007) soutient la thèse que, malgré les informations dont ils disposaient, ils ont tous été des cancres en matière environnementale… Les enjeux économiques l’ont toujours emporté sur les enjeux écologiques, ce qui traduit bien les courtes vues des dirigeants. Depuis 1959, tous les présidents restent dans la tradition française, très formatée par les concepts judéo-chrétiens, qui place l’homme au centre de l’univers pour le gouverner et asservir la nature. Ils croient les ressources inépuisables et la croissance économique est leur objectif permanent, sans jamais avoir le souci de la relation obligée de l’Homme avec la nature.

De Gaulle n’a rien vu venir des crises environnementales. Pompidou crée un ministère de l’environnement, dès 1971, en précisant sauver la nature habitée et cultivée, mais la conférence de Stockholm de 1972 l’indiffère totalement. Giscard d’Estaing s’intéresse plutôt au développement de l’énergie nucléaire. Le chasseur qu’il est aime la nature, mais comme repaire à gibier et les crédits de l’Etat pour l’environnement baissent de 40 % par rapport à l’époque Pompidou. Quant à Mitterand, il a la conviction que la science portera remède à tout, et donc il n’y a pas de problème environnemental. Il inaugure 38 des 58 réacteurs nucléaires existants aujourd’hui. La loi littoral sera votée en 1986, mais le décret d’application sort en… 2000. Le petit-fils de paysan qu’est Chirac garde un intérêt pour la vie rurale, mais pas pour la nature. Il évolue vers une « écologie humaniste » et prononce de beaux discours. Sarkozy fait de l’écologie un cheval de bataille et lance le Grenelle de l’environnement tout en tenant deux discours incompatibles, à la fois sur les méfaits de la croissance et sa nécessaire accélération. Comme la majorité des socialistes, Hollande n’a pas un engouement phénoménal pour l’environnement, bien qu’il ait pris quelques initiatives en faveur de la transition énergétique… à peu près sans lendemain.

Mais alors, comment s’étonner que, selon le Cevipof, les ¾ des Français considèrent que la distinction gauche-droite ne signifie plus rien dès lors que nous vivons dans une société du risque avec une belle indifférence des grands élus du pays. Un sondage de janvier 2014, réalisé par Ipsos-Steria révèle même que seulement 8 % des Français font confiance aux partis politiques et 23 % aux députés. Mais où sont donc les parlementaires qui doivent non seulement voter les lois, mais vérifier leur application et les évaluer. C’est bien à nous, citoyens, qu’il revient de ne plus écouter les discours démagogiques, de ne plus voter pour les cumulards de mandats et d’exiger une vraie « rentabilité politique » des parlementaires. Ce sera cela… ou les extrêmes. A chacun de choisir !

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 08:12

Il y a quelques temps « Des racines et des haies » suscitaient des réactions très positives, notamment celle de Forestiers du Monde. Cette association, créée en 2003, contribue à la gestion durable des forêts et à la valorisation du matériau bois et des produits forestiers. Elle développe son action autour d’animations de terrain, d’expositions et de projets pédagogiques. Fondée par six forestiers en Bourgogne, elle s’investit au niveau régional, mais aussi aux échelles nationale (17 départements) et internationale (Costa Rica, Cameroun et Madagascar). C’est dans cet esprit qu’elle a conçu le guide pédagogique « Bâtir la forêt. Ensemble développons la biodiversité et luttons contre l’effet de serre ».

C’est à l’appui de ce guide qu’une forêt de 4,7 hectares a été plantée avec le concours d’une vingtaine d’élèves en Côte d’Or, par exemple. Il faut dire que ce guide est particulièrement bien conçu, en lien avec le programme officiel de l’Education nationale. Après des données générales sur la forêt, des fiches très didactiques sont proposées pour analyser le projet à réaliser. Puis d’autres fiches permettent de définir les objectifs en fonction des potentialités du lieu. Enfin, un programme d’actions peut être élaboré pour préciser les essences à planter, leur densité, la protection des jeunes plants, etc.

Plus qu’un simple apport de connaissances, ce guide constitue un apprentissage à l’élaboration d’un projet, avec des fiches très attractives, prévues pour être complétées par des notes ou des dessins et rappelant systématiquement le lien avec le programme scolaire, que ce soit en sciences expérimentales bien sûr, mais aussi la géographie, les mathématiques, la lecture ou même l’instruction civique. Un très beau travail de forestier et de pédagogue !

Ce sont des initiatives comme celle-ci qui redonnent de l’espoir et d’une certaine façon répondent à notre appel déjà ancien sur la façon d’apprendre la nature ! Ne voilà-t-il pas en effet un moyen de rejoindre ces « Green School » de Bali, Inde ou Chine ?

« Choisis ton futur ».

Contact : Forestiers-du-Monde.France@sfr.fr

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