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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 08:43

          La pandémie de la Covid-19 a bouleversé bien des choses, mais il n’y a pas que du négatif ! Par exemple, avec les incertitudes de la pandémie et la découverte du télétravail, les gens ont davantage pris conscience des contraintes de leur travail et ont souhaité s’en libérer. On découvre ainsi des situations totalement imprévues : des serveurs de restaurants qui arrêtent leur travail parce qu’ils veulent passer les week-ends en famille, d’autres préfèrent rester à la maison pour garder un vieux parent ou de jeunes enfants… C’est ainsi que des milliers d’emplois étaient vacants fin 2021, suite à des démissions et abandons de postes, notamment. Dès 2014, nous nous posions la question sur ce blog A quoi ça sert de travailler ? Il est sans doute révélateur que cette chronique soit la plus lue du blog avec près de 1 800 consultations. Je concluais ainsi : « Qui posera ces questions… pour repenser la notion de travail, son utilité et sa place dans la recherche de la plénitude de chacun ? » Nous y voilà ! Quel est le sens du travail ? Voilà bien une des questions issues de la pandémie.

On peut penser que la crise sanitaire n’a fait qu’amplifier une mutation déjà en cours. Ce phénomène, loin d’être français ou même européen, touche aussi les Etats-Unis avec des millions d’actifs qui ont quitté leur emploi depuis la Covid-19, ce qui s’explique par les salaires jugés trop faibles dans certains secteurs, mais aussi la complexification du travail, les pressions et le stress qui s’en suivent. Plus fort encore, les jeunes Chinois rechignent à travailler autant (70 heures par semaine !) et demandent plus de temps libre et de sens à leur travail. Les jeunes Chinois ne demandent plus à faire des heures supplémentaires, mais plutôt des congés, y compris sans solde, et être respectés dans leur entreprise.

Pour faire face à cette situation imprévue, on a imaginé, dans la précipitation, des revalorisations salariales, des aménagements d’horaires… qui, il n’y a pas si longtemps, étaient impossibles. Tient donc ! Alors « tous des fainéants », « ils ne veulent plus travailler », «  ils préfèrent le chômage et toucher les alloc »… Oui peut être dans certains cas, mais ce n’est pas aussi simple lorsque l’on constate une aspiration forte à une nouvelle relation au travail, que ce soit en bas de l’échelle sociale ou au niveau des cadres.

Pour aller au-delà, il va falloir partager le travail et lui redonner du sens (proposition N° 45 de « Les clés de notre avenir »). Pour une majorité de Français, le bonheur au travail signifie d’abord équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Les 30 heures hebdomadaires ne sont plus utopiques, notamment avec la mécanisation et la robotisation à outrance. Il est aussi urgent de repenser l’entreprise et la signification du travail. Il n’est pas possible de continuer à créer ou maintenir des entreprises qui ne répondent plus à des besoins réels (par exemple, obsolescence programmée de certains objets), ou nuisent à l’environnement (produits polluants et/ou nuisibles à la santé), et donc à notre vie. Plus largement, il va falloir redéfinir les objectifs de l’économie (proposition N° 46) en nous interrogeant sur la raison d’être des entreprises et sur notre consommation. Si l’on produit moins, on gagnera moins… La baisse de revenu peut être compensée par la mise en place du fameux « revenu universel ». Il s’agirait de verser à chacun un revenu à vie dont le montant serait fixé collectivement. Ce procédé apporterait à chacun un « minimum de survie » qu’il pourrait compléter par son statut professionnel et/ou social. C’est une piste, une réflexion à ne pas négliger, en l’accompagnant d’une forte simplification (ou suppression) de la multitude des aides existantes, une remise à niveau des salaires les plus élevés, de certaines retraites et aussi des avantages de certains statuts politiques ou autres. La solidarité, le partage, ce peut être une bonne voie pour redonner du sens au travail.

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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 08:21

          Nous y voilà : en France les élections présidentielles auront lieu dans 6 semaines. Des sondages prévoient un taux d’abstention jamais atteint, de l’ordre de 30 % pour l’ensemble des électeurs et de 45 % chez les jeunes ! Est-on encore en démocratie lorsqu’un tel pourcentage de la population refuse le droit de décider de son avenir ?... On peut invoquer toutes les raisons que l’on veut à cette désaffection, mais les politiques, les candidats et les électeurs, nous-mêmes, sommes-nous à la hauteur des enjeux énormes qui sont devant nous ?

Certes la démagogie, le nationalisme, le sectarisme, autant de valeurs du passé et complètement obsolètes, sont les premières affichées. Mais nous, les électeurs, avons-nous des attentes claires sur notre avenir et celui de nos successeurs ? Avons-nous su faire passer le message aux politiques sur les vraies préoccupations, au-delà de nos petites querelles de voisinage, nos rouspétances récurrentes, nos envies de toujours plus de droits sans y adjoindre les devoirs ?… Devant ce constat, force est de constater que face aux crises environnementales, les candidats à la présidentielle sont largement dans le « discours de l’inaction », comme l’ont souligné 1 400 scientifiques (de toutes disciplines) qui ont publié une tribune le 1er février 2022 à propos de « l’absence de débat démocratique… sur les bouleversements en cours et à venir, qu’ils concernent le climat, l’océan, la biodiversité ou les pollutions ».

Les diverses crises environnementales annoncées pour les horizons 2050 ou 2100 sont en fait déjà là et le prochain(e) Président(e), quel(le) qu’il(elle) soit devra prendre des décisions importantes, notamment socio-économiques, difficiles à faire accepter. Certes, les choix à opérer quant à la transformation de notre monde sont complexes et nécessiteront des remises en cause difficiles, c’est pourquoi il faut en débattre de façon contradictoire et éclairée avec le souci du bien collectif, plutôt que ressasser les vieilles lunes qui ont saccagé notre planète. Ce débat devrait être d’autant plus d’actualité que l’environnement devient une préoccupation majeure des Français, notamment en matière de climat. Le monde agricole prend conscience de sa vulnérabilité grandissante face au dérèglement climatique ; des entreprises et des collectivités développent des politiques nouvelles, autant de témoignages d’une prise de conscience et d’une capacité de mobilisation. Face à cela, la plupart des candidats à la présidentielle sont restés coincés sur les notions de production, consommation, croissance, modèles du monde d’avant… et donc l’abstentionnisme progresse !

Les défis à relever concernent surtout la diminution des GES et la préservation du vivant, mais aussi les modalités d'adaptation, la juste répartition des efforts, la solidarité entre générations ou entre territoires et concernent donc une multitude de sujets. Encore faut-il que les électeurs puissent décider en connaissance de cause. Les candidat(e)s à l'élection présidentielle doivent donc être interrogé(e)s, sur toutes ces questions, par nous-mêmes électeurs et aussi par les journalistes, trop souvent formatés pour le scoop et la polémique…

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19 février 2022 6 19 /02 /février /2022 08:48

Mais qu’est-ce qu’on attend ? Mais que font les politiques ? Bah oui, mais vous, moi, qu’attend-t-on ? Que faisons-nous ? On est au bord du gouffre, qu’il s’agisse de climat, de biodiversité et maintenant de pollution chimique… mais que faisons-nous, chacun de nous pour sortir de ce marasme ? Fin 2021, les Français émettaient chacun de l’ordre de 10 tonnes de CO2 par an, soit 5 fois ce qui serait tolérable… La voiture, la consommation de viande et le chauffage des logements sont les principales causes de ce désastre, mais ce n’est pas tout !

Les transports constituent le premier poste d'émissions, avec la voiture en  tête : un Français émet en moyenne plus de deux tonnes de CO2 par an avec son  automobile, soit le total de ce qu’il ne faudrait pas dépasser par individu. Il est donc urgent de repenser ses déplacements, notamment résidence-emploi. Depuis 10 ans, malgré toutes les recommandations, les déplacements en voiture ont augmenté de près de 10 % ! Par ailleurs, l’avion est le mode de transport qui connaît le plus d’essor (+ 13 % en 10 ans), alors que le train est en baisse de 4 % pendant la même période.

La consommation de viande, les boissons et autres produits animaux, comme le lait et les œufs, constituent la seconde source de CO2. Evoluer vers une alimentation plus végétale devient indispensable. Favoriser les circuits courts dans nos achats réduit la part de transport et donc les émissions de GES.

Le chauffage au gaz et au fioul d’une maison émet, lui, près de 1 200kg de CO2 par an, d’où l’importance de rénover les logements français, trop souvent passoires thermiques, pour diminuer la consommation de carburants.

A ces principales sources s’ajoutent bien sûr d’autres postes, dont entre autres, les transports aériens, la construction de bâtiments, les loisirs, l’électronique, etc. autant de comportements sur lesquels chacun peut agir. A cet égard, le numérique contribue de façon importante au réchauffement climatique (10 milliards de mails émis par heure dans le monde), soit une consommation de 10 % de l’électricité mondiale. De nos jours, la part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre (notamment du fait des data-centers qui stockent les données) est deux fois plus importante que le transport civil aérien au niveau mondial.

En résumé, mobilité, alimentation, habitation et consommations diverses sont les principaux leviers de réduction de nos émissions individuelles, que nous devrons diviser par cinq d’ici 2050. L’Agence internationale de l’énergie a préconisé en mai 2021 l’arrêt immédiat de tout projet énergétique fossile afin de contenir le réchauffement. En août 2021, le GIEC a souligné que la décennie 2010-2019 avait été la plus chaude depuis 2000 ans et que le dérèglement climatique s’amplifie. Un message que les experts martèlent depuis plus de 30 ans... Alors que la COP26 de Glasgow a été un fiasco, le Groenland a enregistré en décembre des températures de 30 °C au-dessus des moyennes saisonnières. Les États-Unis et le Canada enchaînent depuis juin des mégafeux et tornades dévastatrices. L’Europe a connu des inondations torrentielles en Allemagne et en Belgique en juillet dernier. La catastrophe n’est plus imminente, elle est déjà là ! Alors, vous et moi, on s’y colle !

Pour aider à faire sa propre révolution, un guide, parmi d’autres : Michel Lerond.- Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p. – 10 €. Chez votre libraire, ou à défaut : https://www.editions-persee.fr/catalogue/e-books/les-cles-de-notre-avenir/#.X1XS-NTgqpo

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13 février 2022 7 13 /02 /février /2022 08:29

Il est des noms qui traversent l’histoire, comme Béthencourt, des hommes et femmes, des familles, à travers une grande partie de la planète depuis 1 000 ans. Nous l’évoquions déjà sur ce blog début 2008 : Béthencourt, la mondialisation ?

Le représentant le plus célèbre de cette famille est Jean IV de Béthencourt, né en 1362 au château de Grainville-la-Teinturière en Pays de Caux où il mourut en 1425 (dates imprécises). Jean de Béthencourt, seigneur de Grainville-la-Teinturière, chambellan du roi Charles VI et... habitant de Sigy-en-Bray, château de Béthencourt, embarqua à Honfleur pour débarquer sur la côte de El Rubicon (Ile de Lanzarote aux Canaries) en 1402 et fut nommé "Roi des Canaries" par Henri III. On est là en présence de la première conquête coloniale européenne des temps modernes.

Lors de sa parution, la chronique de mon blog attira des commentaires de France bien sûr, mais aussi des Canaries, du Portugal et du Brésil ! C’est dire l’intérêt qui est porté à cette famille. Pour ma part, mon intérêt était l’histoire locale puisque j’ai longtemps habité Sigy-en-Bray, tout près du hameau de Béthencourt. Mais aussi parce que, en tant que lichénologue, les motivations du voyage m’ont séduit : en effet, en l’an 1400, Jean de Béthencourt apprend qu’il existe au large des côtes du Maroc un lichen précieux, l’Orseille (en fait plusieurs espèces des genres Roccella, Pertusaria et Ochrolechia) qui peut fournir un colorant de qualité pour les tisserands de Grainville, et décide donc d’entreprendre la conquête des îles Canaries. Il débarque à Lanzarote le 1er mai  1402, ce qui va assurer ensuite aux Normands le monopole du fameux lichen dont les foulons cauchois font grand usage. En 1995 je suis allé aux Canaries et en particulier à Lanzarote sur la plage de débarquement de Béthencourt. J'ai alors rapporté une poignée de sable au maire de Sigy-en-Bray, un souvenir historique !

La conquête des Canaries a eu des conséquences importantes puisque 90 ans après, les îles furent la première escale de Christophe Colomb avant la grande traversée de l’Atlantique.

L’association Jean de Béthencourt Normandie-Canaries dirige un musée à Grainville-la-Teinturière et gère les échanges de jumelage : http://pagesperso-orange.fr/assobethencourt. Par ailleurs Jacques Petit a publié récemment sur Facebook une chronique à cet égard : https://www.facebook.com/jacques.petit.10/posts/5370774736285868
 

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6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 09:28

Le renouveau du Museum de Rouen est un serpent de mer ! Sans revoir l’histoire en détail, il peut être intéressant d’en rappeler les grandes lignes, ce qui est toujours instructif par rapport à la prétendue rapidité de l’évolution du monde culturel… Crée en 1828 par Félix-Archimède Fouchet dans le quartier Beauvoisine, dans un ancien couvent et à proximité des locaux de la Faculté des Sciences, le Museum de Rouen connut ensuite bien des rebondissements. C’est un siècle après sa création, en 1934, que le conservateur de l’époque Robert Régnier propose de reconstruire le Museum à proximité du Jardin des Plantes. Mais… rien ne se passe. Un peu plus tard, en 1974, avec la création du centre commercial et culturel de Saint-Sever, la municipalité « décide » de reconstruire le Museum au sein de ce centre. J’y travaille (étant à l’époque assistant au conservateur) et nous allons jusque définir les plans des salles d’exposition avec l’architecte. Mais trop cher, ou trop peu de motivation… et on en reste là. Quelques années plus tard, on envisage une rénovation sur place, avec extension aux anciens locaux de la Faculté des Sciences, mais les espoirs sont éphémères. Puis au début des années 1990 (je suis alors consultant indépendant), un nouveau projet est présenté, et cette fois, pour de bon ! La ville a racheté le terrain d’un magasin de grande distribution en face du Jardin des Plantes, pour y reconstruire le Museum. Je suis sollicité pour un avis et des propositions. Là encore un architecte élabore des plans, mais… au moment de décider, la Ville préfère se défaire du terrain pour construire des logements. Et là, on constate que la sécurité des visiteurs dans le Museum n’est pas satisfaisante et l’établissement scientifique est fermé au public… pour une dizaine d’années !

Mais rien n’est jamais désespéré ! En 2017, naît l’idée d’une fusion des musées voisins, d’Histoire naturelle et des Antiquités, sous l’appellation provisoire de « pôle muséal Beauvoisine ». Le conseil de la Métropole Rouen Normandie a voté fin 2021 des crédits pour les ébauches de la future fusion et l’aménagement d’un centre de réserve et de conservation, soit 2,2 millions d’euros. C’est un bon début pour un coût total de l’opération évalué à 66 millions d’euros. L’aboutissement des travaux est reporté à 2028, ce sera deux siècles après la création du Museum et la date à laquelle Rouen espère être élue « capitale européenne de la culture ». Dans le cadre de cette fusion-rénovation, il est prévu de présenter l’axe Seine, avec les enjeux environnementaux régionaux et de faire découvrir la Normandie de la Préhistoire aux époques contemporaines, avec les découvertes et cultures qui ont enrichit l’histoire de la région. Ce projet ambitieux a été concerté avec les associations des amis des musées et les habitants du quartier. Il s’agira de présenter l’histoire naturelle et culturelle du territoire, avec une scénographie muséale renouvelée, une galerie des enfants, en conservant dans un lieu approprié les objets et spécimens, soit de l’ordre du million.

Cette fois, c’est la bonne ? On l’espère vivement pour qu’enfin, Rouen dispose d’un musée renouvelé, adapté à son époque, d’un lieu scientifique de référence afin d’aider chacun à construire son propre bagage culturel et d’aider à agir concrètement pour notre environnement.

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 07:52

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 08:07

Combien de fois avons-nous abordé ce thème de l’agriculture dans nos écrits ! pour regretter les manquements, proposer des évolutions et Faire passer le message (en particulier pages 106-112). Nous y voilà, le monde paysan bouge !

          Depuis 1992, la Politique Agricole Commune (PAC) a connu une évolution continue, marquée par une préoccupation croissante de l’environnement, même si celle-ci restait insuffisante. Les aides directes ont cependant été conditionnées, récemment, par le respect de mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC). La Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, en a fait une priorité de son mandat et le pivot de la négociation de la nouvelle PAC 2023-2027. Celle-ci devrait s’appuyer sur deux stratégies : « De la ferme à la table » pour réduire d’ici 2030 de 50 % l’usage de pesticides, entre autres, et de porter la surface d’agriculture biologique à 25 % d’ici 2030 ; et la « Stratégie pour la biodiversité » pour réserver 10 % des surfaces agricoles à une protection écologique renforcée. Les agriculteurs sont cependant craintifs devant ces changements importants, se demandant s’ils en auront les moyens… La nouvelle PAC devrait ainsi s’appuyer sur une conditionnalité renforcée des aides directes, en fonction d’exigences accrues telles que rotation des cultures ou surfaces d’intérêt écologique (haies, mares, jachères). C’est une grande nouveauté afin de soutenir l’agriculture biologique, l’agroforesterie ou le bien-être animal.

Le nouveau ministre Allemand de l’Alimentation et de l’Agriculture, Cem Özdemir, veut mettre fin à « la folie des subventions », car le prix d’un produit doit refléter sa réalité écologique, donc que le consommateur soit directement impliqué, ce que nous ne cessons de rappeler depuis des années… Cem Özdemir compte plus sur la contrainte que les engagements volontaires des industriels et souhaite aussi interdire la publicité pour des aliments malsains. Au Royaume-Uni, Boris Johnson inquiètent les agriculteurs en demandant des ambitions climatiques et environnementales afin de pouvoir bénéficier de subventions, dès 2022. Le système d’aides envisagé reposera sur la « reconstitution des espaces naturels locaux », la « restauration des paysages » et « l’agriculture durable ». Plus près de nous, en Seine-Maritime, le Département met en place un Projet Alimentaire Territorial visant les établissements pour personnes âgées ou handicapées et les collèges, notamment en favorisant les circuits courts.

L’agriculture bouge. Vous, moi, en tant que consommateurs, devons accompagner cette révolution, notamment en payant les aliments à leur juste prix.

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23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 08:08

Par le passé, lorsque l’on prononçait les mots campagne ou rural, on pensait d’abord agriculture et paysans. Mais voilà, l’agriculture a bien changé et la campagne n’est plus ce qu’elle était ! En effet, l’agriculture française a perdu 100 000 agriculteurs au cours des 10 dernières années. Dans le même temps, on a assisté à la disparition d’un cinquième des exploitations (389 000 contre 490 000 il y a 10 ans) et à la concentration de celles qui restent (on est passé de 14 à 69 hectares en moyenne). L’élevage connaît un fort déclin (- 31 %) ainsi que la polyculture, à l’inverse des grandes cultures (surtout céréalières) qui connaissent une forte croissance. Les petites exploitations sont devenues rares alors que les grandes exploitations font 136 ha en moyenne et représentent 40 % de la surface agricole utile qui, elle, est restée la même. Le mal être paysan, les coûts d’exploitation et la PAC qui favorise les grandes exploitations, expliquent ces évolutions. Un point positif cependant avec la part des exploitations bio qui est passé de 3,7 à 12,1 %.

Ces transformations profondes font que dans la population rurale, les agriculteurs sont très minoritaires et que les paysages offrent surtout des champs ouverts, plutôt que des prairies et petites parcelles… La campagne a bien changé ! Mais voilà que, fait imprévu, la pandémie de Covid-19, les confinements et le télétravail ont entraîné le déménagement de nombreux Français des grandes villes vers les petites villes et villages. Avec bien sûr avantages (cadre de vie et calme) et inconvénients (une intégration qui ne s’improvise pas)… C’est ainsi qu’en 2021, 19 % des Français souhaitaient quitter la ville surtout pour un meilleur cadre de vie (21 %), pour la proximité avec la nature (14 %) et aussi le prix de l’immobilier (13 %). Tout cela avec parfois un peu de précipitation, sans considérer la proximité, ou pas, des services ou de l’emploi. Le fantasme de la maison perdue dans la campagne a la vie dure, mais il faut aussi savoir qu’elle va parfois avec le chant du coq et les odeurs de fumier… ce qui peut générer des conflits d’usage, notamment avec les agriculteurs et les pratiques rurales.

Revenir à la campagne, c’est très bien, mais plutôt en néoruraux soucieux de leur intégration plutôt qu’en migrants conquérants. Revenir à la campagne ce n’est pas obligatoirement s’enfermer derrière des murs végétaux de thuyas ou lauriers, ou pire des toiles plastiques. Ce peut être aussi découvrir et comprendre les activités des voisins, choisir un emploi lié à l’agriculture, participer à la vie villageoise, faire ses courses dans les lieux de vente de proximité, aller voter, bref s’intégrer dans un nouveau contexte, avec le souci de sociabilité. Voilà une belle opportunité pour renouveler la ruralité et y apporter davantage d’ouverture sur le monde extérieur.

 

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 09:56

La France assure la présidence de l’Union européenne depuis le 1er janvier, pour six mois, avec des objectifs environnementaux importants comme l’ajustement carbone aux frontières ou la lutte contre la déforestation. La Commission européenne a présenté de nombreuses propositions législatives ces derniers mois et la présidence française va donc être déterminante pour lancer la mise en oeuvre de celles-ci. Le président de l’Europe, Emmanuel Macron, réunira les 10 et 11 mars un sommet des 27 chefs d’Etats afin de définir un nouveau modèle de croissance. Mais la concomitance avec l’élection présidentielle française laisse craindre quelques « accomodements »...

Ce mandat devrait voir la mise en œuvre des propositions relatives à la lutte contre de changement climatique, visant à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050. Le principal objectif est de mettre en place un ajustement carbone aux frontières, c’est-à-dire donner un prix à la composante carbone des produits importés. Il s’agira donc d’intégrer dans les accords commerciaux des clauses environnementales et sociales. Les problématiques climat et biodiversité étant liées, il s’agira aussi de lutter contre la déforestation importée. Quant à une évolution de l’agriculture ou l’interdiction des pesticides… on verra.

Comme l’a attesté son Chef de Cabinet, le Président a lu « Faire passer le message » et m’a remercié «pour cette contribution et pour les propositions qu'elle comporte». A n’en pas douter, il en tiendra compte pour réviser la PAC (notre proposition N° 58 de « Clés de notre avenir ») : Il est urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques. Si l’agriculture peut être source de menaces sur les habitats naturels et les espèces, elle peut aussi contribuer au maintien de la biodiversité. Quant à créer un service civique européen (notre proposition N° 75) : on peut imaginer… que ce temps citoyen permette de constituer une force d’intervention disponible lors des catastrophes naturelles (séismes, inondations, tempêtes, incendies de forêts, etc.) en Europe et sur tout théâtre planétaire où l’urgence le demande. Ce service pour tous les jeunes, permettrait aussi de retisser des liens dans une société qui perd le sens du collectif. Il semble bien que l’on soit entendu quand le Président, parmi d’autres propositions, envisage la mise en place d’un service civique européen de six mois pour les moins de 25 ans. Bref, il faudra renforcer l’Europe (notre proposition N° 90) : C’est à l’Europe que doit revenir une part importante de la réglementation communautaire : la monnaie, la politique étrangère et la défense. L’Europe doit faire cette révolution : s’occuper du climat, de la biodiversité, de l’énergie, de l’économie en gardant l’Humain comme priorité absolue. Allez, on y va !

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9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 09:39

Face à la crise sanitaire et aux crises écologiques, les jeunes gardent un certain optimisme, en tous cas davantage que leurs parents. Même si les raisons de déprimer ne manquent pas en ce début d’année, une enquête menée par l’Unicef en novembre 2021 démontre ce constat réconfortant. Cette enquête intergénérationnelle menée avec l’institut de sondage Gallup a en effet été menée auprès de 21 000 personnes (des jeunes de 15 à 24 ans et des adultes de 40 ans et plus) de 21 pays situés sur les cinq continents. En somme, un sondage mondial !

          Les résultats de l’enquête montrent que les jeunes considèrent que le monde s’améliore de génération en génération, que les enfants sont en meilleure santé, mieux éduqués et mieux protégés que la génération de leurs parents. Les jeunes ont aussi affiché un esprit critique aiguisé sur les réseaux sociaux et les responsables politiques et se fient davantage aux scientifiques et organes de presse internationaux, qu’ils considèrent comme fiables. Cela peut paraître paradoxal par rapport à notre ressenti d’Européens et un autre sondage antérieur qui assurait que 75 % des jeunes jugeaient l’avenir « effrayant ». Bien sûr il ne s’agit là que de sondages, à interpréter dans la mesure où l’on peut penser que les jeunes des pays pauvres ont constaté, malgré tout, plus d’améliorations que ceux des pays riches. Quoi qu’il en soit, les jeunes ont une conscience élevée des problèmes de leur monde et se montrent à cet égard bien plus ouverts que leurs aînés. Ce sondage montre aussi que, deux fois plus que les adultes, les jeunes se considèrent comme citoyens du monde et ressentent un engagement planétaire, bien plus que national ! Nous voilà bien loin de notre petite France riquiqui...

          « Les jeunes d’aujourd’hui gardent l’espoir » souligne Henrietta Fore, la directrice générale de l’Unicef. Ceci parce qu’ils refusent de voir le monde de façon aussi sombre que les adultes et considèrent qu’ils font partie de la solution. Ils ne supportent plus l’inaction face au dérèglement du climat et

sont prêts à solliciter la coopération internationale pour résoudre les défis qui s’imposent à nous.

          Ceci n’est qu’un sondage, mais à l’échelle planétaire, et voilà une bonne raison de croire encore à l’avenir ! La construction du futur ne se fera pas seulement au plan national, mais au niveau planétaire, en s’appuyant sur l’humanisme, l’universalisme et l’égalité de tous.

 

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