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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 11:38

 

     Nous voilà en situation assez surréaliste… Un romancier de science-fiction aurait peiné à inventer un tel scénario décrivant un pays de contestataires virant soudainement en régime hyper autoritaire, sous la pression d’évènements majeurs, et tout cela avec un assentiment quasi général de la population. La réalité dépasse la fiction !

Voilà une bonne occasion de se retrouver soi-même, de réfléchir à notre société, notre façon de vivre, nos évolutions à envisager… collectives et individuelles.

     Ce blog n’a pas tout dit, n’a pas tout prévu, il ambitionne seulement de faire réfléchir… depuis 13 ans ! Avec plus de 600 chroniques, brèves, faciles à lire. Un sujet vous taquine ? Allez sur le blog www.michel-lerond.com, colonne de gauche, rubrique « recherche », tapez un mot clé ou une expression brève puis cliquez sur « recherche », ce qui vous donne les liens avec les chroniques qui abordent ce sujet. De quoi s’occuper pendant… environ 3 à 4 mois !

     Vous pouvez aussi vous abonner à mon blog afin de pouvoir disposer d’informations et réflexions, ni dogmatiques, ni simplistes sur les questions environnementales et sociétales. Et en plus, c’est gratuit ! Pour cela, vous allez sur le blog, colonne de gauche, rubrique newsletter. Vous inscrivez votre adresse mail, vous recevez un mail de confirmation et c’est tout. Vous êtes informés par mail de chaque parution.

      Merci de me rejoindre et bonnes lectures.

 

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 10:14

Tirer les leçons pour préparer l’avenir :

     La résolution du problème n’est pas aisée, ni pour les décideurs, ni pour la population. Elle demande des mesures partagées entre Etats, donc des décisions internationales parfois contraignantes devant lesquelles rechignent nombre de personnes qui y voient là des limitations de leurs libertés plutôt que le partage de responsabilités. Il existe des mesures pour limiter la propagation des épidémies, mais il faut aussi remédier aux causes des problèmes, notamment avec un essor de la recherche médicale. Comme d’habitude, il faut d’abord identifier les causes de ces épidémies et y remédier en amont, en intervenant sur les facteurs les favorisant. Mais là se pose une autre question pour relativiser les impacts, lorsqu’une épidémie tue quelques milliers de personnes alors que le paludisme en tue 1 million dans l’indifférence générale… ou que le diabète, lié à nos modes de vie, en tue 4 millions par an. Selon les pathologies ou les populations concernées, la médiatisation peut être très variable.

     Il est toutefois grand temps de s’interroger sur l’accélération des pandémies. N’y a-t-il pas un rapport avec la destruction des écosystèmes ? Parmi ces facteurs, il faut s’interroger, entre autres, sur les élevages industriels, comme ce fut le cas à propos lors des grippes aviaires ou porcines, dont on a peu parlé du bilan désastreux en matière de décès. Interrogeons-nous aussi sur l’impact des pollutions de toutes sortes et des déséquilibres naturels consécutifs à l’érosion de la biodiversité. Depuis le milieu du 20ème siècle, des centaines de microbes pathogènes se sont multipliés dans certaines régions en relation avec la déforestation, l’urbanisation ou l’industrialisation suite à la rupture d’équilibres naturels. Faire face à ces évolutions suppose que l’on dépasse la vision trop fréquente du court terme lié au fonctionnement économique de nos sociétés pour considérer le long terme lié à l’évolution de la biodiversité et du climat. Les crises écologiques doivent être prises en compte en priorité et les recherches nécessaires sur leurs conséquences menées avec des moyens appropriés. C’est pourquoi un directeur de recherche du CNRS a poussé un cri de colère devant les ravages du Coronavirus, alors que son équipe travaille depuis 10 ans sur cette catégorie de virus, sans véritable soutien financier pour la recherche fondamentale… La France, comme l’Europe, s’est désengagée de ces programmes de recherche pour satisfaire des besoins de court terme.

     Mais tout n’est pas perdu, et comme évoqué dans « Faire passer le message », c’est souvent devant le drame que réagissent enfin les peuples et les décideurs. Dès 2009, Jacques Attali prédisait qu’une pandémie pourrait pousser nos dirigeants à réagir et accepter, pourquoi pas, un gouvernement mondial. Il ne faudra donc pas oublier de tirer les leçons de cette crise pour faire face… à la prochaine, inévitable compte-tenu des désordres écologiques qui ne font que s’amplifier. Il nous faudra, très vite, aller vers plus d’Europe et plus de mondialisation pour être en mesure de faire face à des défis planétaires.

     On ne va pas se réjouir de cette crise du coronavirus, mais il est possible que cette « répétition générale » nous ramène à plus de raison, nous invite à plus de prospective et à mettre en place une gouvernance mondiale qui réinvente l’économie pour des fins humanitaires plutôt que cupides, avec une répartition géographique plus raisonnée et des élans de solidarité.

    Bientôt, nous aurons des clés pour agir : après « Faire passer le message » il fallait une suite pour inviter à l’action. La voici sous peu avec « Les clés de notre avenir ». Avec cet opuscule, mon but est de proposer un texte synthétique et concret,  afin de convaincre de la nécessité de s’impliquer personnellement, en tant que consommateur, travailleur et citoyen pour ainsi peser sur les décisions politiques relatives, notamment, au dérèglement climatique, à l’érosion de la biodiversité et la gestion des ressources. Mes 93 propositions pour surmonter les périls environnementaux n’auront de sens que si elles s’accompagnent d’évolutions profondes de notre système économique. Cette véritable révolution va demander beaucoup d’efforts, et comporter des restrictions. C’est pourquoi des évolutions de nos modes de gouvernance sont indispensables.

     En voici un extrait avec la proposition N° 68  Mieux contrôler limpact de lenvironnement sur la santé.

     Les modifications climatiques auront un impact sanitaire du fait de l’accroissement de l’incidence des maladies sous l’effet des vagues de chaleur et inondations. Ces évolutions peuvent allonger la période de transmission des maladies, notamment celles propagées par les moustiques ou les virus… Etc.

(Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p.10 €). A paraître courant juin.

     Restons donc chez nous. Profitons-en pour lire, nous remettre en question, imaginer des lendemains plus sereins. Après cet entraînement nous aurons tout pour « refaire le monde » ! Dès la guerre gagnée sur le coronavirus, on s’y met ! Promis ?

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 13:56

D’abord gérer la crise :

     Une grande peur s’est emparée de la planète confrontée au coronavirus, le Covid-19. La propagation du virus est jugée très préoccupante par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Mi-mars 2020, près de 140 pays sont touchés. Après le confinement spectaculaire de 56 millions de Chinois, l’Italie, pays le plus touché en Europe (épicentre de l’épidémie) met en quarantaine toute sa population, mesure sans précédent. Les chiffres augmentent chaque jour et le monde compte maintenant de l’ordre de 150 000 cas et environ 6 000 décès. Les frontières se ferment les unes après les autres. La France, avec plus de 5 500 cas et environ 130 décès, en est arrivée aux mesures drastiques annoncées par le Président de la République le 12 mars et renforcées le 14 mars puis le 16. Il est redouté que la pandémie puisse toucher plus de la moitié de la population française.

     Devant une telle situation, inattendue et angoissante, s’agit-il d’un emballement médiatico-politique ou « simplement » l’annonce de menaces qui vont s’amplifier avec le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité ? La pandémie reste cependant limitée, pour le moment, si l’on se rappelle que les grandes pestes du Moyen Age ont pu faire de l’ordre de 50 millions de morts, la grippe espagnole de 1918 de l’ordre de 45 millions de morts, le Sida 25 millions depuis 1983 (dont les 2/3 en Afrique subsaharienne) ou encore une grippe saisonnière qui fait environ 300 000 morts chaque année dans le monde !

     La difficulté est de gérer le risque comme une réalité objective, ce qu’il n’est pas. Les grandes peurs accompagnent l’histoire de l’Humanité, que ce soit face à des animaux maléfiques, le terrorisme, les migrants, la maladie ou la crise écologique. Certains esprits avisés exploitent ces peurs pour étayer des croyances, restreindre les libertés individuelles ou faire du business. La peur est un marché inépuisable ! Voilà bien le miroir de notre société où se reflètent à la fois les fantasmes, les intérêts mais aussi la prudence. Chacun peut alors sombrer dans la psychose ou rejeter en bloc ces affirmations, reprochant aux autorités d’en faire trop ou pas assez… selon que l’on est directement concerné ou pas. Il en est de même pour les risques liés à la crise écologique que nous traversons, avec les impacts sociaux, économiques et sanitaires auxquels il faut s’attendre et se préparer.

     Avec la découverte de 39 agents pathogènes depuis 1967, force est de s’interroger sur l’amplification des risques d’épidémies, comme l’affirme l’OMS. Ceci d’autant plus que la population mondiale croît et se concentre dans des villes (4 milliards de citadins), avec un niveau de pauvreté parfois alarmant (1 milliard de citadins vivent dans des taudis). Ajoutons encore que les communications se sont amplifiées de façon considérable sur toute la planète (on compte en permanence 5 000 avions dans le ciel !), accompagnées de moustiques, virus ou espèces devenant invasives et colportant parfois des agents pathogènes capables de contourner les antibiotiques ou autres remèdes.

     En de telles circonstances, ne faut-il pas essayer de faire la part entre l’angoisse aveuglante et l’estimation des enjeux véritables, et objectiver la part de fantasme et de péril véritable ? Les mesures annoncées le 12 mars concernant la France, bien qu’incomplètement suivies, ont été globalement bien accueillies, tant par les politiques que la population, malgré leur caractère autoritaire et très contraignant. C’est une bonne surprise au « pays des rouspéteurs » ! Mais aussi un espoir, parce que face à un grand péril, la majorité des Français ont su réagir avec solidarité, générosité et intelligence. C’est de bon augure pour préparer les lendemains qui nous attendent...

A suivre : Tirer les leçons pour préparer l’avenir

Et bientôt, des clés pour agir :    

Après « Faire passer le message » (https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo) il fallait une suite pour inviter à l’action. La voici sous peu avec « Les clés de notre avenir » à paraître courant juin.

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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 18:29

     Voilà des décennies que l’on ressasse les mêmes thèmes relatifs à l’environnement, que ce soit en matière de ressources, de biodiversité ou de climat. Les médias, jusque-là si timides sur ces sujets, en font maintenant la une de l’actualité à propos d’élections multiples qui viennent de 2020 à 2022. De partout fusent de nombreuses propositions, trop souvent entachées de green washing. Qu’en sera-t-il après les élections ? Pourquoi donc tant de lenteur, d’inertie et de simples mesurettes quand s’imposent des mesures fortes ?

 

     Ainsi en matière de climat, le sujet phare en ce moment, chacun y  va de ses arguments en faveur de la transition écologique… Mais en France, les émissions de gaz à effet de serre diminuent presque deux fois moins vite que ce qui était anticipé ! Et cela malgré une multiplication des textes sur les mobilités, l’énergie ou les gaspillages. Pour s’en sortir, les plafonds sont revus à la hausse… Il n’y a plus de dépassements… On est dans les clous !

     En matière de biodiversité, la Convention sur la biodiversité biologique, réunie en février 2020 l’assure : 75 % des terres et 66 % des mers ont été modifiées par les activités humaines et un million d’espèces animales et végétales sont menacées de disparition. C’est grave pour le genre humain qui dépend de la biodiversité pour l’air, l’eau et la nourriture… Pour le moment on préconise des mesures simples, mais sans renoncer aux causes réelles telles que nos modes de consommation. Mais pourquoi donc ?

     Il semble bien qu’il y ait une certaine incompatibilité entre l’écologie et le libéralisme économique, ce qui va de pair avec l’aveuglement des élites politiques et économiques en matière d’environnement. Il faut dire que notre culture, surtout occidentale, considère depuis toujours que la nature est inépuisable et à notre service, mythe transcendé par les religions. Les grands décisionnaires restent donc dans le court-terme, seul pris en compte pour les élections ou les finances. Les lobbies poussent le système à son maximum pour en profiter encore. Mais les élites, formatées au progrès technologique et économique, ne voient qu’un aspect de la réalité.

     Certes nous sommes peu enclins à changer nos habitudes et la vision à court terme est plus rassurante qu’une vision à long terme, éventuellement porteuse d’angoisse. Profitons des avantages immédiats, sans se soucier de ce qu’il en sera dans quelques années ! De plus des phénomènes comme le dérèglement climatique ou l’érosion de la biodiversité comportent des incertitudes, des approximations et se prêtent peu à l’organisation de notre vie immédiate. Nous ne ressentons pas ces choses comme une menace imminente et nous concernant à l’échelle individuelle. Bref cela paraît, à la plupart d’entre nous, incertain et lointain. Donc continuons comme avant ! En résumé, difficulté à se représenter l’avenir, déni et réticence au changement.

     Tout change lorsque l’individu est pleinement informé et intégré dans une collectivité, famille, travail, association ou autre. Mais là il prend vite conscience que les éco-gestes, c’est bien mais très insuffisant s’ils ne sont pas relayés et amplifiés par des décisions politiques. Et là, à nouveau, sentiment d’impuissance, déni et inaction… Et chacun d’attendre que l’Etat bouge !

     Pour conclure, soyons cyniques : les phénomènes s’amplifient et s’accélèrent. On entre dans le concret : les tempêtes se multiplient, les inondations sont récurrentes, des maisons tombent à la mer, les espèces invasives causent quelques dommages, les rendements des cultures baissent…

     Mais nous autres Français, on ne se laissera pas faire et s’il le faut on brûlera des tas de pneus pour contester la pollution !!

               

 

Pour réfléchir ensemble à l’environnement :    

      Vous vous intéressez à l’environnement : très simple, vous vous abonnez à mon blog afin de pouvoir disposer d’informations et réflexions, ni dogmatiques, ni simplistes sur les questions environnementales et sociétales. Et en plus, c’est gratuit !

Pour cela, vous allez sur www.michel-lerond.com colonne de gauche - rubrique newsletter - vous inscrivez votre adresse mail - vous recevez un mail de confirmation et c’est tout. Vous êtes informés par mail de chaque parution.

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Et bientôt, des clés pour agir :    

     Face à l’actualité brûlante concernant l’environnement, des solutions sont proposées pour refaire le monde dans « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement.

Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

- Dans toutes les bonnes librairies.

- Ou à défaut, commander sur internet : https://www.editions-persee.fr/catalogue/recits/faire-passer-le-message/#.W1hl6sIyWpo

 

     Après « Faire passer le message » il fallait une suite pour inviter à l’action. La voici sous peu avec « Les clés de notre avenir » à paraître courant juin.

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 17:47

     Une nouvelle du 31 janvier a été bien peu médiatisée (ou pas du tout…), et pourtant ! En effet, ce jour-là, les Sages, membres du Conseil constitutionnel ont pris une décision, très novatrice, en affirmant que la protection de l’environnement peut surpasser la liberté d’entreprendre, à propos de l’exportation à l’étranger de pesticides produits en France. Ce fut une première, lourde de sens, en interdisant l’exportation de ces pesticides. Dans sa décision, le Conseil constitutionnel précise que "la protection de l’environnement, patrimoine commun des êtres humains, constitue un objectif de valeur constitutionnelle".

     Les Sages ont ainsi fait primer l’intérêt général sur les intérêts d’entreprises qui exposent des populations et écosystèmes à des produits néfastes. C’est un signe important d’une évolution qui redonne espoir en l’avenir.

     Jusque-là, des herbicides considérés dangereux pouvaient être interdits d’usage en France, mais envoyés à l’étranger… C’est ainsi que l’atrazine, herbicide interdit depuis 2001 en France et depuis 2004 en Europe, classé par l’Agence européenne des produits chimiques comme "très toxique pour la vie aquatique avec des effets à long terme" était autorisé à l’exportation vers plusieurs pays, dont la Chine, le Pakistan et le Soudan.

     C’est un tournant décisif dans la hiérarchisation des droits. L’UIPP (Union des industries de la protection des plantes) regrette cette décision qui présente un risque de délocalisation de cette production vers d’autres pays, ce qui menacerait 2 700 emplois en France. Inversement, les associations de défense de l’environnement se réjouissent de cette décision, de même Élisabeth Borne, ministre de la transition écologique, qui parle d'une "très bonne nouvelle, qui donne une force juridique inédite à l’objectif de protection de l’environnement et nous permet d’agir pour l’écologie à l’échelle de la planète". Voilà bien un signe fort de l’évolution de notre société, plus attentive à la préservation des bonnes conditions de vie de l’ensemble de l’Humanité. A cette occasion, faut-il rappeler que le Conseil constitutionnel est une institution française créée en 1958 dont le rôle est de se prononcer sur la conformité à la Constitution des lois et de certains règlements dont il est saisi, entre autres.

     Dès sa création, le Conseil constitutionnel a été surnommé « Conseil des Sages », en raison de sa prééminence au sommet de la hiérarchie. Ce Conseil est constitué de neuf membres nommés par le président de la République et les présidents des chambres parlementaires. Les anciens présidents de la République sont également membres de droit du Conseil constitutionnel, mais certains ont choisi de ne pas siéger. Le président actuel en est Laurent Fabius depuis 2016.

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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 09:30

 

     Depuis la création de ce blog, en 2017, je n’ai cessé de répéter qu’il était nécessaire d’avoir un débat national, et si possible européen, à propos de l’évolution de l’agriculture… Le 1er décembre 2009 j’écrivais dans Evaluer l’agriculture ? : Quel est le bilan réel de l’agriculture française ? Quel bilan écologique, quand le recours aux intrans et aux pesticides est très important avec ses conséquences sur l’eau, les sols et la santé ; quand les pratiques intensives conduisent à l’érosion des terres et parfois aux inondations. Quel bilan économique quand la production agricole est rémunérée davantage par le contribuable que par le consommateur ; quand les « dégâts collatéraux » sont pris en charge par la collectivité et non par leurs auteurs. La profession agricole et les chambres d’agriculture sont les mieux placées pour faire preuve de ce courage politique qui consistera à mettre en œuvre une évaluation complète et objective de l’activité agricole. Et encore en avril 2012  avec la chronique Repenser l’agriculture pour le futur, puis en septembre 2014 dans la chronique Pour un débat public sur l’agriculture : Le débat doit porter sur les questions environnementales, économiques, et sociétales. C’est pour envisager collectivement les réponses à ces questions qu’un débat doit s’instaurer au niveau européen, pour préciser ce que nous sommes prêts à accepter, ou pas, en matière de pratiques agricoles, et qui rémunère les agriculteurs, les contribuables (par la politique agricole commune, PAC) ou les consommateurs, au prix réel ? Et enfin, en janvier 2015, L’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen recevait Xavier Beulin, président de la FNSEA pour une conférence sur le thème Quel avenir pour l’agriculture française ? J’étais chargé de débattre avec lui et je lui proposais alors ce débat public… qu’il jugea inutile.

     Mais nous y voilà : du 23 février au 31 mai 2020, la Commission nationale du débat public (CNDP) lance un grand débat national sur l'agriculture, alors que la France doit publier sa stratégie nationale dans le cadre de la nouvelle PAC. La population va être amenée à donner son avis sur ce sujet complexe et important. La CNDP a été saisie par le ministre de l’agriculture, qui doit envoyer sa stratégie nationale à Bruxelles d’ici fin octobre 2020. Pour la nouvelle PAC 2021-2027, chaque Etat est tenu de respecter 9 priorités, c’est une obligation légale :

  • Favoriser des revenus agricoles viables,
  • Améliorer l’adaptation au marché,
  • Améliorer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur,
  • Contribuer à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique,
  • Favoriser la gestion efficace des ressources naturelles,
  • Contribuer à la protection de la biodiversité,
  • Attirer les jeunes agriculteurs,
  • Favoriser le développement dans les zones rurales,
  • Améliorer la réponse du secteur en matière d’alimentation, de santé et de bien-être animal.

     Les choses bougent ! C’est la première fois qu’un grand débat public est organisé en France sur l’agriculture. Ce débat va devoir s’appuyer sur la réponse à 6 questions, en espérant que l’on passera vite du débat à l’action… :

  • Quels modèles pour l’agriculture française ?
  • Quelle agriculture pour 2021-2027 ?
  • Quelle transition agro-écologique ?
  • Qu’est-ce que je mange ?
  • Comment cohabiter dans les campagnes ?
  • Qui décide de la politique agricole ?

     Le débat se déroulera selon 4 modalités :

  • Sur internet, via un site ouvert jusqu’au 31 mai. Chacun pourra y faire une proposition en ligne, ou simplement donner un avis. Les internautes pourront aussi évaluer les 9 priorités de la nouvelle PAC, de «très prioritaire» à «pas du tout prioritaire».
  • Deuxième pilier du débat : une Assemblée citoyenne sur l’agriculture sera composée de 140 personnes tirées au sort, sur le modèle de la Convention citoyenne pour le climat. Ils travailleront un seul week-end, du 27 au 29 mars, pour émettre des propositions.
  • Troisième pilier : 30 débats publics seront organisés dans toutes les régions de France, outre-mer compris, selon un agenda rendu public le 23 février, lors du lancement officiel du débat national à l’occasion du Salon de l’agriculture.
  • Enfin, des débats maison pourront être organisés dans les familles, établissements scolaires et universitaires, entreprises, communautés, selon des règles définies par la Commission.  

     Ces discussions devraient faire émerger les priorités des Français pour l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation. Le compte-rendu définitif du débat sera rendu public le 31 juillet et transmis à l’exécutif. Le gouvernement aura ensuite 3 mois pour publier officiellement sa réponse. Je ne suis pour rien dans cette initiative, mais permettez-moi d’exprimer deux satisfactions : de voir émerger enfin une idée simple, qui aura pris (comme très souvent) seulement 20 ans…, et de constater, une fois de plus, combien l’Europe est prédominante en matière de politique environnementale, quoi qu’on en dise. On attend la suite !

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 12:08

     Nous voilà à la veille d’une série d’élections : municipales et sénatoriales en 2020, départementales et régionales en 2021, législatives et présidentielles en 2022, européennes en 2024.

 

     Bien sûr, en bon citoyen(ne) vous allez voter. Conscient(e) de l’importance des questions environnementales qui sont désormais en tête des préoccupations de la plupart des Français, vous allez déterminer votre vote en fonction de ce critère essentiel. Si vous êtes candidat(e) à l’une de ces élections, vous allez  hiérarchiser vos propositions en plaçant en tête celles qui déterminent notre avenir.

     Electeurs(trices) et candidats(es) vous pourrez être aidés dans votre réflexion par un livre qui évoque des pistes collectives qui doivent être étudiées. Pour revenir aux réalités du moment, lisez donc mon livre « Faire passer le message », une vision personnelle sur les grandes thématiques de l’environnement, qui propose des orientations pour le climat, la biodiversité, les ressources, l’économie et la gouvernance.

Il se pourrait que ce livre fasse l’objet d’une suite prochaine en proposant un texte synthétique et concret, afin de convaincre de la nécessité de s’impliquer personnellement, en tant que consommateur, travailleur et citoyen pour ainsi peser sur les décisions politiques.

Dès maintenant, plus que jamais dans l’actualité, offrez, offrez vous Faire passer le message - Persée, Paris, 2018.- 158 p. - 14€20

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 11:37

     C’est dès le début du XIXème siècle que l’on a pris conscience des menaces qui pèsent sur la nature, et surtout de la nécessité de la « protéger ». C’était le tout début d’un courant de pensée en faveur de la « protection de la nature » qui prendra tout son essor un siècle plus tard, pour aboutir à la création du ministère de la Protection de la nature et de l’Environnement en 1971. La transposition juridique de ces préoccupations a d’abord concerné des espèces animales et des sites considérés comme des « monuments naturels ». Certains ont parlé alors, avec un ton de reproche, de « mise sous cloche » de la nature.

     Au fil du temps, ces conceptions ont largement évolué en fonction de l’évolution des idées et de notre perception de la relation homme-nature. C’est ainsi que progressivement on est passé de la notion de protection à celle de gestion ; et de la notion de milieux sauvages à tous les milieux, y compris ceux qui sont artificialisés. Cette évolution est consacrée dès 1979, avec le lancement d’un programme de recherche du ministère de l’environnement intitulé « connaître pour mieux gérer ». Tout est dit ! C’est ainsi que l’on va appréhender la sauvegarde  de la nature par un concept beaucoup plus large de gestion globale des espaces en prenant en compte l’homme (qui n’est pas toujours un « protecteur » loin s’en faut) avec ses pratiques sociales et technologiques. Cet élargissement de la protection des espaces naturels remarquables aux milieux transformés par l’homme a fait émerger le souci de la « nature ordinaire », ouverture vers une conciliation des objectifs écologiques et de développement des activités humaines. Il n’y a plus, de la sorte, des humains qui abiment la nature et des lambeaux de cette nature protégée sous cloche, mais il y a l’Homme dans la Nature, avec une recherche permanente de conciliation. Dès la fin du 20ème siècle on est passé de la notion de nature à celle de biodiversité et de la notion de protection à celle de conservation de la nature. On en est donc maintenant au concept de « conservation de la biodiversité », un aboutissement. Il ne nous reste plus qu’à le mettre en pratique, chaque jour et partout !

     Après un temps supposé de l’exclusion des hommes des espaces naturels, voici venu celui de la réconciliation. C’est le monde à l'envers qui nous paraît bien prometteur, pourvu que l’on prenne les mesures nécessaires à cela en matière d’aménagement du territoire et d’évolution économique.

     Ce thème sera l’objet d’un prochain colloque qui se tiendra au ministère de l’Ecologie à Paris les 24 et 25 mars 2020, sous le titre « De la réserve intégrale à la nature ordinaire ». Pour plus d’information : http://enqueteur.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/index.php/665994?lang=fr.

 

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 15:45

     A l’image du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), plusieurs collectivités ont déjà pris l’initiative de réunir des groupes d’experts pour mener une réflexion globale sur le climat et envisager des mesures pour y faire face. Ce fut ainsi le cas de New York il y a dix ans, rejoint partout dans le monde par des initiatives similaires, telles les régions Nouvelle Aquitaine et Normandie en France. Ces GIEC locaux ont pour objet de  synthétiser la connaissance et surtout de préconiser des mesures d’adaptation aux évolutions du climat et d’atténuation des effets attendus. Ils doivent permettre d’ajuster la gouvernance aux spécificités territoriales. C’est encourageant, mais il faut aussi remédier aux causes et donc proposer des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre et que ces préconisations soient appliquées par les politiques. Certaines métropoles sont dans le même état d’esprit et mettent en place les structures adéquates, comme la métropole Rouen Normandie.

     Afin de mobiliser au mieux les acteurs locaux, le GIEC peut être accompagné d’une COP21,  déclinaison de la COP21 de l’ONU tenue en 2015. En la matière, l’Accord de Rouen semble être un cas unique en France, signé fin 2018 entre la métropole et ses communes, une centaine d’entreprises et les associations locales, avec création d’un conseil d’évaluation. L’objectif visé est un territoire 100 % énergies renouvelables et la rénovation de l’ensemble du parc immobilier d’ici 2050. Les experts constatent déjà des périodes de canicule plus fréquentes et craignent des risques sanitaires, ce qui démontre bien la nécessité d’associer les citoyens à la démarche. Ces instances nouvelles, GIEC et COP, ne seront efficaces que si elles se libèrent de toutes les pressions diverses possibles. Pour cela un conseil d’évaluation doit être mis en place pour mesurer les effets quantitatifs et qualitatifs des actions effectivement réalisées.

     J’ai proposé à plusieurs reprises, depuis 2017, la proclamation d’un état d’urgence climatique en France, puis en Europe étendu ensuite à l’échelle planétaire ! Ce sera difficile, contraignant, coûteux et privatif de libertés… Cependant des signes de mobilisation et d’engagement sont réconfortants avec la société civile qui s’engage le plus, entreprises, multinationales, villes, territoires. La société civile, donc chacun de nous, doit faire pression sur les états pour passer des effets d’annonce aux décisions effectives. A l’occasion de la COP 25, tenue à Madrid fin 2019, 631 investisseurs mondiaux ont interpellé les États sur leurs engagements climatiques pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Il s’agit de l’une des plus grandes alliances d’acteurs financiers recensée à ce jour pour sensibiliser au réchauffement climatique. Il y a de l’espoir !

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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 16:54

 

     En douze ans, 618 chroniques et micro nouvelles ont été publiées sur ce blog, avec 1 304 commentaires. La fréquentation totale a été de 53 258 visiteurs pour 90 698 pages vues, avec 179 abonnés. Voici le rappel des titres pour 2019 :

  • « Demain l’abeille. La dette humaine » - 8 janvier
  • Le grand débat national, foutaise ou remue-méninges ? 1/4. - 14 janvier
  • Le grand débat national, foutaise ou remue-méninges ? 2/4. - 15 janvier
  • Le grand débat national, foutaise ou remue-méninges ? 3/4. - 16 janvier
  • Le grand débat national, foutaise ou remue-méninges ? 4/4. - 17 janvier
  • Débattre pour ouvrir la voie et non pas gémir ! - 29 janvier
  • Nous l’aurons bien cherché ! - 10 février
  • Résoudre la crise par l’école ! 1/3.- 12 février
  • Résoudre la crise par l’école ! 2/3.- 19 février
  • Résoudre la crise par l’école ! 3/3.- 26 février
  • Voilà les jeunes, enfin ! - 5 mars
  • Il y a dix ans… - 12 mars
  • Jean Delacour, précurseur de l’écologie ! - 19 mars
  • Migrations en devenir ! - 26 mars
  • Merval, conservatoire génétique de la pomme ! - 9 avril
  • Le fiasco du toujours plus grand ! - 16 avril
  • C’est bon pour la santé ! - 23 avril
  • La cocotte bout ! A quand l’explosion ? 1/3. La cocotte bout pour de bon.- 21 mai
  • La cocotte bout ! A quand l’explosion ? 2/3. Pour une transition politique, et pas seulement écologique.- 28 mai
  • La cocotte bout ! A quand l’explosion ? 3/3. Pour éviter l’explosion : l’engagement civique de chacun.- 4 juin
  • Des PNR au label « territoire d’avenir » ! - 2 juillet
  • Nous voulons un monde de robots ou d’Humains ? - 9 juillet
  • Mais pourquoi donc un tel déni ? 1/2.- 23 juillet
  • Mais pourquoi donc un tel déni ? 2/2.- 30 juillet
  •  « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».- 6 août
  • Halte aux feux ! - 10 septembre
  • Petite fessée ou grand coup de pied au cul ? - 16 septembre
  •  « Tant qu’il y aura des pommes ».- 24 septembre
  • Le nuage Lubrizol, révélateur de notre société.- 2 octobre
  • Collapsologie ou résilience ? 1/2.- 9 octobre
  • Collapsologie ou résilience ? 2/2.- 15 octobre
  • A Buchy, un tsunami plastique ! - 29 octobre
  • Lubrizol, et après ? 1/3.- 5 novembre
  • Lubrizol, et après ? 2/3.- 12 novembre
  • Lubrizol, et après ? 3/3.- 19 novembre
  • Le monde à l’envers, une solution pour l’avenir ? - 26 novembre
  • Quand l’histoire sert à anticiper l’avenir… - 3 décembre
  • Douzième année et ça continue ! – 31 décembre

     Merci encore pour vos commentaires toujours nombreux, notamment sur les réseaux sociaux.

 

     Par ailleurs, au cours de l’année 2019, nous avons participé à un certain nombre d’activités :

▪ Publications :

  • 40 publications : 3 articles et 37 chroniques du blog
  • Séances de dédicace de Faire passer le message au Lycée agricole de Brémontier-Merval pour l’Association Brayonne Dynamique,  à la Houssaye-Béranger pour la Bibliothèque, à Beaubec-la-Rosière pour l’association Plantes et Fruits Brayons, à Argueil pour l’Association pour la culture et le patrimoine de Saint-Lucien, au Lycée horticole de Mesnières-en-Bray, au Lycée agricole de Brémontier-Merval pour la Fête de la Pomme.
  • Conférence « Faire passer le message » et dédicace pour le Rotary club de Rouen-Rouvray, à La Poterie-Cap-D’Antifer pour la municipalité.
  • 1 analyse bibliographique pour la revue Etudes normandes

▪ Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen : membre titulaire

  • Communication au colloque « Centenaire du Parc zoologique de Clères fondé par Jean Delacour » sur le thème Jean Delacour, précurseur de l'écologie
  • Rapport pour l’attribution d’un prix littéraire à Jérôme Chaïb pour son livre : La Seine, vie et patrimoine.

▪ Assistance conseil et représentation :

  • Comités de Pilotage des sites Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray et du Bray humide. Préfecture de Haute-Normandie et PETR du Pays de Bray
  • Participation à trois tables rondes environnement avec le président de Région Normandie. Région de Normandie
  • Participation à la réflexion sur le Pôle muséal Beauvoisine : Museum et Musée des Antiquités. Métropole Rouen

     Permettez-moi, chers lectrices et lecteurs, de vous rappeler que désormais, ce blog est un épisodicomadaire ! Bonne année 2020 à toutes et tous.

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