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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 09:05

 

Vingt-et-unième jour de confinement :

     Voilà trois semaines que nous sommes plongés dans cette vie assez surréaliste, en même temps confinés chez nous, un peu ratatinés on pourrait dire, et dans le même temps assistants avec impuissance, à une manifestation de dimension planétaire, parfois emprunte de générosité, mais aussi de marchandages et de buziness pitoyables, à petite échelle ou au plan international... On sent l’angoisse monter de toutes parts. Mais de plus en plus d’environnementalistes, écrivains, politiques mêmes, s’interrogent sur le jour d’après. Des propositions fusent de tous côtés, chacun y va de sa stratégie. Suite aux pénuries que l’on a connues, la première idée qui vient consiste à relocaliser nombre de productions. C’est vrai pour le textile, mais aussi les médicaments, et bien d’autres productions. Outre le fait que les pratiques actuelles pénalisent les entreprises, elles génèrent des transports à travers la planète, parfois totalement délirants. Un exemple avec le lin, dont la Normandie est le premier producteur européen, qui est expédié en Chine pour y être tissé et revient en France pour confectionner des vêtements en haute couture…

     La première leçon est donc de réorganiser notre appareil de production avec le souci de répartition sur toute la planète au plus près des consommateurs. Selon les types de production, il n’est pas indispensable de prévoir des usines gigantesques quand des petites entreprises suffisent. De même il faut revoir la distribution de ces marchandises, en réduisant au minimum les avions et les cargos gigantesques, privilégiant le train et favorisant la desserte locale avec des petits camions. Les monstres en tous genres ne sont plus de circonstance ! Ce nouveau concept prévaut encore davantage pour les denrées alimentaires pour lesquelles le local est un impératif absolu. Des produits qui font des milliers de kilomètres avant d’arriver dans nos assiettes, est une totale aberration énergétique et donc environnementale et qui, de plus, nous rend vulnérables.

     Mais si ces changements constituent un bon début, ils ne suffiront pas. Il ne s’agit pas, après la crise, de repartir comme avant… en attendant la prochaine. La situation actuelle semble bien être un bouleversement lorsque l’on constate dans les décisions gouvernementales que la vie humaine passe avant l’économie. Pourvu que les actes suivent les paroles ! L’économie mondiale est à genoux et certains économistes et financiers, oh stupeur ! assurent que c’est l’opportunité pour un nouveau départ. Essayons d’y croire pour garantir la paix de demain.

A suivre : vingtroisième jour de confinement

 

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 07:57

 

Dixseptième jour de confinement :

     Dans cette drôle d’aventure, les exemples de solidarité sont salués, en regrettant cependant qu’il y ait en même temps des incivilités nombreuses. Il est fait souvent mention du dévouement des personnels soignants et de quelques autres professions. Mais certains se font du souci pour les conséquences psychologiques sur les enfants, question peu abordée, des bambins se considérant, par exemple, « en prison ». Il y a nécessité à prendre en compte le désarroi de certains enfants et aussi d’adultes en détresse psychologique, parce que exposés eux-mêmes ou apeurés par la situation de personnes proches.

     Il est souvent dit, et c’est plus gai, que nous avons là une belle occasion pour réfléchir sur nos « modes de vie délirants »… avec toutefois la crainte qu’après la crise le seul but soit de « remettre tout en ordre » pour repartir comme avant. Des amis craignent même que certains grands patrons de l’industrie et de la finance, à l’origine indirecte de cette crise, ne sortent consolidés de cet épisode. Mais si certains vont « repartir comme en 40 », d’autres vont réfléchir à leur propre vie et celle de leur famille. Cela suppose que l’on ait un autre modèle économique à proposer, ce ne sera pas facile, face à des lobbies omniprésents et des politiques « confinés » dans le court terme et souvent sans vision prospective. Sans en cerner les contours, plusieurs amis souhaitent que la gouvernance soit revue pour être confiée à des « gens responsables ». Mais qui est vraiment décidé à changer de vie, avec moins de pouvoir d’achat, moins de déplacements, moins de consommations en tous genres ? La suite le dira…

     Toutefois, c’est un cri qui est poussé par tous : vivement que tout cela se termine, qu’on revienne à une vie « normale », que l’on sorte du « virtuel » pour se rencontrer « pour de bon ». Mais ne nous y trompons pas, après la crise sanitaire et environnementale, il y aura une crise économique, sans doute sévère, et donc une crise sociale qui pourrait bien conduire à une crise politique… Cela tombe bien, nous avons toutes les élections à refaire d’ici 2024 !

A suivre : Vingt-et-unième jour de confinement

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 11:21

Seizième jour de confinement :

     Comme beaucoup, j’ai saisi cette occasion du confinement pour échanger quelques nouvelles avec les amis. C’est bien agréable de renouer des contacts, de s’assurer que tout va bien et d’échanger sur la situation du moment et les perspectives pour l’après crise. Bien sûr ces échanges révèlent des avis divers, mais de nombreux points communs entre les conversations sont flagrants.

     Tout le monde s’accorde à penser que l’atmosphère est étrange, surtout lorsque l’on sort de chez soi où tout est vide. Nous vivons une expérience à laquelle personne n’était préparé, à la fois sidérante et passionnante à bien des égards, historique même. C’est étrange de se retrouver face à soi-même, seul, en couple ou en famille, comme il y a un siècle, même si les moyens de communication changent la donne. Certains se sentent à l’aise chez eux, mais apeurés dès qu’ils sortent, n’osant même pas se rendre dans un commerce. Personne n’avait imaginé qu’un jour soit exigé un « laisser-passer » pour faire quelques centaines de mètres dans son patelin paumé… Et quelle angoisse à l’écoute des informations sur la progression du virus. Que de questions quand on constate qu’il y a peu, on ne pouvait répondre à l’attente des personnels soignants pour maintenant distribuer des milliards à tout va. Mais où va-t-on trouver l’argent ? Il est tout aussi étrange de constater les effets positifs du confinement en matière de pollutions, bruit ou biodiversité. Nous ne reverrons peut être pas de sitôt le ciel si limpide, sans traces d’avions, ceux-là mêmes qui ont facilité la diffusion si rapide du virus sur toute la planète ! Dans des villes très polluées il y a encore quelques semaines, les Chinois revoient enfin le ciel, ils l’avaient un peu oublié !

     C’est l’occasion de renouer des contacts grâce aux moyens modernes de communication ! Les échanges, par vidéo notamment, sont prétextes à des vidéo-apéros, à répétition parfois, au point que les commerces vont sûrement bientôt être en rupture de stock ! Tout le monde est bien occupé, notamment ceux qui ont la chance d’avoir un jardin qui permet de sortir, se dépenser un peu et profiter du soleil printanier. D’autres découvrent le télétravail avec ses avantages et aussi ses inconvénients. La plupart redécouvrent le temps long et reprennent des activités culturelles un peu oubliées dans l’agitation de notre société.

A suivre : Dixseptième jour de confinement

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 08:51

 

Quatorzième jour de confinement :

     La crise s’amplifie et bat son plein aux Etats-Unis. On ne parle quasiment pas de l’Afrique, mais le peu d’infos que nous avons laisse imaginer le pire. En France on a dépassé les 3 000 morts. Les gestes de solidarité se multiplient, tant mieux ; les vols et escroqueries… aussi, hélas ! Sans compter les attaques verbales de soignants ou autres par des gens à bout de nerf, apeurés et sans aucun respect. Ah l’espèce humaine !… Pourtant, de plus en plus émergent de toutes parts des questions pour l’après crise. On perçoit à la fois le désarroi devant cet ennemi invisible et la prise de conscience que notre monde est au bord de l’effondrement si l’on n’y prend garde. Le sentiment qui semble prévaloir est qu’il faut maintenant tout revoir et la société civile semble bien décidée à y veiller, plus que les politiques. Cela ne peut que me réjouir après 13 ans de cette rengaine sur ce blog…

     En premier lieu on constate l’impatience à régler vite cette crise avec le moins de dégâts possibles, mais aussi la crainte de voir se renouveler ce genre de situation. Il est bien clair maintenant que l’homme a exercé une forte pression sur son environnement, dès le 19ème siècle et surtout au cours du 20ème ; c’est alors que les interactions entre espèces ont été de plus en plus perturbées, en relation notamment avec le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité. Ceci nous invite à penser que l’on ne peut plus continuer sur la même trajectoire. Au risque de le répéter encore et encore, et en simplifiant un peu, il faut bien avoir conscience que la hausse des températures fait fondre les terres gelées des contrées arctiques, ce qui augmente le risque de propagation de pathogènes humains… et donc le risque de nouvelles crises sanitaires. Ceci n’étant qu’un exemple, parmi beaucoup d’autres, des dégradations des équilibres naturels.

     Il ne s’agit pas de faire peur mais d’être lucide : la crise actuelle est sanitaire certes, mais c’est aussi une crise environnementale, avec des conséquences sociales et économiques. Le confinement et l’arrêt des activités humaines qui l’accompagnent, en apporte une forme de preuve a contrario, avec la baisse des pollutions de l’air, des émissions de GES et une biodiversité qui reprend vie, y compris dans les centres urbains.

     La crise planétaire que nous vivons contraint près de la moitié de l’Humanité au confinement, ce n’est pas rien ! Mais c’est une opportunité extraordinaire pour une prise de conscience et ainsi amorcer un virage salutaire dans notre conception du monde !

A suivre : Seizième jour de confinement

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 16:50

Douzième jour de confinement :

     Notre voisin le plus proche est très sympa. On peut se parler et blaguer un peu, d’un jardin à l’autre. Après deux AVC, il bêche un potager immense pour préparer la belle saison. Quel bêcheur ! Il nous fait croire en l’avenir. C’est heureux car l’isolement commence à peser. Je suis de tempérament plutôt solitaire, mais un solitaire qui n’aime pas être seul… Un peu schizo quoi !

      Cela dit, la situation actuelle nous contraint à une certaine solitude et en même temps nous fait redécouvrir une « nouvelle vie » en confinement. La société de consommation nous a conditionné à « avoir plus », à afficher la meilleure image de soi, à être reconnu pour « ses mérites ». Et voilà que, seul ou à deux, dans notre petit nid douillet, on se retrouve face à soi-même… seulement. Comme s’il n’y avait plus de société. Vivre avec soi, tout simplement. Un apprentissage à refaire alors que ce mode de vie était familier à nos grands ou arrière grands parents, surtout en milieu rural. Réapprendre à s’occuper, utilement si possible, à ne pas trop se poser de questions, à profiter de choses simples, humer, déguster, ressentir. Redécouvrir la vie simple, retrouver sa richesse intérieure, être zen ! De quoi mieux vivre avec soi-même, et pour plus tard souhaitons-le, mieux vivre avec les autres.

     Mais bon c’est bien gentil ces réflexions, à l’abri, le soleil inondant le jardin qui s’épanouit à toute vitesse, comme dans un film accéléré, mais la réalité c’est aussi l’Inde rattrapée par ce Covid 19… Voilà maintenant cette population en confinement ! Cela fait près de 3 milliards de Terriens confinés, un bon tiers de la population mondiale. Du jamais vu, c’est sûr. Et cerise sur le gâteau, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU vient de me sortir de mes rêveries : l’Humanité entière est menacée par le virus et l’ONU lance un « plan de réponse humanitaire mondial » jusque décembre, les réponses des pays n’étant pas suffisantes. La nouvelle fait froid dans le dos et augmente encore un peu l’anxiété, mais c’est tout de même une bonne nouvelle pour moi qui rêve d’être d’abord un Terrien. Les problèmes planétaires envisagés et réglés à l’échelle planétaire ! Un rêve.

     Mais non, tout n’est pas désespéré : après la crise il y aura le renouveau, si nous le voulons nous-mêmes ! Les innombrables gestes de solidarité, qui nous tirent parfois des larmes, sont une promesse pour l’avenir.

A suivre : Quatorzième jour de confinement

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 09:47

Dixième jour de confinement :

     Les mesures de confinement se durcissent. Tout cela avec quelques imprécisions et contradictions. La France reste la France, on est rassuré ! Les médecins ne sont pas tous d’accord sur les mesures à prendre, la grogne monte ici ou là et on commence à promettre quelques règlements de compte entre ceux qui survivront au virus, un peu plus tard. Mais on assiste aussi à des élans de solidarité. Nous avons fait nos courses pour une semaine, près de chez nous. Au magasin « de proximité » nous avons croisé 3 personnes ! Il y a donc des survivants. Le soleil et le ciel bleu nous font oublier un temps suspendu et nous invitent à tailler la haie. Quel bon défoulement. Le jardin est ce remède miracle qui, en retrouvant la nature, permet d’oublier les drames pour un temps !

     Mais c’est quoi donc que ce foutu coronavirus ? Les explications sont vagues et la pédagogie particulièrement déficiente. Alors internet vient à mon secours : un virus est une particule microscopique nécessitant un hôte, souvent une cellule, dont il utilise le métabolisme et les constituants pour se dupliquer. Un pirate en somme ! La nature des virus fait débat quant à savoir si ce sont des êtres vivants… ou pas. En fait ce ne sont pas des vivants. Un mystère donc que ce truc là ! Les coronavirus forment une famille qui peut provoquer des maladies chez l’homme. Le Covid 19 est une souche particulière de virus, pas identifiée jusque maintenant, apparue à Wuhan en Chine, en novembre 2019. Depuis, il a fait le buzz ! De nombreux scientifiques assurent que l’explosion de ce virus résulte de la destruction de la nature, avec la modification profonde des équilibres naturels. Il en fut de même, il y a quelques années, avec le virus Ebola, originaire du centre de l’Afrique. Que nous réserve l’avenir, en particulier avec la fonte du permafrost des régions arctiques dont on dit qu’il pourrait libérer virus et bactéries…

     Tout cela est un peu anxiogène. Mais dans le même temps, on constate un peu partout que les émissions de gaz à effet de serre diminuent, bien plus que ce qui était programmé, les pollutions de l’air sont en baisse et la biodiversité reprend du poil de la bête en de nombreux endroits ! Horreur, ici ou là, il se murmure que l’on aurait repéré un autre virus, le plus redoutable de tous, un méga prédateur cette fois-ci ! Il aurait pour nom Homo sapiens

     La question se pose déjà : après cette crise unique depuis la grippe espagnole de 1918, que sera le « jour d’après » ? La grande récréation des deux siècles de l’Anthropocène serait bien terminée !

A suivre : Douzième jour de confinement

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 09:07

 

Neuvième jour de confinement :

     Je suis donc dans un petit village brayon depuis une semaine, avec ma compagne. Nous sommes venus là pour être les plus isolés, avec le minimum de contacts. Pari réussi, nous n’avons vu personne de la semaine ! Nous sommes bien, avons tout ce qu’il faut pour une semaine, nous pouvons nous aérer dans le petit jardin, mais l’atmosphère est étrange… On ne sort pas et guettons les rares voitures qui passent. Il en est ainsi pour tous les habitants du village. J’ai parfois l’impression d’être dans un zoo, les animaux en cage c’est nous, les visiteurs se sont les oiseaux, moineaux, rouges gorges, mésanges, tourterelles, pies, merles, corneilles et les écureuils, mais qui ne s’intéressent guère à nous. Je me dis qu’être un animal de zoo, ce ne doit pas être drôle tous les jours…

     Face à cette situation, pour beaucoup de dirigeants, mais aussi de simples citoyens, l’urgence est d’épargner des vies, mais aussi de sauver l’économie, en train de s’effondrer tout doucement. Et là, tient donc… les états dérogent aux règles budgétaires, on peut dépenser sans limite pour contrer le ralentissement de l’économie, on ne regarde plus les déficits déjà colossaux… Pourtant certains, plus conscients des réalités que d’autres, réagissent comme ces 45 députés Français qui voulaient amender la loi sur l’état d’urgence sanitaire, en prévoyant de réfléchir à un « Grand plan de transformation de notre société en faveur du climat, de la biodiversité, de la solidarité et de la justice sociale » post-crise. Mais ce texte insupportable a été rejeté sans débat. Pas de temps à perdre ! Certes le Président de la République « tirera les leçons de la crise », mais… pourquoi un débat de plus ? Et encore un rapport ?

     Etrange atmosphère ! Tant que l’on n’est pas concerné personnellement, tout est « normal ». Ici tout va bien à la maison, on peut manger, lire, regarder la télé, profiter de son temps libre, si ce n’est de ne pas sortir… C’est ce que vivent 1,7 milliard de Terriens maintenant ! La mondialisation en direct live ! Consolons-nous, la situation est tout de même cool par rapport à ce que serait un gros accident nucléaire. Soyons cyniques : la Normandie offre de belles opportunités en la matière avec 3 centrales, un centre de traitement des déchets et un EPR en construction… Dans ce cas, on serait confinés, mais ne pourrions plus consommer que des produits irradiés, il n’y aurait sans doute plus d’électricité, donc plus de télé, plus d’internet, un isolement total !... On vit une époque formidable !

A suivre : Dixième jour de confinement

 

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 08:56

     En attendant mieux, nous relatons cette aventure folle que nous vivons, avec quelques points de vue personnels :

Huitième jour de confinement :

     Voilà une semaine que nous sommes confinés, depuis le 17 mars 2020. Nous venons de découvrir une expérience unique. La situation présente, tout à fait exceptionnelle, est sérieuse, mais pas si inattendue. Même si des épisodes sanitaires ont pu être encore plus redoutables autrefois, je crains pour ma part, que nous n'en soyons qu'au début de ce genre "d'incident" en relation avec les crises écologiques que nous traversons, tant en relation avec le dérèglement climatique que l'érosion de la biodiversité, avec leurs impacts sanitaires, sociaux et économiques.

     Lorsque j’ai vu à la télé les images de Wuhan en Chine, confinée et donc déserte, j’ai été stupéfait de penser que l’on pouvait arrêter ainsi, d’un coup d’un seul, une ville de 10 millions d’habitants. Ma première pensée a été de me dire que cela était possible en Chine, où les gens, disciplinés face à un régime autoritaire, obéissent au coup de sifflet… mais que c’était tout simplement impensable en France, pays de rouspéteurs contestataires. Et voilà que, quelques jours après, le « général » Macron intervient solennellement à la télé, déclare avec insistance que « nous sommes en guerre » et décrète le confinement des Français. Oh stupeur, il y a bien eu quelques inconscients, quelques rebelles, mais de jour en jour la France s’arrête, magasins et usines fermés, circulation stoppée en ville, tout le monde à la maison ! Depuis, la situation s’aggrave tous les jours et on constate que le confinement est une réalité, que les Français se réfugient chez eux et obéissent !

     Nous voilà en situation assez surréaliste… Un romancier de science-fiction aurait peiné à inventer un tel scénario décrivant un pays de contestataires virant soudainement en régime autoritaire, sous la pression d’évènements majeurs, et tout cela avec un assentiment quasi général de la population. La réalité dépasse la fiction ! Voilà une bonne occasion de se retrouver soi-même, de réfléchir à notre société, notre façon de vivre, nos évolutions à envisager… individuelles et collectives.

     Tout cela est étrange. Mais patientons, on en verra bien le bout. Comme l’a dessiné Philippe Geluck, à propos des réticents au confinement : il vaut mieux être des confinés que des cons finis. Chacun choisira son camp dans cette aventure !

A suivre : Neuvième jour de confinement

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 17:07

     Depuis 2015, les sécheresses répétées ont fragilisé les forêts françaises, occasionnant des dommages. L’accélération du dérèglement climatique pose la question de leur adaptation : pendant l’été 2019, 73 départements étaient en restriction d’eau. La situation de l’Australie, située en grande partie en zone tropicale, n’est pas comparable, mais les incendies de 2019-2020 ont marqué les esprits. Résultant en grande partie des sécheresses, ces incendies ont détruits de l’ordre de 18 millions d’hectares (équivalent à la totalité des forêts françaises), mettant en péril la biodiversité et générant des pollutions importantes de l’air et des eaux superficielles.

     En France, depuis quelques années on a pu constater des mortalités d’arbres sur plusieurs milliers d’hectares, souvent provoquées par des attaques de parasites (insectes et champignons) dont les populations augmentent avec la température. Ces impacts du climat font l’objet de recherches qui visent à accroître la résilience des forêts, sachant que l’adaptation naturelle prend du temps alors que le climat évolue très vite. Les voies de recherche portent sur la sélection d’individus résistants, la génétique ou la plantation au nord de la France d’essences du sud, sachant que tout cela reste incertain en termes de résultats. Le recours à des essences exotiques est aussi envisagé, mais présente le risque d’introduction de parasites qui pourraient être redoutables. Une fois de plus on constate le résultat des pratiques « modernes » qui ont privilégié l’économie plutôt que l’écologie, en multipliant les peuplements forestiers monospécifiques, ce qui en fait a affaibli la résilience des arbres. Il est urgent de revenir à des peuplements mélangés, en prenant en compte aussi la microflore des sols, en somme revenir à des forêts « naturelles ». La nature n’est pas une usine !

     Les menaces sont perceptibles depuis plusieurs décennies et se multiplient à mesure que les températures augmentent. Il y a donc urgence à adapter les pratiques forestières aux modifications du climat. Le gouvernement français envisage, face à cette crise, de réformer l’ONF (Office national des forêts, créé en 1964 à la suite des Eaux et forêts). Sans doute y a t’il des adaptations à apporter à une structure ancienne, mais la privatiser en partie pour permettre une meilleure adaptation à l’économie est-elle une bonne idée ? Il n’est pas sûr, en effet, que les deux siècles de maturation des chênes ou hêtres s’accomode du court terme requis par la « rentabilité financière » dans un contexte de dérèglement climatique et d’érosion de la biodiversité…

     Pourrait-on imaginer de laisser les forêts, au moins en partie, évoluer librement, comme le propose le Conservatoire d'espaces naturels Normandie Ouest qui a lancé un programme régional d'espaces en libre évolution. Cette démarche rejoint celle déjà proposée sur ce blog qui consisterait à revoir le monde à l’envers, une façon de concerner et responsabiliser les citoyens. L’initiative de la Métropole Rouen Normandie est aussi à signaler : les forêts qui constituent 30 % du territoire de la métropole font l’objet d’une concertation citoyenne pour discuter avec la population de la gestion actuelle et future des forêts dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle Charte forestière de territoire.

     Rappelons le, nous aurons bientôt des clés pour agir : après « Faire passer le message » voilà la suite pour inviter à l’action avec « Les clés de notre avenir » : un texte synthétique et concret,  afin de convaincre de la nécessité de s’impliquer personnellement, en tant que consommateur, travailleur et citoyen pour ainsi peser sur les décisions politiques relatives, notamment, au dérèglement climatique, à l’érosion de la biodiversité et la gestion des ressources.

     En voici un extrait avec la proposition N° 18 Protéger et restaurer les forêts.

          … La reforestation doit permettre de favoriser la biodiversité et aussi d’absorber le dioxyde de carbone en la conciliant avec une vocation de production…

(Les clés de notre avenir - Persée, 2020.- 100 p.10 €). A paraître courant juin.

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 11:38

 

     Nous voilà en situation assez surréaliste… Un romancier de science-fiction aurait peiné à inventer un tel scénario décrivant un pays de contestataires virant soudainement en régime hyper autoritaire, sous la pression d’évènements majeurs, et tout cela avec un assentiment quasi général de la population. La réalité dépasse la fiction !

Voilà une bonne occasion de se retrouver soi-même, de réfléchir à notre société, notre façon de vivre, nos évolutions à envisager… collectives et individuelles.

     Ce blog n’a pas tout dit, n’a pas tout prévu, il ambitionne seulement de faire réfléchir… depuis 13 ans ! Avec plus de 600 chroniques, brèves, faciles à lire. Un sujet vous taquine ? Allez sur le blog www.michel-lerond.com, colonne de gauche, rubrique « recherche », tapez un mot clé ou une expression brève puis cliquez sur « recherche », ce qui vous donne les liens avec les chroniques qui abordent ce sujet. De quoi s’occuper pendant… environ 3 à 4 mois !

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