Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
  • Contact

Profil

  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

Recherche

Catégories

1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:05

Le parlement, le 23 janvier 2014, a interdit les pesticides dans les espaces verts publics et les jardins particuliers. Mais l’application n’interviendra qu’en 2020 et 2022 et fort heureusement ils resteront autorisés en agriculture, sous le nom de « produits phytosanitaires ». Les « phytos » représentent un marché important en France, environ 110 000 tonnes par an, dont 100 000 tonnes pour l’agriculture, soit un chiffre d’affaires de 6 milliards € pour l’Europe, la France étant le premier utilisateur. La vigne, qui occupe un peu moins de 4 % de la surface agricole utile, consomme 20 à 30 % des pesticides. Bien que la sophistication poussée des substances actives fasse craindre une diminution des doses, les tonnages utilisés continuent d’augmenter. Nous sommes face à une industrie florissante, élément déterminant pour la compétitivité de la France et donc facteur de croissance. 

Bien sûr, les « phytos » ont une incidence sur la santé des utilisateurs, ou des consommateurs de produits traités. L’étude épidémiologique de la Mutualité Sociale Agricole révèle que certains agriculteurs « bénéficient » d’un cancer de la prostate, ou des poumons, on d’une maladie de Parkinson. Mais il faut positiver et voir tout cela comme un élément dynamisant pour le secteur médical, surtout les laboratoires pharmaceutiques. Les viticulteurs sont tout particulièrement concernés par des troubles de la reproduction ou des malformations congénitales qui n’ont pas encore trouvé de solutions thérapeutiques. C’est un fort encouragement à la recherche médicale, qu’elle soit publique ou privée. Tout ceci est bon pour l’économie, sans compter que la mortalité s’en trouve augmentée et que les prévisions de croissance du secteur funéraire se situent aux alentours de 2 % pour atteindre 2 milliards €/an, un marché promis à un bel avenir !

C’est une sage décision que de retarder les décisions autoritaires sur l’usage des « phytos ». Il ne faut pas entraver le développement de secteurs aussi importants que ceux là. On peut donc comprendre que plusieurs dizaines de produits soient maintenus sur le marché malgré un avis défavorable de l’ANSES. Après tout, ces produits servent à protéger les récoltes, par exemple les insecticides éradiquent les insectes vecteurs de maladies ou de dégâts comme les cicadelles, il est donc bien normal qu’un viticulteur « résistant », parce que soit disant « bio », connaisse quelques démêlés avec la justice ! 

Mais que dites-vous, je vous entends mal. Vous êtes agriculteur en mode intensif et vous avez un cancer du poumon. Vous êtes en chimio et ne pouvez plus travailler. Votre fils n’est pas disposé à reprendre l’exploitation et votre fille est stérile. Tout çà est bien embêtant effectivement, mais on ne peut tout de même pas sacrifier l’intérêt collectif à des intérêts personnels ! Allons voyons, pensez à la croissance tout de même !


Et pour en sortir, n’oubliez pas la publication d’une centaine de chroniques  2010-2012, pour esquisser des propositions d’action : LEROND, Michel.- C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- Paris : l’Harmattan, 2013.- 156 p.

Editions l’Harmattan http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=result&ntable=0&andor=OR&artiste=michel%20lerond&motExact=0&orderby=titre&ordermode=ASC et dans toutes les bonnes librairies.

Partager cet article
Repost0
25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 08:33

« L’envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète » en appelle aux autorités religieuses devant l’inertie des dirigeants politiques. Celui-ci craint, en effet, que les négociations sur le climat devant se tenir à Paris en 2015, n’échouent. Voilà bien une information surprenante !…

Mais qui est donc cet envoyé spécial ? Nicolas Hulot, le président de la Fondation pour la Nature et l’Homme. Cet envoyé spécial a été nommé par François Hollande fin 2013 afin de mobiliser la communauté internationale sur la crise écologique et promouvoir les valeurs de la France en matière de protection de la planète, la mission étant bénévole. Cette mission prend un sens particulier dans la perspective de 2015, année où la France doit accueillir la 21ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur le Changement climatique.

De retour de la conférence de Varsovie sur le climat, un échec, Nicolas Hulot se rendait au Vatican fin 2013 où il a évoqué avec la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège les questions d’environnement, et notamment la perspective de la conférence sur le changement climatique.

En amont de cette rencontre, Nicolas Hulot avait déclaré à L'Osservatore Romano, que La crise climatique conditionne tous les enjeux de solidarité humaine auxquels l’Eglise est très attachée. Les Eglises, et l’Eglise catholique en particulier, peuvent nous aider à démontrer la dimension humaniste par excellence de cette cause. Je souhaite par mes rencontres appeler l’attention du Saint-Siège sur la nécessité urgente d’un acte symbolique qui porte ces écrits à la connaissance des chrétiens et des opinions publiques à travers le monde.

Nicolas Hulot ne croit plus aux responsables politiques et espère que les autorités religieuses pourront susciter un sursaut de conscience. Il convient que c’est une démarche, à la fois, d’espoir et de désespoir… en tenant, toutefois à s’adresser à toutes les religions, persuadé que les écologistes et les églises peuvent se rejoindre sur la dénonciation du consumérisme.

Il se trouvera bien une religion pour nous inventer un enfer écologique, qui peut-être, contribuera à ramener les brebis égarées vers une nature sacralisée !

Partager cet article
Repost0
18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 08:14

A tort ou à raison, le futur apparaît anxiogène, notamment pour les Français. Cette situation ne manque pas de paradoxes, au moment où, certes la précarité s’étend et la pauvreté gagne du terrain dans notre pays, mais la grande majorité des gens dispose de tout ce qui est nécessaire à son confort et ses loisirs, sans toujours en avoir une conscience claire. Cette situation est certainement à l’origine de radicalisations diverses, qu’il s’agisse de syndicats, partis politiques extrêmes, ou religions.

On rabâche à tout va que notre société est de plus en plus égoïste, ce qui est vrai parfois, mais aussi contredit chaque fois que se manifeste un élan de solidarité après une catastrophe, par exemple. Trop souvent, chacun dans sa sphère se sent contraint, brimé, voire martyrisé, ce qui génère des réflexes de défense, de revendication, parfois bien au-delà des réalités ou du simple bon sens.

C’est qu’en fait, chacun se fait une idée de sa vie, de la société, qui soit le plus possible à son avantage, et donc avec un certain égoïsme, c’est vrai. S’il en est ainsi c’est sans doute parce que nous manquons d’un projet commun qui permettrait à chacun de se sentir impliqué, acteur et bénéficiaire à la fois. Il nous faut repenser la vie en société, le vivre ensemble, le sens du travail, les relations de voisinage, le partage des richesses afin de se sentir solidaires d’un destin commun. Pourquoi donc toujours opposer le centre ville et les banlieues, Paris et la « Province », l’urbain et le rural, les riches et les pauvres… Ne serait-il pas possible de trouver des synergies, des complémentarités entre les composantes de notre société ? Cela s’amorce ici ou là sur le plan économique avec l’économie circulaire, ou l’économie sociale et solidaire, montrant parfois que des formes d’économie non marchandes peuvent générer d’autres systèmes. Cette évolution passe nécessairement par l’école qui doit s’ouvrir davantage plutôt que faire le photocopieur du système existant…

Il faudrait aussi faire davantage, notamment sur le plan de la culture, des cultures devrait-on dire dans une France, justement multiculturelle. L’humain doit être central dans ce projet commun, et pour cela il y a peut être des préalables si l’on songe qu’actuellement sur la planète, 1 % de l’humanité possède de l’ordre de 80 000 milliards d’euros, c'est-à-dire autant que les 99 % restants…

Partager cet article
Repost0
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 10:48

Les discours finissent par nous fatiguer. C’est l’apanage du monde politique et particulièrement de nos présidents. Un ouvrage (Marc-Ambroise Rendu, Des cancres à l’Elysée : 5 présidents face à la crise écologique, Jacob Duvernet, 2007) soutient la thèse que, malgré les informations dont ils disposaient, ils ont tous été des cancres en matière environnementale… Les enjeux économiques l’ont toujours emporté sur les enjeux écologiques, ce qui traduit bien les courtes vues des dirigeants. Depuis 1959, tous les présidents restent dans la tradition française, très formatée par les concepts judéo-chrétiens, qui place l’homme au centre de l’univers pour le gouverner et asservir la nature. Ils croient les ressources inépuisables et la croissance économique est leur objectif permanent, sans jamais avoir le souci de la relation obligée de l’Homme avec la nature.

De Gaulle n’a rien vu venir des crises environnementales. Pompidou crée un ministère de l’environnement, dès 1971, en précisant sauver la nature habitée et cultivée, mais la conférence de Stockholm de 1972 l’indiffère totalement. Giscard d’Estaing s’intéresse plutôt au développement de l’énergie nucléaire. Le chasseur qu’il est aime la nature, mais comme repaire à gibier et les crédits de l’Etat pour l’environnement baissent de 40 % par rapport à l’époque Pompidou. Quant à Mitterand, il a la conviction que la science portera remède à tout, et donc il n’y a pas de problème environnemental. Il inaugure 38 des 58 réacteurs nucléaires existants aujourd’hui. La loi littoral sera votée en 1986, mais le décret d’application sort en… 2000. Le petit-fils de paysan qu’est Chirac garde un intérêt pour la vie rurale, mais pas pour la nature. Il évolue vers une « écologie humaniste » et prononce de beaux discours. Sarkozy fait de l’écologie un cheval de bataille et lance le Grenelle de l’environnement tout en tenant deux discours incompatibles, à la fois sur les méfaits de la croissance et sa nécessaire accélération. Comme la majorité des socialistes, Hollande n’a pas un engouement phénoménal pour l’environnement, bien qu’il ait pris quelques initiatives en faveur de la transition énergétique… à peu près sans lendemain.

Mais alors, comment s’étonner que, selon le Cevipof, les ¾ des Français considèrent que la distinction gauche-droite ne signifie plus rien dès lors que nous vivons dans une société du risque avec une belle indifférence des grands élus du pays. Un sondage de janvier 2014, réalisé par Ipsos-Steria révèle même que seulement 8 % des Français font confiance aux partis politiques et 23 % aux députés. Mais où sont donc les parlementaires qui doivent non seulement voter les lois, mais vérifier leur application et les évaluer. C’est bien à nous, citoyens, qu’il revient de ne plus écouter les discours démagogiques, de ne plus voter pour les cumulards de mandats et d’exiger une vraie « rentabilité politique » des parlementaires. Ce sera cela… ou les extrêmes. A chacun de choisir !

Partager cet article
Repost0
4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 08:12

Il y a quelques temps « Des racines et des haies » suscitaient des réactions très positives, notamment celle de Forestiers du Monde. Cette association, créée en 2003, contribue à la gestion durable des forêts et à la valorisation du matériau bois et des produits forestiers. Elle développe son action autour d’animations de terrain, d’expositions et de projets pédagogiques. Fondée par six forestiers en Bourgogne, elle s’investit au niveau régional, mais aussi aux échelles nationale (17 départements) et internationale (Costa Rica, Cameroun et Madagascar). C’est dans cet esprit qu’elle a conçu le guide pédagogique « Bâtir la forêt. Ensemble développons la biodiversité et luttons contre l’effet de serre ».

C’est à l’appui de ce guide qu’une forêt de 4,7 hectares a été plantée avec le concours d’une vingtaine d’élèves en Côte d’Or, par exemple. Il faut dire que ce guide est particulièrement bien conçu, en lien avec le programme officiel de l’Education nationale. Après des données générales sur la forêt, des fiches très didactiques sont proposées pour analyser le projet à réaliser. Puis d’autres fiches permettent de définir les objectifs en fonction des potentialités du lieu. Enfin, un programme d’actions peut être élaboré pour préciser les essences à planter, leur densité, la protection des jeunes plants, etc.

Plus qu’un simple apport de connaissances, ce guide constitue un apprentissage à l’élaboration d’un projet, avec des fiches très attractives, prévues pour être complétées par des notes ou des dessins et rappelant systématiquement le lien avec le programme scolaire, que ce soit en sciences expérimentales bien sûr, mais aussi la géographie, les mathématiques, la lecture ou même l’instruction civique. Un très beau travail de forestier et de pédagogue !

Ce sont des initiatives comme celle-ci qui redonnent de l’espoir et d’une certaine façon répondent à notre appel déjà ancien sur la façon d’apprendre la nature ! Ne voilà-t-il pas en effet un moyen de rejoindre ces « Green School » de Bali, Inde ou Chine ?

« Choisis ton futur ».

Contact : Forestiers-du-Monde.France@sfr.fr

Partager cet article
Repost0
25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:34

C’est une discussion récurrente de café du Commerce : combien ça coûte et qui va payer ? Eternelle interrogation qui suscite des commentaires à n’en plus finir, d’autant plus si l’on doit payer soi même ! Comme, dans bien des cas, on économiserait pas mal d’énergie et de sottises si l’on prenait la peine de s’informer et d’abord de se poser les bonnes questions. En effet, on ne connaît pas beaucoup de choses qui soient gratuites, puisqu’elles ont obligatoirement un coût que quelqu’un doit supporter, même si ce n’est pas nous… D’ailleurs, lorsque c’est gratuit pour nous, c’est que la charge en est supportée par les autres, le plus souvent… Il en est ainsi des discussions, revendications, pétitions interminables pour protester, par exemple, contre le prix bien sûr exorbitant, des transports en commun, du ramassage scolaire, des frais de cantine, ou encore des consultations médicales et des médicaments, etc. Sans parler des impôts !

Selon les villes et les situations, le prix du billet de transport en commun est de l’ordre de 10 % du coût réel… Le ramassage scolaire, jusque là gratuit, coûte de l’ordre de 60 € par élève et par an, dont 10 € en moyenne à charge des familles… Un repas de cantine scolaire est facturé de l’ordre de 3 € par repas, pour un coût réel du triple… La santé, dans certains cas, comme un cancer du sein par exemple, revient entre 40 et 70 000 €, mais est pris en charge à 100 %. Ce sont, bien sûr, les contribuables qui payent la différence, ce qui est normal dans une société avancée et solidaire. Mais, pour autant, doit-on aller à la gratuité absolue de toutes sortes de services indispensables, ou bien exiger une part, même modeste, de contribution ? C’est une vraie question, surtout quand la dette est maximale, l’économie au ralenti et les besoins grandissants…

Pour cela il faut d’abord économiser. Sur les services publics sans doute, et peut être aussi sur le fonctionnement de nos institutions. Il serait laborieux de les passer toutes en revue, mais regardons le Sénat par exemple. C’est une des deux assemblées du Parlement, qui a perdu beaucoup de ses pouvoirs puisqu’en cas de désaccord avec l’Assemblée nationale, le Premier ministre peut donner le dernier mot à celle-ci. En clair, le sénat ne sert quasiment plus à rien…

Mais combien ça coûte le Sénat ? Cette assemblée compte 348 sénateurs qui perçoivent une indemnité mensuelle de 7 100 € + une indemnité représentative de 6 400 € + 1 à 3 collaborateurs rémunérés, ensemble pour 7 500 € par mois + quelques avantages en nature (courrier et train gratuits). A cela s’ajoutent les frais de fonctionnement, soit un total annuel de 323 millions d’euros supportés par l’Etat. Tiens donc, je vais évoquer une possibilité d’économie avec le prochain parlementaire que je rencontre et l’interroger sur sa conception de la solidarité !

Partager cet article
Repost0
18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 08:19

Il n’y a pas si longtemps, en octobre 2011, l’ONU annonçait que la planète comptait désormais 7 milliards d’habitants. Puis on a envisagé l’hypothèse de 9 milliards en 2050 et voilà que l’on s’interroge pour savoir comment faire si l’on atteint 11 milliards vers la fin du siècle… Eh oui, parce que les prévisions des démographes s’avèrent trop optimistes, ils avaient projeté une stabilisation de la population mondiale et il n’en est rien ! Ainsi en 2012, la population a augmenté de 82 millions d’individus, soit la plus forte augmentation depuis 1994. C’est la fécondité qui a bouleversé les prévisions, bien plus élevée que prévu, notamment dans les pays en développement (8 milliards d’habitants prévus pour 2050) et tout particulièrement en Afrique subsaharienne où la moyenne est d’un peu plus de 5 enfants par femme. C’est pourquoi on envisage que le Nigeria puisse devenir le deuxième pays le plus peuplé au monde à la fin du siècle. Dans le même temps les pays développés vont connaître une baisse de leur population, qui pourrait être de l’ordre de 15 % d’ici 2100.

Si l’on songe qu’actuellement, l’Inde et la Chine comptent ensemble 2,5 milliards d’habitants, soit près du tiers de la planète, cette évolution ne sera pas sans poser nombre de questions quant à l’équilibre du monde, que ce soit sur le plan démographique donc, mais aussi économique, culturel et bien entendu, environnemental.

Par exemple, et sous réserve d’approximations statistiques, il y aurait actuellement 2,4 milliards de terriens (1/3 !) qui n’ont pas accès à l’eau potable, et 4 milliards (presque les 2/3 !) qui consomment une eau « douteuse » quant à sa potabilité. Bien que l’accès à une eau potable concerne de plus en plus de monde, les pourcentages restent identiques en fonction de l’évolution de la démographie. C’est donc une course incessante pour garantir l’accès aux ressources en eau dans de bonnes conditions et surtout pour limiter les risques sanitaires, un cauchemar quotidien dans certains pays en développement.

Sans doute y a-t-il une limite à cette croissance de la population, en fonction des ressources disponibles qui, elles, sont « finies », on ne le dira jamais assez. De nombreux démographes appellent à ce que soit levé le tabou sur ces questions, faute de quoi la croissance démographique pourrait générer une déstabilisation majeure liée à des pénuries alimentaires et en eau, pour le moins.

Nous sommes une espèce très féconde, certes, mais peut être faudrait-il songer à nous reproduire un peu moins si nous voulons éviter que des régulations beaucoup plus cruelles ne se mettent en place, par les Hommes eux-mêmes, à moins que la nature ne s’en charge…

Partager cet article
Repost0
11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 08:03

Depuis la loi de décentralisation de 1982, nous n’avons cessé de nous interroger sur l’organisation du territoire français, mais surtout de créer de nouvelles structures, ou d’envisager des suppressions,… sans décider grand chose. Maintenant c’est la valse des hésitations, avec remise en cause… des remises en cause. Certains élus s’opposent à une perte de pouvoir, au non-cumul des mandats et à la perte des indemnités qui vont avec... Sans doute cette question n’est-elle pas simple, mais tout de même, est-ce que cette impuissance politique ne devient pas, à la longue, un peu fatigante et déstabilisante pour le pays.

On le sait, les Français sont schizophrènes, demandant moins d’impôts et plus de services publics, rejetant la « classe politique », mais souhaitant des dirigeants autoritaires… pour les autres. Il y a un temps pour la concertation et la contestation, il y a un temps pour la décision. En somme, il faut tout changer, mais sans rien bouleverser, parce que les Français se plaignent que tout va mal, mais rechignent à changer. Essayons-nous à cet exercice acrobatique qui consiste à laisser tout en l’état, mais en changeant tout !

D’abord l’Etat. Qu’on réduise son rôle aux missions régaliennes dans un contexte de gouvernement européen, qui reste à inventer. Le reste doit être transféré aux Régions, élargies dans leur territoire et leurs missions. Une dizaine devrait suffire amplement, sous contrôle de l’Assemblée nationale. Les Départements deviennent des subdivisions des Régions et l’ensemble est géré par les conseillers régionaux. Au sein des Départements, le territoire est structuré en Communautés de communes, élargies, afin de donner de la cohérence aux actions liées à l’utilisation de l’espace notamment. Dès lors les Pays et les Parcs naturels régionaux, territoires d’expérimentation, n’ont plus lieu d’être puisque leurs politiques innovantes sont désormais appliquées sur tout le territoire régional. Tous les syndicats intercommunaux disparaissent et leurs missions sont reprises par les Communautés ou les Départements, en fonction de la cohérence territoriale. Les grandes communautés urbaines deviennent Métropoles. Les Communes sont conservées, en tant que micro-territoires de proximité, assurant les missions d’animation locale et de citoyenneté rapprochée (état civil, relations de voisinages, etc.). On réduit ainsi le mille-feuilles à quatre niveau : Etat, Région, Communauté de communes et Communes, plus l’Europe bien entendu. Les habitants élisent des conseillers municipaux, dont les « mieux élus » sont de fait conseillers communautaires. Les conseillers régionaux sont élus par circonscription correspondant aux Communautés ou aux départements. Il va de soi que cette structuration ne peut supporter aucun cumul de mandat.

Oui je sais, je rêve, mais au 22ème siècle, qui sait…

                

Partager cet article
Repost0
4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 08:29

La rénovation de la galerie de botanique du Museum national d’histoire naturelle de Paris s’est accompagnée de la remise en valeur et de la numérisation des collections. C’est ainsi un trésor national qui vient d’être sorti de l’oubli. Les herbiers du Museum national recèlent environ huit millions de plantes, champignons, algues et lichens, soit le plus important échantillonnage de la flore mondiale !

Ces plantes ont été rapportées d’expéditions effectuées dans le monde entier depuis des siècles. C’est dire si cet Herbier national est unique et d’une importance capitale pour témoigner de l’évolution de la biodiversité. Ces trésors ne sont, bien sûr, accessibles qu’aux spécialistes mais une exposition permanente est ouverte à la galerie de Botanique, 16 rue Buffon, à Paris. Il aura fallu cinq ans pour en arriver là, en particulier pour numériser les informations, ce qui fait de cet herbier un outil primordial puisqu’il compte 500 000 types référentiels pour la description des espèces au niveau mondial.

Ce grand nettoyage vient ainsi combler un certain « retard » puisque 1,4 millions de spécimens étaient demeurés dans leur conditionnement d’origine, souvent un simple papier journal, depuis le retour d’expéditions parfois très anciennes. C’est une opération qui a coûté un peu plus de 26 millions d’euros. L’étape suivante, pour le Museum national, va consister à élargir cet inventaire à l’ensemble des collections d’histoire naturelle et notamment aux autres herbiers du pays.

Pour notre part, nous avions lancé l’idée d’un recensement des herbiers de lichens des musées et jardins botaniques de France en 1979, ce qui a permis d’identifier 81 herbiers (Recensement des herbiers de lichens des musées et jardins botaniques de France.-Bull. Liais. Mus. Hist. Nat., 1980, 43 : p. 7-13). Un peu plus tard cet inventaire a été élargi, avec le concours du Museum national et des Universités et surtout de l’Association Française de Lichénologie, ce qui a permis de recenser 391 herbiers, dont 243 au Museum national, un tiers datant de la seconde moitié du 19ème siècle (Inventaire des herbiers français de lichens.- Cryptogamie, Bryol. lichénol., 1987,8 (1) : p.1-25.). Depuis, notre herbier personnel a été déposé au Museum de Rouen.

Si l’on considère que c’est au 17ème siècle que l’on a commencé la réalisation d’herbiers, c’est bien là un patrimoine scientifique qui vient ainsi d’être rendu plus exploitable, avec tout ce qu’il apporte de possibilités de révisions systématiques, d’études morphologiques, d’écologie historique par les comparaisons possibles avec la végétation actuelle.

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 08:28

Yves et Mary en étaient persuadés, les haies constituaient une caractéristique essentielle du paysage dans lequel ils vivaient. Jo allait même plus loin en affirmant que les haies faisaient partie du patrimoine et à ce titre méritent toute notre attention bienveillante. Quant à Marditt il continuait à répéter son slogan favori pour sauver les haies, brûlons-les !  Il se trouva dans la contrée quelques attardés pour prendre la phrase au premier degré et ils brûlèrent le peu de haies qu’il leur restait. ça fera plus propre, qu’ils ont dit… Comme il faut tout expliquer, Michel-Jean retint sa colère pour bien détailler le sens du slogan de Marditt : si on exploite la haie pour en faire du bois de chauffage, en bûches, plaquettes ou granulés, il faudra la gérer pour qu’elle produise de quoi alimenter la chaudière sur des décennies. Et dans ce cas, il faudra maintenir les haies en place et donc les sauver ! T’aurais pu nous le dire avant, s’exclama le brûleur de haies, je les aurais gardées si ça rapporte ! 

Guy et Jérôme, l’un écolo, l’autre agriculteur, tenaient le même langage : non seulement il faut sauvegarder ce qu’il reste de haies, mais il faudrait même en replanter, en expliquant bien qu’il s’agit là d’une culture qui rapportera à terme. Jeanne-Marie et Annick étaient du même avis en mettant en garde contre les TCR (taillis à courte révolution) qui peuvent être intéressants pour produire des granulés en grande quantité mais qui n’ont pas le même charme paysager.

Il y avait là, tout de même, des éléments encourageants et Mary et Yves revinrent à leur idée initiale : et si on faisait un film à vocation pédagogique sur ce sujet ? Tous étaient enthousiastes et la discussion s’enflamma. Il faudrait montrer comment on taille une haie, bien en définir les avantages écologiques, montrer des vues aériennes, depuis une montgolfière par exemple, etc. Jo insista sur les aspects historiques pour que l’on perçoive bien l’évolution. Michel-Jean proposa de montrer la relation avec Natura 2000. On évoqua encore l’intérêt de la prise en compte des haies dans les documents d’urbanisme, de filmer une réunion de conseil municipal à ce sujet, et aussi des chaufferies collectives à bois, une démonstration de déchiquetage, etc. Bref tout le monde s’accorda sur le fil conducteur du film : L’identité de la Boutonnière du Pays de Bray repose non seulement sur les hommes et les femmes qui y vivent, mais encore sur une identité rurale qui, depuis des siècles, a façonné le paysage. Le Bocage Brayon, avec ses haies vives, est un patrimoine précieux, qui aujourd’hui peut être également une ressource économique, dans le respect d’un environnement toujours plus fragilisé. Et c’est ainsi qu’à l’initiative des associations locales fut lancé le projet « Des racines et des Haies » porté par Beaubec productions. (http://www.beaubecproductions.fr/pages/filmsencours/des-racines-et-des-haies.html). Réalisation prévue en 2014.

Partager cet article
Repost0