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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 18:46

Nous ne sommes pas tous des scientifiques et encore moins des chercheurs, mais nous pouvons tous participer à l’avancement de la science. C’est ce que l’on appelle les sciences participatives. Ce fut le cas avec la « mission coquelicot » dans le cadre d’un programme du CNRS qui étudie l’impact du changement climatique. A l’occasion de la Fête de la nature lancée fin mai 2014, chacun était invité à signaler la floraison des coquelicots, ceci afin de suivre au plus près la relation, éventuelle, entre le réchauffement en cours et la floraison de certaines espèces. Voilà une belle synergie citoyenne qui apporte au grand public une occasion de regard avisé sur la recherche et aux scientifiques un maximum d’informations en très peu de temps. Les premiers résultats de cette investigation ont mis en évidence un mois d’avance pour la floraison des coquelicots par rapport aux années 1970. Une preuve de plus…

Les sciences participatives sont aussi l’objet du rapport d’Aurélie Marchalot (Valorisation d’acquis d’expérience à l’IUT de Tours en 2014) pour en faire l’historique et montrer comment elles peuvent être source de démocratisation des sciences.

Bien que l’identification du processus soit récente, la participation de certains publics à la récolte de données remonte, pour la botanique au moins, au XVIème siècle, dans la mesure où les scientifiques de l’époque étaient surtout des professeurs ou des ecclésiastiques, qui ne faisaient pas métier de la recherche. Mais c’est surtout depuis quelques années que, sous la double impulsion de la forte motivation des naturalistes amateurs et de la facilité des moyens de communication, les sciences participatives se sont développées dans le cadre de grands programmes de recherche menés par le CNRS, le Museum national, les observatoires régionaux de la biodiversité, ou autres. Ainsi, le Groupe mammologique Normand lance actuellement une campagne de collecte de données à propos des pelotes de réjection de la chouette effraie (http://www.gmn.asso.fr/ ).

Les sciences participatives ont ainsi pris récemment beaucoup d’ampleur et contribuent à l’augmentation des savoirs. Au-delà d’un apport aux inventaires, elles constituent une opportunité de sensibilisation à la régression de la biodiversité pour un large public qui peut devenir moteur pour des politiques innovantes de protection de la nature. On peut espérer qu’ainsi les préoccupations liées aux « petites fleurs et aux oiseaux » sortent de leur cercles intimes pour intéresser davantage les gestionnaires de l’espace et même, pourquoi pas, les politiques !

Et d’abord se documenter :

 

-     - C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- 2013, 156 p.

-     - Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009).- 2010, 149 p.

-     - Avec Georges LANMAFANKPOTIN : Le développement soutenable. Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud.- 2007, 187 p.

  Editions l’Harmattan http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=result&ntable=0&andor=OR&artiste=michel%20lerond&motExact=0&orderby=titre&ordermode=ASC et dans toutes les bonnes librairies. 

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 14:22

Depuis les origines, les paysans ont vécu leur métier avec un grand souci d’autonomie, malgré les aléas, liés au climat ou aux ravageurs des cultures. Pendant longtemps, le paysan entendait assumer seul ses affaires, même s’il était assez enclin à se plaindre de tous ces aléas qui lui compliquaient la vie. Cette image colle à la peau des paysans depuis toujours : besogneux et râleur.

A partir de la moitié du 20ème siècle, la mondialisation des marchés a généré une révolution, avec des contraintes administratives et économiques nouvelles. La mise en place de la Politique agricole commune, en 1957, avait pour objectif de rééquilibrer les choses, mais les agriculteurs ont souvent vécu ces évolutions avec difficulté. En effet, on est passé progressivement d’une politique de soutien des prix à une politique de soutien des revenus en subventionnant les agriculteurs, ce qui en fait pour partie des « fonctionnaires » de l’agriculture, sentiment insupportable pour eux. De plus, la grande distribution et l’industrie agro-alimentaire tendent à réguler le marché, souvent aux dépends des producteurs agricoles, qui se sentent de ce fait déconsidérés.

Toute cette pression est bien difficile à supporter et explique que le taux de suicide ait autant augmenté ces dernières années : 500 suicides pour les années 2007-8 et 9, soit la 3ème cause de décès après les cancers et maladies cardiovasculaires, les plus concernés étant les éleveurs. Il en est de même en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et surtout en Inde qui détient le record mondial avec 250 000 suicides de paysans pour la période 1995-2010 ! Après la mondialisation économique, on constate une mondialisation sociologique, les causes de ces suicides étant partout liées aux conditions économiques, aux caprices du climat et à la déconsidération des paysans dans la société.

Nous ne pouvons pas rester sans réagir devant cette situation qui concerne une activité aussi primordiale que nourrir la population. Une évolution est nécessaire pour les agriculteurs d’abord, mais aussi pour l’ensemble de la société. Les agriculteurs sont plutôt des taiseux, mais ils doivent accepter de dialoguer avec la population. Le débat doit porter sur les questions environnementales (impact des intrans sur la santé), économiques (subventions allant jusqu’à 97 % en 2005 pour l’ensemble de la « ferme France »), et sociétales (l’agriculture perd 2 à 4 % d’emplois par an, alors qu’elle devrait en créer avec les productions de proximité notamment). C’est pour envisager collectivement les réponses à ces questions qu’un débat doit s’instaurer au niveau européen, pour préciser ce que nous sommes prêts à accepter, ou pas, en matière de pratiques agricoles, et qui rémunère les agriculteurs, les contribuables (par la PAC) ou les consommateurs, au prix réel ?

 

L’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen a attribué son prix 2013 du dévouement à un couple d’éleveurs brayons, M. Mme Domont. Cette même Académie recevra le vendredi 9 janvier 2015 à 14h30 M. Xavier Beulin, président de la FNSEA qui donnera une conférence sur le thème « Quel avenir pour l’agriculture française ? » http://www.academie1744-rouen.fr/programme-des-activites/  

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 09:01

C’est en 1983 que les Etats régionaux de l’environnement, réunis à l’initiative de l’Etat avaient proposé en Haute-Normandie, parmi plusieurs mesures phares, la création d’un observatoire régional de la biodiversité. Celui-ci a été créé effectivement en 2010, à l’occasion de l’année internationale de la biodiversité, ce qui après tout est une durée assez habituelle dès lors qu’un projet bouscule un peu les habitudes.

Au terme de son premier programme, cet observatoire (OBHN http://www.biodiversite.hautenormandie.fr/Observatoire-Biodiversite ) fondé par l’Etat, la Région de Haute-Normandie et les Départements de l’Eure et de la Seine-Maritime, tenait une conférence régionale de la biodiversité le 4 juin 2014 dans l’hémicycle de la Région.

Voilà une belle avancée soulignée par le président de Région qui insista sur le fait que la biodiversité n’est pas accessoire, mais un enjeu fondamental. Le directeur régional de l’environnement, aménagement et logement insista sur la relation entre les modifications climatiques et la régression de la biodiversité et la nécessité d’une approche transversale biodiversité/climat/économie. Frank Courchamp ( http://max2.ese.u-psud.fr/epc/conservation/pages/Franck/index.html ) fit une « piqûre de rappel » à propos des services rendus par la biodiversité et de l’extinction croissante du nombre d’espèces.

C’est donc une bonne nouvelle pour la Haute-Normandie que cet OBHN qui, à l’exemple d’autres régions, fédère un réseau d’acteurs de terrain, organise la collecte des données naturalistes et actualise 160 indicateurs pour suivre l’évolution. La vice-présidente, en charge de l’environnement à la Région a conclu que cet OBHN devait aider à l’émergence de bonnes pratiques d’aménagement, en intégrant la biodiversité à toutes les politiques afin d’enrayer la régression des espèces, d’éviter la perte de milieux naturels et de préserver les ressources naturelles.

Voilà un bel encouragement pour commencer à refaire le monde, pourvu que l’on passe des discours aux actes, maintenant, sans attendre… 25 ans.

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 08:56

Nous terminons notre découverte paysagère à travers la littérature.

 

La dégradation commence :

Dieudonné Dergny. Le Pays de Bray. Communes et paroisses. 1869. 

«... Des défrichements considérables sont sans cesse continués. Aussi, que seront dans cinquante ans les forêts et les bois-taillis ?

Il y a eu quelques plantations ; ce qui est insignifiant, eu égard à ce qui a été défriché.

... Lors des défrichements antérieurs au XIXème siècle, les possesseurs des terres seigneuriales conservaient d'espace en espace de petits bosquets pour la remise du gibier : ces restes de bois sont connus sous le nom de remises.

Grand nombre de ces remises, situées en plaine, ont été supprimées depuis trente ans, et celles qu'on remarque de nos jours sont des restes de taillis que la nature du sol et son assise n'ont pas permis de détruire entièrement. De là : les doubles haies et les rideaux boisés.

... La plantation des arbres que l'on remarque sur le bord des routes départementales a commencé en 1858, celles des chemins de grande communication a suivi de près, mais la médiocrité des sujets plantés a fait que ces arbres, qui, pour beaucoup ont déjà été remplacés plusieurs fois, ne sont pas encore très avancés en grosseur. Disons aussi qu'il est regrettable de voir la malveillance enrayer le développement d'une mesure très utile pour les voyageurs en temps de neige, et que beaucoup d'arbres ont été supprimés par des mains coupables. »

La fin des loups :

A. Dollfus. La destruction des loups en Haute-Normandie de 1792 à 1795. 1973.

« A Perriers-sur-Andelle, le 4 septembre 1790, 16 moutons sont dévorés dans un local où ils étaient enfermés... De nouveau à Perriers, mais le 28 vendémiaire an III, 6 moutons sont tués, plusieurs blessés par trois loups.

... Ces dégâts justifiaient donc des équipages bien spécialisés. D'après l'arrêt du Comité de Salut Public et les certificats des municipalités, ils étaient

composés de dix hommes dont six étaient salariés et quatre bénévoles, se livrant à la chasse aux loups comme maîtres d'équipage ou par plaisir. »

 

Et maintenant ? Que ferons-nous du pays de Bray ? C'est à chaque Brayon d'écrire l’histoire de son paysage.

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 07:54

Nous poursuivons notre découverte paysagère à travers la littérature.

L'agriculture continue bien sûr :

Pierre-Noël Frileux. Les groupements végétaux du Pays de Bray. 1977.

« En 1835 le Comité de la Société d'Agriculture déclare que la partie occidentale du Bray est tout à fait méconnaissable par comparaison avec ce qui était autrefois, c'est-à-dire d'immenses landes et marais incultes. Très souvent les nouveaux champs ne furent pas directement mis en herbe. Beaucoup furent cultivés en seigle, orge, avoine et pomme de terre, récemment popularisées dans la région. Leur conversion en herbe n'est intervenue que plus tard dans le siècle. Ces herbages furent sillonnés par des fossés de drainage et entourés par des haies plantées sur un talus fabriqué avec le sol extrait du fossé. Les fossés de drainage doivent être régulièrement entretenus sous peine d'annuler rapidement les efforts d'amélioration. La dégradation s'annonce alors par l'envahissement du terrain par les joncs.

...Ainsi, dans la deuxième moitié du 19ème siècle... la création d'herbages étend la zone bocagère du Bray ; des parcelles nouvelles, récemment enherbées et encloses, sont ajoutées à celles établies dans le passé lointain. Ces enclos récents sont encore reconnaissables dans le paysage ; ils sont entourés de haies jeunes, pauvres en espèces ligneuses. »

Les nouvelles clôtures :

Ch. Brioux et P. Labounoux. Le Bray de la seine-Inférieure, zones des herbages et des bouveries. 1944.

« Clôtures : Les clôtures des prairies et des herbages sont constituées généralement par des haies vives dites haies de pied. Les usages locaux fixent leur hauteur à deux mètres, mais très souvent elles atteignent trois et quatre mètres. Conformément aux usages locaux également, les haies de pied se coupent tous les six ans dans l'arrondissement de Neufchâtel, sauf à Gournay où elles se coupent tous les neuf ans.

... Les herbages de création récente sont rarement entourés de haies vives, la clôture est en ronce artificielle fixée sur des poteaux en bois, en fer, ou en ciment armé, à raison de trois ou quatre rangs de ronce.

Depuis quelques années enfin, nous voyons faire de timides essais de clôture électrifiée. Cette clôture permet de diviser les grands herbages en parcelles dans lesquelles l'herbe est plus rationnellement consommée par les animaux. »

 

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 08:26

Nous poursuivons notre découverte paysagère à travers la littérature.

De la nature à la sorcellerie : du sorcier au loup garou :

René Le Tenneur. Magie, sorcellerie et fantastique en Normandie. 1979.

« … L’ouvrage, « les Mémoires de Pierre Thomas, sieur du Fossé », nous renseigne sur une affaire mettant en cause des vachers et des bergers sorciers qui pratiquaient dans la région du Fossé, près de Forges-les-Eaux à la fin de l'année 1694. Voici un extrait de ce qu'écrivait le sieur du Fossé : « ...dans le temps de la famine... il était venu s'établir dans la paroisse du Fossé... de misérables vachers et autres gens sans conscience, qui usoient souvent de maléfices pour faire mourir les bestiaux et qui, sur les moindres sujets de disputes qu'ils pouvoient avoir avec quelques uns de nos habitants, s'en vengeoit de gayeté de cœur, par la mortalité qu'ils envoyoient au milieu de leurs chevaux et de leurs vaches ...» «En 1770, un loup, dit lévrier parce qu'il courait en sautant, causait des ravages dans la province de Saint-Denis-le-Thiboult, près Ry, fut considéré comme étant un sorcier. Le subdélégué de Lyons-la-Forêt, dans une lettre du 30 septembre 1770, écrivait à ce sujet : «...La superstition augmente encore leur crainte ; les uns disent que cet animal est un jésuite, une vieille femme, d'autres un sorcier sous la forme d'un loup qui, ainsi métamorphosé, vit et parle quelques fois comme un homme ; qu'il ne craint que l'arme blanche et l'arme à feu ; que même il se trouve invisiblement avec les chasseurs qui sont à sa poursuite... »

 

Revenons au paysage rural dominant : 

Philippe Goujard. L'abolition de la «féodalité » dans le Pays de Bray (1789-1793). La Revue du Randillon, N° 17, octobre 1998.

« Au XVIIIe siècle, le Pays de Bray était une région relativement pauvre.... Par certains côtés, le Pays de Bray était resté une région sauvage. Les forêts abritaient des bêtes fauves... La richesse du Pays de Bray consistait dans ses animaux et ses herbages. L'élevage, d'abord pratiqué dans les forêts, le fût ensuite surtout dans les masures, enclos situés autour des bâtiments d'exploitation que l'on ne fauchait pas afin de ne pas détruire les graminées. Puis, à partir du XVIIème siècle, en particulier dans la région de Forges-les-Eaux, on convertit les terres de labour en herbages ou en prairies. Vers 1650, un officier des eaux et forêts, Jacques de Dampierre, entreprit d'assainir les fonds de vallées marécageux des cours d'eau brayons ; les terres drainées furent transformées en prés. De 1710 à 1735, près de 2 500 ha furent convertis

en herbages. »

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 07:41

                 

Nous continuons la découverte d’une série de paysages du Pays de Bray, à travers quelques extraits littéraires.

 

Une contrée sauvage et peu peuplée : 

La Varende. Par monts et merveilles de Normandie. Ed. posthume 1968.

« Vallée, la chère vallée des hommes ! Des deux bords de la dépression on apercevra le vert précipice, l'immense falaise herbue. Dedans, la route serpente, se tortille, les eaux fluent, les arbres se referment sur vous. Attention à ne pas s'égarer. Aucune vraie signalisation méthodique n'est possible. On ne verrait que des panonceaux. Le Pays de Bray ne comporte que des chemins sans grand-route. Les jours sans soleil, la fréquentation devient difficile. Vous arrivez sud quand vous visiez nord. Il faut marcher là-dedans à la boussole. »

Le Moyen Age : l'alimentation, la vigne, le temps :

Delisle. Etude sur la condition de la classe agricole et de l'agriculture en Normandie au Moyen Age. S.d.

« En 1053, longue sécheresse. En 1091, pluies excessives, les fleuves se gèlent. Le 24 décembre 1108, beaucoup d'arbres et d'édifices sont renversés par le vent. Le 23 juin 1287, une pluie de pierres avait fait de grands dégâts dans les champs, surtout aux environs de Neufchâtel. »

 

Ah la vache ! :

Centre de création rurale du Pays de Bray. Notre lait quotidien. 1983.

« A la fin du 17ème siècle (Louis XIV)... un sondage dans les rôles de «l'élection» de Neufchâtel, qui comprend le cœur du Bray et ses marges cauchoises et picardes, fait apparaître un écart considérable entre les paroisses brayonnes riches en vaches et les paroisses voisines moins bien pourvues, avec une structure des «troupeaux» très différente. Des troupeaux de 10 vaches, 20 vaches même ne sont pas rares en Pays de Bray alors que 1 ou 2 vaches sont la règle ailleurs... A la veille de 1914, les traits dominants du paysage brayon

sont en place. L'herbe domine partout, souvent à 90 %. Elle envahit les marges, mais les labours subsistent, importants dans certains secteurs (sur la plateforme de la gaize, entre La Ferté et Argueil), partout nécessaires pour produire la paille indispensable aux étables, l'avoine des chevaux et le seigle sur lequel s'affinent les « Neuchâtels ». La cohabitation des brayons et de leur bétail, richesse et gagne-pain se traduit par une imprégnation des mentalités, évidente au travers des témoignages mais difficile à cerner... »

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 08:19

Pour mieux comprendre les paysages, il convient d'aller puiser dans le passé. On peut ainsi revoir, par exemple, l'histoire du paysage brayon pour redécouvrir les relations de l'homme avec la nature et son environnement. L'objet n'est ici que de donner les grandes caractéristiques, à partir de brèves lectures sur le Pays de Bray. En somme, c'est une invitation à une promenade littéraire, anecdotique, regardée à travers la haie...

 

L'occupation ancienne :

Bulletin municipal de Mauquenchy. 2002. 

«De nombreuses traces d'occupation humaine ancienne ont été décelées sur le site de l'hippodrome de Mauquenchy, depuis la préhistoire jusqu'à la période gallo-romaine. Parmi les couches géologiques, datées à -90 000 et -150 000 ans, on a confirmé la maîtrise de la taille du silex par l'homme de Néanderthal : bifaces, lames, pointes, racloirs, déchets de taille. Au total, ce sont plus de 500 outils de pierre qui ont été excavés de leur longue retraite

souterraine. »

 

Le paysage typique : 

Abbé de Lapparent. Le pays de Bray. 1879.

« Cette vallée, c'est le pays de Bray, ou la vallée de Bray, comme on l'appelle encore, par opposition avec les plateaux qui l'entourent. Au sortir des plaines monotones des environs de Buchy, le regard se repose avec un rare plaisir sur cette riante et fraîche contrée, au relief si varié, où le ton dominant de la verdure est nuancé, grâce à la multiplicité des plans de perspective, des teintes les plus harmonieusement fondues. »

 

L’étymologie :

Abbé J.E. Decorde. Dictionnaire du patois du Pays de Bray. 1852.

« Le mot Bray est ordinairement considéré comme emprunté à la langue celtique, et signifie de la boue. Mais, tout en reconnaissant que la nature du terrain de cette contrée se prête merveilleusement à cette étymologie, M. A. Le Prévost fait venir Brai de bracus, mot employé plusieurs fois dans la chronique de Fontenelle comme synonyme de vallée. »

 

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 08:27

Bernard Boullard, né en 1927, est fils de paysans, et a toujours été fasciné par la nature. Il a commencé sa carrière comme instituteur de campagne dans le Calvados, puis a ensuite gravi les échelons universitaires, à Caen puis à Rouen, jusqu'au grade de professeur de biologie végétale. Pendant 40 ans il a donné des cours et des conférences, guidé des excursions et publié une bonne vingtaine d’ouvrages scientifiques, tout ceci lui conférant une notoriété nationale et internationale. Il est, entre autres, membre de l'Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen et de l'Académie d’Agriculture de France. Il est aussi Commandeur dans l’ordre des palmes académiques et officier dans l’Ordre national du mérite.

Et voilà que la revue anglaise "The New Phytologist" vient de publier un article  sur les associations de champignons des couches fossilifères de la commune de Rhynie, en Ecosse. Cette découverte demande quelques explications que le professeur Boullard nous livre volontiers, en langage courant :

« Hormis quelques végétaux dont le « célibat » s’explique pour des raisons biochimiques, on peut affirmer que 95 % des plantes croissant actuellement sur notre planète contractent une « union » intime avec des champignons. Il ne s’agit pas là d’une galanterie, mais d’une absolue nécessité pour permettre le développement normal de la plante considérée. Ce phénomène de vie « ensemble » (on dit de symbiose) est particulièrement bien connu chez les Orchidées, les Bruyères, les ligneux de nos forêts… pour ne citer qu’eux ! C’est à l’étude de telles associations que nous avons consacré plusieurs décennies de notre carrière universitaire. En 2011, des chercheurs français et anglais ont uni leurs efforts pour reprendre l’étude de fossiles végétaux encore plus anciens du site de Rhynie, datant d’environ 400 millions d’années. Le succès étant au rendez-vous, les six chercheurs associés viennent de publier en 2014, une note relative aux associations de champignons et ils ont du attribuer un nom aux deux nouvelles espèces qu’ils ont observées. »

A l’une de ces deux nouveautés, ils ont donné le nom de Palaeomyces boullardii et s’en expliquent en ces termes : le nom spécifique (boullardii) honore le professeur Boullard qui fut parmi les pionniers dans l’étude des champignons associés à des plantes de Rhynie. Voilà une belle reconnaissance de la qualité scientifique de notre savant botaniste rouennais, d’autant que ce sera la troisième espèce de champignon à porter son nom ! Ajoutons que ce passage à la postérité est aussi un témoignage de l’engagement pédagogique du professeur Boullard et de sa très aimable bienveillance à l’égard de ceux qui ont la chance de l’approcher.

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 08:16

Selon le rapport annuel des Nations Unies sur le bonheur, le Danemark conserve sa première place mondiale ! Il en est ainsi depuis plus de 30 ans et nous l’évoquions déjà en 2009 : Alors heureux ?ni Ce petit pays de 5,5 millions d’habitants nargue ainsi les « grands » pays comme le nôtre. Mais quel est donc le secret de ce bonheur, puisqu’enfin, n’est-ce pas là l’objectif prioritaire pour un état que d’apporter la joie de vivre à ses habitants.

Il y a bien des raisons à cet état d’esprit, mais certaines devraient nous inspirer, en observant le comportement des Danois comme on ferait une séance de relaxation. Une des raisons les plus importantes est que, bien que le Danemark soit le pays qui paie le plus d’impôts au monde (60 % d’impôts sur le revenu et TVA à 25 %), les Danois sont contents d’en payer autant. Ils sont fous ces Danois ? Mais non, ils sont contents de payer des impôts et de bénéficier en retour d’un système social généreux et équitable, d’autant plus qu’il existe en ce pays une belle égalité des chances. D’ailleurs l’école prépare les Danois en ce sens en leur enseignant l’estime de soi, ce qui peut expliquer le sens de l’autonomie chez les jeunes qui quittent la maison parentale entre 18 et 24 ans, aidés pour cela par une bourse de 760 € mensuels versée à chaque étudiant, sans condition de ressource.

Cela crée un climat de confiance entre les gens dans un pays qui a horreur de la corruption et où les gens se sentent en sécurité, sachant qu’ils seront pris en charge s’il leur arrive de grosses difficultés. Il en résulte une atmosphère détendue qui permet à des personnes de conditions bien différentes de se retrouver dans des clubs ou associations sans complexes. D’autant plus que les Danois disposent de beaucoup de temps libre, en travaillant en moyenne 33 heures hebdomadaires, ce qui permet de concilier emploi et prise en charge des enfants après l’école, par exemple, dans le contexte d’une égalité hommes-femmes. Et les 35 heures, alors ? Trop forts les Danois !

Il y a aussi une explication très importante à ce sentiment de bonheur. Les Danois, conscients d’habiter un petit pays d’influence restreinte, sont des gens modestes. Pas d’arrogance, pas de leçon à donner aux autres. Juste se contenter de ce que l’on a, et en profiter au mieux avec un souci de répartition ! L’argent n’est pas un objectif dans la vie. Le but n’est pas d’être riche, mais de se réaliser le mieux possible.

Mais rien n’étant parfait les Danois ont placé en tête aux élections européennes le Parti du peuple danois, le DF, parti d’extrême droite… Certains prétendent que ce serait par souci de préserver la souveraineté nationale et même que le DF serait devenu un parti « radical-démocrate alternatif »… Quelle confusion !

 

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