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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:51

Les plantations au bord des routes datent d’une période très ancienne puisque la première ordonnance en la matière fut celle, semble-t-il, de 1522. Ces plantations répondaient à plusieurs utilités comme la séparation des domaines public et privé, l’assèchement des voies, l’apport de bois et aussi… une recherche de beauté. Aujourd’hui ces alignements d’arbres ne conservent plus que des fonctions paysagères et sont, de plus en plus souvent, coupés pour élargir les voies ou prévenir des accidents, compte-tenu de l’évolution du trafic. Ce fut le cas encore cet hiver, pour les alignements de la RN13 dans la traversée du département de l’Eure.

Certes, les plantations ne doivent pas constituer un danger pour les usagers de la route, mais alors pourquoi ne pas repenser totalement la conception des infrastructures. Alors que l’on nous abreuve des conclusions du Grenelle de l’environnement, des trames vertes et bleues, des plans climat-énergie et autres programmes de développement durable, voilà une belle opportunité de passer du discours aux actes.

Si l’on considère la route, non seulement comme une infrastructure de déplacement, mais aussi comme une infrastructure d’aménagement du territoire, alors on peut lui attribuer des fonctions paysagères (esthétique du tracé routier et insertion dans le paysage traversé), des fonctions économiques (régulation de l’hydraulique de surface, alimentation des filières bois-énergie), des fonctions environnementales (biodiversité pour les oiseaux, insectes et chauve-souris particulièrement ; absorption des polluants dus à l’automobile), etc. Voir aussi notre chronique « Quelles routes pour le futur ? » du 26 mai 2008.

Cette façon de voir suppose une conception différente des plantations, pour passer d’alignements simples à de véritables corridors écologiques qui nécessitent une emprise plus importante. Cela n’est pas possible partout pour le réseau existant, mais ce peut être le cas dans la traversée de plaines de cultures ou de voies neuves. L’emprise se ferait quasiment toujours aux dépens des surfaces agricoles, c’est vrai, mais ce serait aussi une façon pour l’agriculture de « rendre les fonctions » qu’elle ne remplit plus… et d’y retrouver son compte (prévention de l’érosion des terres agricoles, inondations, biodiversité des prédateurs d’insectes, etc.). Ainsi plus réfléchies en amont, les routes pourraient aussi rassembler les réseaux divers enterrés (électricité, téléphone, eau et assainissement, etc.) et deviendraient ainsi des infrastructures totales, ce qui commence à se pratiquer, mais trop timidement encore. Cela suppose une volonté politique affirmée et une autre gouvernance de la multitude d’intervenants, au plus près du territoire, en passant par des collectivités territoriales restructurées de façon plus lisible… Vaste chantier !

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 09:06

Elle était d’une famille de 6 enfants. Dès l’âge de 14 ans, elle fut « placée » pour travailler, toute la semaine, avec pour congé le dimanche entre la traite des vaches du matin et celle du soir. Elle pouvait alors rejoindre ses parents, à pied, à une dizaine de kilomètres et revenir avant 16 heures à la ferme où elle travaillait. Pour tout salaire elle était nourrie, logée et « blanchie ». Le cadeau de Noël, c’était le plus souvent une orange ou un sucre d’orge. Elle s’est mariée à 20 ans et très rapidement est venue habiter une maison modeste, elle a eu tout de suite son premier enfant, suivi de 17 autres dont 15 ont survécu.

Dans la petite maison il n’y avait que deux pièces (à peine 40 m2), une chambre et une cuisine-salle à manger. Toute la famille dormait dans la même chambre, jusqu’à ce que le propriétaire aménage une chambre dans les dépendances pour les parents et les nourrissons (13 m2). Il n’y avait pas d’électricité ni d’eau courante, ni bien sûr de radio ou télévision. L’éclairage était assuré par une lampe à pétrole dans la chambre et une lampe à gaz dans la cuisine. L’eau était puisée dans le puits d’un pré voisin, à condition d’escalader la barrière afin de ne pas prendre de risque avec le bétail. L’eau était transportée avec deux seaux (20 kg) sur 250 mètres pour la ramener à la maison. Les jours de lessive, le linge et les baquets étaient emmenés dans le chemin, près de la barrière, afin de limiter les transports d’eau. Une cuisinière à bois et charbon assurait le chauffage et la cuisson.

Dehors, deux ou trois chèvres procuraient le lait nécessaire, des poules et lapins apportaient œufs et viande, complétés par les légumes du jardin. La « boisson » (cidre coupé) constituait le breuvage de toute la famille.

Mais où donc se déroulait cette scène de la vie rurale ? Dans une contrée lointaine ? Il y a très longtemps ? Pas exactement, cela se passait entre 1942 et 1962, au hameau du Point du Jour, en Pays de Bray. Il se trouve que cette maison… je l’habite, avec mon épouse. Nous l’avons agrandie et quasiment refaite. Nous avons l’électricité, l’eau courante, la radio et la télévision et même internet. Ces éléments de la « petite histoire » nous permettent de relativiser certaines choses. Cela se passait au milieu du 20ème siècle, dans une famille modeste certes, mais pas misérable, assez ordinaire somme toute, dans un « grand » pays, la France, où l’on a qualifié cette période des « trente glorieuses ».

Modérane nous a quittés dans les derniers jours de 2009, à 87 ans, laissant derrière elle 12 enfants vivants, 32 petits-enfants et 14 arrière-petits-enfants. Ceux-là sauront, mieux que d’autres sans doute, apprécier les progrès accomplis dans notre vie de tous les jours en 50 ans, et relativiser la fragilité de notre société de consommation à tout-va.

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 08:39

C’était au début des années 1990, au CNFPT de Lyon (Centre national de la fonction publique territoriale), j’intervenais dans un stage pour les ingénieurs territoriaux sur la prise en compte de l’environnement par les collectivités. Je me présentais en précisant que je venais de Rouen. Plusieurs personnes me demandèrent où se trouvait Rouen… Quelle stupeur ! Ainsi donc, des ingénieurs lyonnais ignoraient où se trouvait celle qui fut la seconde ville du royaume de France jusqu’au 18ème siècle. Ils savaient vaguement que cette ville se situait vers le nord, mais où ?... Il est vrai que depuis trois siècles, Rouen a perdu de sa renommée pour ne plus figurer que parmi les villes moyennes.

Mais voilà qu’après trois décennies de séminaires, documents d’urbanisme et concertations intercommunales, Laurent Fabius met en place les outils d’un renouveau de la ville (www.la-crea.fr). La CREA (Communauté d’agglomération Rouen, Elbeuf, Austreberthe) est née le 1er janvier 2010 et a élu son président, Laurent Fabius, le 7 janvier. Forte de 71 communes et de près de 500 000 habitants, la CREA devient, par la taille, la première communauté d’agglomération de France (issue de la fusion de deux communautés d’agglomération et de deux communautés de communes).

La CREA aura pour missions principales la gestion de l’eau potable (la régie publique reprenant beaucoup d’importance), la collecte des déchets et les transports collectifs. Elle envisage aussi la réalisation de nouveaux quartiers, la lutte contre les inondations, etc.

Ce sont donc les problématiques environnementales qui vont être au centre des préoccupations de la CREA. Il y a tout lieu de s’en réjouir, mais ne pourrait-on pas aller encore plus loin ? Cette communauté, outre les atouts humains et économiques, va disposer d’atouts géographiques et naturels considérables : son site sur la Seine, ses forêts et une mixité milieu urbain – milieu rural très forte. Au-delà des projets d’éco-quartiers qui fleurissent ici ou là au sein de la CREA, ne pourrait-on pas aller jusqu’à concevoir une éco-ville ? N’y a-t-il pas là matière à redonner à Rouen son lustre d’antan en faisant de cette cité un exemple européen d’innovation environnementale à grande échelle.

Je me souviens aussi que le 31 mai 1990, 206 Rouennais de toutes professions et sensibilités se réunissaient, après 9 mois de travail en ateliers, pour promulguer la « Charte du grand Rouen Eurocité ». Cette charte proposait, entre autres, un projet à structurer : Rouen Eurocité de l’environnement. Nous en avons maintenant les moyens, allons-y !

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 08:59

Les réformes de l’Education nationale française passent et certaines préoccupations demeurent. Ainsi est-ce le cas pour l’enseignement de l’anglais. La France serait au 69ème rang mondial dans des tests internationaux sur la langue de Shakespeare. Accessoirement, ce constat ravive sans cesse le débat entre anglophiles et anglophobes. Ainsi les bambins Hollandais, Danois ou même Espagnols seraient bilingues avec l’anglais tandis que les petits Français seraient… Gaulois.

Malgré la multiplication des plans en tous genres sur ce thème, la France reste le mauvais élève pour l’enseignement des langues vivantes et 41 % des Français ne parlent aucune langue étrangère.

La problématique de la langue parlée renvoie, pour partie au moins, à celle de l’identité. Il est vrai que de nombreuses langues sont menacées du fait d’une certaine uniformisation des langages. Sur les 6 à 7 000 langues parlées actuellement dans le monde (dont beaucoup sans enseignement public, ni accès aux médias), environ 2 500 seraient en danger de disparition d’ici 2100 selon l’Unesco. 52 langues seraient menacées en France, dont 26 en métropole (plutôt des patois et dialectes que des langues à proprement parler).

Sans doute faut-il s’inquiéter de cette perte de diversité culturelle, mais ne faut-il pas, dans le même temps, se réjouir de l’existence d’une langue internationale, de fait, qui est l’anglais.

Il fut un temps (dans les années 1970) où beaucoup fondaient des espoirs sur la pratique de l’Esperanto comme langue internationale. Sans doute les arguments développés étaient-ils fondés, mais l’expérience a montré que les peuples ne s’approprient pas un langage créé ex abrupto, même si on peut voir à nouveau des publicités pour relancer cette langue.

La langue anglaise est parlée quasiment partout sur la planète, y compris en Chine et en Inde. Cela fait mal aux anglophobes qui gardent le souvenir de conflits anciens, mais c’est un fait avéré qu’il faut bien admettre. Alors tous bilingues ? Assurément, en conservant sa langue d’origine, en évitant les « mélanges » hasardeux des anglicismes et en bénéficiant d’une facilité de communication avec l’énorme majorité des Terriens.

Au diable toutes les réformes passées qui n’ont connu que de biens piètres succès. Dès la fin du lycée tous les Français devraient être, obligatoirement, bilingues Français-Anglais, ce qui ne les empêche pas d’apprendre d’autres langues s’ils le souhaitent.

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 07:57

         Au cours de l’année 2009, nous avons achevé nos dernières prestations de consultant et opéré la mutation vers une activité d’essayiste.

 

Dernières prestations de consultant environnement :

- Assistance à maîtrise d’ouvrage pour la définition de la stratégie de gestion et de valorisation des matériaux de dragage de la Seine et participation au Comité de suivi environnemental. Port Autonome de Rouen

- Accompagnement de la réflexion sur le SCOT Le Havre Pointe de Caux et Estuaire. Agence d’Urbanisme de la région du Havre

 

Interventions en tant qu’essayiste :

Publications :

-         57 publications : 5 articles et 52 chroniques du blog

-         Signatures en librairie de « Clos-masures et paysage cauchois »

-         Préparation d’un « Guide des parcs et jardins de Normandie »

Conférences :

-         Le développement durable en Pays de Bray. Union des Commerçants et Artisans de Forges-les-Eaux

-         Le développement durable, mythe ou réalité. Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie

Sorties et visites :

-         Lecture de paysage à Saumont-la-Poterie. Association Brayonne Dynamique

-         Visite commentée de l’église abbatiale, patrimoine de Sigy-en-Bray. Comité Départemental du Tourisme

-         Visite d’un la       gunage individuel à Sigy-en-Bray. Ecole primaire de Sigy

Assistance conseil :

-         Participation à l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme de Sigy-en-Bray / Saint-Lucien. Conseil municipal

-         Concours à la réflexion sur l’évolution du Museum de Rouen. Département de Seine-Maritime

-         Entretien pour un mémoire sur le paysage du Bray central. Etudiante de l’Ecole d’Architecture de Bordeaux

-         Entretien et visite de terrain pour un diagnostic de la biodiversité de la commune de La Poterie-Cap-d’Antifer. Stagiaire de l’Université de Rouen sur la commune

-         Avis sur les paysages brayons pour l’Atlas des paysages de Haute-Normandie. Agence Folléa-Gautier pour le Conseil Régional de Haute-Normandie

-         Contribution à la préparation d’un colloque sur Les femmes et le développement durable. Centre d’information et de documentation sur les femmes et les familles de Haute-Normandie

-         Avis pour la soutenance d’un mémoire sur le développement durable à l’hôpital. Cadre de santé de l’Institut de Formation des Cadres de Santé de la Région Rhône-Alpes – Hospices civils de Lyon

Représentation :

-         Conseil d’administration du Lycée Delamare-Deboutteville de Forges-les-Eaux (Lycée du développement durable et Forum des métiers). Académie de Rouen

-         Conseil de développement du Pays de Bray. SMAD du Pays de Bray

-         Comité d’experts de l’éco-quartier de la Cartonnerie de Pont-Audemer. Mairie

-         Comité économique et social du Parc naturel régional. Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande

-         Comité de Pilotage du site Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray. Préfecture de Haute-Normandie

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 09:32

L’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) vient de publier, début novembre 2009,  une mise à jour de sa Liste rouge d’espèces animales et végétales menacées  (Voir notre chronique « 44 838 espèces ? » du 25 novembre 2008). La Liste rouge de l’UICN s’appuie sur une série de critères précis pour évaluer le risque d’extinction d’espèces si aucune mesure de conservation n’est prise, elle constitue la source d’information mondiale la plus complète sur le sujet (www.iucn.org/redlist).

Cette Liste rouge évalue 47 677 espèces (contre 44 838 en 2008) et considère que 17 291 sont menacées d’extinction (contre 16 928 en 2008). Parmi celles-ci, 21 % des mammifères, 30 % des amphibiens et 12 % des oiseaux sont concernés, parmi les espèces connues à ce jour. Sur les 12 151 plantes évaluées dans la Liste rouge, 8 500 sont menacées d’extinction, parmi lesquelles 114 sont déjà éteintes, au moins à l’état sauvage. 

Le Directeur du Bureau de l’UICN pour la Liste rouge, Craig Hilton-Taylor, affirme que « Ces résultats ne représentent que le sommet de l’iceberg. Nous n’avons évalué pour l’instant que 47 677 espèces, alors qu’il en existe encore des millions qui sont peut-être sérieusement menacées. Cependant, nous savons par expérience que l’action en faveur de la conservation porte ses fruits, aussi il est important de ne pas attendre qu’il soit trop tard et de commencer à préserver nos espèces maintenant ». Le compteur tourne dans le mauvais sens…

Il est confirmé la multiplicité des causes de ces extinctions, parmi lesquelles la destruction des habitats (forêts et massifs coralliens en priorité) demeure essentielle. La surexploitation des ressources (pêche excessive d’abord) et la pollution jouent également un rôle important. On pressent que l’impact des modifications climatiques sera important, mais on n’en mesure encore que les premiers effets. Avec 778 espèces menacées présentes sur son territoire, la France figure parmi les 10 pays les plus concernés, du fait notamment de ses territoires d’outre-mer.

Jane Smart, directrice du Groupe pour la conservation de la biodiversité de l’UICN affirme : « En janvier (2010) commencera l’Année internationale de la biodiversité. Selon les dernières analyses de la Liste rouge de l’UICN, il sera impossible d’enrayer la perte de la biodiversité en 2010, comme le prévoyait notre objectif. Il est temps que les gouvernements commencent sérieusement à oeuvrer à la protection des espèces et que ce sujet brûlant figure parmi leurs priorités l’année prochaine, car le temps presse. » Bonne année 2010.

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 14:26

        Depuis un peu plus de deux ans que ce blog existe, 109 chroniques ont été publiées, en voici le rappel des titres pour 2009 :

 

- 109 chroniques, déjà. 29-12-09

- Noël sur la terre… 22-12-09

- Identité nationale, ou planétaire ? 15-12-09

- Vous avez des dettes ? 08-12-09

- Evaluer l’agriculture ? 01-12-09

- La technologie va tout résoudre ? 24-11-09

- Nationaliser l’agriculture vivrière ? 17-11-09

- Sauver les Parcs ou les Pays ? 10-11-09

- Réactive l’Afrique ? 03-11-09

- Alors, heureux ? 27-10-09

- C’est de l’algue ou du cochon ? 20-10-09

- « Ça va bouillir » ? 13-10-09

- « Jean-Pierre, cultivateur d’arômes », ou plus encore ? 06-10-09

- Vers un G200 ? 29-09-09

- Le monde à l’envers ? 22-09-09

- Des réserves de ciel ? 15-09-09

- Taxer le carbone ? 08-09-09

- Bundanoon fait pschitt ? 01-09-09

- Moins 10 %, c’est grave ? 25-08-09

- Le grand Paris, une idée neuve ? 18-08-09

- Bande d’éboueurs ! 11-08-09

- Casse-noisette ! 04-08-09

- Usnée était en fleurs, quel souvenir ! 28-07-09

- France, pays de la rouspétance ! 21-07-09

- L’école au jardin.            14-07-09

- Mais où sont les généralistes ? 07-07-09

- Sportifs ou gladiateurs ? 30-06-09

- Toujours plus vite ? 23-06-09

- C’est quoi la Gauche ? 16-06-09

- Accordéon, balafon ou bombolong ? 09-06-09

- C’est l’Europe qu’on assassine ? 01-06-09

- Vers une dictature écologiste ? 26-05-09

- Crise ou révolution verte ? 19-05-09

- Combien ça coûte la nature ? 12-05-09

- Vous allez vous acclimater ? 05-05-09

- Paradoxale la ville ? 28-04-09

- Les routiers sont sympas ? 21-04-09

- Les museums : fossiles ou outils d’avenir ? 14-04-09

- Politique de soin ou politique de santé ? 07-04-09

- « Nos enfants nous accuseront » ? 31-03-09

- Redessiner la France ? 24-03-09

- Vive le nucléaire ? 17-03-09

- La maison « tradiporaine » : un défi pour les archis ? 10-03-09

- Vivre à crédit ? 03-03-09

- Climat-énergie : vous ne saviez pas ? 23-02-09

- Comment décider ? 17-02-09

- Biodiversité : vous ne saviez pas ? 10-02-09

- Nationaliser l’eau ? 03-02-09

- Tous des cloportes ? 27-01-09

- Jamais sans ma voiture ? 20-01-09

- Bilan d’activités 2008. 13-01-09

- Qu’est-ce qu’on attend ? 06-01-09

 

Cette dernière chronique index de l’année est l’occasion de vous remercier de votre fidélité à ce blog. Merci en particulier pour vos commentaires toujours avisés et pondérés, ce qui contribue à nourrir notre réflexion commune. Bonne année 2010 à tous et rendez-vous au 5 janvier.

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 17:03

 

Ce fut un grand moment de télévision, avec l’émission « Retour en Terre inconnue » sur France 2 (www.france2.fr), le 1er décembre. Dans « Rendez-vous en terre inconnue », un « people » met sa notoriété au service de la sauvegarde de peuplades, de leur environnement et de leur culture en vivant plusieurs jours en immersion avec elles.

C’est ainsi que Muriel Robin est partie en compagnie de Frédéric Lopez pour le Kaokoland, une région semi-désertique du nord-ouest de la Namibie où les Himbas, ethnie Bantoue apparentée aux Herreros, nomadisent avec leurs troupeaux. Patrick Timsit est allé à la rencontre des Mentawai, ou « hommes-fleurs », sur l’île de Siberut, au large de Sumatra ; ce sont des chasseurs-cueilleurs qui vivent au coeur d’une forêt tropicale intacte, en harmonie avec la nature. Charlotte de Turckheim, quant à elle, a mis le cap sur la péninsule du Yamal, dans le grand Nord sibérien, où les Nénètses sont les plus grands éleveurs de rennes de la planète, mais vivant au-dessus d’un trésor convoité par le monde entier : le plus grand gisement de gaz de la Terre. Bruno Solo, enfin, est allé au coeur du “peuple centaure” en Mongolie, un pays exceptionnel avec plus du tiers de sa population encore nomade qui doit coexister avec une nature intraitable.

Ces peuples sont confrontés à de multiples difficultés pour assurer leur survie dans le cadre de leurs traditions et sont de plus en plus souvent confrontés au défi de concilier tradition et modernité. Certains aimeraient garder le meilleur des deux mondes, ce qui n’est guère aisé. Parfois soumis aux contraintes du marché, au développement de leur territoire et au regard du reste du monde, ils sont nombreux à renoncer à leurs traditions, mais souhaitent néanmoins délivrer un message... Pour la première fois, Muriel Robin, Patrick Timsit, Charlotte de Turkheim et Bruno Solo étaient réunis pour partager avec les téléspectateurs les coulisses de leur voyage en Terre Inconnue. Un moment fort de la soirée fut sans conteste la découverte croisée des reportages par les populations rencontrées. L’équipe est en effet retournée, 3 ans après, en Namibie, Indonésie, Sibérie et Mongolie, afin de prendre des nouvelles de ces hommes et ces femmes si différents. Tous ont souhaité rencontrer les autres peuplades pour comparer leurs modes de vie et échanger entre eux.

Cette émission a montré beaucoup d’humanisme et d’éthique. C’était mieux qu’un conte de Noël, puisque c’était vrai. Dans le même temps, en France, commençait le grand débat sur l’identité nationale, il a semblé petit, très petit, comme riquiqui et d’un autre temps… Joyeux Noël.

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 08:03

La fin d’année est propice aux rencontres en tous genres où les sujets de discussion peuvent manquer. Voici une possibilité : partir de sujets d’actualité récents, sans rapport apparent entre eux, et essayer de trouver des liens. Par exemple, partir des préoccupations liées aux espèces invasives qui prospèrent aux dépens des espèces indigènes, du débat sur l’identité nationale, de la mort de Claude Lévi-Strauss et du bicentenaire de la naissance de Darwin.

Sous la plume de Laurent Carpentier, le Monde Magazine n° 8 du 7 novembre 2009 publiait un excellent article « Espèces, vos papiers ! » En effet certaines espèces, importées volontairement ou pas, peuvent se développer de façon incontrôlée dans nos contrées au point de mettre en danger les espèces indigènes. Ce sont des espèces généralistes, très adaptables, qui menacent des espèces spécialisées en occupant leurs niches écologiques.

Le 2 novembre le gouvernement français a lancé un « grand débat » sur l’identité nationale. Cette notion divise les citoyens et les politiques, bien qu’elle soit apparue récemment, dans les années 1980, à un moment où la France se sentait déstabilisée et avait besoin de retrouver une identité. A l’heure de la mondialisation et de l’avancée européenne, nombreux sont les Français qui ne comprennent pas bien la justification de ce débat d’un autre âge.

Claude Lévi-Strauss est mort le 30 octobre à 100 ans, il a marqué son temps par ses recherches anthropologiques, mais aussi par sa lucidité sur les menaces que l’expansion humaine fait peser sur la nature et sur l’humanité, car il associait la défense de la diversité culturelle et celle de la diversité naturelle.

Coïncidence des dates, 2009 c’est aussi le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin (12 février 1809), père de l’évolutionnisme, et les 150 ans de la publication de son œuvre majeure en 1859 « Sur l’origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie ».

Quel rapport ? La problématique des espèces invasives est devenue très populaire depuis peu. Définir l’identité française redevient une préoccupation majeure à chaque période difficile. Dans chaque cas, c’est « l’étranger » qui est la menace. Lévi-Strauss fut apôtre de la diversité sous toutes ses formes et nous ne l’aurions pas vraiment entendu ? Darwin fut « l’inventeur » de l’évolution et nous serions restés terriblement fixistes ? C’est beaucoup de questions qu’il faudra reprendre… après les réveillons. L’ouvrage de Patrick Blandin (De la protection de la nature au pilotage de la biodiversité, éditions Quae, 2009) étaye ces questions et esquisse des réponses. Mais si nous étions tous des Terriens, nature et humanité, quelle belle identité !

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 09:22

Vous y voilà enfin : à la fin de cette année vous aurez terminé le remboursement de l’achat de votre maison, des travaux d’isolation effectués il y a 10 ans et du changement de voiture d’il y a 2 ans. Ouf, quel soulagement ! Tous comptes faits, il ne vous reste plus maintenant que 43 000 € de dettes que vous rembourserez, un jour… peut être. L’Etat français est déficitaire depuis 35 ans et la dette atteint maintenant 1 500 milliards €. On prévoit pour 2012 une dette s’élevant à 90 % du PIB, soit 23 500 € par Français, ou encore près de 43 000 € par contribuable puisque la France compte seulement 35 millions de contribuables pour 64 millions d’habitants.

Cette année, les recettes de l’Etat se sont effondrées du fait de la crise et les dépenses ont explosé du fait de la relance. Mais plusieurs pays de l’Union Européenne sont prêts à faire encore pire ! D’ailleurs, consolons-nous, la dette publique mondiale atteint, elle… 35 100 milliards de dollars.

Le déficit budgétaire de la France est de 141 milliards € en 2009 (au lieu des 67 prévus par la Loi de finances initiale). Chaque corporation demande des aides de l’Etat, les industriels de l’automobile, les agriculteurs, les restaurateurs… et aussi une baisse des impôts. La France doit donc emprunter pour payer les intérêts annuels de sa dette, soit environ 60 milliards € pour 2009… On a le vertige ! Après 2012 (élection présidentielle) il faudra bien assainir les comptes publics dans un contexte sans doute très difficile. Attention, impôts en forte hausse en vue. C’est d’ailleurs ce que vient d’annoncer l’Espagne ; quant à la Grande Bretagne, elle taille à la hache dans les dépenses publiques. Il n’y a guère que les Suédois pour tirer une certaine fierté à payer des impôts élevés parce que c’est « un acte de civisme ».

Bon Noël quand même. Ah au fait, si vous souhaitez faire quelques achats exceptionnels pour cette période, n’hésitez pas. Les voyages sont soldés, les piscines sont à prix cassés et les quads sont très tendance pour la nouvelle année. Vous participez ainsi à la relance et si vous éprouvez des difficultés, des tas d’organismes vous proposent des crédits… vraiment concurrentiels. Au cas où vous seriez en surendettement, laissez passer, ça va finir par s’arranger, comme pour les banques ! Les particuliers comme l’Etat peuvent emprunter pour payer leurs dettes et les pays peuvent se racheter leurs dettes entre eux. Nous vivons vraiment une époque formidable, c’est Carnaval à Noël !

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Published by Michel Lerond - dans Economie
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