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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 09:55

Deux autres fleurs de la Normandie des jardins à découvrir en Seine-Maritime et dans la Manche :

 

Le Parc paysager de La Hallotière, de petite dimension (6 000 m2), rassemble une collection stupéfiante d’une quarantaine de variété de houx et une trentaine d’arbres venus des cinq continents. Le houx est véritablement le seigneur des lieux, feuilles allant du bleu au vert, argenté ou lie de vin, boules blanches ou oranges, ensemble piquant, doux ou bouclé. Quelle diversité !

Les autres arbres ne sont pas en reste et font preuve d’une grande originalité, comme l’arbre aux mouchoirs, ou à faisan, ou qui sent le caramel ou encore le poivre. On y voit aussi l’arbre aux singes, l’arbre à fraise ou à tulipes.

Un plan d’eau, avec ses nénuphars, complète ce tableau remarquable d’originalité.

 

Pour s’y rendre : Rue Eugène Bisson, 76780 La Hallotière - Entre Forges-les-Eaux et La Feuillie - Au centre du village – Tel. 02 35 09 68 30 (mairie).

Ouvert toute l’année librement.

 

        Le jardin d’acclimatation Montebello, ouvert en 1872, doit son existence à l'activité de la Société d'Horticulture fondée en 1844. C’est un véritable jardin d’acclimatation dans lequel sont implantés des arbres peu courants ou autres plantes telles que l’osmonde royale.

         Sur environ 2 000 m2, ce charmant petit jardin est orné de bambous et de camélias. Le superbe Magnolia stellata se remarque dès l’entrée ainsi que le petit chalet de briques à poutres apparentes témoin du style du XIXème siècle. Un tableau de présentation à l’entrée signale les plantes et arbres les plus intéressants.

 

Pour s’y rendre : 44 rue Montebello, 50100 Cherbourg-Octeville - A la limite des quartiers Le Vœu et La Bucaille. Entrée discrète – Tel. 02 33 87 88 9 -  www.ville-cherbourg.fr

Ouvert toute l’année librement selon les horaires suivants : janvier, février, novembre, décembre : 8 h 45 – 17 h 15 ; mars, avril, septembre, octobre : 8 h 15 – 18 h 45 ; mai, juin, juillet, août : 8 h 15 – 19 h 45

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 08:26

Dans les Emirats arabes unis, Masdar (« la source » en arabe) est une ville nouvelle d’Abou Dhabi, en cours de construction en plein désert. Cette ville écologique modèle sera construite pour assurer une vie « sans émissions de carbone et sans déchets », elle devrait accueillir 50 000 habitants et 1 500 entreprises d’ici 2015. Les voitures seront proscrites et remplacées par un nouveau système de transport rapide personnel pour assurer le déplacement des passagers, du fret et des déchets. Les déplacements plus longs seront effectués en tramway. Les bâtiments seront étudiés pour réduire les besoins en climatisation et délimiter des rues ombragées. Les énergies douces (surtout le solaire, mais aussi éolien, géothermie ou énergie marine, etc.) seront exploitées au maximum, les eaux usées seront recyclées pour l’irrigation des cultures et la ville sera à un niveau zéro d’émission de gaz carbonique. Cette ville laboratoire au niveau mondial, conçue par Foster and Partners, devrait préfigurer la ville du futur, affranchie de sa dépendance au pétrole et au gaz. Le budget annoncé est de 20 milliards de dollars.
         Ainsi, dans le Golfe Persique, Masdar serait la métropole vertueuse, à l’inverse de Dubaï, située à deux pas, avec ses chantiers délirants, ses îles artificielles ou ses pistes de ski… Dubaï, un des sept émirats qui compose la fédération des Emirats arabes, revendique l’ambition de devenir la première destination mondiale du tourisme de luxe, commercial et d’affaires. C’est ainsi qu’entre larges avenues et autoroutes, fleurissent les complexes hôteliers ou balnéaires. La Tour de Dubaï, la plus haute tour du monde, couronne le tout, du haut de ses 828 mètres ! Mais la récession mondiale ayant atteint aussi l’émirat, les dettes sont devenues colossales et mettent en péril l’Etat lui-même… Des centaines de chantiers sont arrêtés et les investissements prévus reportés.

         Dubaï investit dans l’immobilier et le tourisme, pendant qu’Abu Dhabi choisit la culture et l’environnement avec l’ambition de devenir d’ici 2030 la capitale mondiale des arts et de l’énergie verte. A chacun ses excès peut être, pour des projets qui ne pourront concerner qu’une petite population privilégiée. Ces « expériences » ont néanmoins valeur d’exemple pour toute la planète et peuvent aussi nous faire réfléchir sur les choix à opérer pour un avenir… pas trop délirant.

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 09:32

Une autre fleur de la Normandie des jardins à découvrir dans la Manche :

 

Le jardin botanique de Vauville, créé en 1947, est le fruit du travail de trois générations de botanistes jardiniers.

Composé uniquement de plantes exogènes, le Jardin botanique est non seulement une collection scientifique reconnue de plantes à feuillage persistant de l'hémisphère austral (sur 4 ha), mais également un lieu unique de création. Les différents biotopes secs et humides du jardin permettent d'adapter des plantes du monde entier (plus de 1 300 espèces).

Une partie des activités est orientée vers la transmission de savoir faire en accueillant chaque année de nombreuses classes vertes ou des contrats de formation scolaire de lycées horticoles.

Avec le temps, le jardin est devenu une banque botanique où sont conservées et cultivées des espèces rares et souvent méconnues. Les conférences internationales sur le jardin de Vauville et les outils de jardin contribuent à une plus large diffusion du savoir faire français en matière de jardin.

Vauville, c’est le dépaysement garanti, parmi des centaines de palmiers, au sein de chambres de verdure bruissant du vent marin tout proche, c’est une atmosphère digne d’un autre monde : une ambiance sub-tropicale en Nord-Cotentin.

 

Pour s’y rendre : Château de Vauville, 50440 Vauville - 3 km sud de Beaumont-Hague à l’ouest de Cherbourg – Tel. 02 33 10 00 00 -  www.jardin-vauville.fr

Ouvert en avril et octobre : tous les week-ends de 14 h à 18 h ; de mai à septembre : tous les après-midi de 14 h à 18 h.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 09:15

Le rapport de la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture en 2009, a été publié le 18 février 2010, avec un dossier spécial sur l’élevage. La demande de viande devrait croître jusqu’au milieu du siècle du fait de la croissance démographique et de l’élévation du niveau de vie dans les pays émergents.

Actuellement, les 6,8 milliards de Terriens consomment de l’ordre de 280 millions de tonnes de viande par an, il en faudrait 470 millions de tonnes pour nourrir 9 milliards de personnes en 2050, mais comment les produire ? Bien sûr cette consommation varie beaucoup d’un pays à l’autre : en Afrique subsaharienne, on passerait ainsi de 11 kg de viande/an/personne à 22 kg, entre 2000 et 2050 ; en Asie ce serait de 20 à 33 kg ; tandis qu’en Amérique du Nord et Europe, on consommerait 89 kg au lieu de 83 !

Cette augmentation, déjà en cours, a nécessité l’évolution des exploitations de petite dimension vers des systèmes de type industriel, ce qui pose des problèmes en matière de gestion des ressources naturelles. En effet, cette augmentation de la production de viande comporte des coûts environnementaux importants dans la mesure où 80 % des surfaces agricoles planétaires (pâturages et terres de culture des aliments du bétail) sont réservées pour l’élevage. D’ailleurs, 40 % des céréales cultivées dans le monde sont destinés à l’alimentation des animaux. De plus, 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre résultent de l’élevage, du fait des animaux mais aussi des pratiques culturales pour les nourrir.

On pourrait favoriser la consommation de porc et de poulet, plutôt que de bœuf qui demande davantage de calories végétales pour produire une calorie animale. On estime en effet qu’il faut entre 3 et 9 calories végétales, selon les espèces, pour obtenir une seule calorie animale. Une voie d’avenir pourrait être de diminuer notre consommation de viande pour favoriser l’alimentation à base végétale, moins contraignante pour l’environnement.

A travers le monde, de nombreuses personnes sont végétariennes, par refus de consommer la chair des animaux, pour des raisons éthiques ou religieuses ; devrons-nous le devenir aussi pour des raisons écologiques ? Bien sûr les professionnels de l’élevage ont réagi à cette nouvelle donne, reprise par de nombreux médias. Il est vrai que les bovins nourris à l’herbe constituent un mode d’élevage plus respectueux de l’environnement, mais si cela reste vrai dans les petites exploitations, ça l’est de moins en moins dans les élevages de caractère industriel… Au-delà des positions rigoristes, dans un sens ou dans l’autre, il s’agit de rechercher un juste équilibre entre les composants de la chaîne alimentaire des humains et de mieux répartir la consommation de viande à travers la planète.

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 09:16

         La Normandie est riche d’environ 170 jardins ouverts au public, présentant une très grande diversité en termes de plantations ou de styles. La Normandie est un grand jardin dont nous proposons de faire découvrir, de temps à autre, les plus belles fleurs dans le contexte d’une sélection « coup de cœur ». Nous privilégions les jardins qui sont porteurs d’avenir, soit en termes de biodiversité, de pédagogie ou de patrimoine, de sorte que ces jardins transmettent un message vers nos descendants. Il s’agit, en quelque sorte, des « jardins pour le futur ». Les plus connus sont très médiatisés, d’autres moins, vers lesquels nous inviterons à la visite. Voici le premier de mes préférés, en Seine-Maritime :

Les Jardins de Bois-Guilbert constituent un parc de 7 ha qui est un véritable hymne à la nature et à la sculpture.  Plus de 7 000 arbres et arbustes ont été plantés pour structurer le paysage en allées et nefs aux couleurs chatoyantes à l’automne.

Jean-Marc de Pas, sculpteur paysagiste, fait vivre ce vaste espace de poésie où soixante-dix œuvres en bronze, résine ou ciment jalonnent la promenade. Ici se mêlent l’art, vécu comme un moyen d’échange et de partage, l’histoire et la nature. C’est ainsi qu’entre les allées, un couple enlacé se découpe sur les feuillages, immobile dans son bronze, seize séquoias encadrent une rose des vents et plus loin, dans l'allée des tilleuls, un couple statufié reflète le soleil.

Différents espaces symboliques, la mare et son île, le cloître des quatre saisons, le labyrinthe de buis, entourent le domaine (château, pavillon et chapelle des XVIIème et XVIIIème siècles).

L’épanouissement complet du jardin va prendre beaucoup d’années, c’est un acte d’humilité qui met le temps en perspective et destine l’œuvre aux générations futures. Bois-Guilbert c’est un hymne à la vie et la nature qui invite à une réflexion sur l’homme, l’espace et le temps, sur les pas de Pierre Corneille, Bernard de Fontenelle ou l’abbé Pierre, rien que çà !

         L’auteur de ce jardin a soutenu une thèse de doctorat à la Sorbonne, écrite sous forme poétique : Le malléable et sa pétrification, essai poétique sur une pratique sculpturale (éditée au Septentrion). Une partie de cette thèse était lue en public, par Alain Bézu, metteur en scène, au début de ce mois devant l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Rouen.

 

Pour s’y rendre : 1 108 route d’Héronchelles, 76750 Bois-Guilbert - Depuis Rouen par A28, sortie Buchy et Forges-les-Eaux. A 7km au sud de Buchy sur D261 - Tel. 02 35 34 86 56 -  http://jardinsdeboisguilbert.over-blog.com

Ouvert d’avril à novembre : samedi, dimanche et jours fériés, de 14 h à 18 h ; juillet et août : du mercredi au dimanche et jours fériés de 14 h à 18 h.

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 09:04

C’était la fin de cet hiver 2010 en Pays de Bray et le début de la saison des vêlages. Une des vaches charolaises allaitantes montrait des signes de disposition à la mise bas. Vers 23 heures l’agriculteur passa à l’étable pour vérifier l’avancement des choses. Cela ne se présentait pas très bien. Plongeant son bras dans la vulve de la vache, il ne trouvait pas la tête du veau en bonne posture et ne parvenait pas à le retourner. L’affaire s’avérait à risque, le veau risquait de mourir et la vache pouvait en subir de graves dommages. On appela à la hâte un voisin agriculteur, distant de quelques kilomètres, pour donner un coup de main. Déjà couché, il fut debout et sur place dans le quart d’heure. Mais rien n’y fit et il fallut se résoudre à appeler le vétérinaire, faute de quoi on risquait de perdre le veau et éventuellement la vache. Il était minuit. Le vétérinaire résidait à une trentaine de kilomètres, il décrocha à la quatrième sonnerie, fut à la ferme dans la demi heure et, fort d’une vraie expertise, mis au monde le veau en 20 minutes. Tout était sauf !

Cette anecdote m’en rappela une autre. Il y a quelques années, notre chat revint à la maison en très piteux état, victime d’une agression grave par un chien ou un renard. C’était dimanche et nous ne pouvions le faire soigner. J’appelais à tout hasard le cabinet vétérinaire le plus proche. Il y a avait un vétérinaire de permanence, qui demanda d’apporter le chat à la clinique. Le minou fut sauvé, il va très bien et vous souhaite le bonjour !

Le « cheptel » de la France compte, approximativement, 20 millions de bovins, 10 millions d’ovins, 10 millions de porcs, 10 millions de chiens et 10 millions de chats, soit un total de 60 millions de « patients » pour les vétérinaires. Le nombre de vétérinaires est, selon les sources, de 12 à 15 000.

La population française est de 64 millions d’habitants. Le nombre de médecins généralistes est de l’ordre de 80 000, chiffre très variable selon les sources.

Ces éléments n’ont rien à voir entre eux et la comparaison est douteuse, c’est vrai. C’était juste pour faire réfléchir un peu sur l’organisation de la médecine d’urgence en milieu rural…

Moralité de cette histoire : si vous avez un problème urgent de santé à la campagne, soyez vache… ou chat. Si vous souhaitez néanmoins rester un humain et qu’il y a vraiment urgence, appelez donc un vétérinaire…

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 08:42

De Paris à la mer, les peintres impressionnistes ont trouvé l’inspiration sur les berges de la Seine. Libres et novateurs comme Monet, Manet, Renoir, Sisley, et tant d’autres, les impressionnistes ont su capter les variations de la lumière et rendre esthétique la réalité quotidienne de la Seine, qu’elle soit industrieuse ou bucolique.

Le festival Normandie Impressionniste(www.normandieimpressionniste.fr), évènement culturel majeur de l’été 2010 en France, rendra hommage aux peintres de la fin du XIXème siècle selon une large palette d’expressions. Ainsi, le 5 juin, date du lancement de la manifestation, les Normands sont invités à se rassembler en nombre sur les berges du fleuve pour constituer le plus grand tableau impressionniste vivant au monde ! Ce sera aussi, le dimanche 20 juin, des déjeuners sur l’herbe, et tout au long de l’été de la musique, du théâtre, de la photo, etc.

Ce festival doit être aussi l’occasion pour les riverains de retourner vers le fleuve, si longtemps délaissé, malmené, souillé… Depuis quelques années, des villes comme Rouen et ses voisines ont accompli beaucoup d’efforts pour recréer le lien distendu entre la ville et le fleuve. En amont, Epinay-sur-Seine, par exemple, a mis l’accent sur les aménagements de berges, à la fois pour améliorer la sécurité des riverains, lutter contre l’érosion et préserver la biodiversité. Le Département de la Seine-Maritime lui, a initié une étude d’aménagement et de gestion des berges de la Seine afin de préserver et restaurer les éléments naturels, en conciliation avec l’activité économique et le développement touristique. Le grand port maritime de Rouen n’est pas en reste avec diverses interventions de gestion de milieux humides ou de réaménagement écologique d’anciennes ballastières. Cerise sur le gâteau, les saumons atlantiques (Salmo salar) disparus de la Seine depuis un siècle, sont régulièrement observés depuis 2000 (260 spécimens observés en 2008). Sous l’égide de l’Etat le classement des boucles de la Seine aval se poursuit.

La Seine reprend des couleurs. Sans doute les efforts accomplis sont-ils encore insuffisants et tout le patrimoine que représente la vallée est encore loin d’être sauvé. Mais ne boudons pas notre plaisir, faisons en sorte que 2010 soit le festival de la Seine retrouvée, avec toutes ses couleurs !

 

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 08:51

C’est curieux comme certains personnages sont encensés, critiqués, oubliés puis ressuscités sans cesse. C’est sans doute le cas de Malthus, économiste britannique (1766-1834) qui a travaillé sur la relation entre population et production. Le malthusianisme impose un contrôle de la démographie, en limitant les naissances. Sa théorie s’appuie sur le constat que les ressources croissent moins vite que la population, ce qui conduit inévitablement vers la catastrophe, sauf si on limite la croissance de la population. Ce raisonnement relève du bon sens, si ce n’est que Malthus préconisait d’arrêter l’aide aux plus pauvres… Cette politique malthusienne, à ce jour, n’est appliquée qu’en Chine (et en Inde dans une certaine mesure), où elle aurait permis d’éviter 400 millions de naissances au cours des 30 dernières années ; cette politique étant maintenant remise en cause.

Cette façon de penser refait surface maintenant que l’on a conscience de l’épuisement des ressources fossiles et que l’on consomme les ressources « à crédit ». On comprend bien, en effet, que s’il faut l’équivalent de 5 ou 6 planètes pour vivre au niveau de consommation des Américains, c’est impossible. On comprend aussi qu’aucune croissance ne peut être infinie, pas même celle des Humains. La régulation des naissances est donc incontournable…

La population mondiale augmente de 1,5 million de Terriens… chaque semaine. Quel vertige ! L’ONU envisage une population mondiale de l’ordre de 8 à 10 milliards en 2050, pour 6,8 actuellement. L’Inde devrait être le pays le plus peuplé de la planète dès 2020. Toutefois la fécondité tend à baisser : 5 enfants par femme (niveau mondial) en 1950, 2,54 aujourd’hui et 2 seulement en 2050.

Au vu de ces constats, les rapports sur la croissance démographique soulignent tous son niveau insoutenable. Le plus alarmiste est peut être le rapport du WWF de 2008 « Planète vivante » qui affirme : « la croissance continue de la population et de l’empreinte écologique par habitant n’est pas soutenable » et ajoute que les impacts négatifs de cette croissance démographique peuvent être réduits par planification des naissances.

Des démographes, de plus en plus nombreux, appellent à ce que soit levé le tabou sur ces sujets, faute de quoi la croissance démographique pourrait générer une déstabilisation majeure liée à des pénuries alimentaires et en eau. Comme souvent en la circonstance, des militants un peu dogmatiques (y compris en France) vont jusqu’à se faire stériliser pour affirmer leur volonté de ne pas faire d’enfants.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 08:09

         Est-ce se faire plaisir ou se faire du mal que de se souvenir que l’on a eu raison trop tôt ? Je prends le risque en ce début d’année 2010. De 1995 à 1997, j’ai eu l’occasion de collaborer, très modestement, à une revue agricole, « l’Agriculteur Moderne ». Après quelques articles sur les paysages, milieux naturels ou mesures de protection de l’environnement, j’avais proposé un article sur « L’agriculture et les pollutions » : refusé et fin de la collaboration… Voici l’essentiel de ce texte d’il y a 12 ans, chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite :

Après des décennies d'effort généralisé pour lutter contre les pollutions de toutes sortes, les résultats sont souvent tangibles, mais l'actualité nous rappelle combien ces succès sont fragiles. A cet égard, l'agriculture est longtemps restée en dehors du "banc des accusés", mais la voilà à son tour montrée du doigt, après les activités industrielles.

Une situation de plus en plus préoccupante : L'eau, l'air, les sols peuvent véhiculer des substances néfastes à l'environnement et préjudiciables à la santé. Lorsque l'on pense pollution liée à l'agriculture, on songe d'abord à l'eau du fait de l'incidence des nitrates. La Haute-Normandie affiche des résultats à tendance positive en ce qui concerne l'altération liée aux matières azotées, bien que de nombreux secteurs révèlent encore des teneurs excessives.

L'inquiétude à propos des pesticides : Les produits chimiques (herbicides, fongicides, insecticides...) destinés à détruire les vecteurs de maladies des plantes et à protéger les cultures des parasites et des mauvaises herbes, sont utilisés en masse depuis les années 60. La France est le deuxième consommateur mondial, derrière les Etats-Unis, avec 95 000 tonnes annuelles de substances actives. La Haute-Normandie est l'une des régions les plus consommatrices, après le Nord, la Picardie et la Lorraine (Selon Agreste, enquête pratiques culturales 1994). En 1991, l'enquête menée par le Ministère de la Santé a révélé que 30 des mesures faites sur les ressources en eau potable, au niveau national, étaient supérieures à la norme européenne de 0,1 mg de pesticides par litre d'eau. Dans l'Eure, en aval de Chartres, on a pu mesurer jusqu'à 14 mg par litre !

Vers quelle évolution ? : En matière de prévention, la France est très en retard sur de nombreux pays européens qui tendent à réduire systématiquement le volume des produits phytosanitaires employés. Au-delà des méthodes curatives, c'est vers une politique de prévention qu'il convient de s'engager. La promotion de méthodes alternatives aux moyens chimiques, l'encouragement à une agriculture "raisonnée", l'aménagement de l'espace rural qui respecte les haies, talus et fossés, la gestion "douce" qui met la santé de l'homme et la protection de l'environnement au centre de la problématique de production agricole, voilà quelques voies où s'engager. Cette "agriculture nouvelle" (qui pourrait bien s'apparenter à l'agriculture traditionnelle) devrait s'appuyer sur un cahier des charges rigoureux qui engage dans la fertilisation raisonnée, les économies d'eau, l'utilisation de produits phytosanitaires moins polluants et à doses réduites, le recyclage des emballages, la collecte des huiles usagées, la protection des haies, du gibier, la formation du personnel...

Un certain nombre de ces recommandations ont été mises en œuvre depuis, mais chacun sait tout le chemin qui reste à parcourir…

 

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:51

Les plantations au bord des routes datent d’une période très ancienne puisque la première ordonnance en la matière fut celle, semble-t-il, de 1522. Ces plantations répondaient à plusieurs utilités comme la séparation des domaines public et privé, l’assèchement des voies, l’apport de bois et aussi… une recherche de beauté. Aujourd’hui ces alignements d’arbres ne conservent plus que des fonctions paysagères et sont, de plus en plus souvent, coupés pour élargir les voies ou prévenir des accidents, compte-tenu de l’évolution du trafic. Ce fut le cas encore cet hiver, pour les alignements de la RN13 dans la traversée du département de l’Eure.

Certes, les plantations ne doivent pas constituer un danger pour les usagers de la route, mais alors pourquoi ne pas repenser totalement la conception des infrastructures. Alors que l’on nous abreuve des conclusions du Grenelle de l’environnement, des trames vertes et bleues, des plans climat-énergie et autres programmes de développement durable, voilà une belle opportunité de passer du discours aux actes.

Si l’on considère la route, non seulement comme une infrastructure de déplacement, mais aussi comme une infrastructure d’aménagement du territoire, alors on peut lui attribuer des fonctions paysagères (esthétique du tracé routier et insertion dans le paysage traversé), des fonctions économiques (régulation de l’hydraulique de surface, alimentation des filières bois-énergie), des fonctions environnementales (biodiversité pour les oiseaux, insectes et chauve-souris particulièrement ; absorption des polluants dus à l’automobile), etc. Voir aussi notre chronique « Quelles routes pour le futur ? » du 26 mai 2008.

Cette façon de voir suppose une conception différente des plantations, pour passer d’alignements simples à de véritables corridors écologiques qui nécessitent une emprise plus importante. Cela n’est pas possible partout pour le réseau existant, mais ce peut être le cas dans la traversée de plaines de cultures ou de voies neuves. L’emprise se ferait quasiment toujours aux dépens des surfaces agricoles, c’est vrai, mais ce serait aussi une façon pour l’agriculture de « rendre les fonctions » qu’elle ne remplit plus… et d’y retrouver son compte (prévention de l’érosion des terres agricoles, inondations, biodiversité des prédateurs d’insectes, etc.). Ainsi plus réfléchies en amont, les routes pourraient aussi rassembler les réseaux divers enterrés (électricité, téléphone, eau et assainissement, etc.) et deviendraient ainsi des infrastructures totales, ce qui commence à se pratiquer, mais trop timidement encore. Cela suppose une volonté politique affirmée et une autre gouvernance de la multitude d’intervenants, au plus près du territoire, en passant par des collectivités territoriales restructurées de façon plus lisible… Vaste chantier !

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