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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 08:18
Lorsque l’on interroge une personne du monde médical sur le pourquoi de tous ces cancers, la réponse est souvent évasive : on ne sait pas, il faut se méfier des statistiques, le dépistage précoce modifie notre perception… Certains cependant sont plus affirmatifs : c’est simple, la pollution et l’alimentation sont devenus des facteurs de risques considérables !
C’est un secret de polichinelle que l’agriculture intensive, suivie par le secteur agro-alimentaire, réunissent ces deux types de risques à l’origine de bien des interrogations quant à notre santé. Lorsqu’un leader syndical commence la présentation de l’agriculture française par mettre en avant le chiffre d’affaires, on se dit que, peut-être, faudrait-il mieux se donner pour objectif de nourrir sainement la population pour lui permettre de rester en bonne santé, et maintenir les paysages et la biodiversité, matière première de l’agriculture.
On comprend le ressenti des agriculteurs, qui souffrent d’être de plus en plus montrés du doigt par toute une société. Ils seraient pourtant valorisés par un travail au service de la santé humaine, tant sur le plan intellectuel que économique. L’agriculteur est un acteur primordial de notre santé, c’est pourquoi nous avons proposé, à plusieurs reprises, un débat national sur cette question des plus importantes.
Des espoirs existent cependant, tel que cet amendement voté, enfin, par l’Assemblée nationale le jour du printemps (!) pour interdire les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, bien que ni les sénateurs, ni le gouvernement ne soient favorables à cette mesure… sous la pression des lobbies de l’industrie agrochimique.
Des pistes sont explorées, comme cette possibilité de contractualisation entre le monde agricole et les collectivités pour préserver les ressources en eau. La logique du productivisme agricole, couplée à une logique curative, plutôt que préventive, permet de régler le problème de la pollution de l’eau aux frais des usagers plutôt que des pollueurs… L’état des nappes phréatiques ne s’est guère amélioré, mais la qualité de l’eau est satisfaisante parce que l’on investit massivement dans la dépollution. Tout cela dans le non respect des directives européennes, ce qui génère des sanctions de Bruxelles à la France pour mauvaise qualité des eaux brutes. Les trames verte et bleue qui se mettent en place au niveau régional sont, à cet égard, un élément de réponse très important pour tenter de reconstituer des réseaux écologiques efficaces.
Enfin, que le président de la République ait reçu les élèves de lycées agricoles (dont celui du Pays de Bray) travaillant sur le thème de l’agro-écologie et l’alimentation le 18 mars est également un signe des plus encourageants.

Lorsque l’on interroge une personne du monde médical sur le pourquoi de tous ces cancers, la réponse est souvent évasive : on ne sait pas, il faut se méfier des statistiques, le dépistage précoce modifie notre perception… Certains cependant sont plus affirmatifs : c’est simple, la pollution et l’alimentation sont devenus des facteurs de risques considérables !

C’est un secret de polichinelle que l’agriculture intensive, suivie par le secteur agro-alimentaire, réunissent ces deux types de risques à l’origine de bien des interrogations quant à notre santé. Lorsqu’un leader syndical commence la présentation de l’agriculture française par mettre en avant le chiffre d’affaires, on se dit que, peut-être, faudrait-il mieux se donner pour objectif de nourrir sainement la population pour lui permettre de rester en bonne santé, et maintenir les paysages et la biodiversité, matière première de l’agriculture.

On comprend le ressenti des agriculteurs, qui souffrent d’être de plus en plus montrés du doigt par toute une société. Ils seraient pourtant valorisés par un travail au service de la santé humaine, tant sur le plan intellectuel que économique. L’agriculteur est un acteur primordial de notre santé, c’est pourquoi nous avons proposé, à plusieurs reprises, un débat national sur cette question des plus importantes.

Des espoirs existent cependant, tel que cet amendement voté, enfin, par l’Assemblée nationale le jour du printemps (!) pour interdire les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, bien que ni les sénateurs, ni le gouvernement ne soient favorables à cette mesure… sous la pression des lobbies de l’industrie agrochimique.

Des pistes sont explorées, comme cette possibilité de contractualisation entre le monde agricole et les collectivités pour préserver les ressources en eau. La logique du productivisme agricole, couplée à une logique curative, plutôt que préventive, permet de régler le problème de la pollution de l’eau aux frais des usagers plutôt que des pollueurs… L’état des nappes phréatiques ne s’est guère amélioré, mais la qualité de l’eau est satisfaisante parce que l’on investit massivement dans la dépollution. Tout cela dans le non respect des directives européennes, ce qui génère des sanctions de Bruxelles à la France pour mauvaise qualité des eaux brutes. Les trames verte et bleue qui se mettent en place au niveau régional sont, à cet égard, un élément de réponse très important pour tenter de reconstituer des réseaux écologiques efficaces.

Enfin, que le président de la République ait reçu les élèves de lycées agricoles (dont celui du Pays de Bray) travaillant sur le thème de l’agro-écologie et l’alimentation le 18 mars est également un signe des plus encourageants.

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 18:09

C’est en 1707 que messieurs Vaillant et Danty d’Isnard ont effectué ensemble un voyage sur les côtes de Normandie et Bretagne afin d’y rechercher des animaux, des végétaux et des minéraux. Ils ont relaté leurs découvertes dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale de France, non publié à ce jour. C’est Théodore Monod qui m’avait signalé ce travail remarquable, à l’occasion d’un courrier du 20 juin 1979 :

« J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre étude sur la botanique en Normandie. J’avais eu, pour la préparation de ma thèse (…) sur la basse Seulles, à consulter un manuscrit intéressant et qui mériterait certainement d’être édité et commenté. Il se trouve à la BN, MS pr., nouv. acq. N° 7520 : Journal du voyage de messieurs Sébastien Vaillant et Antoine Tristan Danty d’Isnard… etc. Il y a un catalogue des espèces récoltées… Ne pensez-vous pas que les naturalistes normands, et en particulier les botanistes, pourraient s’intéresser à ce manuscrit ».

Voilà maintenant quinze ans que Théodore Monod s’est éteint à Versailles, le 22 novembre 2000, âgé de 98 ans. Il est né à Rouen, rue Henri Lafosse et fut un scientifique naturaliste et explorateur, l'un des plus grands spécialistes du Saharaau XXe siècle et produisit environ 1 200 publications, considérées comme des références. Il garda toujours cependant un intérêt pour l’histoire naturelle normande : http://www.michel-lerond.com/article-theodore-monod-dix-ans-deja-61032232-comments.html#anchorComment 

Depuis cet échange, j’ai acquis le manuscrit, avec l’espoir de pouvoir un jour procéder à quelques comparaisons entre 1707 et maintenant… Mais le temps a passé et l’expérience reste à faire par qui voudra bien s’y aventurer. Avec trois siècles de décalage, il y a là matière à comparaisons significatives. Partis de Paris le 17 septembre 1707, les auteurs décrivent leurs observations naturalistes jusqu’à leur retour le 18 octobre 1707, après être allés jusqu’à Granville.

Le Pays de Bray est particulièrement bien décrit et je connais des lecteurs de ce blog qui seraient ravis de lire les propos sur la canneberge des marais de Forges ou les orchidées rencontrées entre Sommery et les Hayons !

Il y a là un magnifique sujet de thèse pour un(e) étudiant(e) naturaliste ou matière à un travail collectif conséquent et riche d’enseignements. Que les naturalistes intéressés se manifestent. Merci par avance.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 07:26

Compte-tenu des évolutions de notre société, chacun a conscience que nous avons changé d’ère, mais peut être pas à un tel niveau. En effet, bien que cette vision des choses ne soit pas encore tout à fait homologuée, les géologues considèrent que nous avons changé d’ère géologique, en passant de l’Holocène (datant de 10 000 ans, c’est la dernière période interglaciaire du Quaternaire) à l’Anthropocène, rien que çà ! Cette nouvelle époque de la Terre est en effet caractérisée par le fait que c’est désormais l’homme qui façonne la planète avec le plus d’ampleur.

Anthropocène, mot constitué à partir de deux racines grecques « homme » et « récent », est apparu à la fin du 20ème siècle, après que l’on ait pris conscience de cette évolution vers 1950, après l’explosion de la première bombe atomique. La dissémination des matières radioactives qui en est résulté a concerné la planète entière suite à une intervention humaine, une grande première ! Pour notre part, totalement convergent dans l’analyse, nous avions appelé cette ère (de 1969 à 2050 approximativement), l’ère de la communication ( http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=24878). 

Même si cette révélation paraît énorme, il faut bien se rendre à         

l’évidence : la planète a d’ores et déjà dépassé certaines limites, que ce soit en matière de climat bien sûr, mais aussi de pollution, de consommation des ressources… Quant à la biodiversité, dont nous puisons tout ou presque : les chercheurs estiment que la planète peut surmonter la disparition de 10 espèces par an, sur un capital d’un million. Actuellement, le taux d’érosion de la biodiversité est 10 à 100 fois supérieur à ce seuil, jugé maximal ! Jusque quand pourrons-nous tenir ?

C’est un défi pour l’ensemble de la civilisation qui est devant nous. Il nous faut maintenant aller au-delà de la simple connaissance des phénomènes pour inventer une nouvelle relation entre la vie humaine et la vie de la planète. Cela suppose une révolution culturelle et une gouvernance planétaire pour gérer, a minima, ce qui conditionne notre survie. Ce processus de la dernière chance passe nécessairement par l’éducation, la sensibilisation et la formation, processus déjà largement entamé depuis, précisément les années 1960-70, mais qui doit être poursuivi avec âpreté et rapidité.

Les 50 ans qui viennent seront décisifs, soit en inventant le bon compromis entre nature et culture, soit en sombrant dans un grand effondrement de l’espèce humaine… Gageons que, au bord du précipice, l’Homme saura réagir et que l’Anthropocène n’aura été alors qu’une courte période géologique marquée par l’invention d’une civilisation possible, réconciliée avec la nature.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 18:04

Dans dix jours, le calendrier nous annonce le printemps, au moment où les esprits sont chagrins, moroses, angoissés parfois devant tant de difficultés économiques, sociales, politiques. Bref, rien ne va plus… Parmi d’autres signaux d’alerte, un tiers des jeunes s’est abstenu de voter lors des dernières élections présidentielles françaises. Combien cette fois aux élections départementales ? Il faut dire qu’appeler à voter pour des représentants de cantons qui n’ont pas grand sens dans le contexte de départements appelés à disparaître, on peut faire mieux en matière de redynamisation de la démocratie !

Pourtant les jeunes justement, se sentent très concernés par les défis à long terme, beaucoup plus que par la délégation de pouvoirs à des adeptes du court terme. L’abstention peut être, parfois, un mode d’expression politique. Les jeunes ne se mobilisent plus guère pour les traditionnels partis ou syndicats, mais plutôt de façon intermittente et spontanée à travers les réseaux sociaux. Cette manière de faire comporte des risques d’exagération et de dérive, mais parvient souvent à permettre le débat sans agressivité. Les jeunes n’ont pas renoncé à faire évoluer leur quotidien, mais ils le font surtout à partir d’initiatives individuelles, dans un monde en réseau qui privilégie l’échange et la coopération plutôt que la concurrence.

Maintenant, l’information est accessible sur tout sujet, partout et en tous temps. Si ce n’est pas une révolution cela ? Malgré elle peut être, l’école est en train de s’adapter et les enseignants doivent faire leur propre révolution, inventer de nouvelles manière d’enseigner, en n’étant plus le pivot de la classe, mais l’animateur qui suscite la motivation, assisté de l’ordinateur. Il faut amener de l’émulation chez les élèves plutôt que de la compétition. Ce, phénomène n’est pas seulement français ou européen, mais quasi mondial. L’école doit toujours enseigner les bases, lire-écrire-compter, certes, mais l’enseignant devient un coach, un guide plus qu’un « maître », il évolue vers un partenariat avec les élèves travaillant en équipe, pour eux-mêmes et avec une assistance technologique. Cette nouvelle donne peut déstabiliser les has been qui ne voient là que passivité et individualisme, alors que c’est le contraire qui est en train de s’opérer.

Comme le souligne très bien Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, « Nous ne vivons pas une crise, mais une métamorphose de notre société ». C’est ainsi que les défis du développement soutenable motivent les jeunes et que certains s’engagent dans la création d’entreprises relatives à la transition écologique, par exemple. Jean-Paul Delevoye ajoute que « L’innovation est une contestation. C’est une désobéissance réussie. » Voilà tout est dit, le printemps pointe son nez !

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 07:32

Dans les années 1960-1970, on parlait de libération sexuelle. Maintenant, il semble que l’on ait franchi une nouvelle étape. Il faut dire que la sexualité s’affiche partout, provocante, directe ou sous-entendue, mais omni-présente. C’est devenu un « produit d’appel » pour vendre des denrées ou prestations qui n’ont souvent aucun rapport avec le sexe. En somme, tu baises et après on cause !

Comment alors rester insensible, pour un homme notamment, à ces formes qui apparaissent, ces attitudes qui se profilent, ces « jeunes filles en fleurs » qui séduisent, voire qui provoquent…

Oui, mais voyez-vous, le problème est que ces « jeunes femmes » dont on parle n’ont parfois que 10 ans, voire moins. Ce que l’on appelle « puberté précoce » commence à préoccuper sérieusement le monde médical et aussi les parents des enfants concernés, surtout des filles. L’évolution des conditions de vie, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, ou ailleurs dans le monde, a fait avancer l’âge de la puberté d’un an en moyenne depuis le milieu du 20ème siècle, soit vers 10 ans pour les filles et 11 ans et demi pour les garçons. Lorsqu’il y a précocité, la puberté peut se manifester dès l’âge de 8 ans, ou avant. Cela peut aboutir à des choses curieuses, avec des fillettes à tête de bébé, qui ont des attentes et des comportements de jeunes filles. Pas facile à gérer pour les parents ! D’autant plus que puberté précoce veut dire aussi sexualité précoce et éventuellement grossesses, parfois chez des gamines de l’école primaire !

Le phénomène s’accroit au point de devenir préoccupant, soit une multiplication par 7 du nombre de cas observés au cours des 20 dernières années.

Mais pourquoi donc une telle évolution ? Les quelques études menées sur ce thème tendent à monter que des facteurs environnementaux néfastes seraient responsables, comme certains aliments (trop sucrés), les perturbateurs endocriniens (emballages, cosmétiques, etc.) et les pesticides. A ce titre voyez-vous, les enfants d’agriculteurs, exposés de façon chronique aux produits phytosanitaires, semblent particulièrement concernés… et plus encore les enfants de viticulteurs du midi de la France !

La communauté scientifique internationale étudie cette question depuis une vingtaine d’années, mais en France voyez-vous, on ne dispose que de très peu de données… comme sur d’autres questions, comme par exemple l’irradiation des aliments. Etonnant le nombre d'autruches qui existent dans notre pays, la tête dans le sable. A moins qu’il ne s’agisse de singes : rien vu, rien entendu et donc rien dit.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:37

Le GIEC a publié fin 2014 son 5ème rapport de 5 579 pages, que les politiques… ne liront pas. Comment contredire un tel rapport, fruit du travail de 800 scientifiques qui se sont appuyés sur un total de 30 000 études passées en revue ! Une synthèse (116 pages) résume le propos et rappelle inlassablement les mêmes choses depuis des années, à savoir que le changement climatique a commencé et que nous en voyons déjà les effets.  

Il reste donc peu de temps pour juguler la hausse des températures et la maintenir sous les 2°, considérés comme le seuil à ne pas franchir. Pour atteindre cet objectif, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 70 % d’ici 2050. Vaste programme !

Le rapport du GIEC précise que la concentration de GES dans l’atmosphère atteint actuellement les niveaux les plus élevés depuis 800 000 ans. L’année 2014 a été l’année la plus chaude mesurée depuis 1880 (13,8° de moyenne pour la France, soit 1,2° de plus que la normale).

Il y a donc urgence à agir. Bien entendu, personne ne doute de la sagesse des dirigeants et de notre volonté à nous de modifier notre façon de vivre. Et sinon ? Sinon, on peut s’attendre à quelques modifications de notre train-train quotidien, par exemple :

-      Elévation du niveau des océans (de 26 à 82 cm attendus d’ici 2100), et recul des côtes, amplifié par des facteurs liés à l’urbanisation,

-      Banalisation des canicules, ce qui fera de celle de 2003 un épiphénomène et carence d’eau dans les zones plus vulnérables, avec des risques forts de guerre de l’eau,

-      Augmentation des incendies de forêts par l’action conjuguée de l’assèchement du milieu forestier et de l’augmentation des coups de foudre,

-      Records de pluies avec des inondations exceptionnelles,                               

-      Raréfaction de certains produits de la mer à cause du réchauffement des océans, etc.

Combien même les pays du Nord parviendraient-ils à réduire leurs émissions de GES, elles sont largement compensées par celles des pays émergents.

Tout a été dit, la planète atteint sous nos yeux des points de rupture à partir desquels le réchauffement peut devenir hors de contrôle. Le sommet de Paris aura lieu dans 9 mois, juste le temps « d’accoucher » d’un plan d’action rigoureux et contraignant, faute de quoi nos petits enfants… pourraient avoir de gros soucis !

En somme ce sont les cinq dernières minutes…

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 07:30

Toute jeune déjà, Nicole ambitionnait de devenir institutrice. Le sort en décida autrement, la menant vers des études techniques en secrétariat. Elle commença sténo-dactylo, un métier du passé, pour finir agent comptable de l’Etat. Passant par différents établissements, promotions successives à force de concours, Nicole accéda à ces fonctions supérieures qui la rendaient responsable financier d’un lycée et trois collèges associés, assurant l’avenir de plus de 2000 élèves !

Nicole a donc passé sa vie à l’école, mais elle a aussi fait une école, au sens où elle a porté le projet de rénovation – agrandissement de l’école de Sigy-en-Bray. Pas seule bien sûr, avec le concours des autres élus de la commune et de multiples intervenants. Mais elle a été assurément le levier de ce projet, notamment dans sa phase initiale, lorsqu’il s’agit de convaincre, de démontrer et de prouver que c’est possible. Surtout quand, en plus, on est capable de réunir les financements nécessaires.

L’école de Sigy, une sorte de gloire locale, inaugurée en grandes pompes en février 2012, visitée par les Académiciens de Rouen en 2013, à la pointe des techniques innovantes. Nicole s’est passionnée pour ce projet, y a mis toute son énergie et est devenue, en quelque sorte, institutrice par procuration, enfin !

Fière et heureuse Nicole, de cette réalisation qui accueille près de 200 élèves dans un village d’à peine 700 habitants. Cet équipement attractif attire des jeunes couples, nouveaux parents qui souhaitent bénéficier de cette belle école.

Mais dans le même temps, le crabe rôdait… En attaques successives, ce monstre silencieux finit par lui grignoter la vie, pour enfin l’ôter à notre amour ou notre sympathie, ce 8 février 2015…

Toujours souriante, d’une générosité débordante qui la rendait soucieuse des autres plus que d’elle-même. Nicole ne fut pas institutrice, mais nous donna de belles leçons d’espoir, de générosité, de lucidité et de courage.

Cette Nicole fut ma compagne durant 52 ans, quelle belle école !

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 14:13

Pierre-Noël Frileux fut un maître pour nombre d’entre nous, écologues et environnementalistes. Né juste avant la seconde guerre mondiale, il a gardé tout au long de sa vie la modestie de ses origines paysannes, bien qu’universitaire de haut niveau et reconnu comme tel.

En tant qu’enseignant, il a marqué plusieurs générations d’étudiants par la pédagogie de ses cours, toujours illustrés d’exemples concrets et reliés à une expérience de terrain, qui donnaient aux fondamentaux de l’écologie une teneur concrète. Il fut à l’origine de l’un des premiers diplômes supérieurs en environnement au niveau national, la Maîtrise des sciences et techniques de l’environnement, qui perdura pendant plus de 20 ans. Cette formation a ravi de l’ordre de 500 étudiants qui, pour un certain nombre, occupent maintenant des fonctions des plus importantes dans ce secteur. Avec les collègues de son laboratoire, le professeur Boullard, Mmes Gaudray et Loquet, et bien d’autres universitaires de Rouen ou des intervenants externes, il a su intéresser les jeunes en quête de nouveauté avec un tel succès que certaines années il a fallu refuser plusieurs centaines de candidatures à cette MST environnement !

En tant que scientifique, il a effectué de nombreux travaux, notamment sur les tourbières du Pays de Bray, en Normandie, ce qui fut le sujet de sa thèse, « Les groupements végétaux du Pays de Bray. Caractérisation, écologie, dynamique », soutenue le 27 avril 1977. Seul, ou en équipe, il a participé à nombre d’inventaires floristiques ou à des réflexions sur des projets d’aménagement. Son grand souci de vulgarisation l’a amené à participer à nombre d’institutions ou associations en étant toujours plus « faiseur » que « diseur ». C’est ainsi qu’il a participé à la vie du Parc naturel régional, de l’Observatoire régional de l’environnement, de divers conseils scientifiques, etc. Retraité dans le Tarn et Garonne, il est resté très actif dans les domaines de la botanique, du jardinage et de la randonnée-découverte de la nature. Il avait d’ailleurs créé auparavant, dans le Calvados, sur son domaine familial, un parc-jardin d’une très grande richesse floristique.

Scientifique de haut niveau et gardant une simplicité remarquable, Pierre-Noël Frileux fut avec quelques personnalités universitaires ou du domaine de l’agronomie, un pionnier de la défense de l’environnement. Il savait partager son savoir avec modestie et affirmer ses convictions si besoin, d’où son militantisme associatif. Pierre-Noël Frileux aura ainsi contribué fortement à la prise de conscience des enjeux environnementaux, à la vulgarisation scientifique de ces questions et à leur professionnalisation. Son apport est tel que nous ne pourrons pas l’oublier. Il fut mon maître tant pour ma vie professionnelle que personnelle.

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 15:19

Ce qui frappe actuellement, c’est une montée du rejet de la nature, de l’écologie, de la protection de l’environnement par une partie de la population. C’est vrai qu’il existe un discours radicalisé, dogmatique, sur l’environnement. Pour ma part, au risque de me répéter, je distingue l'écologue de l'écologiste. Il faut distinguer, en effet, la prise en compte d’un écosystème dans sa globalité de la protection de ses composantes particulières. La notion récente de « services écologiques » a fait évoluer les conceptions en admettant aussi qu’il faut protéger la nature parce que sa dégradation a un coût, en termes de catastrophes naturelles ou d’épuisement des ressources.

Mais les vieux principes, liés aux philosophies et aux religions, reprennent vite le dessus, à savoir que l’espèce humaine se distingue de la nature, est au-delà de la nature, opposant toujours nature et culture. Pourtant c’est bien la nature qui est la source originelle de toute chose. Les oppositions de cultures ont généré des concurrences entre humains, d’autant plus dans un monde qui ne dispose pas de ressources inépuisables, ce qui engendre la convoitise, parfois la guerre et la barbarie.

On assiste en effet actuellement à la montée d’un discours réactionnaire qui rejette en vrac tout ce qui touche à l’environnement. On voit cela dans l’actualité, avec parfois des caricatures, comme les agriculteurs qui veulent continuer à traiter leurs cultures, même au voisinage immédiat d’une école... Dans ce discours, peu importe les risques pour la santé ou l’environnement, si “ça fait vivre” en apportant des emplois ou du fric, c’est bon... Bien sûr, la réalité est plus complexe et en matière d’environnement, il n’existe quasiment pas de problème simple, parce qu’il y a toujours, plus ou moins des enjeux économiques qu’il faut conjuguer avec des risques sanitaires ou autres. Il faut arbitrer, donc faire des choix, donc accepter des inconvénients. La règle dominante est qu’il faut toujours privilégier l’Homme, mais à court et à long terme, ce qui n’est pas toujours simple.

Si la nature se passe volontiers de nous les humains, au contraire nous avons besoin d’elle tout simplement pour satisfaire nos besoins primaires d’espèce animale.  

Au-delà, il y a bien sûr notre intelligence, nos facultés créatrices, nos conceptions du monde qui nous ont permis d’inventer la civilisation.

Tout cela devrait déjà être compris et assimilé, faute de quoi il faudra bien un jour contraindre les comportements pour assurer la survie de l’espèce.

Il est urgent de réconcilier l’homme et la nature.


 

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 18:28

En fin d’année 2014, deux articles de ce blog évoquaient les arbres et ce qu’ils signifient pour quelques écrivains. Nous vous invitions à répondre à la question : Et vous, quel est votre arbre préféré ? Et si, pour Noël ou la nouvelle année, vous offriez à vos enfants, parents, amis, ou à vous-mêmes, un arbre. C’est le bon moment pour planter. Alors, lequel ? Vous avez été plusieurs, parmi nos fidèles lecteurs à répondre. Pour remercier tous ces lecteurs et commentateurs, voici vos réponses, à méditer par tous :

 

Philippe :
Quand nos enfants sont nés, ils ont eu en cadeau un arbre, planté dans le jardin, un fruitier. Et ils ont bénéficié de tous les parrainages existants style "un enfant, un arbre". Depuis, et à d'autres titres, ils sont parrains de veaux, d'ânes et même de... homards !
Mon arbre préféré reste le manguier ! Mais dans nos régions (de Normandie) on peut aussi avoir des figuiers ou, en plus local, des noyers ou des châtaigniers...
 

 

Colette : 

Michel, j’ai  apprécié ta chronique sur les arbres  notamment le texte de Colette (qui a été mon choix de lecture d’écrivain pendant plus d’un an).

 

Stéphan : 

Bien qu'ils soient actuellement, pour la plupart, dégarnis, on peut admirer la complexité de leurs branchages qui permettra à chaque feuille de capter le maximun de rayons solaires quand le printemps reviendra. Bonnes fêtes

 

Danielle :

Il y a bien longtemps, je dissertais sur notre système éducatif et sur la manière dont il traite ses étudiants :
     Vous êtes tous du même bois
     Arbres
     Bras tendus vers le ciel
     Potentiels en bonheurs pluriels
     Vous êtes tous du même bois
     Brûlé en Tous les cas.

J'ai planté un arbre à l'occasion de la naissance de chacun de mes petits-enfants.... Et même si ces jumeaux végétaux sont loin de mon regard aujourd'hui, j'aime à les imaginer, comme dans les traditions animistes, veiller sur leurs frères humains...

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