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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 08:33

Dans Jeunesse et Nature de 1963, je m’interrogeais aussi sur la dimension du monde :

 

UNE PLANETE HABITEE GRAVITE DANS L’INFINI :

 

Une planète habitée gravite dans l’infini : la Terre. La Terre, planète habitée par des êtres intelligents, planète énorme, n’est qu’une poussière perdue dans l’infini.

La terre est énorme, c’est un sphéroïde de 12 800 km de diamètre, d’un volume de 400 milliards de km3 environ. Ce globe comparé à l’homme est évidemment énorme, mais comparons-le aux autres astres.

La terre gravite à 150 millions de km d’une étoile, dont le rayon vaut 109 fois le rayon terrestre, dont le volume dépasse un million de fois celui de la Terre et dont la masse est de deux milliards de quintillions de tonnes. A la température du Soleil, 6 000° chaque cm2 de sa surface fournit une puissance de 9 ch. Mais d’autres étoiles peuvent atteindre jusqu’à 60 000° en surface. Le Soleil gravite dans une galaxie appelée Voie Lactée. Il y fait un tour en 250 millions d’années, entraînant avec lui tout un système planétaire dont fait partie la Terre. Le diamètre de la Voie Lactée mesure 100 000 années lumière (1 année lumière = 10 000 milliards de km) ; elle contient environ 100 milliards d’étoiles. La Voie Lactée fait partie d’un ensemble de nébuleuses plus ou moins importantes au nombre de plus d’un million.

Après ce voyage à l’infini, revenons sur Terre. Notre planète est donc bien infiniment petite et à plus forte raison les hommes qui l’habitent. Vous comprendrez maintenant aisément qu’il reste beaucoup à faire pour atteindre d’autres planètes, puis d’autres systèmes et d’autres galaxies. Mais à force d’études et d’essais, l’homme avide de voyages saura gravir les échelons qui le mèneront vers des horizons bien plus vastes…

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 08:26

 

Dans Jeunesse et Nature de 1963, on trouvait aussi de l’humour, mais rassurez-vous, ce n’est qu’une fiction que j’ai écrite :

 

LA CASSEROLITE :        

 

Une maladie qui tend à disparaître, la casserolite, sévissait encore il y a quelques années parmi les quadrupèdes de l’espèce canine. La casserolite se manifeste par crises aiguës et parfois même suraiguës, ces crises durent plus ou moins longtemps, selon que la casserole a été fixée par un débutant ou un expert. Il est difficile d’examiner l’animal pendant la crise à cause de la rapidité de son déplacement. Il semble toutefois que le chien, outre les phénomènes congestifs, présente une forte constipation. Etudions le déroulement de la crise 

Causes de la crise : Quelques enfants découvrent une vieille casserole dans un dépôt d’ordures et l’un d’eux se précipite chercher de la ficelle.

Début de la crise : Les jeunes bambins ont capturé un chien du voisinage et lui attachent la casserole à la queue. L’animal se rebiffe et d’un coup de queue fait rebondir le maudit instrument sur le pavé avec un bruit guère plaisant qui met notre brave bête en fuite.

Plein de la crise : La bête ayant pris la fuite, la casserole après quelques bonds, acquiert une vitesse suffisante pour continuer sa course en vol plané. Le chien n’entend plus que le sifflement de l’air, freine sa course et reprend une allure normale. La machine infernale se remet alors en marche et l’animal repart de plus en plus effrayé. La crise n’est donc pas continue, elle présente un caractère ondulatoire avec accélérations.

Fin de la crise : Théoriquement, le chien devrait continuer sa course indéfiniment. Mais on doit tenir compte de la fatigue musculaire, du frottement des pattes sur le sol, sans oublier que les oreilles en pointe de certaines espèces constituent un frein aérodynamique. La distance parcourue sera donc fonction de la robustesse de la bête, de la surface d’adhésion de ses pattes et de la forme de ses oreilles. Nous ne nous arrêterons pas à ces considérations qui nous entraîneraient vers une étude plus poussée de la casserolite.

Traitement de la casserolite : Stopper l’animal par un moyen quelconque et détacher la machine infernale. Il est également conseillé de donner une bonne correction aux garnements qui auront porté atteinte à la tranquillité  physique et morale du pauvre chien.

Prévention : Ne pas laisser les casseroles à la portée des enfants et ne jamais jeter les casseroles usagées sans en avoir préalablement enlevé la queue.

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 09:32

 

Ah que Johnny, il chantait déjà ses souvenirs au début des années 1960 :

           Nous n’avions au fond de nos poches

Q’un peu d’espoir

Mais nous partions comme Gavroche

Le cœur assez bavard

Et nous donc, il y a 50 ans ? Le moment des vacances est propice à se souvenir, voire à la méditation sur le passé. Tenez, en 1963 par exemple, paraissait le N°2 de Jeunesse et Nature, la revue des Naturalistes Bucheois (à Buchy, au nord de Rouen). Parmi quelques articles naturalistes, on pouvait lire… ma réflexion « philosophique », un peu poétique :

 

EDITORIAL :

  

Attention au départ, cabine spatiale 135 ! Les voyageurs à destination de Mars – zone 5 – sont priés de se rendre au départ du vaisseau 74. Changement de vaisseau sur la station E43 ! 

Le jour où le haut parleur d’un « fuséodrome » annoncera ces mots n’est pas encore arrivé, bien sûr ; mais il n’est pas tellement éloigné si l’on considère le progrès qu’a fait la technique depuis la dernière guerre. On vivra alors dans un monde colossal de béton, agitant des bras d’acier, secouant des toiles de nylon ou de rilsan, décoré de fleurs artificielles…

Où seront alors les petites marguerites parsemées sur le tapis vert du pré et les jonquilles déversant leur or sur la verte chevelure du printemps, et le muguet carillonnant à toute volée l’approche de l’été, et le coquelicot majestueux étalant sa pourpre sur les blés d’or, et la feuille tourbillonnant dans la brise de l'automne, et la pâquerette élégante et la violette au parfum délicat, la primevère, la pensée sauvage et l'églantine ; et les oiseaux gazouillant dès le matin, le merle joyeux siffleur, le rouge-gorge et le moineau qui bâtit son nid...

 Y aura-t-il une place pour une pâquerette sur des prés d’asphalte et pour une mésange bleue sur des arbres de béton ?

 

 

 

 

 

 

 

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 08:17

 

           Ouf ! C’est les vacances ! Oui mais le ministre a annoncé une refondation de l’école, alors il y a encore du boulot ! Je propose donc de vous aider monsieur le ministre. Vous verrez, à plusieurs, on y arrive plus facilement. Peut être pourrions-nous avoir en tête quatre questions essentielles auxquelles nous tentons d’apporter quelques éléments de réponse :

Première question : Les systèmes éducatifs actuels correspondent-ils encore aux attentes de notre société ?

         La montée en puissance des risques environnementaux génère une demande sociale forte et un besoin considérable d’information. La pédagogie traditionnelle était adaptée à un monde stable, ce qui n’est plus le cas. L’adaptation à la société contemporaine suppose aussi de préparer les enfants à travailler en équipe et sortir de la logique de la sélection par les connaissances pour apprendre à modifier les comportements.

Seconde question : L’accumulation de connaissances est-elle encore de mise par rapport à un véritable apprentissage de la vie ?

L’éducation doit également porter sur les rapports humains. L’éducation à l’environnement est une éducation civique concrète tournée vers la vie en société. Les sciences de l'environnement, tout comme l'école, se veulent ouverture sur le monde et sur l'avenir. Comme l'école, elles se basent sur la pluridisciplinarité et visent à amener l'homme à s'intégrer aussi bien que possible dans le monde où il évolue et à l'aider à agir rationnellement.

Troisième question : Le caractère national de notre système éducatif est-il encore d’actualité avec la planétarisation des problématiques ?

L’école doit être aussi reconnaissance de son environnement immédiat. L’éducation à l’environnement aide à la compréhension des débats de société, elle permet de replacer l'enseignement dans le temps et dans l’espace géographique. Il est nécessaire d’évoquer la destruction des milieux et la disparition des espèces en interférence avec l’histoire, la géographie et l’économie de tel pays ou de telle région.

Quatrième question : Le cadre de l’école est-il encore adapté à une évolution constante des connaissances ?

L’éducation devra s’étendre sur toute l’existence, dans une société où les connaissances sont en constant renouvellement.  L’éducation à l'environnement nécessite la découverte des milieux et paysages régionaux et la rencontre avec les praticiens. Cette mise en œuvre doit aussi s’appuyer fortement sur une mise en réseau en créant des synergies entre les acteurs de l’école et ceux extérieurs à l’école.

 

Il faut sortir l’éducation à l’environnement de son relatif isolement culturel et la recadrer dans un contexte plus large pour constituer un axe essentiel d’une réforme en profondeur de l’enseignement. Refondons l’école !

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 08:44

 

            Bérénice venait de terminer son exposé sur la biodiversité en insistant sur l’importance du Triton crêté, comme espèce caractéristique de certaines zones humides, gages d’équilibre des écosystèmes.

          Lucas leva la main pour poser une question : Mais qu'estce que ça peut bien faire si le triton crêté disparaît ? Ce n'est pas la fin du monde tout de même !  

          Effectivement, la disparition de cet amphibien (Triturus cristatus) ne va pas changer la face du monde ! Mais il est révélateur de l’état du milieu naturel et donc de la qualité de notre milieu à nous, les Humains. Il s’agit d’un triton de grande taille  qui peut mesurer jusqu’à 18 cm. Au printemps, au moment de la reproduction, les mâles de cette espèce présentent une crête dentelée ; ils fréquentent alors les milieux aquatiques. Cette espèce est très sensible à la pollution et la modification des milieux, c’est pourquoi elle préfère les grandes mares ensoleillées comportant une abondante végétation. Depuis une trentaine d’années le Triton crêté s’est considérablement raréfié pour diverses raisons : urbanisation, aménagements routiers, pollutions agricoles, comblement des mares, etc. Si le Triton crêté disparaît d’une zone géographique, c’est le résultat de modifications du milieu, c’est la conséquence de dégradations de l’environnement qui peuvent être préjudiciables à notre cadre de vie et à notre santé.

C'est là une chose simple, mais toujours difficile à expliquer. Bérénice reprit alors son commentaire, en s’appliquant à davantage de pédagogie :

Nous sommes confrontés, nous les écologues, à une difficulté culturelle. Depuis des siècles on nous rabâche que l’Homme domine la nature, que la nature est à notre service, qu’elle est faite pour être exploitée… Mais en fait, nous faisons partie de la nature, nous sommes dépendants de la nature, nous en avons besoin à tout moment pour nous nourrir, nous habiller, nous loger, ou toute autre activité… Si bien que ce n’est pas le Triton crêté en lui-même qui est indispensable, mais la nature dans son ensemble, parce que c’est notre milieu de vie. Dans ce contexte, la disparition d’une espèce sauvage est une alerte. Nous les Humains, sommes aussi une espèce « naturelle ».

La « leçon » fut simple et bien comprise. C’est Lucas qui tira la conclusion : Si je comprends bien, plus de nature, plus de bonshommes !

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 08:39

            Crévaindiou, v’la que j’me dope au nitrate. Mé qui suis pas bé en forme du moment, je vas me’remonter un peu aveuc c’te sorte de médicament, pi qu’ c’est un médicament qui disent maintenant, ou quasi.

              Le père Mathieu a sans doute raison s’il écoute la Coordination rurale, mais il a peut être tort s’il écoute le Commissariat général au développement durable… Comment s’y retrouver ? La Cour de justice européenne vient de condamner la France, le 13 juin 2013, pour « manquement dans la mise en œuvre de la directive nitrates », après avis motivé d’octobre 2011 et omission de désignation de zones vulnérables. La prochaine étape pourrait consister en des sanctions financières lourdes, aux frais… des contribuables. Comme à l’habitude les écologistes reprochent aux gouvernements de céder devant les lobbies de l’agriculture intensive et les chambres d’agriculture… dénoncent le manque d’évaluation des conséquences économiques et l’empilement des mesures réglementaires.

Mais voilà que dans le même temps, la Coordination Rurale (« Le seul syndicat agricole représentatif indépendant de toute organisation économique et politique qui défend tous les agriculteurs ») fait savoir qu’il est « définitivement acquis que les nitrates de l’alimentation sont bénéfiques pour la santé », que « plus nous consommons de nitrates, meilleure est notre santé » et enfin qu’ « aucun des effets négatifs supposés n’a pu être confirmé au terme de plus de 30 ans de recherches infructueuses ». (http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/nitrates-et-sante-l-etonnante-contre-enquete-69761.html). Tout ceci en s’appuyant sur des études  anglo-saxonnes et scandinaves démontrant un renversement total de l’approche des nitrates, tel qu’elle prévaut depuis 50 ans.

         Pour corser un peu l’affaire, le ministère de l’écologie rappelle dans ses publications que « les nitrates sont bien une des principales causes de dégradation de la qualité des eaux souterraines ». (http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/2000/0/contamination-eaux-souterraines-nitrates.html).

Mais alors qui croire ? Il est vrai que la science évolue, qu'elle peut surestimer des risques, que des conclusions sont trop vite traduites en règlements... N’y aurait-il pas amalgames et confusions entre nitrates, phosphates et pesticides ? Ou confusion entre impact sur la santé et impact sur l'environnement ? Ou jeu complexe entre intérêt financier et lobbying forcené ? Une seule certitude, il nous manque de véritables institutions réellement indépendantes pour faire le tri des arguments.

Crévaindiou, qui que j’va crère asteu ? J’me dope ou j’me dope pas ? Nous v’la bien dans l’embarras du nitrate !

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 08:27

 

Des taxes, des taxes, toujours des taxes. Voilà qu’ils veulent maintenant une taxe écologique ! Est-ce que les imprimés seront verts au lieu d’être bleus ?

Bien au-delà des associations de défense de l’environnement, et après d’autres organismes, voilà la Cour des comptes qui fustige les subventions encourageant la consommation d’énergies fossiles et regrette le manque d’efficacité de la fiscalité de l’énergie. Par exemple, la détaxation du kérosène coûte 3,5 milliards € par an, ce qui va totalement à l’encontre des objectifs de développement durable. De même, la différence de taxation du gas-oil coûte 8 milliards € par an, alors que les particules fines sont responsables de 40 000 décès prématurés par an en France… Bien sûr, cela n’est pas facile dans un pays très « diéselisé » et l’inquiétude est grande chez les constructeurs automobiles, routiers, agriculteurs et pêcheurs.

C'est aussi l’OCDE qui demande une réforme de la fiscalité écologique, en s’étonnant que les carburants utilisés dans l'agriculture et la pêche soient largement déraxés.

 Une fiscalité verte devrait réduire, puis supprimer, les subventions encourageant la consommation d’énergies fossiles qui coûtent de l’ordre de 90 milliards € par an pour l’OCDE. C’est le carbone qu’il faut taxer. Il faut notamment supprimer progressivement l’avantage fait au diesel et la détaxation du kérosène pour les vols intérieurs. Comme nous le disions déjà, il y a plusieurs années, (http://www.michel-lerond.com/article-35814501.html) : il faut aller progressivement vers une fiscalité qui protège l’environnement, en annonçant dès le départ que cette taxe commence à un taux modeste et augmentera de 5 à 10 % par an. Il faut également prévoir au départ que cette taxe soit payée par tous. Des calculs faits par la Banque mondiale sur la base d’un peu moins de 20 € la tonne de carbone émise, prix correspondant aux dommages moyens causés par le climat. Cette taxe carbone, pour être efficace, doit être universelle, permettant d’amortir les effets de la crise et de réduire notoirement les émissions de gaz à effet de serre.  

 C’est une révolution fiscale verte qu’il faut faire. Ce doit être possible puisque les Suédois l’ont faite il y a 20 ans déjà, en taxant l’électricité, le carbone, les énergies fossiles, les pesticides, instituant le péage urbain pour les voitures, sans que cela fasse vraiment débat et trouvant même cela « normal ». Mais l’espoir est là puisque début juin, les députés Français ont adopté des mesures qui vont en ce sens, même si elles restent timides et à application différée. Nous évoluons vers moins de taxes sur le travail et plus sur les pollutions. C’est peut être tout simplement le prix à payer pour garantir un avenir à nos enfants et petits enfants.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 09:34

 

Albertine est arrivée avec retard chez madame Bignon et s’en est excusée.

- Excusez-moi madame Bignon de ce léger retard, mais il y avait un attroupement devant la mairie. C’était la sortie d’un mariage. Deux hommes ! Et ils se sont embrassés sur la bouche ! Et goulûment avec ça !

- Mais Albertine, vous savez bien que le mariage peut être célébré aussi pour un couple d’hommes ou de femmes.

- Ben oui, mais je n’arrive pas à m’y faire à ce mariage contre nature.

- Comment contre nature ? L’homosexualité existe aussi dans la nature (http://www.michel-lerond.com/article-betes-de-sexe-114621331.html) et les humains qui sont concernés n’ont pas choisi, c’est leur nature tout simplement.

- Admettons madame Bignon, mais tout de même, se marier à la mairie, officiellement, devant tout le monde… Je n’arrive pas à m’y faire. Et pourquoi pas devant le curé, pendant qu’on y est ?

- Justement Albertine, le mariage civil, c’est une association entre deux personnes qui veulent vivre ensemble aux yeux de la société. Cet acte civil donne un statut social et économique à l’association. Le problème pour vous, comme beaucoup de personnes, c’est que vous confondez trois choses : les sentiments, deux personnes s’aiment ; le mariage civil, deux personnes s’unissent devant la société ; et le mariage religieux, deux personnes reçoivent le sacrement de leur communauté, ce qui ne regarde qu’eux.

- Ils avaient déjà le PACS, on pouvait en rester là.

- Oui Albertine, mais justement le pacte civil de solidarité est un contrat conclu entre deux personnes (de même sexe ou pas), pour organiser leur vie commune. C’est clair ; si ce n’est que l’on a substitué le PACS au mariage qui était déjà la même chose, sans le dire vraiment ; il suffisait de le rappeler ainsi que de modifier le vocabulaire. D’ailleurs l’Etat entretient la confusion puisqu’un prêtre, pasteur ou rabbin ne peut marier un couple que s’il est passé devant le maire au préalable. Bonjour la séparation des églises et de l’Etat !

- Je n’arrive pas à m’y faire madame Bignon.

- D’ailleurs vous savez que la France est en retard dans ce domaine. Il y a déjà 17 pays au monde qui reconnaissent le mariage ainsi, dont 9 en Europe.

- Admettons, mais en plus ils veulent adopter des enfants, ou même les faire faire ! C’est odieux. Les pauvres gosses n’auront pas un papa et une maman.

- C’est vrai Albertine que cela pose des questions, mais il faut peut être revoir aussi notre notion de la famille. Vous n’ignorez pas qu’en France, dans les couples hétérosexuels, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint. 122 femmes en 2012 ! Et cela parfois, devant les enfants. Vous croyez que c’est mieux alors d’avoir un papa et une maman ?

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 15:09

         La société française est malade, avec des symptômes qui ne valent rien de bon : l’hypertension ne cesse de s’accroître et la fièvre monte toujours ! On sent bien, tant dans les médias que dans les conversations de tous les jours que beaucoup d’entre nous sont « à cran ». Et comme toujours dans ces cas là, les médias, avides de racolages, prophétisent un nouveau mai 68, un retour des années 30 et même un 1789 !

C’est la crise, économique certes, mais est-ce seulement cela ? L’idée de progrès, qui était jusque là une évidence, est en train de s’effondrer. On s’était habitué à ce que nos sociétés industrielles apportent des solutions sociales et sociétales, mais plus personne, ou presque, n’y croit. De toutes parts foisonnent les symptômes de crises économiques, écologiques, sociales, humaines… Les messages clairs, les exemples, que l’on attend « d’en haut » ne viennent pas. Au contraire, les élites, politiques notamment, ne sont pas au rendez-vous. La nuit s’installe, fait peur et invite au repli sur soi avec un sentiment de perte d’avenir.

Les quelques messages qui demeurent sont inaudibles. Mais que peut bien signifier cette idée obsessionnelle et convulsive de croissance quand elle incite à produire pour produire, consommer pour consommer, comme une cage à écureuils qui tourne sans fin sur elle-même, avec des Hommes dans la cage. Alors que de toute évidence, il faut réduire la consommation et donc produire à bon escient, des choses dont nous avons un réel besoin. Le trouble des esprits est grand, l’inquiétude aussi, c’est vrai. Selon une idée chère à Edgar Morin, les sociétés qui ne parviennent pas à régler leurs problèmes sombrent dans la barbarie (on a vu cela au XXe siècle), ou se désintègrent (on a déjà vu cela aussi), ou se métamorphosent, et cela on espère le voir !

Bien sûr, le pire n’est jamais sûr et la meilleure façon de l’éviter est bien notre réaction positive, à chacun de nous. Certes faut-il renouveler la gouvernance et les gouvernants, cela nous pouvons le faire sans loi ni règlement, c’est à nous de décider d’appliquer le 11 : http://www.michel-lerond.com/article-15883948.html. Certes faut-il passer à une économie verte qui privilégie l’énergie propre et renouvelable, qui réinvente l’agriculture saine de proximité, qui remette l’humain au centre des préoccupations, cela aussi nous pouvons le faire à travers nos choix de consommateurs en opérant une révolution culturelle, d’abord en nous-mêmes. Sans doute tout n’est-il pas simple, mais attachons-nous à revenir à des considérations basiques : plus de démocratie, plus de souci des autres, plus de souci de notre environnement. Chacun peut le décider et s’y mettre ! Si nous ne sommes que quelques uns à penser ainsi, c’est perdu d’avance, mais si nous sommes des millions, alors c’est déjà gagné !

        

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 18:35

            Au tout début, il y avait le Big Bang. C’était il y a bien longtemps, 4,5 milliards d’années. Les premières traces de vie apparaissent vers - 3,8 milliards d’années, des bactéries ; puis des êtres pluricellulaires se développent vers - 2 milliards d’années, et la vie finit par grouiller avec algues, méduses, éponges vers - 500 millions d’années. La vie sort de l’eau, les reptiles, puis les mammifères vers - 200 millions d’années. Et enfin, nous, les plus beaux, les plus forts, les Hommes, avec Toumaï, notre plus ancien prédécesseur à – 7 millions d’années, le premier hominidé ! Puis arrivent Lucy et les autres, déjà – 3,6 millions d’années. Comme le temps passe ! Et là on est au Pliocène, la toute fin de l’ère tertiaire. C’est l’époque des Australopithèques.

         Suite à divers évènements volcaniques et autres, la concentration de dioxyde de carbone (CO2) est alors de l’ordre de 400 parties pour million (ppm), puis tout cela s’est stabilisé autour de 250 ppm jusque… vers 1960. Le monde continue, tout va bien, les civilisations humaines se développent, prospèrent, colonisent la terre, chauffent, brûlent, vroum, vroum… et la concentration de CO2 augmente régulièrement : 310 ppm en 1960, 340 en 1980, 360 en 2000, 395 en mai 2011, 397 en mai 2012, et encore un effort, oui bravo, 400 en mai 2013 ! Cela nous ramène au Pliocène… l’apparition de l’homme sur Terre !

Désormais, on sait que l’objectif de limiter, en 2100, le réchauffement à 2 degrés est quasi intenable. On sait aussi que, si nous parvenons à stabiliser le CO2 entre 400 et 440 ppm, on devrait limiter l’augmentation moyenne de la température terrestre entre 2,4 et 2,8 degrés, avec une élévation du niveau de la mer comprise entre 0,5 et 1,7 m. Il aurait mieux fallu ne pas dépasser les 350 ppm de CO2, ah que c’est ballot ! Nous aurons donc, comme prévu des effets tout à fait concrets du changement climatique : élévation du niveau des océans, destruction d’écosystèmes, évènements climatiques extrêmes…

Bien entendu, tout cela n’est pas désespéré, il ne s’agit que de changements et d’adaptations. D’ailleurs vous les entendez, sur tous les continents, dans toutes les instances internationales, ils répètent tous : progrès, croissance, compétitivité, développement et la croissance encore, gnarc !

Il fait un peu chaud, vous ne trouvez pas ? Pfff. Tiens, on les entend moins fort, ils répètent encore croissance, croiss… et puis, mais qu’est-ce que j’entends : gnarc, schrum, wouarf, grrrr, qué calore ! Mais pour sûr, on dirait des Australopithèques, les tout premiers hominidés. Ah, le retour aux sources, quel délice !

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