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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 08:47

Nombre de faits divers dans l’actualité récente ont fait écho à la recherche scientifique, qu’il s’agisse de médicaments, de produits phytosanitaires, d’OGM ou de divers produits de consommation courante. 

La recherche scientifique, par nature, comporte bien des incertitudes et les résultats peuvent être remis en cause ultérieurement. C’est d’ailleurs le fondement de la science. Mais les choses se compliquent un peu plus quand les recherches sont menées avec opacité. Comment alors, le citoyen peut-il se faire une opinion, comment le consommateur peut-il faire ses choix ? 

Au-delà des questions difficiles inhérentes à la recherche scientifique, les modes de financement pourraient bien être à l’origine de certaines controverses. C’est ainsi que telle étude « démontrant » l’impact des pesticides sur les abeilles est contestée, au motif de protocole ou de modèle mathématique insuffisants, par un chercheur… soutenu par un agrochimiste. N’est-on pas alors dans le conflit d’intérêts ? La récente polémique sur les OGM s’est appuyée sur une contestation portant sur l’insuffisance de rigueur du protocole d’étude, notamment par l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments), qui elle-même est mise en cause lourdement pour conflits d’intérêts sur les OGM. 

La vraie question, semble-t-il, est celle de l’indépendance de la recherche. Autrefois elle était financée par des fonds publics, ce qui permettait une grande liberté d’approche et d’expression des résultats. Depuis une trentaine d’années, la recherche est le plus souvent financée par des entreprises qui attendent des résultats applicables, ce qui est logique, dans des délais raisonnables et sans trop s’apesantir sur les effets indésirables. Cette nouvelle donne débouche, inévitablement, sur des lobbyings puissants, et d’autant plus que les hommes politiques sont faibles…

A cela il faut ajouter les fraudes des chercheurs eux-mêmes, rares il faut l’espérer mais qui compliquent un peu plus le problème. La fraude est estimée à un article scientifique sur 10 000, mais est en augmentation du fait d’une logique économique qui exige un résultat opérationnel en un temps court, faute de quoi le laboratoire mandaté n’est plus financé... La médiatisation amplifie le phénomène en publiant des résultats annoncés, certes, mais pas obligatoirement validés en totalité. Ce fut le cas, à plusieurs reprises ces derniers temps, à propos de produits pharmaceutiques, pour lesquels la sensibilité du public est encore plus forte.

Pour limiter les impacts sur la santé et l’environnement de résultats « scientifiques », il faudra bien revenir à plus d’indépendance des chercheurs, des financements de la recherche et de présentation transparente des effets constatés.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 08:17

Ce matin, je me suis levé tard, très tard. Après une nuit paisible, je suis resté accolé à Nicole sur le lit, dans une chaleur délicieuse. Par la fenêtre de la chambre, légèrement entrebâillée, je recevais un léger filet d’air dans une lumière d’automne des plus gaies. J’apercevais au fond du jardin un érable champêtre, comme ils disent. Mais un arbre peut-il être autre chose que champêtre ? Celui-là, en tous cas, était devenu jaune, ocre, rougeâtre, une splendeur que je ne me lassais pas de regarder en lissant ma moustache. 

Ce midi, je me suis levé enfin pour manger un peu, un mélange de mousselines des plus réussies, au poulet, lapin et rognons. Un vrai délice, je m’en léchais les babines… Côté boisson, je suis plutôt sobre et j’aime bien accompagner mes repas de lait frais, cela me désaltère de façon très douce et agréable.

Ainsi restauré, j’ai pu faire quelques exercices physiques en allant dans le jardin. J’ai bien suivi les allées pour ne pas me mouiller les pieds avec la rosée à peine dissipée. Je n’ai pas fait un grand parcours, mais cette petite promenade m’a ragaillardi à tel point que j’ai pu courir un peu après une pie qui prétendait s’installer sur un rebord de fenêtre. Mais après cette sorte de sprint, j’ai éprouvé le besoin d’une petite sieste. 

Je me suis alors installé confortablement sur le canapé, d’où l’on a une belle vue sur le jardin. Mais j’ai vite sombré dans un sommeil profond dont je ne suis sorti… qu’en fin d’après-midi.

En fait, je me suis réveillé tiraillé par une petite faim. Ah cette fringale qui vous prend à l’heure du goûter ! Il restait un petit peu de mousseline que je me suis empressé de terminer, accompagnée de quelques boulettes de viande et légumes. Tout cela accompagné, comme toujours, d’un peu de lait frais. 

Maintenant bien réveillé, je suis sorti à nouveau pur aller m’asseoir sur un banc, face au soleil couchant. Les merles sifflotaient, quelques pies jacassaient encore autour du compost et un écureuil montait et descendait comme un fou d’un bouleau. Tout cela m’a un peu étourdi, sans compter le soleil couchant qui maintenant m’aveuglait dans une douce torpeur. Si bien que je sombrais… dans une seconde sieste, à moins que ce ne soit la troisième car je ne sais pas très bien compter.

Plus tard, j’entendis que l’on mettait les couverts et je revins à la maison pour un dernier repas, puis regagnait le lit de Nicole pour une bonne nuit bien méritée.

Oui, c’est vrai, je ne fais à peu près rien, mais je sais profiter de l’air du temps et me régaler de douces impressions. Je suis un chat heureux. Moi chat’va, et Vous ?

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 08:24

Voilà quasiment 50 ans que je milite pour la nature, dont 35 en tant que professionnel de l’environnement… et je me demande toujours comment il est possible que la culture naturaliste soit aussi faible. Comme d’autres, j’ai participé à des dizaines et des dizaines de publications, films, émissions radio et télé, sorties nature, conférences, expositions, etc. et me désespère un peu parfois du piètre résultat auquel nous sommes arrivés.

Si j’en avais le pouvoir, je proposerais 5 mesures prioritaires pour que l’éducation à la nature trouve enfin sa place dans la société française :

- Inscrire les bases de l’écologie dans les fondamentaux de l’école : lire, écrire, compter et savoir le b a ba de notre relation biologique à la nature. Ceci en maternelle et primaire, en adaptant le niveau bien sûr.

- Au cours des études secondaires, donner à l’enseignement de l’écologie / environnement / développement soutenable le rang de discipline principale avec l’expression écrite et orale. 

- En supérieur, enseigner les données concrètes relatives à ce triptyque (bases de l’écologie / manière de se comporter individuellement / gouvernance collective) dans toutes les filières.

- Dans toutes les formations professionnelles, enseigner les aspects spécifiques des futures professions concernées quant à leur impact sur la nature.

- Dans la pratique professionnelle, sanctionner les comportements anti-nature.

Certes la motivation des jeunes a considérablement augmenté dans ces domaines, si l’on en juge par le nombre d’étudiants (de l’ordre de 42 000 en France) qui ont choisi des formations techniques et professionnelles, pour des diplômes allant du CAP au master. Toutefois, après une croissance très forte, le nombre d’emplois proposés tend à se stabiliser. 

Mais s’agissant de culture et de formation initiale, peut être faut-il aller loin de chez nous pour trouver des pistes innovantes à suivre. Par exemple à Bali où a été créée en 2008, par un Canadien, une « Green School ». Cette école accueille 120 élèves de 3 à 14 ans pour former une génération de citoyens responsables, capables d’agir durablement pour la planète. On leur apprend à consommer équitablement, à économiser l’énergie, à jardiner et profiter des bénéfices de la terre, sans polluer ni gaspiller. D’autres écoles vertes sont en projet en Inde et en Chine, avec cette devise « Choisis ton futur ». Et en France ?

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 08:18

Comme beaucoup d’autres écologues, je n’ai cessé d’attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité. De multiples preuves ont été apportées de la raréfaction de quantité d’espèces végétales et animales et des conséquences, par ricochet, pour nous autres les Humains. Mais ces alertes incessantes n’ont pas été entendues, ou si peu… Pire encore, c’est en toute connaissance de cause que certaines instances prennent des décisions lourdes de conséquences pour la biodiversité ! Que faire quand ce ne sont plus les politiques qui dirigent, en principe pour le bien collectif, mais les lobbies économiques de toutes sortes. Objectif premier le fric, le reste n’étant que balivernes… 

Oui je sais tout cela a déjà été dit et je me répète. Mais, malgré quelques avancées ici ou là, la situation globale ne cesse de se dégrader, au point d’en devenir parfois surréaliste. Ainsi deux exemples peuvent illustrer le propos au niveau européen, avec la PAC, et au niveau mondial, avec le patrimoine naturel de l’UNESCO. 

La politique agricole commune prépare une réforme ambitieuse qui devrait entrer en vigueur en 2014, pour aller vers plus de verdissement. Elle doit s’articuler autour de trois axes : - diversification des cultures, avec au moins trois variétés de récoltes et pas plus de 70 % d’une même culture, - maintien de pâturages permanents et - mise en jachères de 7 % des terres pour préserver les haies, bocages, mares, ou zones tampons diverses. Mais ces objectifs génèrent de violentes oppositions des lobbies agricoles et paraissent déjà compromis. Pourtant, ces mesures visent à enrayer le déclin vertigineux de la biodiversité en zone agricole. Ainsi, au niveau européen, une étude récente montre que l’on a perdu 300 millions d’oiseaux en zone agricole en 30 ans, soit la moitié de l’effectif initial. 22 espèces sur 37 sont en déclin. Les causes sont parfaitement connues : agriculture intensive et spécialisée, éradication des haies, jachères et mares, utilisation toujours importante de pesticides. 

Au niveau mondial, l’UNESCO a classé 183 sites naturels depuis 1978, mais un site naturel sur 10 est actuellement en péril. Ces sanctuaires de biodiversité sont particulièrement menacés en Afrique par les exploitations pétrolières et le braconnage. L’échec est patent : certains sites sont jugés en péril depuis 20 ans, sans qu’aucune amélioration ne soit constatée. Faut-il les maintenir ou les désinscrire de la liste ?

Il est clair que ni les dirigeants, ni les populations n’ont vraiment pris en compte la biodiversité et la nécessité absolue qu’elle représente pour l’humanité. Avec juste un peu de cynisme, on peut espérer que bientôt, le coût prohibitif des énergies fossiles et les méfaits des changements climatiques vont nous ramener à la raison.

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 08:20

            La Seine, gigantesque oméga qui se prélasse entre les frondaisons, s’est lovée en un repli utérin pour engendrer une ville : Rouen. C’est ainsi que je commençais dans l’ouvrage « Rouen » (Editions Bonneton, 1990), le chapitre consacré à la nature et l’environnement.

Depuis plusieurs années, la ville et l’agglomération de Rouen multiplient les initiatives pour se réapproprier le fleuve. Profitant du recul du port vers l’aval, pour des raisons économiques, les quais bas ont été réaménagés rive droite, en espaces paysagers et de loisirs. C’est une révolution en marche puisqu’il est question maintenant d’aménagement de la rive gauche en prairies et espaces boisés et de construction d’éco-quartiers sur les deux rives. Rouen recrée de nouveaux espaces de vie et c’est heureux. Dans le même temps, la Région de Haute-Normandie et les deux Départements de l’Eure et de la Seine-Maritime s’engagent dans l’opération « Grande Seine 2015, une Seine d’avenir », avec une large concertation, ce qui témoigne de la volonté unanime de valorisation des berges de la Seine.

Sur la rive gauche, la prairie de Saint-Sever, entre les ponts Corneille et Boieldieu sera constituée d’une étendue herbeuse ouverte sur les perspectives paysagères (Côte Sainte Catherine et cathédrale). Les coulisses de Claquedent, entre les ponts Boieldieu et Jeanne d’Arc, seront un espace de promenade arboré, avec un jardin intime. L’esplanade de la Curanderie, entre les ponts Jeanne d’Arc et Guillaume le Conquérant, sera un espace évolutif pour accueillir les grands événements populaires. Le tout devrait être livré aux Rouennais graduellement avec une échéance finale fixée à début 2014. Ces aménagements seront complétés rive droite pour constituer un nouvel espace vert de 15 hectares et d’un coût de presque 13 millions d’euros.

Après avoir été vécue souvent comme une coupure de la ville entre les deux rives, la Seine retrouve ainsi sa vocation fédératrice.

D’autres villes comme Lyon, Bordeaux, Toulouse ou Paris sont en train également de réaliser de grands aménagements de reconquête des  fleuves. Après avoir été abandonnées à « la bagnole », les berges des fleuves sont maintenant un atout majeur pour la réconciliation entre les citadins et la nature. C’est sans doute Toulouse qu va le plus loin dans cette voie avec un aménagement sur 32 km et 3 000 hectares !

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 08:16

 

Autrefois abondant en vallée de Seine, entre autres, le saumon était un produit de consommation courante, au point que certains n’en pouvaient plus de manger toujours ce poisson…

Le saumon est paré de quantité de vertus : sa richesse en oméga-3, ses bienfaits pour la circulation et la prévention de certains cancers. Cela, c’était vrai avant que l’essentiel du saumon consommé ne provienne d’élevages norvégiens. A raison de 100 000 tonnes importées par an, les Français consomment du saumon qui vient à 80 % de Norvège. Depuis 2010, ce poisson est victime du pou de mer, un parasite naturel difficile à éradiquer. Ce petit crustacé de 8 à 12 mm se nourrit de la peau, du sang et du mucus des poissons, occasionnant de grandes tâches marron. Après avoir essayé de traiter les poissons aux antibiotiques, sans succès, les pisciculteurs norvégiens ont trouvé un remède : nourrir les saumons avec du diflubenzuron,… un pesticide. Après une polémique entre le ministre français de l’agriculture de l’époque (Bruno Lemaire) et son homologue norvégienne (Lisbeth Berg-Hansen), les Norvégiens continuent à gaver les saumons de ce produit reconnu comme « dangereux pour l’environnement » et « très toxique pour les poissons ». Bien sûr le diflubenzuron « profite » aussi aux espèces sauvages à partir des matières fécales qui se trouvent dispersées dans un rayon de 5 km autour des fermes piscicoles. Il faut dire que ce marché pèse 5,3 milliards d’euros et que la ministre norvégienne est très concernée par une entreprise familiale, alors…

A défaut on peut se replier sur le saumon d’Ecosse, mais on voudrait être sûr qu’il n’est pas élevé aux antibiotiques. Quant au poisson Panga, ce nouveau poisson asiatique est vendu à très bon marché, mais son élevage industriel intensif dans le delta du Mékong, un des fleuves les plus contaminés de la planète, nous laisse dubitatif. L’analyse du poisson Panga n’aurait révélé que : arsenic, métaux contaminés, phénols polychlorés (PCB), etc. Si cela ne vous dit vraiment pas, pas d’inquiétude, les pangas seront reconvertis en surimi ou en aliments pour chiens et chats.

Bonsoir chérie, qu’est-ce qu’on mange ce soir ?

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 07:56

 

Le couple s’était installé en bout de table et commençait à manger. Ségolène goûta et s’extasia en chantonnant : oh mon doux poulet, mon doux poulet… Et Jean-Luc, un instant attendri et interrogateur : mais de qui donc parles-tu comme ça. - Oh je parlais seulement du poulet qui est dans mon assiette. A vrai dire, elle avait un peu un air de pintade en prenant les gens de haut, la tête très en avant par rapport à l’arrière train, un peu à la traîne.

Un peu contrit, Jean-Luc rétorqua : alors si tu parles du poulet de notre assiette, il n’est peut être pas si doux ! Tu sais que je suis un lecteur fidèle du Canard Enchaîné, j’ai justement gardé avec moi un article du 1er août 2012, pour le jour où l’on aurait à manger du poulet. Cet article s’intitule « Les poulets Doux et les dindons de la farce ». Ségolène l’écoutait à peine et dégustait son volatile. Jean-Luc sortit l’article de sa poche et lui tendit en commentant l’essentiel de la prose canardesque : Tu te rends compte que le groupe Doux est en faillite et que tout le monde s’en émeut en termes d’emploi, sans se poser d’autres questions. Là on ne peut plus parler d’élevage, il « fabriquait » un million de poulets par jour, calibrés à 1,5 kg, après avoir passé toute leur vie de 40 jours à 25 par mètre carré ! Ségolène n’était visiblement pas très émue par ces vies manquant singulièrement d’intérêt et rétorqua en s’essuyant la bouche : On s’en fout de ton article du Canard, puisque ce poulet est excellent, on ne lui demande rien de plus. Et plus de 3 000 emplois, c’est pas à prendre en compte ? Jean-Luc tenait à compléter son commentaire et ajouta : Mais tu es inconsciente ou quoi. Il n’y a pas que le sort du poulet, il y a aussi celui du consommateur. Les conditions d’élevage sont propices à développer la bactérie E. coli. Et puis il y a aussi l’aspect financier, dans la mesure où Doux a bénéficié d’aides, notamment européennes d’un montant total de 2 milliards d’euros. Et puis, il y a aussi le fait que les poulets sont engraissés au soja brésilien et pour une part sont ensuite exportés… au Brésil. Bonjour le bilan carbone. En plus de cela, l’essentiel des 3 400 employés sont des smicards et le volailler contribue au développement des algues vertes sur la côte bretonne, à hauteur de 14 000 tonnes d’azote par an ! Ségolène était visiblement excédée par ce cours à la fois de morale, d’écologie et d’économie et lui balança tout net : Et mon cul, c’est du poulet ? Comme l’avait répliqué Brigitte Bardot à Jean-Paul Belmondo dans le film « La vérité » de Clouzot, ce qui exprime bien un doute. Jean-Luc en eut le bec clos et grommela tout en finissant son assiette. Ils regagnèrent leur bureau, sans mot dire, au deuxième étage du ministère pour un après-midi de travail. Jean-Luc au service de l’Economie solidaire et Ségolène au bureau du Développement durable.

Moralité : Mais dis-donc mon didou didou, si tu veux pas être un dindon, tu ferais mieux de ne pas manger du Doux didou didou.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 08:20

 

            On pourrait penser que la parité entre hommes et femmes s’est considérablement améliorée ces derniers temps, notamment dans le monde politique, tant on en a parlé. En fait, ce n’est pas si évident. Le Forum économique mondial classait la France en 18ème position en 2009 pour les égalités hommes / femmes, puis en 46ème position en 2010 et 48ème en 2011 ! Certes la France est classée 1ère pour les secteurs de l’éducation et de la santé, mais 46ème pour la responsabilité politique et… 131ème pour l’égalité salariale.

Ainsi, le Sénat a « progressé » de 21,9 % de femmes en 2008 à 22,1 % en 2011. Dans les entreprises aussi, les marges de progrès sont importantes : la proportion de femmes présentes au sein des conseils d’administration et/ou de surveillance dans les sociétés françaises est passée de 12,3 % en 2010 à 22,3 % en 2012. On reste en quelque sorte dans une répartition 20 / 80.

Un espoir s’est levé toutefois récemment, avec les élections législatives de 2012. Certes, 26,9 % de femmes à l’Assemblée nationale, ce n’est pas encore la parité, mais c’est un progrès qui mérite d’être souligné. La France passe ainsi de la 18ème place à la 9ème en Europe, sans oublier la formation d’un  gouvernement paritaire, ce qui constitue une première.

Bien sûr, les choix des partis politiques sont déterminants dans ce domaine. Mais le non-cumul des mandats pourrait être un facteur accélérateur en mettant fin aux privilèges des « notables », presque toujours des hommes « mûrs ». A cet égard, il faut rappeler que 36,7 % de femmes ont été élues à gauche, contre seulement 12,8 % à droite et que seuls les Verts ont appliqué la parité en faisant élire 52,9 % de femmes.

Enfin, un record national doit être rappelé : en Seine-Maritime, sur 10 circonscriptions, on a vu l’élection de 7 femmes et de 3 hommes. Décidément, la parité ce n’est pas si simple !

Malgré tout, même si de nombreux efforts restent à accomplir, la parité hommes / femmes n’a cessé de progresser depuis la Révolution française. Les droits étant maintenant les mêmes, il reste à les accepter et les appliquer, il s’agit bien aussi d’un choix de société. Tout ceci sans oublier que dans de nombreux pays « en développement », les femmes n’ont pas encore acquis un minimum de droits civils…

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 16:18

 

Mon copain Christophe est un gentil garçon, mais il a de gros soucis. Il travaille chez un sous-traitant de Peugeot-Citroën et son avenir professionnel le préoccupe. Christophe et moi avons gardé le contact depuis notre enfance, bien que nous soyons très différents. Lui, c’est un passionné de foot, suivant avec assiduité la coupe. Pour ma part, je serais plutôt en phase avec Guy Bedos, dans son sketch où il déclare : le foot, le foot, le foot, la France est footue… Et puis il y a aussi nos différences d’opinions. Pour lui, je suis un gars un peu de droite, un peu intellectuel. Alors que lui, c’est un gars du prolétariat, authentiquement de gauche, qui est contre les patrons et les gros financiers. Mais comme Christophe est un gentil garçon, j’ai fini par accepter son invitation à aller voir ensemble un match. Je me suis persuadé que ce serait une expérience intéressante que de participer à une manifestation des plus populaires. L’occasion se présenta avec le premier match de Ibrahimovic au PSG, après son transfert. Au cours du trajet, Christophe gesticulait presque sans arrêt avec des grands gestes qui témoignaient de son état d’excitation. Il me commenta son enthousiasme en me précisant que j’allais vivre un des plus grands moments de ma vie. Ibrahimovic, va nous emmener sur les sommets, nous montrer les étoiles ! me déclara-t-il. Et il ajouta : ce gars là a touché 20 millions d’euros pour son transfert et il va encore toucher environ 14 millions de salaire par an. Est-ce que tu te rends compte du monument ? Le match se déroula dans une ambiance torride comme annoncé. Ibrahimovic a marqué un but sous un tonnerre d’applaudissements, de cris, de hurlements, de gesticulations innommables. Le contrat était rempli et j’ai bien aimé voir cela au moins une fois. Au retour, Christophe était toujours dans le match, revivant le but, applaudissant encore, et moi je lui dis : Christophe, tu m’as dis qu’Ibrahimovic avait perçu 20 millions pour son transfert, et qu’il a un salaire de 14 millions par an, tout cela pour un contrat de trois ans. Donc si je compte bien, 20 plus 3 fois 14, cela fait un total de 62 millions pour 3 ans. Sachant qu’un Smicard coûte à peu près 18 000 euros par an, en 3 ans Ibrahimovic va percevoir la même somme qu’environ 1 000 employés de base de chez Peugeot-Citroën. Et si on prend en compte le coût total de sa carrière, cela équivaut à 10 000 Smic pendant un an... Christophe ne répondit pas tout de suite, il avait l’air assommé, comme si le fait d’avoir cotoyé les étoiles lui avait apporté une révélation. Certes on parle du footeux le plus payé, mais il y a tous les autres et tout cela ajouté… Il eut presque un tremblement, et il ajouta : n’en parle surtout pas à Babette, quand on perd, elle me dit que j’aurais mieux fait de rester à la maison avec elle, qu’il y avait une super émission à la télé, et quand l’équipe gagne, elle me dit, tu vois bien que le foot c’est une affaire de pognon. Christophe se tût et nous restâmes silencieux.

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 10:18

           Pour clore cette série des « vieux » poèmes de l’été, il faut bien penser à la rentrée, écrit le 18 septembre 1966 :

 

Cour marronniers

Terrain de volley

C'est la rentrée

Sourire pour les copains qu'on retrouve

Soupir pour les vacances qu’on raconte

C'est la rentrée

Un nouveau casier

Livres et cahiers

C'est la rentrée

Un Maître qu'on écoute

Un autre qu'on chahute

C’est la rentrée

Math Physique Géographie

Leçon de Philosophie

C'est la rentrée

Problèmes et dissertations

Thèmes et versions

C'est la rentrée

Le travail arrive

Et avec lui les soucis

Mais déjà on pense

Aux prochaines vacances

Car c'est bien triste la rentrée

La rentrée des classes

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